Tribalisme

Les mobutistes disaient avoir réussi à combattre le tribalisme en RDC.  Aujourd’hui, les nouvelles qui nous parviennent du pays laissent entendre que le tribalisme ait « repris », comme si les mobutistes avaient dit vrai.  La réalité est pourtant que le mobutisme, sur un fond de mensonge hérité du lumumbisme, s’est trompait lui-même : tout celui qui l’a vécu sait qu’il a construit son règne sur le tribalisme, le clientélisme, sur le régionalisme.

Comme tous les régimes de dictateurs, le mobutisme était un régime de peureux, de lâches.  Par la force des armes, avec le soutien de colonisateurs tant internes qu’externe les congolais ont été muselés, brimés, tués et empoisonnés sous le mobutisme ; comme l’on fait les dictatures qui ont suivi.  Tous ces signifient pour les congolais vigilants et intelligents, ce que nous connaissons :

  1. une colonisation de tout l’espace national par quelques tribus proches des timoniers ;
  2. une spoliation systématique de nos mœurs par la technique des mutations obligatoires des agents de l’État ;
  3. un pillage des nos localités par les allochtones qui pour la plupart, n’était là qu’en « mission de service » de longue durée, sans aucune notion du civisme, sans scrupules.  Ils ne s’installent qu’avec une seule envie : se servir, transférer le maximum des ressources vers leurs terres natales, leurs « régions d’origines » qui ne le sont parfois que de nom ;
  4. les partis politiques au pouvoir, plutôt que d’apprendre à notre peuple comment défendre les intérêts de notre nation, apprennent à leurs membres, comment voler, piller, brimer pour enrichir la famille, la patriarchie, le clan, la tribu, l’ethnie et rarement les alliés ; et même, apprennent à nos fils comment décimer nos propres compatriotes ;
  5. l’imposition, à la nation, de quatre langues judicieusement choisies, au grand mépris de nos minorités qui ne sont tout simplement ni consulter ni aider à entretenir leurs cultures, bons usages, leurs langues ou leurs us et coutumes ;
  6. l’armée, s’est vue inféodée par la lingala-phonie d’abord, la swahili-phonie ensuite et bientôt, qui sait si elle ne sera pas dominée par rwanda-phonie ;
  7. la spoliation de notre enseignement est telle que nos enfants ne savent plus grand chose ni des nos valeurs et des nos tares culturelles ; ni de celles des autres cultures de notre planète ;  le snobisme y bat son plein ;
  8. Etc.

Plusieurs de nos compatriotes ont jeté l’éponge et avalent tout ce qui passe : en désespoir de cause !  Dans le pays : tout le monde est muselé.  Les autres sont torturés ou empoisonnés.  A l’extérieur : l’exil n’offre pas toutes les marges de manœuvre.  Les bras tentaculaires de l’imposture tue ici aussi.  La peur et la torpeur gagne du terrain.  La victoire de la trahison sur la loyauté inquiète tout les patriotes.  Seuls les hommes nés de nouveaux, les petits dieux, osent lever la tête ou le doigt…

Dans le cadre du Projet 2014, nous soutenons la thèse que la RDC soit plurielle culturellement parlant.  Qu’il importe de respecter nos peuples et de nous entraider dans notre effort pour l’épanouissement de chacune de nos cultures.  Non pas que la diversité soit une valeur en soi, mais parce que dans cette diversité, il existe chez tous, des valeurs à retenir et des tares à rejeter, pour le bien de la nation que nous voulons nous engager à bâtir.  Or, force est de reconnaître que cet engagement, ni le mobutisme ni les kabilisme ni le kanambisme ne peuvent nous aider à le réaliser.

Pendant ce temps, depuis que Congo-Kinshasa a pris corps, des congolais existent qui l’on adopté et qui ont compris qu’il faut garder la tête toute froide dans les actions à mener.  Eux, passent des nuits et des journées entières à réfléchir, à concevoir des plans, à les mettre en oeuvre, pour : (1) limiter les dégâts, (2) s’attaquer au mal à sa racine, (3) proposer au peuple des pistes qui mènent vers l’entrée du tunnel, parce que la réalité est que la construction du Congo État soit encore à commencer.  Non pas que rien n’eût été fait jusqu’ici, mais que le départ n’eût pas été bien préparé en 1960 !

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.