Priorités archaïques

Débat WhatsApp
L’agriculture est-elle une priorité des priorités en RDC et pourquoi ?

(…)
Non, cher frère… En tant que membre de l’EAE ASBL/Bunia, ton rôle c’est de démontrer tout cela à nos frères de l’Ituri.

Chers frères, suivez mon raisonnement attentivement. Vous comprendrez que ces mensonges ne passeront plus là où les gens ont la connaissance et réfléchissent, comme ici, dans ce forum.  Désormais, avant de cultiver, il faut se poser beaucoup de questions. Tenez !

Chaque année, des tonnes d’oranges (et de tomates ?) espagnols vont dans les rigoles et des tonnes de riz américains vont à la mer ! Des hectolitres de lait belge vont dans les tranchées par moment. Des tonnes de pommes de terre nord-kivutiennes pourrissaient il y a quelques années, là, près de vous. Vous ne le saviez pas ? Produire n’est plus une valeur en soit. La productique est une science que nous devons maîtriser et pas laisser aux autres contrôler sans nous… Des familles belges ont émigré de la Wallonie au Canada pourquoi ? N’est-ce pas à cause de la faillite de leurs exploitations agricoles et bovines ?

Certes, tout calcul fait, l’Ituri n’avait pas de la viande à manger pour plus de 2 semaines, selon nos calculs de 1982 ; la dernière fois que nous avons été à Abibarem à Ugudo. Quelle que soit la croissance de l’élevage obtenue depuis lors, le besoin en viande bovine est encore énorme dans la province. Cependant, si vous multiplier les tailles de tous les cheptels par 52/2 = 26, pour avoir de quoi manger pendant une année, dans l’Ituri seulement, sans exporter un seul gramme, qui achèterait et comment ? Il faut donc tout penser : la production (y compris les soins animaliers), le transport, la transformation, le stockage, la commercialisation (y compris l’exportation), la consommation (y compris la protection de l’environnement et l’habitat) et solutionner déjà la question de la viande artificielle qui viendra sans doute bientôt des USA et nous fera concurrence, etc.

Qu’est-ce à dire ? Ce n’est pas pour rien que nous avons créé le projet FEEC, Fonds pour les Élèves et Étudiants du Congo auquel deux de nos frères du Kibali-Ituri et un sujet américain participèrent avec détermination.  Cependant, les jeunes ne veulent pas soutenir, même ceux d’entre eux qui ont bénéficier du projet… Ce n’est pas pour rien non plus que nous vous proposons d’investir dans l’ITP de l’EAE ASBL, l’Institut des Technologies de Pointe, pour nous mettre aux frontières des technologies et être réellement compétitifs sur le marché dans un avenir raisonnable…

Cela donne des vertiges à moi-même. Cependant, il faut bien tenir le coup. Le monde avance très vite. Les langues s’apprendraient en quelques semaines par l’hypnose pendant que vous perdez 12 ans à apprendre un français approximatif à nos enfants, 1 heure/jour et 5 jours par semaine au moins (primaire et secondaire) ; soient pas moins de 2.340 heures de français ! Quel gaspillage ! En 4 mois, de cours intensifs, les américains vous rentrent et l’américain, et l’histoire des EUA et la culture américaine dans la tête, en un total de 1.240 heures au grand maximum.  Langue, histoire et culture vous pénètrent ainsi dans la tête et vous devenez américains sans savoir comment et votre vie change du paria indien au yankee, que tous les jeunes paresseux d’Afrique et d’Europe convoitent dans un snobisme et un réalisme parfaitement mariés…

En effet, pour ceux qui pensent agriculture, vous mangez désormais une dinde seule ou presque, après ce matraquage culturel ; parce que vous comprenez aussi que les affamés ne peuvent pas offrir ce qu’ils n’ont pas…  La force, le capital ! Vous ne savez même pas quelle machine exactement a labouré et quel autre a moulu le blé qui se retrouve dans votre pain à toast ! Qu’est-ce que je veux dire par là très exactement est qui est un « kidi manda » pour certains ?

L’agriculture n’est pas le seul facteur ni celui serait primordial pour que nous mangions correctement, convenablement !  C’est archaïque de penser ainsi parce que manger n’est plus le problème pour tout peuple travailleur ou prêt à travailler comme nous.

Prenez le nombre de tous les agriculteurs qu’il y a chez les alurs. Divisez ce nombre par 20. Négocions une formation à crédit avec les meilleurs formateurs agricoles qu’il y aurait au monde pour former un vingtième de nos agriculteurs aux techniques de pointe de l’agriculture et négocions en même temps la fourniture du matériel nécessaire, toujours à crédit auprès de nos partenaires judicieusement choisis.

À mettre 10 à 30% du coût total du projet sur la table, nous aurons des agriculteurs qui nourrirons à eux seuls probablement toute l’Ituri ! Cela suppose qu’en même temps nous ayons préparé d’autres qualifications, formations ou enseignements, pour les 19 vingtièmes de nos cultivateurs actuels : entreposeurs, commerçants agricoles, transporteurs spécialisés, moniteurs agricoles, gestionnaires de banques de données agricoles, exportateurs, contrôleurs des plantations, agronomes, bio-techniciens, botanistes, climatologues, et même des zootechniciens, etc.

Sur près de 2.500.000 d’habitants qu’il y aurait dans Mahagi, prenons qu’il ait 50% de la population, soient 1.250.000 adultes, en âge de travailler et que 2% seulement s’occupent de l’agriculture – une manière de tenir compte du chômage irresponsable que nous tolérons chez nous. Cela ferait 25.000 agriculteurs actifs en tout. 1 vingtième de cette population d’agriculteurs, travaillant avec des tracteurs produirait plus, rapidement, professionnellement : soient 1.250 agriculteurs, les plus jeunes, à former rapidement, aux technologies de pointe de l’agriculture ! Les autres, les 23.750 sont à convertir, de préférence, à d’autres métiers proches de l’agriculture de la plus haute facture.

Capitaliste, dans tous nos projets, nous aimons à nous poser immédiatement la question de savoir combien coûtera un tel projet ? Une estimation rapide peut se réaliser en réfléchissant basiquement. 25.000 personnes sont directement impliquées. Elles représentent 25.000 personnes/6 personnes/ménage = 4.167 ménages. Un encadrement de deux années, de 24 mois de suivi du groupe à passer à la modernité agricole, représentera, une dépense de 4.167 ménages x 6500 €/ménage/mois x 24 mois = 650.000.000 €, rien que pour les salaires de bien heureux stagiaires. Pour tenir compte de tous les autres frais : infrastructure, équipement, matériel, consommables, honoraires, permettons-nous de multiplier tout ceci par deux. Le coût de projet voisinerait donc les 1.300.000.000 €.

Vous comprenez, à ce stade-ci, pourquoi je vous dis toujours de ne pas accepter des projets en millions d’Euros au Congo ? Tout doit être en milliards, mais idéalement en billions d’Euros. Et là, ce n’est pas vers la Belgique qu’il faut tourner les yeux, mais vers les EUA. Une raison pour laquelle l’anglais devrait devenir notre deuxième langue nationale et le portugais, la troisième. Pour le reste, chacun n’a qu’à s’inscrire au cours de langue vernaculaire ou tribal de son choix, à ses frais, pour communiquer avec ses grands-parents, s’il ignore sa langue paternelle…

Nous ne pouvons pas terminer sans parler remboursement : du capital et des intérêts… Supposons le crédit verser intégralement en début de projet et le taux d’intérêt fixé à 5% l’an, tout compris et le remboursement étalé sur 120 mois ou 10 ans ; la mensualité serait de 3.232 €/ménage/mois. Je vous dispense des formules quelques peu élaborées à ce stade. Comme le ménage gagne 6.500 €/mois en brut, il lui reste 3208 pour vivre, monsieur, madame et 4 enfants. Est-ce irréaliste, comme projet ? Surtout que monsieur et madame sont mis au vrai travail ?

  1. Où se cache alors la vraie difficulté ?
  2. Comment se fait-il que nous n’y parvenions pas à juguler la pauvreté ?
  3. Pourquoi personne ne nous tient-il ce raisonnement jusqu’au bout – démarche que j’ai simplifiée ici pour des raisons pédagogiques ?
  4. Comment avoir les 10 à 30% du montant du crédit sur la table avant d’aborder les banques ?
  1. Comment avoir la confiance des investisseurs pour qu’ils libèrent les 70 à 90% des 1,3 milliards d’Euros à rembourser sur une période de10 ans ?

Ce sera l’objet de notre prochaine conférence, sur la question intéressante de l’agriculture dans laquelle on veut continuer à nous enfermer si facilement !

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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