Pour rappel ?

C’est le courrier que nous recevons d’Africa-t.  Pour rappel, sans doute.  Le rappel de plusieurs choses à la fois sur nous-mêmes congolais :

  1. le M23,
  2. nos erreurs,
  3. nos contradictions.

L’analyse ou la réanalyse de ce texte, 2 ans après, en vaut la peine.  Elle nous permet de voir où nous étions dans le bon et où nous étions à côté de la plaque.  Surtout maintenant que nous apprenons de la création de l’Alliance des Résistants pour la Défense du Congo (ARDC).  Il y a de quoi beaucoup apprendre, pour ne pas nous laisser prendre dans le prochain piège.

GPAU

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From: africa-t@googlegroups.com [mailto:africa-t@googlegroups.com] On Behalf Of Laurent Mutambayi

Sent: mardi 10 septembre 2013 21:40

Subject: FW: Négociations de Kampala: « Irréalistes conditions de Kigali à travers le M 23 »

Irréalistes conditions de Kigali à travers le M23

Le Potentiel, 10 Septembre 2013

Éventuelle impasse à Kampala

Le M23 vient d’administrer une nouvelle fois la preuve qu’il est un va-t-en guerre et que la reprise des pourparlers de Kampala lui sert de trêve avant la relance des hostilités. C’est ce qui ressort de nouvelles conditions qu’il pose pour accepter de déposer les armes. Il s’agit de la neutralisation des FDLR et du retour des réfugiés tutsis congolais du Rwanda. Non seulement c’est irréaliste et inacceptable par Kinshasa mais encore, c’est la confirmation du rôle de filleul de Kigali que joue le M23. Il a endossé le sempiternel argumentaire que son parrain a toujours embouché pour justifier sa présence militaire chez son voisin et dont le soubassement est la balkanisation dudit voisin.   Le M23 s’est disqualifié. C’est le moins que l’on puisse dire. Ce groupe armé à la solde de Kigali vient, à la veille de la reprise des pourparlers avec le gouvernement, de poser deux nouvelles conditions comme préalable à la cessation définitive des hostilités qu’il a déclenchées en 2012 dans la province du Nord-Kivu.Le voile se déchireIl parait de plus en plus clair que le M23 passe pour un épouvantail qu’agite Kigali pour dissimuler son action déstabilisatrice de la région des Grands Lacs où il a commis et continue de commettre de nombreux crimes. Le M23 a commencé son aventure guerrière, d’abord sous le couvert d’une mutinerie de quelques dizaines d’officiers et soldats. Chemin faisant, il s’est transformé, ensuite, en une rébellion surarmée, comptant des milliers d’officiers et d’hommes de troupes.A la lumière de l’évolution de la situation et de la survenance de certains événements, ces deux étiquettes se sont révélées fausses. L’opinion n’est plus dupe.     Après avoir longtemps entretenu le mystère autour de son action, le M23 a fini par se dévoiler. Preuve, ses nouvelles revendications en rapport avec la reprise des pourparlers de Kampala.Il se dit prêt à déposer les armes et à retourner à la vie civile, comme exigé par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), à condition, insiste-t-il, que Kinshasa apporte une réponse claire et précise sur deux questions : la neutralisation des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et le retour du Rwanda des réfugiés congolais tutsis. C’est ce que rapporte l’AFP, citant le chef rebelle, Bertrand Bisimwa.Ce virage à 180 degrés démontre pour ceux qui voulaient tomber dans la méprise, que le M23 n’est qu’un va-t-en guerre au service de Kigali qui l’a armé pour sous-traiter le plan de balkanisation de la RDC. Devant jouer son rôle jusqu’au bout, il ne s’est pas gêné, le moins du monde, de jeter dans la poubelle le premier contenu de son cahier des charges relatif à la non application de l’accord du 23 mars 2008 qui liait le CNDP et le gouvernement.«La plupart de nos militaires n’ont pas eu pour vocation de faire l’armée. S’ils se battent, c’est pour revendiquer le retour de leurs parents et pour la sécurité de leurs villages », a indiqué Bertrand Bisimwa. Toujours d’après la même source, le M23 demanderait aussi un « plan Marshall pour l’Est du pays », « financé par les ressources locales » de façon, soutient-il, d’assurer la sécurité et la reconstruction.

 Il faut vraiment être aveugle pour ne pas lire entre les lignes cette nouvelle stratégie destinée à entretenir le statu quo, à savoir les tensions qui, à la moindre étincelle, mettent le feu aux poudres. Par ces manœuvres dilatoires, le M23 a choisi de piéger aussi bien Kinshasa que la communauté internationale. Autant il accepte de revenir aux pourparlers de Kampala autant il en obstrue la voie en posant des conditions qu’il sait inacceptables.De quel droit se fait-il le défenseur des populations de souche rwandophone réfugiées au Rwanda et l’adversaire avoué des FDLR ? C’est qu’il veut se substituer à la fois au gouvernement de Kinshasa et au régime de Kigali.  S’agissant des FDLR, l’on se souviendra que les opérations « Amani Leo, Kimia I et II » n’ont donné aucun résultat.C’est la preuve que le M23 est véritablement en débandade. Aussi, comme un diable dans un bénitier, il s’agite dans tous les sens, espérant se frayer une issue de secours, notamment en s’attirant la sympathie d’une seule couche de la population congolaise forte de plus de 450 tribus et ethnies.La revendication du M23 aurait trouvé un sens si ce mouvement à la solde de Kigali s’était également fait l’avocat de près de 2 millions de Congolais en errance dans la sous-région, tant au Rwanda, en Ouganda, en Tanzanie, qu’au Burundi. Comment justifierait-on cette indifférence sur les souffrances qu’endurent les Congolais d’autres souches que tutsie ? Le gouvernement traite de cette question sans regarder les appartenances tribales. Qu’adviendrait-il si chaque ethnie ou tribu déciderait de prendre les armes pour rentrer à la maison ?Derrière ces nouvelles conditions du M23, il y a encore et toujours la main invisible du Rwanda qui ne peut pas accepter le retour d’une paix durable dans les Grands Lacs. Aussi tente-t-il toujours d’agiter au vent, cette fois par le biais du M23, de cet épouvantail qui a fait en son temps son fonds de commerce à savoir le génocide rwandais et la menace sécuritaire que représenteraient  les FDLR à son régime. La communauté internationale qui cherche à le protéger devrait répondre à ces questions que se pose l’opinion congolaise. Est-ce pour ces nouvelles conditions que le M23 a mis à feu et à sang la province du Nord-Kivu ? Peut-il encore se prévaloir d’une quelconque légitimité lorsqu’il ramène ses revendications sur une base totalement identitaire,  s’écartant de ce qui a toujours fait son crédo, c’est-à-dire l’accord signé à Goma le 23 mars 2009.Le gouvernement a du pain sur la planche. Son vis-à-vis à Kampala est un roublard qui, comme ses parrains rwando-ougandais, n’a que faire de la paix.

Le gouvernement congolais est le premier responsable de la sécurité en RD Congo, pas la Monusco

Par Jean-Jacques Wondo

Le Potentiel, 10 Septembre 2013

Analyste des questions sociopolitiques, sécuritaires et militaires de la RD Congo, et auteur de l’ouvrage-référence « Les armées au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC » (2013), Jean-Jacques Wondo Omanyundu est un diplômé de l’Ecole Royale Militaire de Belgique. Il rappelle dans cette analyse que « le gouvernement congolais est le premier responsable de la sécurité en RDC, pas la Monusco ».

Depuis quelques mois, suite à l’enlisement de la situation sécuritaire à l’Est de la RD Congo, on assiste à un faisceau de tirs, venus de toutes parts, contre la Monusco. C’est comme si la persistance de la situation sécuritaire chaotique à l’Est du Congo est imputable à la seule Monusco.

Ma question ici est de savoir qui est le premier responsable pour assurer l’autorité de l’État à l’Est et dans l’ensemble du territoire congolais ?

L’échec de la Monusco, un secret de Polichinelle. Est-ce la seule explication de l’enlisement sécuritaire à l’est du Congo ? La Monusco a un effectif total (au 30 juin 2013) de  24.955 personnes dont  20.438 membres du personnel en uniforme (18. 490 soldats, 522 observateurs militaires, 1. 426 policiers), 3.941 membres du personnel civil (549 volontaires des Nations Unies, 994 membres du personnel civil international, 2. 947 membres du personnel civil local). Son budget colossal approuvé (du 1er juillet 2012 au 30 juin 2013) est de 1. 347. 588. 800 dollars US avec un  coût additionnel estimé à 140 millions de dollars US pour le déploiement de la brigade d’intervention en 2013.

Avec tout cela, on s’attendait tout au moins à ce que cela se reflète sur le terrain, notamment par l’espoir suscité auprès de quelques naïfs (dont le Gouvernement congolais) de voir cette brigade mettre hors d’état de nuire le M23 et tous les groupes armés évoluant au Kivu. Malheureusement, on assiste depuis 14 ans à une présence molle de la mission  des Nations unies au point que bon nombre d’observateurs ainsi que l’opinion publique s’interrogent sur l’utilité de maintien de sa présence à l’Est de la RDC. Mais là n’est pas vraiment mon propos dans cette contribution, mais touchons en un mot.

Sous le titre, « La Monusco : Mission impossible ? », la journaliste indépendante Sonia Rolley, dans la revue Grotius International (Géopolitiques de l’humanitaire, 30 septembre 2012), fait une évaluation mitigée du travail de l’ONU en RDC. Pour elle, la Monusco ne doit pas être, seule, tenue responsable de la débâcle à l’Est de la RDC, il s’agit d’une responsabilité collective qui doit être assumée par tous les acteurs.« La Monusco est peut-être pointée du doigt à raison. Mais tous ces manquements ne suffisent pas à expliquer l’immense gâchis de ce conflit dans l’Est. Les causes de l’insécurité sont multiples : la faiblesse de la démocratie congolaise, l’échec de la réforme du secteur de la sécurité, l’exploitation illégale des ressources minières, mais aussi les conflits locaux et notamment liés à la terre qui sont trop souvent ignorés », écrit-elle. « C’est toute l’assistance étrangère au pays qui doit être repensée, pas seulement un mandat : le positionnement des chancelleries, l’affectation des aides financières et techniques, les stratégies d’intervention des humanitaires. . . Derrière la relative inefficacité de la Monusco se profile surtout l’échec de la communauté internationale…», ajoute-t-elle. Quant à la Monusco, la journaliste indépendante Sonia Rolley note qu’aujourd’hui son positionnement est devenu illisible au point que l’on prépare le déploiement d’une (autre) force (internationale) neutre à la frontière entre le Rwanda et le Congo. « N’est-ce pas en soi un constat d’échec pour la mission de l’ONU ? », se posait-elle la question en septembre 2012. (Lire aussi Les armées au Congo-Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC).Adam Backzo, spécialiste des groupes armés dans le Nord-Kivu, estime quant à lui que « la position actuelle de la Monusco est intenable, il y a un faux engagement, une fausse neutralité », estimant que « si la Monusco conserve ce positionnement, la guerre va continuer ». « Le soutien de la mission onusienne à une armée défaillante ne permet pas aujourd’hui au gouvernement de reprendre le contrôle de l’Est», assure Waatibal Kumaba Mbuta, auteur de l’ouvrage « L’ONU et la diplomatie des conflits : le cas de la République démocratique du Congo », L’Harmattan, Paris, 2012).Les FARDC (et non la Monusco), détentrices du monopole de restaurer l’autorité de l’Etat.Dans une précédente analyse, publiée en deux parties, intitulée « La résolution 2098 de l’ONU ou l’effondrement du monopole de l’Etat congolais Analyse d’un pétard mouillé? », j’expliquais le rôle de l’Etat, c’est-à-dire la responsabilité gouvernementale dans l’exercice de ses fonctions régaliennes.Je faisais alors référence à la deuxième partie de la définition que le sociologue brésilien Emilio Willems (Dictionnaire de sociologie, 1970) attribue ce concept et selon laquelle l’« un des caractères principaux de l’Etat est l’exercice d’un contrôle coercitif sur ses propres membres ou dans ses rapports avec les autres sociétés ».En effet, la caractéristique principale de l’Etat réside dans sa capacité de disposer du monopole de la violence légitime. Une violence que l’Etat confère à ses forces armées nationales (FARDC) et non étrangères (Monusco) encore moins à des mercenaires ni aux milices pour assurer sa défense extérieure ; aux services de police pour assurer la sécurité intérieure, l’ordre public à l’intérieur de l’État et la recherche des auteurs d’infraction ; et à la justice pour réguler les processus sociaux et sanctionner les comportements jugés en décalage par rapport aux normes de la société (l’État).Il s’agit tout bonnement des domaines qui couvrent les pouvoirs régaliens d’un État de disposer de la puissance publique et qui forment ce que l’on appelle communément « impérium ».De ce fait, la mission principale d’une armée est naturellement celle de défendre l’intégrité, la souveraineté et l’indépendance du pays chaque fois qu’elles sont menacées. En conséquence, en tant que garant de l’ordre républicain, l’armée détient le monopole légitime de rétablir l’équilibre ou de défendre le pays par le recours à la violence chaque fois que le pays est menacé ou agressé.De ce fait, l’État n’a de sens et d’existence que dans la mesure où il possède les instruments performants capables de lui permettre d’exercer son monopole de la violence légitime sur son territoire et même au-delà. C’est-à-dire avec le choc de la guerre, l’État est obligé de montrer de quoi il est capable. Car sans armée efficace et capable d’exercer cette violence contre l’ennemi, c’est toute la substance constitutive même de l’État qui s’émascule. Cela arrive lorsqu’on a une armée incongrue soutenant un État-coquille vide et exposé à la merci du premier agresseur.Dans son fonctionnement interne et dans ses rapports avec les autres États, l’objectif principal d’un État est de réaliser au maximum l’« intérêt national » (National Intrest) en faisant appel à son pouvoir et à sa puissance.D’où, le principe universel affirmé par Carl Von Clausewitz selon lequel « la guerre est un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté ».Pour cette raison, le sociologue Max Weber avance que « l’État doit être protégé contre toute forme d’actions qui peuvent compromettre l’exercice du pouvoir et son existence ». Cela implique la nécessité absolue pour l’État de disposer des services publics devant lui permettre d’user de ses prérogatives du monopole de la violence légitime et d’assurer son autorité et sa puissance publique sur l’ensemble de son territoire national. Cela relève de la responsabilité première d’un État (Gouvernement congolais pour le cas présent) et non de la communauté internationale.Mais depuis un temps, face à la déliquescence de l’armée congolaise due au manque de volonté politique en premier lieu, le Gouvernement congolais dans un subtil stratagème de projection psychologique déresponsabilisante, veut se dédouaner de sa responsabilité première sus-évoquée pour amener l’opinion à croire qu’il revient à la Communauté internationale, notamment la Monusco, de défendre le territoire congolais et d’assurer la sécurité des populations.Il s’agit là d’une rhétorique de diversion visant à induire en erreur l’opinion publique au point que depuis un temps, on assiste à des manifestations hostiles, particulièrement à Goma, des populations contre la Monusco. Une population qui semble oublier que c’est d’abord au Gouvernement congolais d’assumer sa puissance publique en assurant constitutionnellement l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.Le double langage du gouvernement congolais face à la communauté internationale. Un autre point qui mérite d’être soulevé est le double langage tenu constamment par le pouvoir congolais à l’égard de la communauté internationale. Celle-ci est saluée par le Gouvernement, via généralement et souvent son porte-parole, lorsqu’elle agit pour suppléer sa défaillance étatique et qu’elle est décriée lorsque la communauté internationale agit pour faire valoir les intérêts supérieurs de l’Etat congolais et non des intérêts politiciens du pouvoir en place.Deux exemples suffisent à mettre en lumière dette double dialectique duale et antithétique.1.    Lorsqu’en mars 2013, le Conseil de sécurité a voté la résolution 2098 créant la brigade spéciale, on a assisté à une euphorie triomphaliste hors normes du pouvoir et ses partisans se félicitant des résultats du lobbying de sa diplomatie. Alors que tous les observateurs sérieux savent que cette résolution est le fruit d’une série de plaidoyers menés particulièrement par un groupe d’ONG (HRW, Oxfam, ICG, Global witness, Eurac…) à New-York (ONU) et à Washington (Département d’Etat) pour ramener le dossier Congo à l’ordre du jour des préoccupations internationales.

Cela a même donné droit à une déclaration pathético-irresponsable du ministre congolais des Affaires étrangères, M. Raymond Tshibanda, qui a tonné que « La rébellion M23 doit cesser d’exister comme un mouvement politico-militaire »… Sinon, « la Brigade (NDLR: d’intervention de la Monusco et non les FARDC!) s’occupera à mettre fin à son existence ».2.    Lorsqu’à la suite de la signature de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et du vote de la résolution 2098 enjoignant au gouvernement congolais d’organiser un dialogue inclusif en vue de trouver une solution durable à la crise congolaise, qui n’est pas que sécuritaire mais aussi politique, sous la médiation de la communauté internationale, le même Gouvernement qui s’en est réjoui quelques mois plus tôt, se rebiffe lorsqu’il faille faire appel à un médiateur international neutre pour résoudre la crise congolaise.C’est le cas lorsqu’à la suite de la convocation des « concertations nationales », l’opposition et une majorité de la société civile ont rappelé au président Kabila les prescrits de l’Accord-cadre et que le nom du président voisin, Denis Sassou Nguesso, était de plus en plus cité comme médiateur de ses assises.

Là on a assisté à un réflexe « instinctif » conservateur de défense des acquis et rentes politiques individuels qu’à une attitude  d’hommes d’Etat visant à privilégier l’intérêt national de la part des membres de la majorité présidentielle. Ils « se sont dressés sur leurs ergots dans un réflexe nationaliste finalement très kinois. Thème : pourquoi avoir recours à un facilitateur pour une crise qui n’existe pas ? » (Jeune Afrique, 13/08/2013).Ainsi, ce double langage contradictoire du pouvoir congolais, lequel – lorsque ses intérêts et calculs politiciens (et non l’intérêt suprême de la nation) sont en danger – brandit la souveraineté nationale. Mais lorsqu’il s’agit de restaurer la sécurité et l’autorité de l’Etat, première mission de l’Etat (telle que définie supra), c’est derrière la communauté internationale que le Gouvernement projette son irresponsabilité.

Au gouvernement congolais d’assumer en premier lieu et en définitive la sécurité de la RDC.Le drame de la RD Congo est que, trop souvent, sa supposée élite politique et son intelligentsia, si elles existent encore, se laissent emporter par des comportements compulsifs émotionnels là où il faille appliquer la raison.Lorsque d’un côté le pouvoir congolais se réjouit de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et du vote de la résolution 2098, très peu d’intellectuels congolais se sont appesantis sur leur analyse. L’opinion publique s’est ainsi laissée aller et flouer par l’une ou l’autre disposition qui arrange le pouvoir. D’où, son incompréhension chaque fois que les officiels internationaux (Ban Ki-Moon, Robinson, Catherine Ashton, Köbler, le général  Carlo Alberto dos Santos Cruz…) leur rappelaient que ni la brigade d’intervention encore moins la Monusco dans son ensemble n’étaient la solution à l’insécurité à l’Est de la RD Congo. Des messages mal interprétés par les populations locales manipulées par les politiciens.

Et pourtant, en allant jeter un coup d’œil sur la résolution 2098, on peut y lire ce qui suit :« Soulignant que le Gouvernement de la République démocratique du Congo est responsable au premier chef de la sécurité, de la protection des civils, de la réconciliation nationale, de la consolidation de la paix et du développement dans le pays, et l’engageant instamment à demeurer pleinement attaché à la mise en œuvre de l’Accord-cadre et à la protection des civils en se dotant de forces de sécurité professionnelles, responsables et durables, en mettant en place une administration civile congolaise, en particulier dans les secteurs de la police, de la justice et de l’administration territoriale et en faisant prévaloir l’état de droit et le respect des droits de l’homme ».Mieux encore, la résolution 2098 exige au Gouvernement congolais, avec les bons offices de la Monusco :- d’élaborer une feuille de route claire et globale pour la réforme du secteur de la sécurité, comprenant notamment des critères de référence et des échéanciers pour la  mise en place d’institutions de sécurité efficaces et responsables;- de poursuivre la réforme de l’armée, dont la première étape consistera à mettre en place au sein des FARDC une force de réaction rapide bien équipée, bien formée et dont les éléments ont été agréés et qui constituerait le noyau d’une force de défense nationale professionnelle, responsable, bien entretenue et efficace, et appuyer, selon qu’il conviendra et en coordination avec les partenaires internationaux, la formation de la  force de réaction rapide, qui devrait, eu égard aux critères et calendrier définis dans la feuille de route pour la réforme du secteur de la sécurité, développer la capacité d’assumer dès que possible les responsabilités en matière de sécurité dévolues à la brigade d’intervention de la Monusco;- d’élaborer un plan unique global de désarmement, démobilisation et réintégration et de désarmement, démobilisation, réintégration et réinsertion ou rapatriement pour les combattants étrangers et congolais qui ne sont pas soupçonnés de génocide, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de violations flagrantes des droits de l’homme, y compris les membres des FARDC, et appuyer, selon qu’il conviendra, la mise en œuvre de ce plan;- de tirer parti du plan de stabilisation et de reconstruction pour les zones sortant du conflit armé élaboré par le Gouvernement et de la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation pour contribuer à instaurer durablement un niveau minimum d’autorité et de contrôle de l’État dans les zones touchées par le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment grâce à des initiatives locales visant à renforcer la sécurité, à rétablir l’autorité de l’État  et à permettre un relèvement socioéconomique durable.Voilà des dispositions qui sont claires comme l’eau de roche et n’appellent aucun commentaire.  Même l’ambassadeur de la Russie à Kinshasa, un pays qui fait le contrepoids de la position dominante occidentale aux Nations unies, M. Anatoly Klimento, a été le tout premier à avertir les Congolais au cours d’un point de presse le 02 avril 2013.« La RDC devrait profiter de l’arrivée de la brigade d’intervention de la Monusco pour se doter d’une armée efficace et dissuasive afin de ne pas toujours compter sur la communauté internationale », a-t-il déclaré.A ce jour, aucune réforme exigée par le Conseil de sécurité de l’ONU n’est réalisée. Le président Kabila s’est plutôt contenté à promouvoir une centaine de généraux. La formation du 323ème bataillon de la force de réaction rapide et de la dernière promotion des officiers à l’académie de Kananga sont suspendues pour cause principalement de recrutement fantaisiste, clientéliste et ethno-régional des candidats inaptes.

Aux Congolais et leurs autorités d’assumer la responsabilité qui leur incombe de doter le pays d’une armée professionnelle et d’éviter le syndrome de projection psychologique sur la communauté internationale.

L’ADG du groupe de presse Le Potentiel menacé par les « balkanisateurs »

Le Potentiel, le 10 Septembre 2013

Freddy Mulumba Kabuayi, ADG groupe de presse Le Potentiel

Alerte

Pour avoir initié une lutte contre l’intangibilité des frontières de la République démocratique du Congo, l’ADG  du groupe de presse  Le Potentiel devient, non seulement le mal aimé, mais aussi la proie à abattre de la part des « balkanisateurs »En effet, depuis plusieurs années, une guerre décime plusieurs familles dans l’Est du pays.  Des forces négatives, soutenues financièrement et matériellement par des pays voisins en sont à la base. Aujourd’hui, on compte plus de 6 millions de morts.Révoltés par cette situation inacceptable, des Congolais nationalistes ont décrypté le message, sentant la menace de partition du pays, à travers son implosion. Ces Congolais sont ainsi montés créneau pour, non seulement réveiller la conscience du peuple,  mais également l’inviter à barrer la route aux démons de la division.D’où, les multiples campagnes de sensibilisation organisées à cet effet. Des fils du pays ont alors pris leur courage en main en montrant à la face du monde qu’à travers la guerre qui sévit dans sa partie Est, la République démocratique du Congo est tout simplement victime d’un complot international visant sa balkanisation. Ce qui se chuchote tout bas, des compatriotes l’ont dit à voix audible. Pour eux, la conclusion était claire : la balkanisation était donc l’unique définition et compréhension du comportement des pays agresseurs.Que des menaces ne proférait-on pas à l’endroit de ces dignes fils du pays qui s’étaient lancés dans une campagne de sensibilisation contre la balkanisation de la RDC ?  Plusieurs qualificatifs sont collés « à ces Congolais qui passent leur temps à faire peur au peuple » ? Inciviques, déstabilisateurs, et autres.C’est avec dédain que ceux qui ont pris à bras-le-corps la lutte contre ce projet étaient traités dans différents milieux. Personne ne leur accordait le bénéfice d’avoir perçu suffisamment à temps le danger. Bref, ils étaient marginalisés aussi bien de l’extérieur qu’à l’intérieur du pays à telle enseigne qu’ils s’étaient sentis en insécurité totale. N’ayant pas baissé les bras, parce que mus par l’esprit patriotique, ces patriotes ont poursuivi leur lutte contre la balkanisation. Sans relâche et sans soutiens !Au fil du temps et avec l’évolution négative de la situation dans l’Est du pays, l’histoire a fini par leur donner raison. Ceux qui les diabolisaient hier, officiels comme personnes de toute catégorie, les ont rejoints dans la démarche de lutte contre la balkanisation. Aujourd’hui, même les responsables de différentes institutions du pays ne se voilent plus la face pour dénoncer la balkanisation.Justifiant la convocation des concertations nationales, le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, n’a-t-il pas reconnu la menace qui, depuis plusieurs années,  pèse sur l’existence même de notre pays, comme notre pays, comme notre Nation, voulue une et indivisible et comme Etat souverain dans des frontières héritées de la colonisation ?  Cela signifie simplement qu’il s’oppose à la partition de son pays de la même manière que ceux avaient entamé la lutte sans attendre une quelconque autorisation.

IRONIE DU SORTAu moment où se tiennent les concertations nationales en vue de permettre à la RDC de mettre en place des fondations sûres et solides  en vue d’une véritable cohésion nationale, certaines personnes cherchent à pérenniser le statu quo. Pris de court par l’esprit d’ouverture et d’apaisement du chef de l’Etat. Et pour des raisons qui leur sont propres, elles se plaisent à proférer des menaces de mort à l’endroit des compatriotes qui luttent contre la balkanisation.C’est le cas de M. Freddy Mulumba Kabuayi, ADG du Groupe de presse Le Potentiel qui, depuis quelques jours, est l’objet de menaces de la part des « balkanisateurs » ou leurs agents locaux. Que lui reproche-t-on ? Ces personnes aux intentions maléfiques affichées tenteraient-elles de lui faire peur ? Lui et ses collaborateurs dans cette lutte acharnée contre la balkanisation du pays ?Militer pour l’intangibilité des frontières de son pays serait-il constitutif d’un motif de se faire guillotiner, (au propre comme au figuré) ? Le chef de l’Etat, Joseph Kabila, a déjà pris la tête de cette lutte, en répétant à toutes les occasions sa détermination à protéger les frontières, contre la menace de balkanisation. L’accompagner sur cette voie ne peut pas attirer des ennuis. Au contraire ! Il est clairement établi que ces menaces sont l’œuvre de ceux qui se recrutent dans les pays voisins, notamment  le Rwanda et l’Ouganda.L’insécurité dans laquelle est plongé Freddy Mulumba Kabuayi, considéré à tort comme un adversaire à abattre revient à se tromper de cible. Et ne peut le faire que ceux qui sont acquis à cette cause visant la partition du pays. Le gouvernement de la République est invité à ouvrir l’œil et le bon. Les menaces proférées contre Freddy Mulumba constituent un danger pour tous les patriotes engagés publiquement dans la lutte contre la balkanisation de la RDC.La sécurisation des personnes étant parmi les missions de l’Etat, et en cette période de la recherche de la cohésion nationale, Freddy Mulumba est une icône parmi tant d’autres Congolais sur qui la nation peut compter pour faire échec à ce plan piloté de Kigali et de certaines capitales occidentales. S’il s’agit d’une plaisanterie de ceux qui le prennent pour un adversaire qui monte, elle est alors d’un mauvais goût. Toutefois, ces menaces répétées sont prises très au sérieux.Distribué par:

Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.

Montréal: Tél. (001) 438-994-6072

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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