RDC : bantous contre chamites, soudanais et nilotiques ?

“Likembe” tire, encore une fois, la sonnette d’alarme.  Elle s’adresse aux bantous qui dorment, selon elle.  Qui l’écoutera cette fois-ci ?  D’après son propos constant, le combat du congolais doit désormais tenir compte d’une nouvelle donne.  La minorité (soudanais + nilotiques + hema-tutsi  et alliés– notons qu’en RDC on dit plutôt hema et non pas hima, que les tutsi comme les hema ont leurs alliés !), sous le regard d’innocents pygmées, tente de dominer la majorité (bantous) à bien suivre “Likembe”.  Ce qui n’est pas acceptable de fait, dans l’hypothèse qu’elle ait raison et que la démocratie soit incluse dans nos soucis.

Nous l’avions prédit.  Avec la libération des congolais du kanambisme il faut aussi travailler à leur libération des colonisations linguistiques.  Nous l’écrivions ici depuis le 6 juin 2012 : https://projet2014.com/2012/06/12/nos-langues-celles-des-autres/.  Kanambe ne manquera pas de jouer cette carte pour les élections de 2016 aussi, comme il l’a fait en 2011 et en 2006.  Certains d’entre nous risquent de piquer des crises, si rien n’est fait maintenant, avec sagesse, intelligence et détermination.

Chaque congolais doit pouvoir travailler dans sa propre langue, dans sa langue vernaculaire ou dans une langue étrangère démocratiquement adoptée.  Il ne doit pas être obligé d’utiliser une langue qui n’accroît en rien son capital bonheur et qui n’est pas sienne.  De ce fait, notre armée doit être débarrassée du lingala et du swahili là où ses langues à être imposées aux autres.  L’imposition du lingala à l’armée, nous le savons, est un fait colonial fondé sur un préjugé qu’il faut vite effacé.  L’imposition du swahili à une frange de notre armée est un autre fait dictatorial qu’il faut refuser de cautionner.  L’imposition, à nos compatriotes militaires, du lingala ou du swahili est une colonisation linguistique dont il faut vite faire que se débarrasser comme de l’imposture.

Les congolais doivent pourvoir travailler dans leurs propres langues, dans leurs langues vernaculaires ou dans dans des langues d’emprunt démocratiquement choisies par les congolais, comme suggéré par “Likembe” ici-bas.  Ces langues, nous avons tout intérêt à les multiplier.  Nous offrirons ainsi à nos enfants d’apprendre l’utile.  En même temps, nous romprons avec l’aliénation de la RDC à la francophonie qui ne nous rapporte rien, faute d’en faire bon usage :
http://www.paluku.net/2014/contributions/graphelepalukuatokauwekomu/, rubrique Enseignement.

Ce projet est délicat.  Mais sans tendre vers le respect de tout congolais, la paix véritable n’est pas possible en RDC.  L’imposture profitera de la grogne des uns et des autres pour mieux asseoir sa dictature, comme le fit le mobutisme.

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[Dimanche, le 17 février 2013 à 10:26:22 PM] Likembe: Chers compatriotes ( Alire et à réflechir)
Le Congo partage ses frontières avec l’enclave de Cabinda (Angola) et la République du Congo à l’ouest, la République centrafricaine et le Soudan du Sud au nord, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l’est, la Zambie et l’Angola au sud.
Plusieurs centaines d’ethnies forment la population du pays ; le français est la langue officielle et quatre langues bantoues (kikongo, lingala, tchiluba, swahili) ont le statut de langue nationale.
Le peuple congolais est composé de plusieurs centaines d’ethnies plus de 450 formant différents groupes. Néanmoins, de nombreuses langues et cultures de petites ethnies ont tendance à disparaître au profit de celles des grosses ethnies.
Groupe bantou (80 % de la population) :
• Luba (18 %)
• Mongo (17 %)
• Kongo (12 %)
• Autres : Ambala, Ambuun, Angba, Babindi, Bangala, Bango, Pende, Bazombe, Bemba, Bembe, Bira, Bowa, Dikidiki, Dzing, Fuliru, Havu, Hema, Hunde,  Iboko, Kanioka, Kaonde, Kuba, Kumu, Kwango, Lengola, Lokele, Lundas, Lupu, Lwalwa, Mbala, Mbole, Mbuza (Budja), Nande, NgoliBangoli, Ngombe, Nkumu, Nyanga, Popoi, Poto, Sango, Shi, Songo, Sukus, Tabwa, Tchokwé, Téké, Tembo, Tetela, Topoke, Ungana, Vira, Wakuti, Yaka, Yakoma, Yanzi, Yeke, Yela, Batsamba, Baholo, Baboma etc.
Groupe sud-soudanais :
• Ngbandi
• Ngbaka
• Manvu
• Mbunja
• Moru-Mangbetu
• Zande
Groupe nilotique :
• Alur
• Kakwa
• Lugbara
• Logo
Groupe chamite :
• Hima-Tutsi
Groupe pygmée :
• Mbuti
• Twa
• Baka
• Babinga
Chers frères et sœurs bantous, réveillez-vous ! La guerre  qui se passe au Congo  a plusieurs têtes. Ne vous focalisez pas toujours  sur les chamites  càd les HIMA- TUTSI  ou les impérialistes. La guerre se trouve aussi entre minorité et majorité au Congo. La MAJORITE  c’est les bantous qui font 80% de la population et la minorité  est les Sud –soudanais, les nilotiques, les chamites et les pygmées. Mais mettons les pygmées à côté parcequ’ ils ne sont pas dans ce conflit, ils subissent le même sort que les bantous. Le reste de la minorité sont ensemble  et combattent ensemble pour détruire les bantous. Sachez que les 8 millions de morts et les femmes violées ne sont que les bantous et non la minorité. Il y aura des bantous inconscients , la minorité et des infiltrés qui veulent la mort de notre parti le CONGO vont réagir et m’insulter pour orienter le débat d’un autre côté  surtout vers le tribalisme mais la réalité c’est ce que je dis . Apprenez à lire et à regarder sérieusement ce qui passe dans votre pays et vous déchiffrerez la vérité. Regardez qui sont aux côtés des Chamites tutsi- hima dans cette guerre , ce sont les nilotiques à Kisangani et les soudanais à l’Equateur.  Sachez que la minorité a toujours fait et continue a faire que les bantous ne dirigeront jamais le Congo c’est ainsi qu’ils veulent diviser le Congo.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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4 commentaires pour RDC : bantous contre chamites, soudanais et nilotiques ?

  1. Ping : La question bantoue ? | Projet 2014

  2. Ping : La question bantoue ? | Comment faire, concrètement ?

  3. nguruwasingya dit :

    Une réalité , tu raison frère et merci de pouvoir ce grand boulon, mais il fallait ajouté que aussi notre propre histoire de la RDC soit enseignée aux enfants et aux congolais car ils sont dans une ignorance totale. Tout ça donnerons un aperçu aux congolais. Créer des bonnes écoles et universités ou tout ça doivent être dispensé pour que les congolais se réveillent ne nous limiter pas seulement aux langues…

    • graphele dit :

      Cher Nguruwasingya,
      Nous avons un chapitre enseignement dans notre contribution à la rédaction d’un projet de société pour la RDC (http://www.paluku.net/2014/contributions/graphelepalukuatokauwekomu/).
      Le problème que tu souligne est réel. Nos enfants, au secondaire, apprennent beaucoup de l’histoire de l’Europe ancienne, plutôt que d’apprendre notre histoire à nous congolais. Nos empires, royaumes et alliances anciennes sont inconnus, presque totalement, des congolais moyens. La conséquences en est un mauvais décodage de l’histoire de notre pays et une passivité face aux dangers qui menacent aujourd’hui la survie de notre jeune Etat d’origine coloniale.
      C’est ainsi que par exemple, plusieurs ignorent l’origine profonde de l’imposture au Congo. Plusieurs ne savent même pas que nous vivons sous l’imposture tout simplement. C’est aussi pour la même raison que les lumumbistes, les mobutistes et les ld-kabilistes peuvent aujourd’hui tromper ceux qui ne les ont pas connus intimément. Le résultat est qu’ils soient tolérés ou même invités au pouvoir, eux qui devraient répondre du tort commis et des congolais qu’ils ont tués arbitrairement ; et en l’occurrence ici, de l’enseignement qu’ils ont mis dans l’état que tu évoques dans ta réaction.
      Concrètement : qui, quand, pourquoi reformera les programmes ?
      Nous pensons que la rédaction d’un projet de société le plus démocratique et le plus complet possible nous évitera de tomber dans les travers du passé où les mobutistes nous chamboulèrent beaucoup sans préparation suffisante. L’édifice ne tint pas longtemps. Les bises, les vents, pas mêmes les ouragans de l’histoire, balayèrent l’échaffaudage. Nous ne sommes pas à la case de départ sur le plan cours d’histoire au Congo, mais le récul est important sur le plan qualité de l’enseignement en général. Mobutu en effet contribua substantiellement à la valorisation de la connaissance de notre histoire qui tendit à confondre à l’histoire de son parti-état, le MPR. L’erreur fut monumentale…
      L’infrastructure est délabrée. Les enseignants ne sont plus de qualité en raison de leur mauvaise formation et de leur mauvais encadrement. Pédagogiquement, socialement, scientifiquement, économiquement : l’enseignant congolais est réduit à sa plus simple expression. Lui qui d’atan pouvait acheter une voiture, aujourd’hui, il faut qu’il vole pour s’approprier un vélo.
      C’est dire que le sort du cours d’histoire, comme des autres cours, en RDC, passe inévitablement par la disqualification de l’imposteur qui trône à Kinshasa et dont la connaissance de notre histoire est très probablement des plus contestable !

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