RDC : fermier distrait !

LE PROJET TRANSAQUA ET LA GUERRE DE L’EAU AU CONGO

Le projet Transaqua, dont les Congolais ne parlent pas beaucoup, est un projet qui consiste à « voler » les eaux du fleuve Congo pour aller remplir le lac Tchad menacé de dessèchement. Ce projet est à une phase très avancée de discussion entre plusieurs pays (Nigéria, Tchad, Cameroun, Chine, Italie,…) sauf la RDC. C’est comme si, en tant qu’éleveur, vous apprenez, par hasard, que les gens dans le quartier organisent une fête, et que c’est votre chèvre qui sera mangée. A aucun moment, les organisateurs de la fête ne vous ont demandé si vous avez ou pas l’intention de donner (ou de vendre) votre chèvre. Les gens derrière ce projet Transaqua font comme si le peuple congolais n’existe pas, que les Congolais, s’ils existent, n’ont pas besoin des eaux du fleuve Congo, ou que ce fleuve n’appartient à personne ! Or, il a été démontré, notamment par le chercheur congolais Sinaseli Tshibwabwa, membre de DESC-Wondo, que si ce projet Transaqua est exécuté dans les conditions actuelles, les conséquences économiques, écologiques et même sociales seront très graves. Le barrage d’Inga n’aura plus assez d’eau, et les Congolais pourront dire adieu au grand projet Inga III. Le trafic entre Kinshasa et Kisangani sera durement affecté parce qu’il n’y aura pas assez d’eau dans le lit du fleuve, à certains endroits. La pèche qui nourrit plusieurs millions de Congolais va, elle aussi, être affectée parce que plusieurs espèces vont disparaître. Enfin, des communautés vivant autour du fleuve pourraient basculer dans des conflits violents pour se disputer le peu de ressources résiduelles du fleuve ainsi diminué. Pour rappel, en 2009, déjà, c’est le genre de conflit (sur les droits de pêche) opposant les communautés Enyele et Monzaya qui avait mis l’ancienne province de l’Equateur à feu et à sang. Enfin, et c’est ce qu’on appelle « la guerre de l’eau », les bailleurs derrière ce projet, après avoir négocié en cachette avec le président congolais et payé des pots de vins, n’accepteront pas que les populations congolaises s’opposent à l’exécution du projet. Des armées nationales, étrangères et des milices pourraient se coaliser pour aller occuper militairement les territoires du bassin du fleuve (Equateur, Province orientale) et chasser (ou massacrer) les populations tentées de s’organiser pour s’opposer à ce projet. Le Congo risque de passer du « génocide du coltan » au « génocide de l’eau » après « le génocide du caoutchouc » !

Source :

http://www.rfi.fr/afrique/20180228-nigeria-projet-remplir-lac-tchad-abuja-congo-rdc-bassin-conference?ref=fb_i

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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