L’ignorance de nos hommes politiques se traduit par notre incapacité à anticiper leurs réactions dans des situations les plus banales. L’ignorance de notre histoire, nous rend incapables de la restituer sans faute grossière ou sans erreur.
On peut alors vite comprendre pourquoi, au Projet 2014, nous évaluons à 20 à 30 ans le nombre des années nécessaires pour que nous comprenions les vrais enjeux politiques qui déterminent notre sort depuis le 30 juin 1960. Découvrons cette triste réalité en analysant la livraison ci-dessous de Jean Kadima-Schipa.
Qui est Antipas Mbusa Nyamwisi finalement ? Nous vivons avec lui et nous ne le connaissons toujours pas ?
—–Message d’origine—–
De : africa-t@googlegroups.com [mailto:africa-t@googlegroups.com] De la part de Jean Kadima-Schipa
Envoyé : jeudi 12 juillet 2012 1:44
À : africa-t; congo-kin-alternative@yahoogroups.com; kasaiwetu-list@yahoogroups.com; congocitizen@yahoogroups.ca; cccmontreal@yahoo.fr; front_compatriot@yahoo.fr; banacongo@yahoogroupes.fr; paxnow@yahoogroups.com; congokdp@gmail.com; Kivu Avenir
Objet : -nnoncé au M.23 : Mbusa doit sortir de son silence Le Bâtonnier national Mbuyi Mbiye traqué !–Le- Phare du 12 juillet 2012
Rubrique : Actualité
Annoncé au M.23 : Mbusa doit sortir de son silence
Le Bâtonnier national Mbuyi Mbiye traqué !
Le député national Antipas Mbusa Nyamwisi est cité par la rumeur,
depuis le dernier week-end, comme la nouvelle « autorité morale » du
M. 23 (Mouvement du 23 mars 2009), la rébellion entièrement rwandaise
qui sème mort et désolation au Nord-Kivu voici deux mois. Ancien cadre
du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), ministre
honoraire des Affaires Etrangères, de la Coopération Régionale et de
la Décentralisation, candidat malheureux à l’élection présidentielle
en 2006 et 2011, président en exercice du RCD-K-ML (Rassemblement
Congolais pour la Démocratie –Kisangani-Mouvement de Libération),
l’homme traîne un passé multiforme : homme à tout faire de son défunt
frère Enoch Nyamwisi Muvingi sous le régime de Mobutu, seigneur de
guerre de 1998 à 2003, dignitaire du Régime 1+4 de 2003 à 2006, membre
de l’Alliance de la Majorité Présidentielle de 2006 à 2011, opposant
depuis son limogeage du gouvernement en 2011.
L’annonce de son présumé parachutage à la tête du M. 23 n’a toujours
pas été confirmée, près d’une semaine après le démarrage des
spéculations les plus diverses à ce sujet. Le Phare a tenté, mais sans
succès, d’entrer en contact avec l’intéressé ou d’obtenir une réaction
de son entourage. L’unique information livrée au quotidien de l’avenue
Lukusa est qu’Antipas Mbusa séjournerait en Afrique du Sud. Selon
notre source, il ne se trouverait ni à Kigali, ni à Kampala, comme
indiqué dans certains tabloïds de Kinshasa.
Compte tenu de la rumeur qui ne fait qu’enfler, le souhait des
observateurs est que cette personnalité politique, qui n’ignore
certainement pas ce qui se raconte à son sujet à Kinshasa comme dans
le Congo profond, sorte de son silence. Le plus tôt serait le mieux.
L’opinion congolaise a besoin d’être rapidement fixée sur les
relations, vraies ou supposées, de Mbusa avec le M. 23.
En attendant les précisions de nature à mieux éclairer ce ténébreux
dossier, le président national du RCD- K- ML bénéficie du doute.
Celui-ci tient premièrement au fait que ce dernier a toujours été
présenté comme un proche du régime de Kampala. L’on se demande si le
M. 23, un mouvement rebelle composé d’officiers et militaires rwandais
soutenus par Paul Kagame, pourrait accepter d’être piloté par un pion
de Yoweri Museveni.
Si tel est le cas, ce serait la confirmation des nouvelles en
provenance du Parlement ougandais, où Museveni est soupçonné d’avoir
conclu une alliance contre nature avec l’homme fort de Kigali, en
envoyant ses troupes au Nord-Kivu, en soutien au M. 23. Une alliance
ougando-rwandaise pour mettre de nouveau à genoux le grand Congo ne
serait pas une surprise. On l’avait déjà vécue en 1996-1997.
Le second paramètre concerne les relations conflictuelles entre
l’ethnie Nande, dont est issu Mbusa Nyamwisi, et les infiltrés
rwandais qui se font passer, depuis l’époque de l’AFDL (1996-1997)
pour des Tutsi congolais. Beaucoup voient mal un Nande prendre la tête
d’une rébellion ne regroupant que des sujets rwandais.
Le troisième facteur de doute est à chercher dans le nationalisme pur
et dur dont s’est toujours réclamé Mbusa, enregistré comme l’un des
tout premiers ex-belligérants à adhérer au schéma du Dialogue
Intercongolais et de la réunification entre les ex-rébellions et
l’ex-pouvoir de Kinshasa, en 2002.
Quatrième interrogation : même si l’on a déjà tout vu dans ce pays et
vécu les alliances les plus inimaginables, Mbusa serait-il le nouveau
joker de Kagame pour « congoliser » une rébellion montée de toutes
pièces ? On sait qu’entre 1996 et 1997, c’est Mzee Laurent Désiré
Kabila qui avait « couvert » l’agression du Rwanda contre l’ex-Zaïre
en prenant la tête de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour
la Libération du Congo). Entre 1998 et 2003, la seconde agression du
pays de Paul Kagame contre le Congo démocratique était « congolisée »
successivement par Wamba dia Wamba, Arthur Z’Ahidi Ngoma, Emile Ilunga
et Adolphe Onusumba, sous le label du RCD (Rassemblement Congolais
pour la Démocratie).
