Être nilotique aujourd’hui

Être nilotique congolais aujourd’hui a-t-il encore du sens, comment et pourquoi ?

  • Être nilotique a-t-il encore du sens aujourd’hui ?
    • Quand il faut parler nilotiques, la prudence s’impose.  Dans un pays majoritairement bantou, bien peut est souvent connu des nilotiques, saufs par ceux qui vivent avec eux au jour le jour.
    • Les nilotiques sont très normés dès l’enfance qu’il n’est pas facile de spolier facilement leur culture : il y a donc du sens a parler encore des nilotiques aujourd’hui, et ce, pas seulement à cause du mythique empire hima-tutsi (Au Congo, nous devrions plutôt dire hema-tutsi), mais surtout à cause de la différence énorme qu’il y a entre la culture nilotique et la culture bantoue, si nous admettons qu’elles existent.
  • Qui est nilotique aujourd’hui et qui ne l’est pas ?
    • Dans le passé comme aujourd’hui, au Congo comme dans les autres pays habités par les nilotiques, est nilotique avant tout celui qui a, de fait, adopté et intérioriser la culture nilotique, essentiellement basée sur le respect du plus âgé au sein de la famille, de la patriarchie, du clan, de la tribu, de l’ethnie, des alliances et même en dehors de celles-ci et sur la défense les valeurs culturelles de la gente nilotique où que l’on se trouve.
    • Contrairement à ce que d’aucuns voudraient croire, les nilotiques ne sont pas un phénotype, mais des phénotypes ; ils ne sont pas un territoire spécifique mais plusieurs pays dans l’Afrique ; ils ne sont pas non plus qu’une langue, mais plusieurs langues ayant même des origines totalement différentes, héritées parfois même d’anciens esclaves !
    • Tous les nilotiques, nonobstant cette multiplicité raciale, linguistique et territorial, partage cependant quelques valeurs – pour eux – auxquelles ils sont tous farouchement attachés.  Citons en quelques unes.
      • Chez tous les nilotiques, la politesse est une vertu cardinale qu’aucun nilotique ne négocie contre quoi que ce soit.
      • Après avoir gagné des guerres sur beaucoup de fronts et dominer au passage beaucoup de peuples dans le passé, les nilotiques ont développer une fierté et un chauvinisme que nous pourrions qualifier de sans pareil : aucun nilotique n’accepte d’être esclave et ne se voit inférieur à un étranger à sa gente.  Il acceptera tout, mais pas l’esclave, la domination.  Pendant longtemps, beaucoup ont réellement cru être des surhommes, les plus civilisés de la terre…  Cela peut parfois paraître bizarre à considérer la condition de certains nilotiques.  Il faut cependant se méfier : votre richesse, matérielle, financière, morale ou intellectuelle n’émouvra pas un nilotique.  L’éducation chez cette gente est telle que tout nilotique soit comme programmé, immunisé contre le complexe d’infériorité.  Le plus « méprisable » des nilotiques vous traitera toujours avec condescendance ; n’en soyez pas surpris.
      • La loyauté est l’autre vertu cardinale chez les nilotiques : la trahison ne se supporte pas dans le monde nilotique.  Les punitions, les sanctions vont ici des réprimandes « familiales », passent par les châtiments corporels, et n’excluent pas la peine de mort.  Notons que cette loyauté ne soit pas seulement exigée dans la gente nilotique : elle s’étend à tous les alliés, sans exception.
      • Le sens de la pudeur et de la retenue et capitale dans le royaume des nilotiques.
      • L’indépendance.  L’attachement des nilotiques à l’indépendance est très fort.  Il va de la famille nucléaire jusqu’à la gente en passant par la patriarchie, le clan, la tribu, l’ethnie et la « race ».
      • Le monothéisme.  Après le Dieu créateur est son ciel, les nilotiques ne croient pas aux autres dieux.  En revanche, ils croient aux esprits des ancêtres, esprits des personnes mortes, mais qui vivraient avec nous dans le monde invisible, mais avec le pouvoir de visiter notre monde.  Les sorciers et féticheurs, ne sont pas autres choses que nos contemporains qui sont en contact avec le monde des morts.
  • En RDC, que reproche les non-nilotiques aux nilotiques ?
    • Quel qu’eut été le parcours de l’histoire congolaise, les « cultures » du Congo s’affronteraient toujours.  Le tutsi, considéré à tort ou à raison, comme la source de problème à l’Est du Congo, ne sont en réalité qu’une partie du problème congolais engendré par sa multiculturalité.
    • Partout, à un moment ou un autre, les nilotiques ont été accusés de domination de leurs voisins ou de leurs hôtes.  Si cela a été vrai dans l’histoire ancienne de l’Ituri par exemple, aujourd’hui, les rapports entre nilotiques et non-nilotiques sont plutôt de loin meilleurs.  Il est en revanche plus difficile de dire de la présence nilotique dans le Kivu, où tout a bien commencé pour mal se terminer aujourd’hui, juste à l’inverse de l’Ituri, que la situation soit comparable.  L’Ituri a commencé avec des guerres ; le Kivu termine avec qu’elles.
    • L’occupation du territoire congolais, par des étrangers venus de toute part, doit nous préoccuper tous.  Nous ne devons cependant pas oublier que les occupants rwandais et ougandais, ne soient pas que nilotiques.  Nilotiques, bantous, soudanais et twa se trouvent mêlés dans l’affaire ; même si l’analyse bantoue soit que toute cette troupe est télécommandée par les nilotiques.
    • L’occupation de notre territoire ailleurs que l’Est, est un prétexte pour les nilotiques qui pointent du doit tantôt la mauvaise la mauvaise foi et tantôt le népotisme des non-nilotiques.
  • Comment pouvons-nous trouver un terrain d’entente ?
    • Aucun congolais sérieux ne rejette les nilotiques pour leur culture ; mais notre gestion de nos frontières est ce qui n’aura lieu qu’avec un gouvernement responsable.  Notre premier devoir est donc de nous départir de la colonisation, de l’imposture, de la dictature et de la trahison qui ne nous aident pas à bien gérer notre frontière par trop poreuse.
    • Il faut, en même temps, que par une éducation civique appropriée, nos peuples soient amenés à découvrir et à reconnaître les vrais enjeux dans les problèmes socioculturels que nous devons apprendre à gérer, en tant que nation, dans le respect mutuel de nos cultures respectives.
  • Qu’est-ce qui est déjà fait ?
    • Par un paternalisme et un unitarisme suicidaire, nous avons accepté le mobutisme qui spoliait nos mœurs.
    • Par une distraction collective, nous avons accepté la dictature et l’imposture qui ont rajouté aux dégâts du mobutisme.
    • En refusant de nous mettre ensemble, nous refusons de conjurer les maux ci-dessus et perpétuons par le fait même notre ignominie.
  • Que se fait-il ?
    • Quelques patriotes ont pris à cœur de prôner la lutte armée, sans armes ; le soulèvement populaire, sans motivation suffisante.  Les échecs se multiplient et discréditent l’élan patriotique.
    • D’autres patriotes ont compris que c’est par la justice qu’il faut combattre l’injustice ; par la paix qu’il faut combattre l’insécurité ; par le travail qu’il faut combattre la pauvreté.  Ils restent encore minoritaires et donc perdants.
    • Les nombreux traîtres, craignant pour leurs vies, soutiennent l’imposture et continue leur projet de trahison en achetant les nombreuses faibles consciences des appauvries, affaiblies.
  • Qu’est-ce qui reste à faire ?
    • Tout est encore à faire, dans un certain sens :
      • Nous approprier le Congo hérité de la colonisation.
      • Juger les politiciens véreux qui ont des comptes à rendre à notre nation.
      • Les remplacer par des hommes faits, patriotes, préalablement identifiés et promus.

Nous répondons progressivement à ces questions qui fâchent plus d’un d’entre nous.

Dernière mise à jour : mercredi 26 juillet 2017.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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