Chronologie de l’insécurité à Kinshasa


Voici une chronologie documentée des grandes figures et bandes criminelles de Kinshasa, des années 1960 à 2026

Oui. Voici une chronologie documentée et prudente du banditisme violent à Kinshasa, des années 1960 à 2026. Je distingue les figures individuelles, les bandes/générations criminelles et surtout la réponse judiciaire ou policière, car c’est là que l’histoire devient instructive.

Période Figures / bandes Ce que les sources permettent d’établir Réponse de l’État / justice

Années 1960 Angwalima Présenté dans les récits kinois comme l’un des grands cambrioleurs emblématiques de l’après-indépendance, actif notamment contre des milieux aisés de Kinshasa. Il aurait connu plusieurs séjours à Makala et des évasions. La documentation accessible aujourd’hui est surtout mémorielle et non judiciaire. Arrestations et emprisonnements sont rapportés, mais je n’ai pas retrouvé, dans cette première recherche, de dossier judiciaire primaire suffisamment solide pour établir précisément ses condamnations successives.
Années 1970 Bana mayi Human Rights Watch et l’OFPRA identifient les bana mayi comme une génération ancienne de gangs urbains kinois des années 1970. La réponse devient de plus en plus répressive. Des travaux secondaires évoquent notamment des opérations de déplacement ou de rééducation de jeunes délinquants vers le milieu rural au milieu des années 1970, mais cette partie demanderait encore une vérification sur archives contemporaines.
1976-1979 env. Wallace, Bouddha/Boudha et leur bande Luzaisa/Luzayisu Mayimona alias Wallace, Ndombasi Nkodia alias Bouddha, ainsi que Nico, Vicky et d’autres sont associés à une bande devenue extrêmement célèbre à Kinshasa. Le procès de 1979 fut très médiatisé et retransmis. Des archives du quotidien Elima retrouvées ultérieurement évoquent notamment l’assassinat du Dr Nsita. La bande aurait été condamnée à mort à l’issue du procès de 1979. La source d’archives secondaire retrouvée est assez explicite sur la condamnation. En revanche, je distinguerais encore condamnation à mort et exécution effective, que je voudrais documenter séparément avant de l’affirmer.
Fin des années 1970 – années 1980 Balado HRW et l’OFPRA situent les balado dans les années 1980 comme autre génération notable du banditisme urbain kinois. Certaines sources congolaises font remonter leur apparition à la fin des années 1970. La période est marquée par une forte répression. Une source universitaire secondaire évoque même des exécutions sommaires de voleurs à main armée, mais cette affirmation mérite d’être confrontée aux textes officiels et à la presse de l’époque avant d’être intégrée comme fait définitivement établi.
Années 1990 « Hiboux » HRW présente les Hiboux comme l’une des formations les plus connues de la fin du régime Mobutu. Selon HRW, ils opéraient de nuit et certains étaient utilisés pour intimider ou attaquer des opposants politiques. Nous sortons ici du simple banditisme de rue : il y a une dimension politico-sécuritaire. La difficulté historique est précisément que les acteurs associés au pouvoir ne relevaient pas toujours d’une justice pénale ordinaire effective. Il faudrait donc étudier cette période comme criminalité + instrumentalisation politique, plutôt que comme simple phénomène de gangs.
Après 1997 Pomba L’OFPRA rapporte l’apparition de groupes de pomba, jeunes sportifs ou pratiquants de sports de combat, dont certains se seraient livrés à des violences et auraient parfois été mobilisés par des acteurs politiques. La réponse est hétérogène : police, arrestations ponctuelles, récupération politique et intégration informelle se mêlent.
Fin des années 1990 – années 2000 Premières formes modernes des Kuluna Radio Okapi situe des manifestations précoces du phénomène vers 1997 à Yolo, où des groupes de jeunes se disputaient des territoires avant diffusion vers Makala, Limete, Mombele, Matete et d’autres quartiers. Le phénomène devient massif dans les années 2000.  D’autres travaux situent sa consolidation dans le contexte de déstructuration socio-économique post-mobutiste et des guerres. Les premières réponses sont surtout policières et ponctuelles, sans disparition durable du phénomène.
2006-2013 Kuluna HRW indique qu’à partir d’environ 2006, les Kuluna deviennent responsables d’une vague importante de vols armés et d’autres violences à Kinshasa, utilisant notamment machettes, couteaux et tessons de bouteilles. Montée progressive de la réponse sécuritaire jusqu’à l’opération Likofi.
Nov. 2013 – fév. 2014 Opération Likofi contre les Kuluna Il s’agit d’un tournant majeur. Selon HRW, l’opération visait les gangs Kuluna mais a été entachée d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et d’arrestations arbitraires. HRW documente au moins 51 morts et 33 disparitions forcées, dont des mineurs. C’est un exemple essentiel : une politique anti-banditisme peut elle-même devenir productrice de violations graves des droits humains. Les autorités ont contesté une partie des accusations ; HRW relève aussi que certains policiers furent poursuivis pour extorsion ou faits connexes, mais pas, selon les magistrats interrogés, pour les principaux meurtres et disparitions attribués à Likofi.
2014 et après Résurgence des Kuluna Malgré Likofi, le phénomène ne disparaît pas. HRW mentionne notamment le lancement annoncé de Likofi III en octobre 2014 face à la recrudescence. Cela montre une limite fondamentale des politiques purement répressives : elles peuvent réduire temporairement le phénomène sans traiter toutes ses causes.
2024 Kuluna / gangs urbains contemporains Le gouvernement lance ou renforce plusieurs opérations, notamment Panthère Noire. Plus de 500 arrestations étaient annoncées en avril 2024, puis plus de 1 000 en mai. Arrestations massives, démantèlement de gangs et recours accru aux audiences foraines. Des voix politiques demandent parallèlement des garanties contre les violations des droits humains.
Fin 2024 – 2025 Opérations Ndobo / Zéro Kuluna L’État intensifie la répression. Fin décembre 2024, plus de 1 366 présumés criminels avaient été arrêtés dans le cadre de Ndobo.  En janvier 2025, Radio Okapi rapporte au moins 276 condamnations sur plus de 2 500 interpellations ; le ministère de la Justice évoquait plus de 300 condamnations après plus de 11 audiences foraines. La justice recourt à des procès rapides. En janvier 2025, 52 bandits urbains furent condamnés à mort pour terrorisme par le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe ; cinq autres prévenus furent acquittés.  Le recours à la peine capitale a suscité de fortes controverses.
2026 Kuluna / criminalité urbaine persistante Le phénomène demeure suffisamment important pour que l’opération Ndobo soit encore intensifiée. En février et mars 2026, le gouvernement annonçait de nouvelles vagues de plus de 400 arrestations à Kinshasa. Les personnes arrêtées sont annoncées comme déférées devant les juridictions compétentes. Le problème n’est donc toujours pas considéré comme résolu en 2026.


Ce que cette chronologie révèle

Le premier enseignement est que le phénomène Kuluna n’est pas une rupture totale avec le passé. Kinshasa connaît des formes successives de banditisme organisé ou semi-organisé depuis au moins les premières décennies après l’indépendance : Angwalima, Bana Mayi, bande à Wallace/Bouddha, Balado, Hiboux, Pomba, puis Kuluna. HRW confirme explicitement cette profondeur historique en retraçant Bana Mayi → Balado → Hiboux avant les Kuluna modernes.

Le deuxième enseignement est peut-être plus important encore : la réponse de l’État a très souvent privilégié la neutralisation des individus plutôt que la suppression durable des causes du phénomène. Arrestations, relégations, condamnations à mort, opérations policières, audiences foraines et transferts en prison reviennent régulièrement sur plusieurs décennies. Pourtant, de nouvelles générations apparaissent. Cela ne démontre pas que la répression est inutile ; cela démontre qu’elle n’a manifestement pas suffi à elle seule.

Le troisième enseignement concerne la justice. On observe plusieurs modèles successifs : emprisonnement, condamnations capitales, opérations policières massives, puis, dans le cas de Likofi, de graves accusations d’exécutions extrajudiciaires et de disparitions. L’histoire du banditisme kinois est donc aussi une histoire de la manière dont l’État de droit réagit au crime — parfois juridiquement, parfois en franchissant lui-même les limites du droit.

Enfin, je serais prudent avec les noms individuels modernes. Pour les années 2000-2026, la presse parle surtout de « Kuluna », de gangs ou de chefs locaux ; les sources robustes permettant de dresser une galerie fiable de « grands noms » comparables à Wallace ou Bouddha sont beaucoup plus dispersées. Je préfère ne pas attribuer à une personne réelle des crimes sur la base de rumeurs de quartier ou de publications sociales insuffisamment vérifiées.

Pour notre travail sur l’insécurité, la prochaine étape utile nous semble être  de transformer cette chronologie en un arbre causal historique.

Pour chaque génération, relever → les causes d’apparition → la forme du banditisme → la réponse de l’État → les effets immédiats → les effets à long terme → les causes demeurées intactes → le pourquoi des échecs.

Nous pourrions alors comparer quantitativement ce que la RDC a essayé depuis soixante ans et comprendre pourquoi le phénomène change de nom sans disparaître.

!!! STOP À LA GRATUITÉ !!!


!!! STOP À LA GRATUITÉ !!!

La gratuité est nocive : c’est l’école du parasitisme, de la pauvreté, de l’irresponsabilité. Nous devons tous trouver ou créer du travail qui nous permette d’avoir les moyens dont nous avons besoin pour payer nos écoles, nos hôpitaux, nos supermarchés, nos techniciens, nos transports, ceux qui nous dirigent, ceux qui nous protègent, etc.

Rejoignez EAE ASBL pour quitter cette politique démagogique et irresponsable : celle de la gratuité de quoi que ce soit. Qui paie les cadeaux, comment et pourquoi ? Dieu a en horreur la paresse !

Inceste, culture, amour ou religion ?


Une vidéo qui circule sur WhatsApp remet sur la table la question de l’inceste qui fait couler beaucoup de salive en Afrique comme dans les autres continents. Un échange s’est établi entre nous et XYZ sur la question de ce jeune homme qui s’est retrouvé ayant enceinté sa propre demi-soeur à son insu. Les parents, choqués, scandalisés et déshonorés, ont abandonné leurs rejetons à leur sort, tous les deux à l’université, où ils se sont rencontrés.

Bonjour mon frère, qu’est-ce que tu penses de cette histoire d’inceste ?

Comme plusieurs de nos enfants aujourd’hui, ils s’amourachent, sans commencer par obtenir conseil chez leurs parents. Ils tombent dans un piège, même quand il se ressemblent si fort. Les parents qui les lâchent sont des superstitieux, qui souffrent de quelques ignorances, et des irresponsables. Si j’en était capable, je les soutiendrais dans leur démarche qui consiste à continuer leurs études et je veillerais surtout à ce qu’il connaissent Dieu et le respectent, Lui, leur vrai rempart dans cet amour puéril, mais visiblement authentique.

En résumé, si je comprends bien ton propos, cet amour peut continuer ? Quant à moi, ce n’est pas un sujet facile. On ne peut trancher en noir et blanc. Il existe bien une zone grise. Amour entre ces jeunes, c’est ok. Mais biologiquement parlant il y aura risque de soucis pour leurs enfants. Est-ce que dans la Bible Abraham et Sarah avaient le même père, mais différentes mamans ?

Pour nous chrétiens, la question est facile à traiter ! Ces deux jeunes ne m’ont pas l’air de se soucier des conseils de Dieu, auquel ils ne sont pas voués, de tout apparence. Que dit Dieu à ce sujet ? Tu le sais. Sa position est mienne et devrait être la tienne. Parce que je crois qu’il en sait plus que nous, sur la question de l’inceste. À Israël, Dieu a interdit l’inceste. Sa motivation n’est pas dite être de la génétique, que je sache. Les histoires de l’inceste dans la Bible soulèvent des problèmes sociaux concrets et non pas biologiques. Comme scientifique, la question biologique est presque résolu : le risque est partout et bien souvent prévisible. Pour le né de nouveau, cette question-là est donc en réalité réglée et l’on ne devrait plus en faire des tabous ni des sorceleries, mais plutôt démontrer notre intelligence et notre sagesse !