Police nationale, police locale.

D’aucuns avaient cru que le mobutisme avait réuni le pays, pendant que nous affirmions le contraire.  Presque tous nos condisciples du secondaire, puis ceux de l’université nous prenais pour un petit fou.  Avec le temps, lentement, mais par la force des choses, quelques congolais commencent à nous donner raison, à postériori.  Gloire soit rendu à Dieu.

Quand L. D. Kabila a pris le pouvoir, il était difficile de faire comprendre à nos compatriotes que nous avions-là à faire à une autre dictature.  Même dans l’Occident, il n’était pas de bon aloi de tenir un discours défavorable à Kabila, dans certains ministères des affaires étrangères.  Ce n’était pas seulement pour des raisons d’état ; mais aussi par conviction qu’avec lui, les congolais se sentiraient mieux.  Il n’a pas fallu de beaucoup de temps pour que certains esprits se ravisent : avec retard, ici aussi.

Avec J. Kabila Kabange, certains compatriotes découvrent, avec 53 ans de retard, que le pays soit encore mais uni qu’à l’époque colonial.  S’il est vrai que le congolais circule d’un bout à l’autre du pays « sans se tracasser de son origine » il n’en reste pas moins vrai cependant que les velléités patriarcaux, claniques, tribalistes, ethniques, linguistiques et de diverses alliances dirigent les affaires dans le pays.  Jusque aujourd’hui, il faut avoir un « frère » dans le bureau pour avoir facilement un document, pour accéder tout de go à un poste voire-même aux études.  Les églises sont autant corrompues que les entreprises publiques que privées.  Bref, le Congo reste encore divisé, bien plus fragmenté qu’il ne le laisse paraître aux peu perspicaces.

Le népotisme bat donc son plein.  Les pouvoirs qui se succèdent au Congo, non fondés sur des idéologies politiques, mais battis sur des velléités hégémoniques de quelques groupes sociaux, utilisent même la police nationale pour rouler dans la farine notre peuple niais.

Dans l’Ituri par exemple, le pouvoir de Kinshasa envoie aujourd’hui des inconnus à l’Ituri pour tuer, égorger, décimer afin de réaliser des affaires moches avec quelques multinationales qui misent sur le sous-développement mental de l’Iturien.  L’armée et la police y sont donc utilisées pour museler les populations qui réclament, curieusement, le secours auprès de ses bourreaux.

Pour les quelques rares ituriens qui ont compris le jeu, la solution du problème reste la grande difficulté.  Nous avons proposé, depuis 2014, l’indépendance des états à créer sur la base de nos affinités culturelles.  Nous avons, dans ce cadre, pour résoudre le conflit lendu-hema, une démarche locale où nous promettions de fournir une équipe multi-tribale pour résoudre le conflit entre lendu et hema ; sous l’observation des autres tribus congolaises qui pourraient être intéressées par cette démarche qui ne serait pas la première, mais que nous comptions adapter pour aboutir à la d’un pacte de non belligérance entre lendu et hema !  Les ituriens ne nous comprirent pas, pour certains, rejetèrent l’idée par jalousie, pour d’autres.  Ils préférèrent l’invitation des français, puis de la MONUC d’abord et de la MONUSCO ensuite dans la contrée, sans mesurer les conséquences de cette gravissime erreur !  Les Kivu adoptèrent la même attitude quelques années plus tard.

Pour permettre à l’autorité locale de mieux gérer les crises ituriennes et kivutiennes, voire-même kasaïenne et équatorienne, le schéma est pour nous clair :

  1. Disqualifier nos mauvais leaders, en l’occurrences nos députés inféodés à l’imposture pour les remplacer par des députés commis aux bien-être des peuples de leurs circonscriptions électorales avant tout autre chose.
  2. Interdire, par voie légale, les nominations d’administrateurs d’entités administratives diverses par Kinshasa, dans le but de couper l’herbe sous le pied des dictateurs et imposteurs à l’avenir, mais obtenir qu’ils soient élus par les autochtones, parmi les leurs.
  3. Conduire la localité par et pour les résidents afin d’éteindre dans le pays le pillage des ressources nationales et l’assujettissement du congolais par le congolais et nous rendre plus forts contre nos ennemis extérieurs.

Agir autrement, dans un pays aussi multiculturel que le Congo, ne contribuera pas à une avancée vers la paix, mais aidera le pays à s’enfoncer davantage dans le chaos, l’insécurité et l’appauvrissement du plus grand nombre, à la faveur d’une poignée d’imposteurs internes et externes.

C’est dans ce cadre qu’il faudra passer de la police nationale à la police nationale, dans la gestion de l’ordre dans la cité.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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