Diaspora et économie congolaise

Parlant du développement économique de la RDC et de ce que la diaspora congolaise peut y apporter, il faut penser à la production, au stockage, au transport, à la transformation, à la commercialisation et à la consommation des biens et services dans la RDC même.  Pourquoi ?

Vivant à l’étranger, la diaspora produit à l’extérieur de la RDC, difficilement, à cause du chômage dans les pays d’accueil, surtout dans l’Europe continentale, et des difficultés liées à la reconnaissance des diplômes congolais. Une frange importante de nos compatriotes arrive en occident sans diplôme du supérieur ; surtout parmi les femmes. Ces congolais sous-qualifiés sont contraints de se rabattre sur des travaux manuels, peu rémunérés.  Et même avec des diplômes de graduat, de licence voire même de doctorat en main, plusieurs de nos compatriotes sont contraints à subir l’exploitation économique ; comme certains autochtones d’ailleurs.

Les productions des congolais de la diaspora sont déclarées dans leurs pays d’accueil et ne sont donc pas comptées comme production de la RDC. Quelques rares émigrés du Congo ont des affaires indépendantes, des entreprises, parfois florissantes, dans leurs pays d’accueil. Leur succès n’est pas, lui non plus à porter sur le compte de la RDC. Il est donc difficile de contribuer à l’avancement de l’économie congolaise de cette façon-là.

La contribution de la diaspora à l’économie congolaise est difficilement évaluable, sinon que via les sociétés de fret, aérien ou maritime, et celles de transfert d’argent vers ou de la RDC, dont les congolais ne s’occupent pas encore assez de connaître les activités dans les détails. Les sommes transférées vers la RDC ne sont que très rarement investies dans des entreprises de production. En général, ces transferts servent plutôt à acheter des médicaments pour soigner des malades graves, à subvenir aux frais de mariages ou d’enterrements, à assurer la scolarité des enfants aux parents appauvris par les irresponsables du progrès de la RDC que sont les hommes véreux et sans compétence managériale qui se succèdent au pouvoir à Kinshasa, ou à construire des maisons d’accueil – villas – ou des maison qui permettent de préparer leurs prochains retours au pays, après leur pension en Europe.  Ce qui est une erreur dont nous traiterons plus tard…

Pourtant, la diaspora congolaise peut beaucoup faire pour participer plus intelligemment à l’essor de l’économie de notre chère Congo. Elle peut, combattre, avec succès, la colonisation qui sévit dans le pays et qui le ruine par le pillage des ressources, non seulement naturelles, mais aussi non-naturelles, que signifie cette colonisation. L’engagement de la diaspora sur le front de la production intérieure de la RDC est ce à quoi il faut s’attaquer. Plutôt que d’investir dans des entreprises pesantes de production, de stockage, de transport, de transformation ou de commercialisation et même de consommation de produits et services à l’intérieur du Congo, de manière à accroître le PIB de la RDC, la diaspora se dépense jusqu’ici à perpétuer la culture de la dépendance et ne promeut pas la culture du seul travail bien accompli, qui libère.

La meilleure façon d’aider nos frères du Congo est, ce nous semble, de les aider à créer des entreprises pesantes, à initier des projets de développement local et national robustes. Monter des sociétés viables pour qu’ils aient de l’emploi bien rémunéré et soient ainsi à même de combattre leurs ignorances, leurs incompétences, leurs déficits d’éducation politique. Ce faisant, notre peuple deviendrait fort et politiquement dans les conditions de conjurer la colonisation, la dictature, l’imposture, la trahison, la médiocrité. C’est du fruit de leur travail que nos frères du Congo pourraient alors s’acquitter de leurs obligations : se nourrir, s’instruire, se soigner, se loger, s’équiper. Et non pas se servir de l’argent obtenu sans effort pour survivre et ne jamais apprendre à travailler pour l’avenir de la nation. La situation actuelle favorise la paresse et n’aide pas le pays à aller de l’avant.

Il y a plus. Pour que la diaspora congolaise crée des entreprises pesantes au Congo, elle doit s’organiser. Elle doit fédérer ses ressources. Elle doit quitter son clanisme, son tribalisme son régionalisme pour s’investir dans un esprit capitaliste qui transcende les appartenances familiales, claniques, tribales, ethniques, raciales, régionales, d’origine ; pour s’investir sur la base des intérêts économiques de la RDC. Le bénéfice en terme de construction de l’unité de la nation sera donc énorme et garanti.

Concrètement, plusieurs congolais montent des affaires individuelles à quelques dizaines de milliers d’Euros. Avec ces affaires, ils ne peuvent pas engager de travailleur, mais ils doivent se contenter des services, très souvent mal rendus, des cousins ou cousines, des parents, ou bien, des fils ou filles. À se regrouper par localités, par territoires, par districts, par provinces ou au niveau national, par secteurs économiques, par convictions politico-économiques, les mêmes congolais de la diaspora, pourraient, sans accroissement de leurs mises, monter des affaires à quelques centaines de milliers, millions, dizaines de millions voire-même centaines de millions d’Euros. Dans tous ces cas de figure, ils seraient obligés de créer des emplois qui responsabilisent les leurs qui seraient invités à les occuper suivant des critères stricts fixés par la législation du travail, pour gagner leur vie de la sueur de leurs fronts. Personne ne serait quémandeur ou exploiteur de l’autre. Les colonialistes seraient obligés de céder la place aux fils du pays, progressivement et inéluctablement. Les dictateurs se trouveraient face à des lobbies forts, qui ne supporteraient pas leur existence et les nettoieraient de notre espace politique. Les traîtres actuels ne sauraient plus exister. Obligés de travailler comme les autres, le niveau d’instruction de notre population s’accroitrait rapidement, quelques soient les plans machiavéliques des occidentaux, actuellement dénoncés par la plupart d’entre nous.  Les médiocres se verraient obligés de se former pour échapper à la disette, à la mort, dans une société qui deviendra de plus en plus capitaliste ; s’éloignant du communautarisme négatif actuel.

Voilà, rapidement décrit une stratégie pour aller de l’avant, pour accroître l’impact des initiatives de la diaspora sur l’économie de notre cher pays. C’est pour cela que dans le Projet 2014, nous adoptons pour principe de troquer travail, service quelconque, contre tout à argent envoyer ou envoyé au Congo. Cela nous permet de faire la pédagogie du développement responsable, de contribuer au changement des mentalités, nécessaire, progressivement. Parallèlement, nous encourageons les communautés locales à fédérer leurs ressources pour devenir compétitives un jour face aux géants qui envahissent l’espace économique congolais.  C’est notre projet Coopératives.

GPAU

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From: congocitizen@yahoogroups.ca [mailto:congocitizen@yahoogroups.ca] On Behalf Of RDPC
Sent: lundi 20 janvier 2014 13:14
To: congocitizen@yahoogroups.ca; Hinterland1
Subject: [congocitizen] La diaspora dans le développement économique de la RD Congo

Quels choix pratiques, au profit de la République Démocratique du Congo, par rapport au patriotisme et aux actions politiques de ses émigrants ? Cette interrogation dépasse, à n’en pas douter, la simple approche propre à la diaspora et aux stratégies, ainsi qu’aux initiatives que celle-ci peut impulser de manière efficace par son engagement patriotique.

Il ne s’agit pas du tout question de monter une faction de la population contre une autre, ni de donner tort aux uns et raison aux autres, ni d’ailleurs d’attiser le feu. Mais il est plutôt question d’essayer de relever les faiblesses dans les relations entre la diaspora et le gouvernement, pour pouvoir valoriser et matérialiser davantage les atouts susceptibles de contribuer à l’émergence d’une République Démocratique du Congo solide, sur le plan étatique, et performante, du point de vie socio-économique.

Les inconvénients

L’exclusion d’une certaine catégorie des Congolais du processus électoral, sous prétexte qu’ils vivent en dehors du territoire national, ne cesse de détériorer le rapport entre le gouvernement et ses citoyens ayant émigré. Cette attitude est contraire aux dispositifs constitutionnels – tels que les articles 5 alinéa 3, 12, 50 et 66 – favorables aux droits humains, aux libertés fondamentales, aux devoirs du citoyen et de l’État.

Par ailleurs, sur le plan légal, l’existence du conflit entre les articles 10 et 72 de la Constitution, et le 1er alinéa de l’article 4 de la loi du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise, ne cesse d’empoisonner les rapports entre les Congolais de la diaspora et les gouvernants. En effet, les alinéas 3 de l’article 10 et 1er de l’article 72 de la Constitution du 18 février 2006 évoquent le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine, tandis que le 1er alinéa de l’article 4 de la loi du 12 novembre 2004 fixe la perte de la nationalité congolaise à l’acquisition de la nationalité étrangère par toute personne de nationalité congolaise.

Deux constats s’imposent à première vue. Primo, il est injuste que les Congolais de l’étranger concernés à la fois par le jus sanguinis et le jus soli puissent perdre la nationalité congolaise d’origine du fait de détenir une citoyenneté étrangère. Secundo, la terre en République Démocratique du Congo appartient aux tribus. Or, personne ne reniera les membres de sa famille parce qu’ils ont acquis une citoyenneté étrangère. Ainsi risque-t-on de s’exposer à des conflits fonciers, au cas où on leur contesterait injustement la nationalité congolaise.

Force est de constater également que l’insécurité à travers le territoire national ne facilite guère la libre-circulation des biens, des personnes et des capitaux, facteur indispensable au développement économique, à la liberté d’entreprendre et d’investir.

Sur le plan des infrastructures, l’enclavement du pays et le déséquilibre territorial, la carence des routes et des outils de communication constituent un handicap considérable quant à l’essor de l’emploi et au développement des activités commerciales. Enfin, la diaspora congolaise, qui plus est variée, n’est pas a minima structurée [lire la suite].

Gaspard-Hubert Lonsi Koko

© Jolpress

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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