Prière congolaise

TOSEKA MUKE : PRIÈRE CONGOLAISE

Notre Président qui est au palais de la nation, que ton nom soit maudit, que ton règne finisse, que ta volonté ne soit plus jamais faîtes à KINSHASA comme sur toute l’étendue de la RDC. Donne-nous aujourd’hui ta démission, pardonnes-nous notre générosité pour t’avoir toléré jusqu’à présent comme nous pardonnons aussi à ceux qui t’ont voté, et ne nous soumet plus à tes dialogues qui n’aboutissent jamais, Mais délivre le nord kivu de mains de tes maîtres Rwandais. Car c’est à toi qu’appartiennent, la trahison, la corruption et le mensonge depuis 2001 jusqu’à 2016. AMEN!

Transfère à 10 patriotes congolais.

GPAU

Que traduit cette prière, Louise ?

Les gens sont fatigués de Joseph Kabila Kabange, véritablement, certainement.

Cependant, qu’est-ce qui fait que, malgré tout cela, 73 millions de citoyens que nous sommes, n’arrive pas à débouter l’homme ?

Ne serait-ce pas :

  1. la stratégie adoptée, si stratégie il y a ?
  2. les méthodes utilisées, s’il est fait appel à des méthodes particulières ?
  3. les armes utilisées, si dans ce combat politique, des armes particulières sont utilisées ?
  4. d’autres éléments ou facteurs ?

Maintenant, posons-nous la question ci-après.

Qui sommes-nous et que voulons-nous dans tout cela ?

Que traduit cette prière, cher compatriote ?

Nous rencontrons encore beaucoup de congolais qui croient à Monsieur Joseph Kabila Kabange (JKK, le Raïs) de tout leur cœur.  Il ne se rendent pas compte du malaise qu’éprouvent beaucoup de congolais, tant que cela ne touche pas à leur quiétude.  L’homme congolais est ainsi fait.  Pour la plupart, nous ne prenons conscience d’un problème que quand il nous touche personnellement.  C’est ainsi que certains ne prennent pas conscience de la dangerosité de l’imposture kabilienne.  Jusqu’à ce qu’ils perdent un membre de leur famille dans une manifestation réprimée par la gente au pouvoir.

Entre 400 et 600 partis politiques circulent au Congo.  Personne ne se demande ce qu’ils font ni pourquoi ils agissent de la sorte.  Il en sera ainsi jusqu’au jour la ruine du pays sera total.  Quand il sera démontré que ce sont les gourous des partis qui alimentaient l’imposture dans le pays.  En attendant, personne ne se soucie de lever l’ancre, ni de soulever le voile.  Dès lors, personne ne dénonce les partis dits du ventre.  La majorité en parle avec insouciance.  Les âmes bien nés prennent des distances.  Une infime partie seulement prévient du danger, mobilise pour la dénonciation de la collaboration consciente ou inconsciente avec l’imposteur.

La prière ci-dessus, est une manière pour certains d’entre nous de se consoler.  Une façon de puiser de l’énergie pour continuer à porter le poids de la domination étrangère sur le congolais.  Cette domination, où sont tour à tour accusés le Rwanda, l’Uganda, le Burundi ; et, dans une moindre mesure, nos autres voisins.

73 millions n’arrive pas à débouter un seul homme ?

Dans notre pays, il se vit un phénomène étrange.  73 millions de congolais sont assujettis par une poignée de quelques milliers d’hommes.  Prenons que ces hommes, organisés pour asservir les congolais, soient au nombre de 7300.  Un chiffre très improbable.  Il représenterait, dans ce cas pessimiste, 0,01% de notre population.  Un seul d’entre eux, serait donc en train de produire des stratégies que 10.000 congolais n’arrive pas à contrecarrer.  Quelle honte ?  Quelle paresse ?  Quelle ignominie ?

Depuis 1999, nous invitons au travail.  Nous nous rendons compte chaque jour que le congolais reste très admiratif devant notre invitation.  Il admire notre courage, il se refuse cependant de prendre le risque insensé auquel il estime que nous l’inviterions.  Disant oui de la bouche, il dit non dans le fort de son cœur.  Le résultat se voit : il n’est jamais au rendez-vous, il n’a jamais pris son clavier ni son crayon.

Aucun projet de société national digne de ce nom n’existe.  Les partis politiques, les associations de la société civile, les églises et mêmes les formations politico-militaires sont tous sans plan de travail.  Les problèmes du pays ne sont pas épinglés.  Ils ne savent donc pas être analysés.  Des solutions logiques en encore moins robustes sont impossible.  Le changement dont on attend parler tous les jours ne sont que des canons d’églises d’irresponsables, d’hypocrites, de paresseux, voire-même de méchants de tous bords.

Étant à 6 mois de la fin d mandat actuel de JKK, nous pouvons donc avoir la certitude que rien ne marchera en 2017.  Un sursaut de dernière minute, permettra certes de limiter les dégâts, mais pas d’éviter l’hécatombe.  Pourquoi ?

Parce qu’il serait trop tardif.  La stratégie montée à la hâte n’aura aucune consistance.  Les méthodes efficaces ne seront pas trouvées par des paresseux qui n’ont rien amasser pendant 56 ans.  Les outils de travail ne sauront pas disponibles et s’ils l’étaient rendus, ils ne seront pas ceux appropriés parce que acquis dans la hâte ou des mains ennemies.  Les hommes, les gestionnaires de projets feront cruellement défaut parce que la crème du pays se retrouve sous d’autres cieux.  Les diplômés du pays ont perdu tout reflexe d’hommes instruits, parce que formés dans des écoles en déliquescence totale, dans la majorité des cas.  La science, la compétence, la morale dont des choses qu’ils doivent réapprendre, presque de zéro.  Pour s’en convaincre, il suffit de lire attentivement la prière qu’elle nous propose et l’ardeur qu’elle investit dans l’inutile, le distrayant.  Le titre, qui n’est pas de nous, mais du compatriote, est lui-même parlant en ce qu’il traduit un certain état d’esprit, une certaine culture.

  1. La stratégie adoptée, si stratégie il y a ?

Depuis 1960, que nous sachions, plusieurs congolais ont inviter à la rédaction d’un projet de société pour le Congo.  Le manifeste de la N’sele par exemple, rentre dans ce registre.  La constitution de Luluabourg aussi.  Les résolutions de la conférence nationales et des rencontres de Sun City.  La constitution kabilienne de 2006 et beaucoup d’autres documents semblables.  Qu’y trouve-t-on en somme ?

Du bricolage, la plupart de temps.  Aucun de ces documents n’a été conçu par des hommes bien motivés, des congolais capables d’impulser notre développement.  Les lumumbistes n’avaient qu’un seul souci : prendre la place du colonisateur et non pas remettre au congolais le droit de déterminer son destin.  Les mobutistes voulaient se faire adorer comme des dieux et rester éternellement au pouvoir à couvrir leurs forfaits.  Les kabilistes nourrissaient un seul espoir : dribler les capitalistes, pour assoir le communisme au Congo et remplacer ainsi les exploiteurs étrangers.  Les josephistes, plus préoccupés par leurs poches que par tout autre chose, sont près à tuer tout ce qui bouge.  Leur plaisir immonde, c’est de piller, de spolier, d’abrutir, de réduire à l’état d’esclave tous ceux qui ne veulent pas tuer ni voler comme eux.  Qu’en résulte-il ?

Nous sommes un pays qui n’a pas encore un projet de société responsable, rédigé par des congolais, pour le mieux des congolais et de ceux qui mènent la vie avec nous.  C’est dans des complexes de supériorité et d’infériorité fourvoient tous nos hommes d’État qui s’énerve, prennent mouche à la moindre critique, plutôt que de s’en réjouir.  Cela se conçoit.  Avec un plan de destruction en poche, la plupart se terrent désormais à Kinshasa d’où ils commandent à leur police et à leur armée, l’extermination des congolais qui protestent, qui se révolte contre eux, contre leurs œuvres immondes.  Que pourrions-nous faire ?  Comment pourrions-nous réagir ?

  1. Les méthodes utilisées, s’il est fait appel à des méthodes particulières ?

Nos méthodes de travail présente sont désuètes, inefficaces, si c’est pour nous tirer de l’imposture.  Plutôt que de commencer par l’essentiel : l’élévation de la ressource humaine, nous investissons dans les églises du réveil, nos femmes et nos enfants.  Le résultat est parlant : des générations d’incapables à profusion se succèdent dans notre pays.  Ces aliénés sont incapables de raison, d’action, de compassion.

Dans les familles, ce sont les femmes ou presque, qui contrôlent tout.  Parce que ce sont-elles qui sont au front : au four et au moulin.  Aucune autorité ne s’exerce par des hommes qui à la télévision n’ont plus le sens de la dignité humaine.

Notre temps n’est pas consacré à des études stratégiques, à des séminaires de formation, à des conférences, à des animations politiques.  Encore moins, n’est-il pas consacré à la production de richesses.  Il est plutôt investi dans les marches, sit-ins, mémorandums, pétitions et autres activités du genre de ce que les lingalaphones appellent « masolo ».  Quelles sont les conséquences prévisibles de nos attitudes, de nos comportements ?

La plus immédiate sera un échec cuisant aux élections de 2016, si elles devaient avoir lieu.  Sur le court terme, se sera probablement un retour en force de la rébellion et des incursions de forces armées étrangères sur notre territoire.  Sur le moyen terme, le chaos, l’imbroglio total causée par le désespoir de la jeunesse qui verra de plus en plus clairement l’assombrissement de son futur.  Nos méthodes et nos armes ne sont pas les bonnes…

  1. Les armes particulières utilisées sont-elles efficaces ?

Nos armes sont surannées, antidémocratiques et nous mettent en contradiction avec nous-mêmes.  Ce sont les cris de détresse, les jérémiades, les manifestations de colère les rues ou sur les places publiques, les grèves dans les entreprises publiques, les mémorandums, les sit-ins, les pétitions, les rébellions, etc.

Voyons de plus près tout cela.

Tableau 1 : Nos armes et leurs caractéristiques

Armes Surannées Antidémocratiques
Cris de détresse On ne crie pas à la détresse aujourd’hui : on cherche plutôt comment résoudre ses problèmes par le lancement de projets correcteurs. Un cri de détresse, un appel au secours, n’est pas une calomnie.  Elle est l’exploitation de l’humanisme, un appel à la solidarité entre les peuples de la terre, pour contrer un mal inacceptable pour la gente humaine de son temps.
Jérémiades Quand on a la taille et les richesses que possède les congolais, on ne devrait pas se plaindre, mais fêter tous les jours : accueillir de nombreux peuples qui cherche une oasis. Certaines personnes plaintives voient de mauvais œil ceux qui travaillent à leur indépendance au lieu de se plaindre.
Manifestations de colère On ne manifeste pas contre les effets de sa propre turpitude.

Nous devrions sanctionner nos dirigeants défaillants et productifs pendant ce temps.

Que des fois rencontre-on parmi les manifestants des personnes qui s’attendent à ce que tout le monde fasse comme eux.
Grèves dans les entreprises Plutôt que de grever, nous devrions nous consacrer à des renégociations intersectorielles de nos conditions de travail. Des échauffourées diviseurs s’élèvent entre grévistes et non-grévistes qui augurent d’autre formes de dictature.
Mémorandums Des plaintes auprès des cours et tribunaux mettraient plus le pays en ordre et nous obligeraient tous au travail pour l’avancement de la nation. Des mémorandums mal formulés ou adressés ne peuvent être considérés comme des œuvres utiles.  Ils sont eux aussi des fruits des trahisons volontaires ou involontaires, tacites ou expresses, implicites ou explicites.
Sit-ins Le temps passer aux sit-ins c’est celui qui pourrait être mis en contribution pour discuter et prendre des résolutions démocratiques. Temps du peuple perdu à s’asseoir plutôt qu’à s’instruire, à se former, à s’éduquer, pour perpétuer la culture, la dignité de la nation.

Très vite, les sit-ins mal pensés peuvent être anti-démocratiques.

Pétitions Si ces dernières peuvent inspirer nos parlementaires, c’est à nous de prolonger l’expression des plaintes sur des traduction en justice des délinquants. Des pétitions, motivées, pertinentes et bien adressées (parlement, conseil de ministres, présidence de la république…) et ayant du poids (pourcentage d’un certain électorat) peuvent avoir de l’efficace.

D’autres, mal motivées, impertinentes et mal adressées peuvent avoir des effets pervers : pertes de temps, d’énergies, du capital bonheur, de vies humaines.

Rébellions Tout comme les esclavagistes, les colonisateurs, les dictateurs et les imposteurs, les rebelles aussi tuent gratuitement, lâchement, impunément, des innocents. Aucune rébellion ne peut être démocratique.  La prise d’arme contre une frange de son peuple ne peut se justifier.  Une division majeure peut démocratiquement et humainement se résoudre par une séparation paisible, consensuelle, volontaire, libre.

  1. D’autres éléments ou facteurs ?

D’autres éléments

Le Congo est un pays produit de la colonisation.  Les peuples congolais n’ont pas créé le Congo, mais se sont retrouvés réunis, colonisés par le belge.  D’autres entretenaient de bons ou mauvais rapports.  Ces rapports existaient bien avant arrivée de l’esclavagiste, puis du colonisateur.

Depuis l’indépendance, plusieurs de nos peuples se sont retrouvés sous des dictatures ou des impostures.  Cet héritage colonial est le problème que nous devons aujourd’hui résoudre.  Or, nous ne nous sommes pas encore assis ensemble autour d’une table.  Nous ne nous sommes pas encore rassemblés pour décider de ce que nous voulons faire ensemble, après notre histoire commune de colonisés et nos expériences plus ou moins disparates de l’esclavagisme.  Nous-mêmes et M. Kwebe Kimpele insistons pour dire que nous devons restituer à nos peuples leur droit à la détermination de leur devenir.  Nous indiquons et soulignons que cela peut se faire dans l’État que nous sommes aujourd’hui.  Parce que notre unité est ce qui fera notre force dans le concert des nations de notre temps.

Des opportunistes de toutes sortes profitent du temps de notre ignorance et de notre faiblesse pour nous mettre sous leur contrôle.  Cette faiblesse est tant spirituelle, intellectuelle, morale, matérielle que militaire.  Ils nous maintiennent sous leur joug pour exploiter nos ressources la plupart du temps.  Et quand nous refusons de nous soumettre, ils vont même jusqu’à nous décimer.  Ils agissent exactement comme le firent les colonisateurs, les esclavagistes, d’une part ; et, nos aïeux qui nous vendaient à ces derniers, d’autre part.

D’autres facteurs

L’indépendance précoce.  Le MNC était trop pressé : disait le PNP.  Nous n’avions pas encore assez de cadres et nous n’avions pas encore jouer le rôle de chefs.  La confusion que font aujourd’hui beaucoup de nos cadres entre la chose privée vient de là.

L’héritage ancestrale.  La propension à la paresse et à l’égoïsme.  Nous n’avons pas beaucoup la culture de la compétitivité.  Nous avons eu tout notre temps à faire ce que nous devions.  La mondialisation et la globalisation progressive de la vie des nations moderne nous a trouvé à peine sortant de la colonisation.  Aujourd’hui, très peu son nos peuples capables de se tirer des affaires mondiales seules.  L’instruction au niveau élevé était réservée à une classe très réduite des évoloués.

Qui sommes-nous et que voulons-nous dans tout cela ?

Aujourd’hui, il est très difficile de demander à un congolais de se définir.  À part le territoire sur lequel nous sommes et une petite histoire de 56 ans d’indépendance, voilà presque tout du congolais.  Cette indépendance n’a été précédée que de 75 ans de colonisation.  La somme atteint à peine les 131 ans d’histoire « nationale ».  Face aux nations qui ont plus de 500 ans d’histoire, nous somme une naine.  Ce n’est pas tout.

Le Congo est en effet 2.345.000 km² de terre riche et 73.000.000 d’habitants aux cultures très variées et complémentaires.  Nous pouvons contenir toute l’Afrique (1.350 millions d’habitants).  Nous représentons pas mois de 250 cultures différentes.  Nous avons accueilli chez nous presque toutes les nationalités du monde.  Intéressées par nos richesses naturelles, mais aussi culturelles.  Nous sommes aujourd’hui dispersés dans le monde entier du fait des dictatures qui se succèdent à la terre du pays.  Cela nous permet de nous rendre compte de tout ce qui se passe dans le monde et d’emprunter ce qui peut l’être.  Nous pouvons aussi, moyennant une organisation de notre politique culturelle, influer sur beaucoup l’histoire de beaucoup, en raison de notre nombre, mais aussi en raison de la capacité du congolais à vite nouer des relations humaines utiles.

Plongés depuis 15 ans dans une imposture innommable, notre combat se centre sur deux urgences.  La première d’entre elles est la sécurisation de notre territoire, sous l’emprise de l’imposture.  La seconde est la prospérité du plus grand nombre.  Elle est rendue difficile par l’imposture.  Celle-ci ne fait piller nos ressources pour le compte de l’étranger.  Elle nous dépouille de tout ce qui pourrait nous enrichir, à commencer par l’intelligence des choses temporelles et spirituelles.  Le reste suit.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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