Le Congo m’appartient !

Le congolais est trompé, roulé dans de la farine.  Depuis la nuit des temps.  Par qui ?  Par ceux-là même qu’il se choisit comme chef : par l’étranger et par son propre compatriote de fortune. Si nous n’envoyons pas nos enfants dans de bonnes écoles, nous risquons de les voir tous menti.  Nous les retrouverons formatés par des bandits politiques qui, pourtant, cachent mal leurs forfaits.  Ces bonnes écoles, en réalité, n’existent pas.  Nous devons encore les créer.

La conversation ci-dessous est notre tentative de restitution de la vérité à sa place.  Par exemple, Dieu ne nous a pas offert le Congo.  Nos aïeux conquirent, bien souvent, les terres que nous revendiquons aujourd’hui comme nôtres, par des guerres ou des subterfuges, criminels, honteux, de toutes sortes.  Contrairement à ce que l’on veut souvent que nous croyions.  Les vendeurs de chimères ont l’espoir de construire ainsi l’unité et l’indépendance nationales.  D’aucuns savent pourtant qu’une maison construite de paille ne peut tenir contre le moindre feu.  Définitivement, nous savons que les nations construites sur le mensonge historique n’iront nulle part.  Cacher les méchancetés de nos pères ne fera que prolonger leurs malédictions sur nous, leurs progénitures.

Il nous faut dire à nos enfants la vérité. Le Roi Léopold Ier n’est pas le premier à avoir commis un crime contre l’humanité sur le sol aujourd’hui réputé congolais. Bien avant lui, les bantous chassèrent très probablement, avec méchanceté et dédain, les pygmées dans la forêt. Jusqu’aujourd’hui, personne ne veut parler de ce probable crime contre l’humanité.  Plus concrètement, indubitablement, ces premiers habitants du Congo sont maltraités, exploités, officiellement, par nous-mêmes congolais, jusqu’aujourd’hui ; mais personne ne semble s’en offusquer…  Vinrent ensuite d’autres peuples qui délogèrent les bantous de leurs terres ou les occupèrent de force ou en usant de subterfuges de toutes sortes. C’est le cas notamment des soudanais, au Nord et les nilotes, à l’Est.  Les soudanais subir eux aussi un sort plus ou moins similaire, poussés par les nilotiques, dans le Nord-Est, utilisant les mêmes recettes qui marchent encore, sur le sol congolais comme ailleurs : les massacres, les intimidations, les négociations factices, l’abrutissement des autochtones et la valorisation des allochtones pour l’occupation des postes de commandement par ce derniers, les viols des hommes comme des femmes, des enfants comme de vieillards, etc.

Les arabes et les européens vinrent ensuite.  Sans doute dans un esprit de conquête des richesses, utilisant les mêmes méthodes : le fusil, la chicote, les chaînes, les exécutions sommaires, l’achat des consciences faibles, les ségrégations…

Finalement, qui est saint ?  Et qui est démoniaque, si ce n’est pas tout ce monde, dans ce continuum espace-temps ? Suivez ce qui se dit dans notre Congo du fait du lavage de nos cerveaux, par les ennemis insoupçonnés de notre gente coloniale, la nation congolaise.

Lui

(…)
Oui, sous l’inspiration de la Belgique et des Etats-Unis, tous les opposants seront en Belgique autour d’une même table pour une candidature unique ! Quelle honte, notre sort est décidé en dehors de nous -mêmes [hors de notre pays] !

Nous

Non…
Le Congo est congolais de suite d’une erreur des colonisateurs belges. Nous avons été vendus à Léopold Ier par nos chefs, nos aïeux cupides, assoiffés de pouvoir et de bibelots que leur apportaient les conquérants.  Aujourd’hui, c’est la même traîtrise qui ronge notre État d’origine coloniale.

Lui, le Roi Léopold Ier, nous offrit à son Royaume : la Belgique. Lumumba effraya les colonisateurs belges, profitant de sa popularité à lui et de la culpabilité des belges, honnis par le peuple, plus par racisme que par quête de justice.  Objectif : les remplacer, ces coupables du crime contre l’humanité en les persuadant qu’ils devaient abandonner leur proie, le Congo Belge, la colonie que nous étions, par la loi du plus fort.  Ses vraies intentions ne tardèrent pas à se manifester au grand jour.  Son parti extermina les membres du PNP qui s’opposait à son MNC.  Plusieurs ne préservèrent leurs vies qu’en prenant le chemin de l’exil – comme le fit ma famille.

Maintenant, aujourd’hui que nous sommes, les belges et leurs amis – en ce compris certains congolais lucides – comprennent qu’ils ont abandonné leur proie à un aventurier – ou à des aventuriers.  Il  – Lumumba – a été suivi d’autres, plus criminels que lui, pourrions-nous dire.  Les belges et leurs amis tentent, timidement et apeurés, ensemble, avec les congolais qui leur sont favorables, de « sauver » le Congo des griffes des néo-criminels, mieux, de reprendre leur proie.  Ils essaient, gauchement, de sauver le pays qui leur appartient de droit, en partie tout au moins, comme aux autres peuples qui y avaient conquis des terres… En effet, le territoire conquis par les belges à l’époque n’était qu’en partie propriété des peuples congolais, organisés en empires, en royaumes, en tribus, en clans, en patriarchies, etc.

Devant cette démarche, les congolais que nous sommes, qui ne connaissons pas la vraie histoire de notre pays, crions béatement au scandale. Un scandale que nous connaissons mal et que de ce fait nous ne pouvons pas bien gérer.

Lui

Nous sommes les créatures de Dieu. Celui-là même qui nous a légué le Congo en héritage !

Nous

Dieu ne nous a pas légué ni donné le Congo en héritage ; à moins que nous nous en tenions aux messages des kimbanguistes. Nos empires et royaumes, nous les avons, pour la plupart, installés ou créés par la force, commettant des crimes contre l’humanité, comme le firent, dans une certaine mesure, le Roi Léopold Ier et les colonisateurs belges qui lui succédèrent. Tu les confonds, ces terres de nos ancêtres, au Congo que nous avons arraché des belges, en les intimidant !  Racistes contre racistes, la guerre fut facile à gagner.

Cette confusion pérennise la colonisation du Congo. En effet, silencieusement, certains européens ruminent mal la perte du pays que certains d’eux continuent à considérer et à traiter comme leur colonie… Cela explique, en partie, leurs récurrents retours, leurs fréquentes incarnations dans des hommes que nous appelons les dictateurs ou les valets des colonisateurs européens – ou les valets de l’homme blanc.

La restitution de la vérité historique à sa place est la seule solution à la question du néocolonialisme où les mêmes acteurs reviennent sans cesse pour embobiner un peuple qui se laisse vendre à tout marchant par ses chefs. Notre proposition de création, au Congo ou en Afrique Centrale ; ou même dans l’Afrique tout entière, d’une Union d’États Indépendants fondés sur nos affinités culturelles, est une des solutions la plus simple, élégante et humaniste à la question des colons : qu’ils soient blancs ou noirs.  Cette solution en effet, permettra de leur couper l’herbe sous les pieds.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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