Émancipe-toi !

Tout celui qui veut avancer dans sa vie se sent quelque part obligé de s’émanciper.  Prendre son destin en main et le contrôler.  Se libérer de la dépendance, voire-même de la servitude ou plus simplement d’une incapacité.

Les peuples du Congo ou encore le peuple congolais sont aujourd’hui sous un joug étranger, indéniablement. Pour cette raison, je ne peux même pas visiter ma mère depuis voici bientôt 30 ans. D’autres sont dans une situation comparable à la mienne.  Certains ont agit dans la témérité : ils y ont laissé leurs vies.  D’autres, ont bénéficié de la grâce, jouissent du privilège de visiter les leurs sans trop de souci ; ils n’en demeure pas moins qu’ils prennent quelques risques, qu’ils se doivent d’être sur leur garde, ici comme là-bas !

Tout ou presque, dans notre République Démocratique du Congo, se dicte des pays frontaliers, de l’Afrique, de l’Occident ou de l’Orient.  Nous sommes nombreux à mal le vivre.  Nous aurions souhaité être là où nous voulons, dans notre pays, pour nous occuper de l’avenir de notre nation : de nos enfants, de nos parents, de nous-mêmes, dans la paix, la fraternité et la dignité humaines. Posséder ce qui nous revient de droit selon certains, pendant que d’autres nous le contestent. Définir nos objectifs développementaux et travailler à les poursuivre, ensemble et non pas dispersés, tel est notre voeux personnellement, mais aussi avec une frange encore réduite de quelques congolais.  Avec le Président Joseph Kabila Kabange, censé être le garant de notre bonheur, nous l’avions déjà compris, depuis 1964, que ce n’était pas possible.  À 8 ans d’âge, nous avons déjà connu les affres de la guerre, de la rébellion, de la dictature, du communisme, de la colonisation, de la dictature, de l’exil, de la pauvreté…  Comment donc nous libérer, nous émanciper, grandir, maîtriser notre destin ?

Pour trouver professionnellement, mathématiquement, ce que nous devons poser comme acte pour nous en sortir, il faut par comprendre pourquoi nous sommes ce que nous sommes aujourd’hui.  En effet, ce n’est pas par hasard si Kabila nous domine, nous tue, nous charcute, nous empoisonne, nous moleste, nous injurie, lui que nous appelons notre Président.  Et tout cela, dans ce que nous appelons la République Démocratique du Congo.  Vous avez tout compris : la complaisance !  D’où vient qu’elle nos colle à la peau avec ces conséquence que sont l’ignominie, l’appauvrissement, la mort ?  Qui est responsable de quoi ?

Trois phénomènes majeurs que nous vivons, depuis des temps anciens, avant même la venue des esclavagistes arabes chez nous, nous pourrissent la vie : l’esclavage, la colonisation, l’imposture.  Si nous n’en comprenons pas les essences, les tenants et les aboutissants, nous seront en train de nous plaindre, année après année, pour rien !

L’esclavage

Nos premiers maîtres ne sont pas les arabes.  Plusieurs de nos patriarchies, de nos clans, de nos tribus, de nos ethnies et de nos alliances du Congo ont été des esclaves les uns des autres.  Inutile de rémuer les plaies ; mais, utile de le savoir et de l’accepter pour guérir de nos maux.

Spirituellement parlant, que devons-nous reconnaître ?  Nous sommes pour la plupart des peuples méchants ou victimes d’autres peuples méchants !  Nous le rappelons : dans la République Démocratique du Congo.  Cela n’a rien à voir avec un ugandais, un rwandais, un burundais, un angolais ou un tanzanien.  C’est un mal dont nous devons guérir si nous voulons un jour connaître la paix à l’intérieur de notre territoire, avant de connaître la paix avec les nos voisins proches et lointains.

L’esclavagiste arabe, le colonisateur belge, n’a fait que profiter de notre faiblesse.  Notre propension à rechercher la domination d’autrui…  Kasa Vubu, Mobutu, Laurent Désiré Kabila et pire encore Joseph Kabila Kabange, sont des continuation des projets colonialistes, esclavagistes de nos pères.  Plus fondamentalement, qu’ont-ils en commun ?

Comme tous les esclavagistes, ils nous privent de nos salaires ; nous font travailler pour des miettes.  Depuis 1960, qui a vu un salaire digne de ce nom au Congo Kinshasa ?  Quelle famille a gagné sa vie de son salaire ?  Et comme nous sommes tous des méchants, nous faisons croire, nous acceptons, nous proclamons que nous sommes salariés !

Nous avons nous-mêmes été victimes de cet esclavage.  Ceux d’entre nous qui nous ont vu le combattre ont tenté et tentent toujours de nous enlever la vie…  Comment notre pays pourra-t-il donner de leçon à qui que ce soit ?  Ceux qui nous dominent ne sont pas non ennemis : ce sont nos semblables.  Comme le royaume de Satan est divisé contre lui-même, nous avons l’illusion d’être des victimes.  En réalité, nous, congolais, nous sommes sciemment des esclavagistes.  Si nous voulons quitter l’esclavagisme, nous devons commencer par refuser d’être nous-mêmes des esclavagistes.  En acceptant des salaires de moins de 20 €/h, nous choisissons d’être des esclaves et ne soyons pas étonnés que nous soyons asservis par les autres nations : proches ou lointaines !

La colonisation

L’une des erreurs dans lesquelles vivent certains congolais ou des mensonges que propagent d’autres congolais, c’est de penser ou de dire que les belges soient les seuls colonisateurs du Congo.  La réalité est une toute autre chose.

En effet, plusieurs de nos patriarchies, clans, tribus, ethnies, royaumes et empires vivent sur des territoires conquises et non pas acquises.  Nous devons donc savoir ou accepter que pour la plupart, nous ne sommes que des colonisateurs.  C’est donc pour garder le sens de l’humain que nous disons et admettons être sur les terres de nos ancêtres colonisateurs ou imposteurs…  La conséquence en est que les belges qui quittèrent le Congo en 1960, ne le quittèrent que parce qu’ils eurent peur du raciste Lumumba et de l’injuste majorité noire qui s’appreta à son jeu ou à sa politique.  Que sera donc la suite logique de cette triste histoire lié à notre humanité ?

Comme ceux qui renouvellent leurs intelligences sont une minorité, ces hommes nés de nouveau d’eau, d’esprit et de feu, la colonisation aussi durera encore longtemps.  Le temps que nous apprenions, de gré ou de force, à connaître ou reconnaître la vérité quant à son rapport avec la RDC.

L’imposture

Tout se prépare au pays pour la continuation de l’imposture.  Avec elle, si nous n’agissons pas avec intelligence et sagesse, nous récolterons tout ce qu’elle traîne avec elle : les génocides, les médiocrités, la honte d’une nation et toute cette ignominie à laquelle nous sommes « habitués ».

Plusieurs de nos compatriotes ne se sentent pas concernés.  Les autres, qui se savent concernés depuis des décennies même, sont limités dans  leur capacité d’action ou se croient être dans cette condition.  Une autre frange, non importante encore agit, tant bien que mal pour changer le visage du Congo, pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui.  Depuis les esclavages, les colonisations, les dominations, des hommes meurent, se battent pour leur liberté ou pour celle de leurs congénères.  Rien n’y fait, nous, congolais d’aujourd’hui, conglomérat de plusieurs peuples, réunis de force par les colons belges, par les dictateurs et imposteurs divers qui se succèdent au pouvoir, sommes encore sous le joug étranger ou sous un joug national.  Misère, pitié, colère, déception, indifférence se mêlent sur le territoire national.  Pourquoi ?

Nous le savons, mais nous ne voulons pas l’admettre !  Toute chose restant égale, rien ne change, la situation s’empire même.  Les derniers évènements de Genève, qui fâchent plusieurs d’entre nous, sont la preuve d’un blocage partout : dans nos esprits, dans nos corps, dans nos mains.  Pendant ce temps, que font les fils du diables, les descendants de Caïn ?

Ils se régalent de nos passivités, de nos ignorances, de nos paresses, de nos égoïsmes, de nos peurs, de nos soumissions à leur dictat, jusqu’au jour où nous nous déciderons de combattre nos faiblesses…

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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