Inconnu ?

Il n’y a rien qui ne soit véritablement inconnu des congolais – ou plutôt qui ne devrait être inconnu de nous congolais.  C’est pourtant le contraire que certains pourrait penser ou prétendre.  Les uns, par ignorance, d’autres, dans le but de fausser l’histoire, de camoufler leurs forfaits aux congolais.  En effet certains d’entre nous tentent vainement de cacher à nos peuples, qui ne les ont pas vu les commettre, leurs crimes odieux.  Non seulement ils veulent cacher leurs délits, mais, qui plus est, ils tentent, sadiquement, de charger, en tout et pour tout, nos ennemis réels et imaginaires, de leurs fautes à eux.  Cette confusion semée, avec un succès relatif, la situation que traverse notre pays a une origine qui devient de plus en plus complexe et obscure pour beaucoup.  Cette situation nous est préjudiciable à plus d’un regard.  Nous devons interroger, acculer, les Jonas qui sont dans notre barque : la République Démocratique du Congo.  Sinon, nous chavirerons à cause de ces enfants désobéissants, qui par népotisme, ne veulent pas accomplir la mission que Dieu leur a confier, mais se cacher dans la cale de notre véhicule.  Cependant, à la base, c’est l’égoïsme de Caïn qui nous vaut la malédiction dont tout congolais doit savoir comment se débarrasser.  Notre livraison « sortez du milieu d’elle » traitait déjà de cette question, sous un autre angle.  Nous avons hérité d’une tare qu’il nous faut absolument extirper du pays : vouloir noyer l’autre, tout simplement parce que nous pensons qu’il ne serait pas nôtre !  À l’Est, où nos compatriotes et nos visiteurs-mêmes meurent, il s’est passé des choses, des péchés, que personne ne veut prendre le courage de dénoncer.  Que s’est-il passer pour que les rwandophones, accueillis en frères, deviennent brusquement nos ennemis ?  Sont-ils congénitalement mauvais, assassins, tueurs exécrables et sauvages ?  Les NALU ne sont pas rwandais.  Les mboromboro non plus, ne serait-ce qu’à première approximation.  Pourquoi eux aussi nous agresse ?  Que leur avons-nous fait de mal ?  Y a-t-il une faut dont nous devrions nous confesser ?  Qui aurions-nous offensé, comment, quand et où ?  Si nous sommes innocents, comment des si tenus peuples arrivent à nous dépouiller du dixième des nôtres ?  Et cette communauté internationale que nous pointons du doigt, pourquoi ne s’émeut-il pas de notre sort ?  Pourquoi se raille-t-elle de nous ?  Qu’est-ce qui fait qu’elle ajoute à nos malheurs en nous pillant ?  Quel mauvais sort nous auraient jeté nos colonisateurs ?

La livraison que nous partageons avec vous ici-bas est une tentative de réponse à ces multiples questions.  Elle nous pousse à revenir sur des questions que nous avons déjà traitées ailleurs sur cet espace de travail.  Parce que, pensons-nous, le congolais se meurt, faute de connaissance.

Notons que le projet Empire Hima-Tutsi, par exemple, était connu des étudiants congolais dès la fin des années 70 au départ des débats au parlement sur la question des rwandophones au pouvoir.  Rappelons qu’au début des années 80, plusieurs cas de révoltes estudiantines ont conduit certains à se venger contre les étudiants rwandais : opération « herbe », ou « Bandundu, descendez », à l’UNIKIN, par exemple.

En même temps, n’occultons pas que les rébellions contre nos régimes dictatoriaux ne datent pas d’aujourd’hui et viennent des années 60 déjà.  Indiquons enfin que les luttes interethniques que certains se permettent de nier datent d’avant l’époque des esclavagistes et de celle des colonisateurs.  Formés à l’école du colonisateur, nos historiens congolais, lorsqu’ils nous apprendre là-dessus, ne nous disent que très peu sur notre propre histoire, préférant traiter de Clovis ou de Mérovée.  Dans l’ignorance de notre histoire, comment pourrions-nous, réagir correctement ?  La plupart d’entre nous ne savent pas qui a décidé et comment il a été décidé que nous nous devinssions des congolais.  Nous ne savons pas pourquoi nous ne serions plus nos familles, nos patriarchies, nos clans, nos ethnies, nos royautés, nos empires, dans le Congo officiel.  En même temps, nous nous surprenons d’apprendre que nous soyons des groupements, des secteurs ou encore des chefferies…  Tout cela perturbe, déstabilise, déstructure, désoriente, détruit plus d’un d’entre les membres de la nouvelle gente congolaise.

C’est dire que la situation pourrie, que gère le pouvoir en place n’est qu’une suite des misères dans lesquelles nous nous retrouvons du fait de nos péchés à nous congolais d’abord.  Les esprits hégémoniques omniprésents dans notre histoire, nous hantent, nous ensorcellent, nous envoûtent, nous maraboutent.  C’est là que nait la difficulté pour nous de capitaliser l’indépendance nominale de 1960, du fait de l’origine coloniale de notre nation et de nos mauvais choix successifs de nos leaders, par le fait du népotisme qui nous colle à la peau.  L’opportunisme politique de la plupart de nos chefs politiques ne nous permet pas d’avancer.  Ces chefs que nous ne sommes pas encore décidés d’arrêter.  Indécis sommes-nous, livrés à un esprit d’orgueil, de négation de nos fautes, de malhonnêteté spirituelle, de lâcheté, dans la brutalité qui caractérise nos solutions aux problèmes.  Cette tare, nous pouvons nous en débarrasser.  Une prise de conscience de notre méchanceté et de ses conséquences est indispensable.  Le divorce d’avec les tares héritées de nos pères est certainement un premier pas à franchir.  Ce n’est pas tout !

Notre responsabilité dans nos malheurs est démontrable par plusieurs faits.  Il n’en reste cependant pas moins vrai que certains étrangers profitent de la vérosité de nos leaders.  Leaders que nous avons-nous-mêmes commis à la gestion notre patrimoine national.  Quant à ces étrangers, habitués à naviguer en eaux troubles, ils se sont déroger le droit d’occuper nos terres.  Ayant vu que nous ne réagissions pas au pillage de nos ressources, tant naturelles qu’humaine, ils sont décidés à occuper nos terres, à tout prix.  Aujourd’hui, ils ne s’empêchent donc pas d’exterminer de villages entiers pour les occuper.  Des témoignages nous parviennent que certains d’entre eux se créent, avec le temps, des zones d’occupation.  Ils espèrent bientôt user du temps pour s’arroger le droit de sol sur ces territoires, selon certains observateurs.  La confusion est révoltante, mais aussi instructive.

Le retard que nous mettons à ne pas nous décider profite à l’ennemi.  Nous ne voulons pas décider, démocratiquement, de ce que nous voulons faire précisément de la terre héritée de l’indépendance de 1960.  Le temps passant, rien ne nous garantit que cette terre demeure nôtre.  De même que dans l’arbitraire, nous nous vîmes attribuer le territoire Congo, de la même manière pourrions-nous nous le voir arraché.  L’histoire d’Israël et de la Palestine est éloquente à ce sujet.  Elle devrait nous inciter à plus de promptitude.  Plus d’empressement, de diligence dans le traitement de la question de l’occupation, de l’accaparement, de l’usurpation de nos terres et de nos esprits.  Autant n’arrivons-nous pas à décider de ce que nous voudrions faire du Congo, à plus forte raison, avons-nous difficile à définir la manière dont nous voudrions atteindre des objectifs qui ne sont que très mal définis.  Quelles sont les conséquences directes de notre passivité ?

Des aventuriers de tout bord s’occupent, de s’arrogent les droits des congolais.  Certains nous affectent des présidents, tels les compagnons de la révolution en 1965, Kabila lui-même en 1997 et les sponsors de Kanambe en 2001.

[17:52:31] GENERAL-KAWELE -KATA -MOTO – Seba Siao:  BREAKING NEWS Un égorgeur de Beni confesse : « Je suis rwandais… recruté pour un salaire de 400 dollars… ! » La vigilance du souverain primaire à Beni ne se donne point de repos. L’image ci-contre est celle d’un tueur des civils à Beni, que la population a capturé ce jeudi 19 mai 2016. Le témoignage de ce criminel continue à confirmer les renseignements que les autochtones n’ont cessé de livrer sur l’identité réelle des personnes qui ont transformé le territoire de Beni en boucherie humaine.

Ce malfaiteur confesse : « Je suis rwandais. J’ai été recruté à Masaka, en Ouganda. Ceux qui m’ont négocié m’ont fait croire qu’il y a un travail, une mission à accomplir au Congo (R.D.C). Ils m’ont garanti que je serai rémunéré par un salaire mensuel de quatre cents dollars (400 US $)… » Il est donc un refugié rwandais qui était initialement attaché au camp de réfugiés de Nakivale, en District d’Isingiro, voisin à celui de Masaka et celui de Mbarara. Après cet interrogatoire populaire, le criminel a été conduit aux responsables de sécurité. Maintenant on peut comprendre pourquoi la population de Beni a persisté à dénoncer que ses tueurs proviennent du Rwanda et de l’Ouganda, qu’il y a un plan d’extermination des autochtones et projet d’occupation, voire de balkanisation, mis en marche à l’insu des congolais. Peut-être que le témoignage de la population rapportant ponctuellement que les tueurs ont souvent opéré en utilisant la langue Kinyarwanda ne suffisait pas pour se convaincre de leur identité rwandaise. Mais aujourd’hui quelle résistance pourrait-on opposer à cette vérité, lorsqu’un tueur intercepté a le courage de rendre personnellement compte de son identité rwandaise ? C’est pourquoi, le gouvernement congolais n’a désormais plus le droit de continuer à duper les opinions par un langage de présomption – signe évident d’abdication face à ses responsabilités – ; car on en a trop avec le terme « présumés ADF/NALU » délibérément forgé pour éloigner les consciences de la vérité.

La population congolaise toute entière attend avec impatience les enquêtes internationales que réclame la communauté locale de Beni-Lubero, en vue d’établir la part de responsabilité de chacun dans ces massacres qui ont supprimé innocemment tant de vies humaines.

Kyavaghendi Baudouin

Beni

 « On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016).

©Beni-Lubero Online.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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