Lendu et hema ?

Le nombre de morts approcherait 500 personnes selon les échos qui nous parviennent de Djugu et Mahagi en Ituri.  L’État congolais prétendrait que ce soit un conflit interethnique hema-lendu qui soit à la base des tueries.  Des autochtones nous ont laisser attendre que le régime de Kabila veut camoufler dans cette fausse accusation son plan machiavélique d’un occupation progressive et massive de l’Ituri par les rwandophones venus du Nord-Kivu et parmi lesquels, selon les autochtones de l’Ituri, il y aurait beaucoup de rwandais.  Dans une interview audio publiée aujourd’hui, nous pouvons suivre et comprendre, à nouveau, les causes de notre misère iturienne.

Tout peuple a le droit et le devoir de se défendre contre une personne ou un groupe de personnes qui s’arrogent le droit de perturber sa paix sur son sol ou de le déposséder de ses richesses de quelque nature ! Notre erreur en Afrique c’est de ne pas maîtriser même nos droits les plus basiques. Parce que nous sommes des états d’origine coloniale qui ont garder l’héritage colonial sans le maîtriser, sans mesurer les conséquences de ce choix. Nous faisons de l’État un dieu qu’il n’est pas et qu’il ne sera jamais. Parce que nous avons abandonné nos droits à des imposteurs de toutes sortes : les esclavagistes noirs, arabes et européens : les dictateurs, les imposteurs et les traîtres de tout genre ; nous continuons à mourir comme des charognes.

Pourquoi notre interlocuteur tait-il l’appartenance tribale, nationale ou linguistiques des assaillants ? Cela n’aide personne.  Parce qu’il S’EST DIT, dans nos réseaux sociaux, que ce sont des rwandophones qui se font passer pour des ugandais, mais que le régime veut être des lendu et des hema-nord en conflit interethnique, pour justifier l’installation des rwandophones dans Djugu, comme il l’a fait dans Irumu (Bogoro).  Si l’Ituri veut la paix et la prospérité, nous croyons profondément qu’il doit commencer par arrêter de se faire diriger par des allochtones, les batokachini !  Pourquoi ?  Parce que cela ne nous permet pas d’avoir des dirigeants responsables, protecteurs et défenseurs de nos valeurs. Battons-nous donc pour la restitution, dans le Congo tout entier, du pouvoir à chaque royaume, empire, peuple, ethnie, tribu, clan et patriarchie. Tant que nous garderons les yeux braqués sur Kinshasa, nous connaîtrons les mêmes misères.  Insécurité qui ne s’arrête pas depuis les années 60.

Pour ce qui est du conflit interethnique hema-lendu, nous avons développé il y a à peine un mois une proposition simple.  Le but est pour éviter à l’avenir tout conflit inutile entre lendu et hema-nord, si jamais l’inimitié persiste, tel que le prétendent certaines personnes.  J’ai été surpris par exemple de me rendre compte que Wikipédia n’avait rien sur le territoire de Djugu ; un territoire des plus pesants, démographiquement et sociologiquement, dans l’Ituri. Notre suggestion est que les chefferies hema-nord demandent et que les mahagiens acceptent quitter le territoire de Djugu et de passer dans celui de Mahagi. Je suis persuadé que le courant passerait mieux et que la cohabitation serait moins conflictuelle.  Fort heureusement, dans le cadre de notre autre projet, EAE ASBL, à l’instigation de l’IDIC ASBL, et avec la participation de SOBDC ASBL, un travail synergique est en route pour développer un grand projet agroalimentaire qui contribuera à cimenter les relations entre Djugu et Mahagi.  C’est avec impatience que nous attendons l’adhésion effective des partenaires ASBL de Djugu et tout indique que cela ne devrait pas tarder.

C’est la preuve que nous pouvons vivre parfaitement dans notre Ituri, si nous ne laissons pas des éléments extérieurs venir perturber notre démarche vers une paix pensée et construite de nos propres mais.  Le régime mourant de Kabila est le grand ennemi de cette démarche que tout iturien doit bien garder à l’œil et dénoncer à la moindre apparition dans son champ de vision.

Dans le prochain article, nous tâcherons de trouver qui a tué et qui a été tué.  Bientôt, les accusations n’iront pas dans tous les sens, comme cela l’est aujourd’hui : lendu, hema, rwandais, ugandais, envoyés de Kabila ou autres.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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