RDC : qui veut la paix ?

Qui veut réellement des élections apaisées en RDC ?  Comment peut-on le reconnaître ?  Comment reconnaître le congolais qui veut la paix ?

Quelles sont les conditions pour avoir des élections apaisées en 2016 ?  Sera-ce possible tant que le pouvoir, le gouvernement et le parlement de Kinshasa tuent et torturent les congolais qui osent revendiquer le changement d’un régime, construit sur du sang congolais et étranger en RDC et ailleurs ?  Sur la base de quel principe ?  Est-il possible d’avoir des élections apaisées pendant que nous ne savons toujours pas encore qui et pourquoi ont commis les forfaits de 1960, 1965, 1997 et 2001 ; forfaits qui expliquer notre exil, notre terreur, notre pauvreté tant morale (immatérielle) que matérielle ?  Des élections apaisées et transparentes sont-elles possibles avec autant d’implication de pays étrangers et pendant que l’ignorance de la géopolitique bat son plein ?  Sont-elles possible avec un peuple sous-instruit, mentalement aliéné et politiquement colonisé ?

D’aucuns pensent que la paix au Congo viendra du soulèvement populaire attendu désespéramment depuis fin 2011.  Leur schéma est simple : soulèvement populaire signifie chute de l’imposture, ensuite, on s’occupera verra comment créer l’État de droit.

La lacune de ce schéma, de ce projet, provient du fait que ses tenants ne disposent d’aucune ressource nécessaire à la réalisation du projet qu’ils propose aux congolais, avant de ne l’avoir correctement analyser.  Tous sont incapables d’accéder à la population et ne savent donc pas pas, objectivement parlant, prouver la démocratie de leur démarche.  Quelques tares congolaises viennent saper le reste : le tribalisme, l’amateurisme.  Face au terrorisme d’État et à la mafia internationale, les tenants du soulèvement populaire n’ont pas encore résolu de développer une contre-offensive intelligente : le règne est à la mysticité et à la foi à des gourous ou divinités diverses et une bonne place est accordé à l’irrationalité.  Le résultat, la conséquence de cette attitude, de cette méthode de travail sont là :

  • de nombreuses erreurs tactiques, faute de disposer d’analyses valables ;
  • des militants découragés ou débauchés, en raison de la pauvreté du plus grand nombre ;
  • d’importantes pertes en vies humaines dans les rues, dans les bureaux et dans les maisons, à cause des engagements mal préparés ;
  • la peur de l’ennemi de la paix, de l’ami de l’insécurité, face aux dieux qu’il s’associe, et qui ne trouvent pas de contrepartie dans le camps des adeptes du soulèvement populaire.

À chaud, cela nous amène à réitérer nos conclusions à reformuler notre réponse :

  • une structuration du projet est indispensable pour définir une stratégie gagnante, pour recourir à des ressources de qualité en vue d’accroître l’assurance des acteurs ;
  • la démocratie du projet ne peut être garantie qu’en s’inscrivant dans un schéma de lutte politique, syndicale, économique, intellectuelle et en divorçant de la logique du simple châtiment physique ;
  • sans une nouvelle naissance, il est impossible de tirer notre peuple d’une vie de superstition suicidaire ; la lutte pour la paix au Congo doit être une démarche holistique, qui engage tout l’homme congolais dans la quête de sa liberté…

Qui veut la paix est donc pour nous celui qui divorce de la logique militariste, pour adopter une logique humaniste.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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