Les guerres entre frères !


Sur terre, beaucoup de peuples sont en guerres les uns contre les autres. L’expérience montre que ces guerres se rapportent bien souvent à des luttes entres « frères ». Existe-il une explication à ce phénomène ? Si du moins je suis dans le bon !

Oui, tu es dans le bon — tristement dans le vrai. L’histoire humaine regorge de conflits entre peuples proches, parfois même issus d’une même souche culturelle, ethnique, religieuse ou géographique. Ces « guerres entre frères » sont bien connues et ont plusieurs explications. Explications à la fois historiques, psychologiques, politiques et symboliques.

Voici quelques pistes d’explication :


1. La proximité nourrit la rivalité

« Il n’y a pas de haine plus tenace que celle entre frères. » — Proverbe commun à plusieurs cultures.

Les conflits les plus violents surviennent souvent entre groupes proches, car :

  • ils partagent une histoire commune chargée de blessures non guéries ;
  • leurs différences, aussi minimes soient-elles, prennent une signification symbolique exacerbée (langue, religion, statut politique, etc.) ;
  • la rivalité pour des ressources est d’autant plus forte qu’on se sent en « concurrence directe ». Les ressources peuvent être celles du pouvoir ou de la reconnaissance.

Exemples :

  • Hutus et Tutsis au Rwanda : deux groupes historiquement proches, mais divisés par des constructions politiques et coloniales.
  • Israël et Palestine : deux peuples sémites, enracinés dans la même terre, revendiquant la même histoire sacrée.
  • Corée du Nord et Corée du Sud : un même peuple divisé artificiellement par la géopolitique.
  • Conflits interethniques ou intra-tribaux en Afrique : les tensions sont souvent plus vives entre ethnies voisines qu’avec des groupes lointains.

2. La logique du « frère ennemi » ou du double

En psychologie et anthropologie, il existe une théorie appelée « la rivalité mimétique » (René Girard), selon laquelle :

  • ce n’est pas la différence, mais la trop grande ressemblance qui engendre la violence ;
  • plus deux personnes ou groupes se ressemblent, plus ils désirent la même chose — et donc entrent en conflit.

C’est le mythe de Caïn et Abel, de Romulus et Rémus, de Jacob et Ésaü. Le frère n’est pas seulement l’égal, il est aussi le miroir, donc un rival existentiel.


3. La division par des intérêts extérieurs

Beaucoup de conflits entre « frères » sont aussi attisés ou instrumentalisés par des puissances extérieures qui :

  • exploitent les divisions internes pour affaiblir un peuple ou en tirer profit ;
  • redessinent les frontières (colonisation, traités arbitraires, accords géopolitiques) sans respect des affinités historiques ou culturelles.

Exemples :

  • La partition de l’Afrique (Conférence de Berlin, 1884–1885) a fracturé des peuples et créé des frontières artificielles.
  • La division de l’Inde et du Pakistan a transformé des communautés proches en ennemis héréditaires.
  • Au Congo ou ailleurs, des groupes armés dits « communautaires » sont souvent manipulés par des intérêts économiques ou politiques, locaux et étrangers.

4. Une guerre intérieure projetée à l’extérieur

Parfois, ce sont des conflits internes non résolus qui s’extériorisent dans une guerre fratricide. Un sentiment d’injustice, des blessures identitaires, inégalités, etc. Ce sont des peuples en souffrance, qui se cherchent eux-mêmes. Cependant ils n’ont pas de lieu de médiation ou de réparation.


En résumé

Les « guerres entre frères » sont souvent les plus cruelles parce qu’elles mélangent :

  • la proximité (ceux qu’on connaît trop bien),
  • la blessure historique (ceux qu’on n’a jamais pardonnés),
  • la manipulation extérieure (ceux qu’on laisse nous diviser),
  • et la douleur intérieure (ceux qu’on voudrait être, mais qu’on n’arrive pas à devenir).

Léonce Akilimali : Un plaidoyer pour le Nord-Kivu.


LETTRE OUVERTE

À Mesdames et Messieurs les Agents et Représentants de l’État affectés dans la région de Beni.

Objet : Le cacao de Beni – Une résilience trahie, un peuple abandonné, une fiscalité inhumaine.

De : Léonce Akilimali
Chercheur – Acteur communautaire – Porte-voix de Beni
Beni
Nord-Kivu
📞 +243 998 811 841
📩 leonceakilimali9@gmail.com


Mesdames, Messieurs,

Je vous adresse cette lettre non comme une plainte ordinaire, mais comme le cri profond d’un peuple qu’on refuse d’écouter. Ce message ne s’inscrit pas dans le cadre protocolaire des correspondances administratives ; il est le fruit d’une indignation lente, douloureuse, accumulée au fil des enterrements sans fin, des récoltes ruinées, et des espoirs systématiquement trahis.

Beni n’est pas une simple localité de la République. C’est une plaie ouverte que l’on regarde cicatriser seule, puis que l’on vient ponctionner sans vergogne, comme si elle n’avait pas déjà tout donné.


Une terre meurtrie qui nourrit encore

Au cœur de l’horreur et du chaos, Beni n’a jamais cessé de produire. Non par miracle, mais par héroïsme. Nos paysans, nos femmes, nos jeunes, ont continué à semer et à récolter, dans la peur, dans le silence, dans l’oubli. Le cacao, fruit de cette persévérance, est devenu bien plus qu’un produit agricole. C’est un symbole de dignité. Un dernier souffle de vie. Une promesse de renaissance.

Mais à peine avons-nous commencé à nous relever que c’est l’administration de notre propre État qui nous écrase. Non pas par la brutalité armée, mais par une machine fiscale froide, rigide, déconnectée du terrain, et parfois plus paralysante que les groupes armés eux-mêmes.


Ce que vous exigez de nous : un inventaire d’absurdités

Voici ce que vous imposez à nos producteurs, sans état d’âme :

  • Des certificats de l’ONAPAC, alors qu’aucun encadrement technique n’a jamais atteint nos collines.
  • Des contrôles de l’OCC, alors que ses agents disparaissent à la moindre alerte sécuritaire.
  • Des droits exigés par la DGDA, dans une région où ce sont les groupes armés qui contrôlent les axes d’exportation.
  • Des autorisations de la Banque Centrale, dans une zone où le moindre guichet bancaire relève de la science-fiction.
  • Des documents du *Commerce extérieur, de l’Industrie, de la *DGRAD, aux formulations incompréhensibles pour ceux qui n’ont que la machette comme crayon et la terre comme cahier.
  • Des prélèvements tels que l’IPR, l’IBP, et toute une litanie de sigles froids, désincarnés, indifférents à notre réalité.

Ces démarches ne sont pas des politiques publiques : elles sont devenues des pièges administratifs, des murs invisibles, des machines à exclure et à décourager.


Où étiez-vous quand nous avions besoin de l’État ?

Où étiez-vous quand les ADF massacraient nos enfants ? Quand des femmes mettaient au monde dans les forêts, en fuite ? Quand nos villages brûlaient et que nos routes devenaient des pièges mortels ?

Nous avons pleuré seuls. Nous avons enterré seuls. Nous avons reconstruit seuls.

Et maintenant que nous produisons *malgré tout, que nous survivons **sans vous, vous venez non pour nous soutenir, mais pour nous **surveiller, nous **taxer, nous *culpabiliser.


Une fiscalité sans légitimité morale

Vous réclamez des recettes, mais vous n’avez rien semé. Vous nous exigez des déclarations, mais vous ne nous avez jamais accompagnés. Vous nous parlez de normes et de textes, alors que vos administrations ne descendent jamais sur le terrain.

Vous récoltez sans avoir protégé. Vous percevez sans avoir investi. Vous sanctionnez sans avoir écouté.

L’agriculteur de Beni est devenu, dans le regard de ses propres autorités, *un suspect permanent, **un contribuable sans citoyenneté, *un survivant réduit au silence.


Ce que nous demandons, c’est la justice

Nous ne mendions pas. Nous ne fuyons pas nos responsabilités. Nous demandons simplement que l’État reconnaisse la souffrance de sa population et qu’il cesse d’agir comme une puissance étrangère dans nos propres champs.

Voici ce que nous appelons de nos vœux, avec gravité mais aussi avec espoir :

  1. La suspension immédiate de toutes les tracasseries fiscales et administratives dans les zones sous état de siège.
  2. La présence effective sur le terrain des services agricoles, commerciaux et douaniers, avec une approche d’accompagnement, non de répression.
  3. L’harmonisation, la simplification et la réduction des taxes liées à la production et à l’exportation du cacao, pour favoriser une filière transparente et compétitive.
  4. La fin des barrages routiers illégaux, véritables rançons institutionnalisées sur nos axes de transport.
  5. La reconnaissance officielle du cacao de Beni comme filière stratégique nationale, levier de reconstruction, de paix et de fierté.

Le peuple de Beni n’a pas besoin de discours. Il a besoin de respect.

Si vous n’êtes pas venus à nos funérailles, venez au moins à notre moisson. Non pas pour la spolier, mais pour la protéger.

Ce peuple, que vous croyez vaincu, est encore debout. Mais il ne tiendra pas éternellement face à une double violence : celle des armes et celle de l’indifférence institutionnelle.

Je vous écris au nom de ceux qui n’ont plus de voix, de ceux dont les mains parlent plus que les lèvres, de ceux qui ont fait du cacao un cri silencieux, une offrande de paix, un acte de foi en l’avenir.

Que cette lettre ne reste pas lettre morte. Elle parle pour des milliers. Et elle attend des actes, pas des signatures.

Léonce Akilimali
Chercheur – Porte-voix communautaire
Beni, Nord-Kivu
Le 25 juillet 2025

L’erreur occidentale face à la résilience congolaise.



📰 L’erreur occidentale face à la résilience congolaise

Alors que certains se congratulent et que les puissances étrangères distribuent les éloges avec insouciance, une autre réalité se construit en silence : celle d’un peuple qu’ils croient encore domptable.

Ils ont tort. Et bientôt, l’histoire le démontrera.

✊🏿 Le réveil congolais : une force ignorée

Les Congolais d’aujourd’hui ne sont plus les spectateurs passifs de leur propre destin.
Ils écoutent, analysent, résistent. Ce ne sont ni les mensonges médiatisés ni les armes qui soumettront ce peuple — mais peut-être la vérité, enfin entendue.

L’éveil politique s’est insinué dans tous les foyers. La barbarie, elle, ne fait qu’aiguiser leur lucidité et attiser une colère réfléchie.

« Régir efficacement ne signifie pas prendre les armes, mais comprendre un peuple. »

Ce que les puissances occidentales peinent à intégrer, c’est que la peur ne suffit plus.
Et dans cette erreur d’analyse, une nouvelle guerre couve — non pas provoquée par les Congolais, mais née des contradictions et des calculs des puissances elles-mêmes.

📉 Des louanges qui deviendront des pleurs

La distribution aveugle de médailles diplomatiques aux bourreaux du peuple congolais se retournera contre ceux qui les applaudissent :

  • Les Congolais seront les premiers à pleurer, et à se relever.
  • Les Qataris, les Américains et d’autres puissances complaisantes seront les suivants à comprendre que l’erreur coûte cher lorsque le terrain est mal lu.

⏳ Que chacun se souvienne : l’histoire juge sans appel

La RDC ne peut être analysée avec les filtres d’hier.
Il est temps de briser les illusions diplomatiques et de reconnaître que certains sont déjà sur la muraille — et veillent.


🖊️ Par Graphèle
📍 Laeken, Belgique

Être parlementaire en Ituri, en RDC…


🎯 Appel à la lucidité et à l’intégrité pour les parlementaires de l’Ituri.

Face à des menaces explicites pesant sur plusieurs élus de l’Ituri, il est impératif d’agir avec courage et discernement. La situation exige non pas de la témérité, mais une sagesse éclairée.

🛡️ Conseil essentiel
Prenez de la distance, à temps, vis-à-vis des comportements et des alliances qui mettent en péril votre sécurité physique, morale et politique. Ne cheminez pas avec ceux dont les actes vous exposent à la chute. Le courage n’est pas de persister dans l’erreur, mais de savoir s’en éloigner lorsque le danger devient évident.

📜 Responsabilité politique
Rappelez-vous que vous avez été partie prenante dans certaines décisions. Reconnaître cela et prendre vos responsabilités vous honorera davantage que de fuir les conséquences. Approchez le gouvernement en toute transparence, dialoguez, agissez sans craindre l’avenir.

🙏🏽 Sagesse spirituelle
La Bible nous enseigne : « Ne marche pas en chemin avec un chien méchant, de peur qu’il ne te morde sur ce chemin. » Ce message n’est pas une métaphore vide — c’est une mise en garde. Ceux qui auront le courage de se distancer des forces nocives préserveront leur vie et leur âme.

⚖️ En conclusion
Ce n’est pas une incitation à la rébellion, mais un appel à une survie digne et juste. Celui qui agit selon la vérité, sans arrogance ni peur excessive, trouvera une voie — peut-être étroite, mais réelle — vers le salut.

La fausse indépendance !



✊🏿 Congo, l’heure de vérité a sonné

Indépendance ? Quelle indépendance, si depuis 1960 nous vivons sous le joug de maîtres déguisés en dirigeants ? Le MNC voulait une liberté immédiate et sans conditions. Le PNP, lui, proposait une indépendance différée… Mais aujourd’hui, que reste-t-il de cette vision ?

En 1999, nous avons tendu la main à l’histoire en proposant 30 ans de transition. Une sortie douce vers une union d’États indépendants fondée sur nos affinités culturelles — un barrage contre les dictatures kleptocratiques de Kinshasa, contre l’extension silencieuse de la colonisation.

Et pourtant, notre peuple refuse de se regarder en face. Il refuse d’admettre l’erreur : avoir remis sa destinée entre les mains d’hommes véreux. Résultat ? Une nation qui pourrit, pendant que nos ennemis rient et nos frères deviennent instruments d’oppression.

Mais Dieu veille. L’étau se resserre. Les imposteurs s’agitent, leur hypocrisie mise à nu devant les patriotes lucides. Leur règne est compté.

Il nous faudra du temps. Oui. Mais pas une éternité. Le jour approche où le Congolais, fier et debout, dira NON à l’imposture. NON à l’esclavage déguisé. NON à l’idolâtrie suicidaire.

Ce que Dieu attend, ce n’est pas notre silence : c’est notre engagement. C’est la repentance. C’est la lucidité.

Le Projet 2014. Congo Ya Sika. Ce n’est pas un slogan. C’est une prière d’action. Une invitation à l’introspection. Une vérité : Dieu est juste. Il nous châtie, mais aussi nous délivre.

Alors levons-nous. Confessons. Changeons. Pour que Satan quitte nos terres. Pour que les écluses du ciel s’ouvrent à nouveau sur le vrai Congo — celui des patriotes, des justes, des libres.


Du Projet 2014 aux Chrétiens Congolais


« Où sont les prieurs ? »

« Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le avec ta force ; car il n’y a ni œuvre, ni projet, ni connaissance, ni sagesse dans le séjour des morts, où tu vas. »
— Ecclésiaste 9:10 (LSG)

Frères et sœurs en Christ,

Ce verset n’est pas une simple exhortation morale. Il est un cri divin, un appel au réveil. Il nous rappelle une vérité essentielle : la vie que nous avons reçue est un temps d’action, de responsabilité, de transformation. Le Royaume de Dieu ne s’installe pas seulement dans les chants, les veillées et les prières – il s’incarne dans le travail, dans l’engagement, dans l’histoire des peuples.

Où est donc l’œuvre du Saint-Esprit en nous ?

Nos églises sont pleines, nos groupes de prière se multiplient, nos jeunes jeûnent, chantent, prophétisent… mais où sont les fruits visibles de cet Esprit que nous invoquons ? Où sont les écoles chrétiennes modèles ? Où sont les hôpitaux bâtis par la foi ? Où sont les chrétiens dans les institutions, les affaires, les partis politiques, les médias ? Pourquoi les autres peuples voient-ils l’impact de leur foi dans leurs nations, pendant que nous prions comme si nous n’étions pas aussi appelés à bâtir, à gouverner, à créer ?

Le Projet 2014 : Foi, Initiative, Responsabilité

Le Projet 2014 est un chantier prophétique, basé sur trois piliers puissants :

  • Le christianisme, comme fondement éthique et spirituel ;
  • Le capitalisme, comme moteur de création de richesse et d’indépendance économique ;
  • La démocratie, comme cadre juste et participatif pour l’exercice du pouvoir.

Ce projet ne peut réussir sans les chrétiens. Sans vous. Il ne peut porter du fruit si ceux qui prient ne bâtissent pas. Il ne peut avancer si ceux qui jeûnent refusent d’investir, de voter, de diriger, de former, de s’organiser.

L’heure est venue : engageons-nous !

Il ne suffit plus de dire « Dieu va faire ». Dieu veut faire *avec toi, par toi, en toi. Le temps du désert est fini. *Il faut maintenant entrer dans le pays promis.

  • Que chaque pasteur mobilise pour le développement local.
  • Que chaque chrétien soit acteur économique dans sa communauté.
  • Que la jeunesse chrétienne devienne une force politique constructive, pas seulement une chorale.

Le monde attend la manifestation des fils de Dieu. Nous avons prié. Maintenant, bâtissons.

Injustice territoriale en RDC : appel à un débat urgent.



Capitale, injustice territoriale et avenir de la RDC : posons le vrai débat

Le positionnement actuel de la capitale de la République Démocratique du Congo est une question centrale, trop longtemps ignorée. Il est urgent d’ouvrir un débat national sérieux à ce sujet.

Certaines régions du pays sont littéralement abandonnées. Pour obtenir un simple document administratif, accéder à la justice, poursuivre des études supérieures, faire du commerce ou même purger une peine de prison, leurs citoyens doivent parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres. Ce déséquilibre géographique renforce l’exclusion, la pauvreté et le ressentiment.

Cette situation n’est pas un hasard. Elle résulte d’un système hérité et entretenu par des élites complices. Dictateurs, colonisateurs modernes, dominateurs de toutes sortes – que le peuple, trop souvent, laisse agir sans résistance.


Le Projet 2014 : c’est penser autrement, construire ensemble

Le Projet 2014, c’est une invitation à penser l’avenir de notre pays avec audace, intelligence et humanité.
C’est l’idée de commencer aujourd’hui une réflexion nationale pour imaginer des solutions durables, non violentes et inclusives.

Quelques questions urgentes à se poser collectivement sont :

  • Comment répartir nos infrastructures politiques, économiques, judiciaires et éducatives sur l’ensemble du territoire ?
  • Faut-il repenser la centralisation du pouvoir ? Aller vers une Union d’États autonomes au sein de la RDC ?
  • Comment garantir l’accès égal aux services essentiels pour chaque Congolais, peu importe sa province ?
  • La volonté de changement existe-t-elle ? Chez qui ? Et comment la détecter, la soutenir, l’organiser ?

Construire le Congo de demain commence aujourd’hui

Ce débat n’est pas un luxe. C’est une nécessité historique.

Nous devons briser le cycle de la domination géographique et institutionnelle.
Réfléchir au repositionnement de la capitale ou à une meilleure répartition des centres de pouvoir n’est pas diviser le pays. C’est l’unifier avec justice et équilibre.

Osons rêver un Congo équitable.
Osons penser, planifier, et construire une République réellement démocratique.


Accord de Paix entre la RDC et le Rwanda.
Ce que signifie vraiment la gestion des ressources frontalières.

Par Prof Patrice KABAMBA
Paris, 30/06/2025

Chers compatriotes, chères institutions de la République,
Pour éviter les mensonges et les malentendus qui circulent dans les réseaux sociaux dans un but inavoué, je m’exprime aujourd’hui en tant que géologue et consultant afin de clarifier un point crucial : la richesse minière de notre pays est un pilier fondamental de notre avenir.

Il est important de comprendre que la coopération économique avec nos voisins, notamment dans la gestion des ressources frontalières, ne signifie en aucun cas un partage ou une cession de nos minerais. Cette gestion commune vise uniquement à sécuriser nos richesses, à lutter contre la contrebande et à favoriser un développement régional durable, tout en préservant pleinement notre souveraineté.

Cette gestion est appliquée dans le monde entier, la RDC n’est pas le premier pays, ni le dernier à s’y conformer ; c’est une règle de bon voisinage.
Des exemples concrets existent déjà avec le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola, la Zambie et le Congo-Brazzaville, où des accords bilatéraux permettent de mieux encadrer l’exploitation des ressources naturelles, d’améliorer la transparence et de renforcer la stabilité économique et sécuritaire.

Ces partenariats doivent être perçus comme des leviers pour valoriser nos ressources et attirer les investissements indispensables à notre croissance.

Honte à vous qui prêchez le contraire.

Il est donc impératif que nous restions vigilants, exigeants sur la transparence et fermes sur la défense de nos intérêts nationaux, tout en construisant une coopération régionale bénéfique pour tous.

En effet, parmi les 10 mots clés de l’accord de paix, j’ai épinglé ce point 6 dont je me permets de détailler.

  1. Coopération économique régionale et gestion des ressources minières

Explication:
L’accord entre la RDC et le Rwanda prévoit une coopération économique visant à sécuriser et gérer conjointement les ressources minières situées dans les zones frontalières. Cette coopération ne signifie pas un partage ou une cession directe des minerais congolais, mais une gestion commune pour encadrer, sécuriser et valoriser ces ressources tout en respectant la souveraineté de chaque pays.

La gestion des ressources frontalières ne signifie pas partager les minerais ou céder les minerais.

Des accords de gestion commune entre la RDC et nos voisins :
• RDC-Rwanda :
La coopération porte sur la sécurisation des filières minières frontalières riches en coltan, or, cobalt, lithium, étain et tungstène. L’objectif est de formaliser les chaînes d’approvisionnement, lutter contre la contrebande qui finance les groupes armés, et développer des infrastructures partagées pour sécuriser les corridors économiques.

Cette gestion conjointe vise à améliorer la traçabilité et la transparence sans céder de droits miniers congolais au Rwanda.
• RDC-Ouganda :
Les deux pays ont mis en place une gestion conjointe des ressources halieutiques des lacs Edouard et Albert. Une autorité unique de réglementation de la pêche, composée de représentants des deux États, supervise l’exploitation durable. Des patrouilles conjointes assurent la prévention des conflits entre pêcheurs et la protection des ressources.
• RDC-Angola :
La coopération porte sur la gestion des ressources hydrauliques du fleuve Congo et l’exploitation minière, notamment des diamants dans la région frontalière de Lunda Norte. Des accords bilatéraux régulent l’exploitation, préviennent les conflits et favorisent le développement d’infrastructures partagées.
• RDC-Zambie :
Partage de la région du Copperbelt, riche en cuivre et cobalt. Une commission mixte coordonne l’exploitation minière et énergétique ainsi que le développement des infrastructures de transport, facilitant l’exportation des minerais et maximisant les bénéfices économiques.
• RDC-Congo-Brazzaville :
Un accord énergétique majeur, la Boucle de l’amitié énergétique, vise à renforcer les capacités de production et de transport d’électricité entre les deux pays, notamment via la centrale électrique de Pointe-Noire (Congo-Brazzaville) et la centrale hydroélectrique d’Inga (RDC). Ce projet prévoit plusieurs phases d’augmentation de la capacité électrique pour alimenter notamment les industries minières en RDC. Cet accord illustre une gestion commune des ressources énergétiques transfrontalières sans transfert de propriété.
Par ailleurs, des échanges commerciaux et des partenariats dans le secteur minier sont en cours pour développer durablement les ressources naturelles, avec un accent sur la coopération technique et la gestion responsable.

Qui gagne quoi ?

La RDC sécurise ses ressources minières et énergétiques, augmente ses revenus et attire des investissements étrangers. Ses voisins, dont le Rwanda et le Congo-Brazzaville, bénéficient d’une coopération économique renforcée, d’un accès régulé aux ressources et d’une meilleure stabilité régionale.
Retombées pour la RDC :
• Lutte renforcée contre la contrebande et l’exploitation illégale.
• Formalisation et sécurisation des revenus miniers et énergétiques.
• Attirance d’investissements étrangers (ex. Emirats arabes unis, Chine, Turquie).
• Amélioration de la stabilité économique et sociale dans les zones frontalières.
• Développement d’infrastructures partagées favorisant la croissance régionale.
Cette approche illustre bien que la RDC privilégie la coopération régionale pour valoriser ses ressources naturelles tout en préservant sa souveraineté, en s’appuyant sur des exemples concrets d’accords déjà en place avec nos voisins, le travail que le Président de la République, Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, avait lancé dès son accession à la magistrature suprême.

J’appelle mes collègues géologues et tous les artisans du secteur minier, à se mobiliser pour relancer la République.
Patriotiquement,

Patrice KABAMBA
Géologue, Expert en nouvelles technologies
Consultant scientifique et politique
Contact : patricekabamba@gmail.com
+33 6 51 02 94 69


La présence de Kabila : Craintes et espoirs au Congo


Kabila ne briguerait pas le pouvoir en RDC

Pourquoi alors parler encore de lui ? Voici une autre réflexion, à chaud, sur la présence et le discours attribué à Joseph Kabila.

Considérons certaines analyses ; telles celle celles générées par des outils d’IA comme ChatGPT.  Selon elles, le discours attribué à Joseph Kabila mérite d’être pris avec précaution. Il s’agit de l’allocution qui aurait été prononcé à Goma, le 2 juillet 2025. Il ne serait ni vérifié, ni relayé par des sources dites officielles.  Cela dit, le débat qu’il suscite, lui, est bien utile. Pour tout esprit en quête de vérité, de paix, de prospérité, cette discussion peut être une aide à la réflexion.

Car qu’on l’aime ou qu’on le redoute, une chose est claire : Kabila fait encore parler de lui. Sa présence à l’Est dérange, inquiète, ou rassure, selon la classe politique dont on est proche. Et cela en dit long sur l’état de la République.

Pour beaucoup de Congolais de l’Est, ce n’est pas tant l’homme qui intrigue, mais le vide laissé derrière lui. Un vide sécuritaire, institutionnel, symbolique.  Un vide que Kinshasa peine à combler.  Alors, quand un ancien président réapparaît, dans une région longtemps oubliée, cela secoue. Cela suscite des interrogations, cela réveille des espoirs chez certains… Et des peurs chez d’autres.  Il y a là, en effet, un vide. Une lacune que Kinshasa n’a pas été capable de combler. Un manque qu’il ne sera pas en mesure d’assouvir ; faute d’en posséder les moyens.

Peurs fondées ?

Oui. Si la présence d’un ex-chef d’État alimente les rumeurs de partition, c’est bien parce que la République se délite.  Parce que l’Est du Congo souffre, isolé, meurtri, trahi. Parce que lorsque le centre abandonne ses marges, les marges se réorganisent. Et parfois, avec les moyens du bord ; tandis que souvent, avec des acteurs ambigus.

Mais ces craintes sont aussi le fruit d’une gestion catastrophique du pouvoir actuel. Et, des pouvoirs qui ont précédé ce dernier.  Militarisation sans stratégie, accords opaques, mépris des réalités locales et du vœu populaire. L’absence d’un État crédible et juste, donne à un discours fort une dimension et une apparence politiques. Quand bien-même celui-ci serait trouble.

Alors, que pensons-nous, nous, fils de l’Est ?

Nous voyons la faillite d’un système hypercentralisé, fondamentalement colonial, esclavagiste et dictatorial.  Un système politique qui n’a jamais intégré l’Est. Sinon que comme un réservoir de minerais, un théâtre de guerre, ou une zone tampon, périphérique.  Nous voyons aussi la nécessité urgente de repenser l’unité du Congo : pas en théorie, mais en actes.  Une nécessité de créer un Congo nouveau, indépendant.  Un Congo qui n’ait rien à voir avec la vision lumumbiste du pouvoir et de l’État.

L’unité ne viendra pas d’un slogan, selon nous.

Elle viendra :

  • d’un contrat social totalement réécrit par tous les Congolais, par nos royaumes et nos empires, reconnus souverains ;
  • d’un dialogue franc avec les communautés blessées, les peuples jusqu’ici reniés ;
  • d’une autonomie réelle de chaque État issu de ce contrat social national, où les états libres et indépendant se gèrent eux-mêmes, avec le souci de transformer leur unité factice du moment en une réelle union d’États indépendants, libres, unis, prospères ;
  • et d’un leadership honnête, ancré, courageux, qui ne joue pas la carte des divisions ethniques ni des complicités régionales hégémonistes.
Créera-t-on un jour une unité du Congo ?

Une unité du Congo, de l’Afrique Centrale, ou de l’Afrique tout entière ? Cette démarche que propose le Projet 2014 n’est-il pas un leure ?

Oui — si nous la voulons vraiment, l’unité du Congo reste possible, mais demandera encore du temps.  Nous ne retrouverons pas une unité qui n’a jamais existée : nous la créerons de nos mains.  Mais pas en récitant les discours de Léopoldville ou de l’OUA.  Cette unité ne passera par une décentralisation intelligente, une mémoire réhabilitée, une justice restaurée.  L’unité ne se décrète pas. Elle se mérite.  Cette unité sera l’œuvre d’hommes résolus à s’humaniser ; à glorifier leur Créateur, à honorer la gente humaine.  Et pour cela, il faut du courage. Le courage d’écouter ceux qui n’ont jamais eu voix au chapitre. Le courage d’admettre nos erreurs collectives.  Et le courage de tourner le dos à ceux qui veulent faire du Congo un butin, et non une nation. Que ces hommes viennent de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Sud. L’instruction, la formation, l’éducation et l’implication de nos peuples, dans le projet d’unité nationale, demande plus ou moins 20 ans. Or, elles ne sont pas encore commencées !