JHK et JK

Le pouvoir de Kinshasa et le Secrétariat d’État américain peuvent-ils apporter aux congolais des solutions durables, justes, satisfaisantes ?  Comment pouvons-nous le savoir ?  Pourquoi est-il utile de se poser la question ?  Qu’en pensent les autres congolais ?

La livraison ci-dessous est à l’origine de notre livraison de cette heure : elle choque, elle peine, elle outrage-même ; d’un certain point de vue…  Dans la mesure où pour certains, à tort ou à raison, les EUA sont le dernier rempart des congolais, il vaut la peine de discuter de la question.  D’en parler très sérieusement ; parce que, définitivement, c’est de nos vies qu’il s’agit.

L’article, que nous reproduisons, est accessible ici : http://mobile.topcongo.fm/article/la-rdc-se-dirige-vers-une-transition-historique-porte-parole-americain-1465

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La RDC se dirige vers une transition historique.

(Porte-parole américain).

Politique le 26/04/2016 à 13h24

La RDC se dirige vers une transition historique (porte-parole américain). C’est la première déclaration du State Department, le Ministère américain des affaires étrangères, depuis la rencontre entre le président Kabila et John Kerry.

Le porte-parole du secrétaire d’état américain a quelque peu levé le voile de ce qui s’est dit, version américaine, entre les deux hommes.

Revenant sur le fait que l’avenir de la RDC doit être façonnée par les congolais, que les USA appellent à aller au dialogue, Washington se dit « prêt à être un partenaire à tous ceux qui y sont engagés, et à la tenue, en temps opportun, d’élections crédibles, conformément à la constitution de la RDC ».

John Kerry qui, sur TOP CONGO FM, avait qualifié la réunion de franche et constructive, aurait aussi parlé avec le président Kabila du rôle qu’il a encore à jouer avec sa famille politique « dans l’établissement de la RDC comme une forte démocratie constitutionnelle ».

Selon le porte-parole, John Kerry estime que « la transition pacifique devrait permettra au Président Kabila de cimenter son héritage ».

A la question d’un journaliste de savoir si John Kerry avait le sentiment que le président Kabila allait modifier la constitution pour se représenter, le porte-parole a répondu que « le secrétaire a dit que nos attentes sont en termes d’un pays allant de l’avant, conformément à sa propre constitution, qui appelle à des élections crédibles qui, encore une fois, permettront à tous les Congolais de voter ».

En jouissant de tous leurs droits d’expression et de liberté.

Selon certains observateurs, la transition pacifique ne devrait pas excéder 18 mois.

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Avant de tenter quelques réponses aux questions posées ci-dessus, il vaut mieux s’en poser de nombreuses autres, la tête bien froide.  Il s’agit en effet ici question de vie ou de mort de congolais dans les jours, les mois et les années à venir.

Une transition historique

Par le temps qu’il fait au Congo, une transition « historique » est-elle possible ?

Quelle serait la grandeur d’une transition du pouvoir actuel au prochain ?

Comment pouvons-nous déjà le savoir ?

Par quelques essais de réponse aux questions suivantes, nous tentons une contribution dont l’objectif sera atteint si nous aidons notre nation à mieux comprendre comment et pourquoi nous allons vers un échec plus catastrophique que les précédents, ceux de 1960, 1965, 1997 et 2001.

Des élections crédibles sont-elles possibles en RDC ?

Que voudrait dire « élections crédibles » ?

Sont-ce celles :

  1. Qui sont conformes à la constitution de 2006 ? À qui cette constitution est-elle opposable et pourquoi ?
  2. Où tous les congolais peuvent voter : à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ? Est-ce possible à l’heure actuelle ?
  3. Et où tous les non-congolais ne votent pas ? Est-ce possible aujourd’hui de le garantir ?  Nous avons vu et continuons à voir plusieurs non-congolais, constitutionnellement parlant voter, gérer le pays et nous malmener les congolais, en tuer à leur guise…
  4. Où tous les congolais jouissent de leur droit d’expression, de leur liberté ? Des droits attribués par qui ?  Par des rebelles qui se sont accaparés du pouvoir par la force ?

Qu’est-ce qu’une transition pacifique, historique en RDC ?

Comment une transition, dès fin 2016, peut-elle être pacifique, historique, au Congo ?  Est-il raisonnable de s’arrêter sur la question ?  Avons-nous déjà une réponse précise à ces questions ?

  1. Tant que ce sont des rebelles, des hommes qui ont des comptes à rendre à la nation qui la définissent, qui la préparent, pour se maintenir au pouvoir, comment pouvons-nous nous attendre à ce qu’une transition soit pacifique en RDC ? Certains rebelles sont au pouvoir aujourd’hui.  D’autres, en revanche, sont en exil en ce moment.  D’autres encore, sont dans les maquis.  Le reste, croupit dans les prisons, tant congolaises qu’onusiennes.  Et tout cela mécontente plusieurs franges différentes de notre population qui attendent le bon moment pour se faire un jour justice.  Parce que, personne ne pense à rendre justice aux congolais.  Toutes les familles endeuillées au Congo, depuis 1960, par nos propres compatriotes, avec la complicité ou pas d’étrangers, restent dans l’attente d’une justice qui ne vient pas.  Dans ces conditions, la paix est IMPOSSIBLE au Congo.  Nous ne pouvons pas nous tromper sur ce point.  Seul, le Projet 2014, prend en compte le fait qu’il y a des congolais et des étrangers qui doivent rendre des comptes aux congolais.  Ces hommes, doivent rendre des comptes pour les nombreuses vies humaines, congolaises et étrangères, écourtées par leur fait sur notre territoire ou hors de notre territoire.
    Nous pouvons donc, à coup sûr, d’ores et déjà, dire que la transition, si transition il y a, en 2016, ne sera que conflictuelle, meurtrière au bout de compte.  Dans l’Est, de l’Ituri au Katanga, des hommes armés ne préparent qu’une chose : leur autodéfense, le sabotage du système oppresseur qui tient à se continuer, d’une manière ou d’une autre.
    Certes, ce n’est pas là la solution que nous conseillons ni celle que nous prônons.  Une concertation de l’opposition, démocratique, est la manière de mettre le pays sur les rails, en entreprenant, au Congo d’abord, à la CPI s’il le faut, des poursuites contre tous ceux qui, congolais ou étrangers, saccagent le Congo, impunément, depuis la nuit des temps.
  2. Une transition qui durerait 18 mois, plus ou moins que cela, sans que les congolais ne savent ni pourquoi, ni de quelle manière ; sans qu’ils ne la préparent ni de leurs cœurs ni de leurs têtes ni de leur mains (motivation, moyens, objectifs, plan, ressources, finalité…), ne peux faire d’une transition fin 2016, une transition pacifique ou historique : c’est tout le contraire.
    Une telle transition n’est en effet, qu’une nouvelle insulte des peuples congolais que l’on continue à traiter en esclaves. Les congolais ne sont pas dupes.  À l’intérieur, comme dans la diaspora, des congolais veillent et attendent le moment propice pour agir.  Nos populations, totalement muselées par le régime, le pouvoir, la législature et l’administration qui reçoit tous les ordres de Kinshasa, se révoltera tôt ou tard.
    L’ignominie en effet atteindra, dans les 20 à 30 ans à venir, son paroxysme.  C’est alors qu’un soulèvement populaire spontané et non celui auquel rêvent les combattants et résistants, prendra le contrôle du pays.  D’ici là, la violence ne fera que s’accroître : tant dans la rébellion que de la part d’un pouvoir qui se défendra mal, quel qu’il soit, parce que mal préparer à gérer l’insécurité et la pauvreté.

Le pouvoir de Kinshasa et le Secrétariat d’État américain ?

Peuvent-ils apporter aux congolais des solutions adéquates, satisfaisantes, durables, justes ?

Cela fait un bail que le Congo et les EUA soient en relation de partenariat ou de colonisation plutôt, mais aussi et surtout, de domination.

Depuis 1960, rien ne change significativement pour les congolais.  Non plus que pour les américains d’ailleurs, qui devront très probablement faire face à l’avenir à un terrorisme congolais qui naît sous nos yeux depuis voici bientôt une décennie déjà.

Des signes sont là.  Ils ne trompent pas.  Depuis les années 70, les américains ont retiré leurs ressortissants de la Peace Corps, laissant les congolais seuls, à leur triste sort, sous l’écrasante machine naissante du MPR.  Les congolais ne l’oublient pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

Nos entretiens quotidiens, avec plusieurs congolais, ressortissants de toutes les provinces du Congo, sont très éloquents.  Tous quasiment, ne voient qu’une chose dans la puissance américaine : les bourreaux numéro un des congolais.  Se fier à ce que disent ou font semblant de penser ceux qui défilent aux EUA, c’est se méprendre sur le sentiment anti-américain du congolais moyen.  Nous nous devons donc, pour le bien présent et futur de nos peuples, et pour conduite une politique responsable, clairement dire à l’administration américaine d’ouvrir les yeux : les bons.

Les EUA pourraient certes militairement écrabouiller de quelques tirs de missile, tous les 73 millions de congolais.  Cependant, il faut tirer les leçons de l’histoire : le Cambodge, la Chine, le Japon, l’Irak, la Lybie, l’Égypte, Paris, Bruxelles, d’autres villes dans le monde et l’Iran sont là pour nous rappeler qu’il ne faille pas réduire la grandeur d’une nation à la simple bombe atomique…

La dernière déclaration de John Kerry est donc bel et bien dommageable pour le futur du résidu de confiance que les congolais avaient encore dans les américains…

Il faut souhaiter, vivement, que les EUA reviennent à des justes évaluations de leurs intérêts.  Le moment venu, les congolais pourront en effet dresser une facture qui ruine même un pays quatre fois plus grand aujourd’hui et 6 fois plus peuplé aujourd’hui.

Le Congo en effet, ne l’oublions pas, disons-le-nous bien, peut contenir tous les africains, demain !

Lorsque John Kerry estime que « la transition pacifique devrait permettra au Président Kabila de cimenter son héritage », il insulte les congolais qui ont vite fait que de le retenir.  Le message, pour le commun des congolais est claire : les EUA veulent, encore une fois, servir aux congolais, le josephisme comme héritage…  Pourquoi ?

Certains pensent que c’est une manière de punir les congolais qui auraient dépossédé les occidentaux de leur colonie…  D’autres pensent que c’est une affaire du racisme du blanc contre le noir… D’autres enfin, plus indulgents, mettent tout cela sur la difficulté de trouver au Congo un homme d’état capable de garantir les contrats occidentaux.

Pourquoi est-il utile de se poser la question ?

Entre 6 et 12 millions de congolais seraient morts de suite des combats, des malades et autres difficultés engendrés par l’indépendance de 1960.  Le congolais continue à mourir et personne, dans notre gente, n’a encore pris à cœur de chercher à savoir pourquoi le congolais n’arrivent pas à se bien gérer.  Dans le cadre du Projet 2014, nous avons identifié des causes (l’usurpation du pouvoir du congolais, égoïsme) et nous avons proposé des solutions (de la république vers l’union d’États indépendants).  Ces solutions, dans leur ensemble, sont rejetés par les congolais : jusqu’ici.

Nous parions cependant que d’ici 20 à 30 ans, des congolais se lèveront pour faire les comptes de crimes contre l’humanité commis par l’Occident contre le Congo.  Si aujourd’hui cet Occident peut nier et nie tout droit de vie aux congolais, demain, les données auront significativement changé, quelque soient les stratégies mises en place.

En effet, l’étourderie des congolais, n’est qu’apparente.  C’est le bas niveau d’instruction qui donne gain de cause à notre lâcheté, nous occidentaux.

Qu’en pensent les autres congolais ?

Encore une fois, lorsqu’il est question de traiter du rapport Congo-Occident, il ne faut pas se méprendre sur les sentiments des acteurs.

Jusqu’à présent, les deux parties jouent à une hypocrisie inutile.  L’ignorance de la masse congolaise explique la difficulté pour celle-ci de s’exprimer, d’autant plus qu’elle est muselée par l’imposture qui obtient son soutient de l’Occident et du reste du monde, par ailleurs !

L’Occident, croit avoir intérêt de profiter.  Des velléités ou réflexes racistes et coloniaux de certains acteurs occidentaux, aveugler par leur ignorance du genre humain, leur font croire ou penser que les congolais soient niais…  C’est ainsi que plusieurs d’entre eux compromettent l’avenir de nos enfants occidentaux, qui devront répondre, hélas, de leur turpitudes…

Cette poudrière commence cependant à faire peur, depuis derniers les événements de Paris et de Bruxelles.  Nous avions pourtant, depuis 2005 déjà, prévenu nos politiciens occidentaux de l’erreur qu’il ne faut plus commettre.

Plusieurs messages des « combattants et résistants », cohérents ou pas, exprime le ras-le-bol.  Il n’est pas toujours facile à un non-congolais de les décoder. Pourtant, notre analyse est qu’à ne pas prendre les congolais comme partenaires, nous occidentaux préparons nous-mêmes notre tombe.  C’est déjà par une grâce divine, justifiée, explicable, que nous survivons, malgré nos forfaits.  La vérité est effet que l’occidental n’ait pas été que mauvais.  Plusieurs colons ont eu à cœur de tirer le Congo vers le haut et l’histoire est pleine de preuves de cet humanisme occidental.  Bien plus, aujourd’hui, il faut reconnaître que les valeurs auxquelles nous tenons soient bien appréciées par des peuples d’Afrique.  Nous continuons cependant à défaillir sur une chose : le soutien aux régimes fantoches, dictatoriaux, sanguinaires.  Enfin, personne ne pense assez que nous n’aurions pas dû nous départir de notre « citoyenneté congolaise », nous occidentaux ; et que, définitivement, rien ne nous interdit de recouvrer notre Congo !

La vérité donc, pourrions-nous dire, comme pour conclure, est qu’il n’y a plus aucune arme pour résister contre la volonté d’un peuple.  Mieux : il n’y en a pas eu dans le passé non plus.  Notre attachement à la liberté et à l’humanisme est donc certainement l’arme que nous pouvons utiliser, efficacement, tant pour reconquérir le Congo de la bonne manière, que pour combattre notre distraction du moment face à un terrorisme congolais qui naît déjà dans nos murs, par le fait de nos propres turpitudes.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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