Belgique portée par Congo

La Belgique ne peut pas porter la RDC.  Cependant, il peut se faire porter par cette dernière.  Quelques-uns d’entre nous se demanderont encore pourquoi et comment ?

Commençons par le commencement.  La Belgique ne peut pas porter le Congo.  Elle n’a pas intérêt à le faire.

En effet, la République Démocratique du Congo (RDC) représente 2345000 km² de superficie.  Son budget annuel minimum devrait être de 1424 milliards d’Euros, selon nous.  Or, notre patrie n’en est encore qu’à 8 milliards d’Euros de budget annuel, selon certaines sources publiques.  Porter la RDC c’et lui apporter les 1416 milliards minimums manquants.  C’est permettre au Congo de combler ce déficit par des crédits, des prêts, des aides.  Ce de quoi la Belgique est parfaitement incapable.  Incapable au regard de sa taille (km²), de la population (habitants), de son budget annuel (Euros).  Plus que cela : le belge, en 1960, s’est montré petit d’esprit.  En 1960, le belge a plus ou moins quitté son pays, le pays qu’il créé dans l’abjecte vision coloniale et souvent raciste, certes ; mais dont il aurait suffi de se repentir.  Une vision, un idéal qu’il aurait suffi de corriger, allochtones et autochtones, dans une démarche humaine, humaniste.

La tentation est grande aujourd’hui pour la Belgique de vouloir porter le Congo.  Le porter, pour l’amener où elle l’attend.  Le porter dans une direction donnée, dans le but d’assouvir ses intérêts économiques ou politiques, égoïtes quelconques.  Ce type de gymnastique payera pour un temps.  Cependant, son résultat final sera une inimitié farouche entre nos deux peuples qui ont déjà une excuse sérieuse de ne pas s’aimer : la colonisation, passée et présente.

En revanche, la Belgique peut se rendre capable, apte, à se faire porter par le Congo.

Nous pensons que la Belgique a, potentiellement, toute l’expertise requise pour y arriver.  Il ne lui manque que la culture nécessaire.

En effet, voici bientôt deux décennies que le belge arrive, comme par un miracle, à se faire passer pour le sauveur, le noko, l’avocat du Congo et à le devenir forcément, jour pour jour.  La Belgique et ses alliés, après avoir créé, construit et colonisé  le Congo, après avoir réuni tous les peuples épars du bassin du fleuve Congo, par la carotte et le bâton, sous un seul drapeau, belge d’abord et congolais ensuite ; la Belgique continue à être l’acteur politique colonisateur majeur dans le pays, dans une bonne mesure.  Les noms étrangers, connus et cités au Congo, en bien ou en mal, sont, tous ou presque, des noms de belges.  Plus fondamentalement, même la constitution congolaise actuelle, qui fait le bonheur des uns et le malheur des autres, est un produit à la couleur et au relent belges.

Nombreux sont aujourd’hui les congolais qui réclament le retour du noko chez lui, pour que la dictature, le tribalisme, la médiocrité, l’injustice et la pauvreté qui en résultent  soient chassées du pays.  Ces propositions restent inacceptables parce qu’elles n’indiquent ni les modalités ni les moyens d’un tel retour.  Pendant ce temps, nous sommes en droit de nous interroger pourquoi les belges ont quitté leur pays, leur création.  N’ont pas par nostalgie, mais dans une souci de justice.  Pourquoi donc les belges se sont-ils laissés effrayer par les menaces du MNC et des demandeurs d’une fausse indépendance ?

À peine le belge parti, ils sont devenus, lâchement, les nouveaux bourreaux, les nouveaux colonisateurs du congolais.  La situation continue jusque ce jour ; et, le peuple, ne connaissant ni pourquoi ni comment il est congolais, ne sait plus à quel saint se vouer.

Le Congo est aujourd’hui un vaste chantier.  Tandis que la Belgique n’arrive pas à mettre à l’emploi beaucoup de ses chômeurs en quête d’un travail bien rémunérer.  Beaucoup est à construire.  Les congolais manquent cruellement les compétences, les expertises, mais aussi et surtout l’éducation, la culture du développement.  La Belgique pourrait offrir ses expertises, ses compétences, à des conditions plus qu’intéressantes au regard du fossé qui sépare aujourd’hui les deux pays qui n’en sont en réalité qu’un, sous un certain rapport.

Très concrètement, la Belgique pourrait offrir au Congo son expertise dans la mise en place d’une paix dans le pays et à y organiser le travail dans des conditions que ne peut offrir ni la MONUCO pendant que le Congo a encore les moyens payer ce service.

Le Projet 2014 offre un cadre de réflexion, d’où peut partir des propositions solides qui tiennent compte de ce qu’il y a à détruire, à corriger, à inventer et à construire.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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