Bâtir autre chose pour 2045 !

Apprenons du passé, chers frères.

Beaucoup ont combattu la deuxième, la troisième et la quatrième république et en sont morts.  D’autres sont vivants avec nous et attendent toujours les changements pour lesquels ils ont mis leurs vies en danger.  La situation s’empire : la brutalité, les empoisonnements, les viols, les pillages de nos ressources se poursuivent sans merci.  Pourquoi tant d’échecs ?  Que pourrions-nous encore faire ?  La victoire du congolais sur l’esclavagisme, la colonisation, la dictature et l’imposture est-elle possible ?  Quelles en sont les conditions ?

Tenir le taureau par ses cornes est la meilleure façon de le renverser, politiquement parlant, quelque soit ce taureau.  Qu’est-ce qu’est tenir le taureau par ses cornes ?  N’est-ce pas passer par des procédures démocratiques pour le mettre le dos contre le mur ?  N’est-ce pas l’amener à plier sa queue entre ses jambes un jour ?

C’est le parlement, que nous avons formé de nos mains, que nous devons commencer par nettoyer.  Rappeler nos parlementaires pour les instruire, pour les missionner est ce qui obligera tous ceux qui narguent les congolais à l’obéissance, au respect, à la soumission : sans qu’une seule arme ne crépite.

Autrement, c’est nous, peuples congolais, qui serons toujours fautifs, désobéissants, rebelles et de ce fait même coupables, bien que souverain primaire ! Allez-y comprendre la logique du droit que nous importons servilement…
L’opposition ne sera crédible que quand elle saura convaincre la base de changer de camp, de méthode de travail et pas autrement.  Le soulèvement populaire, les marches dans le froid, les cris dans la chaleur, les papiers dans les bureaux ne disent rien aux méchants, aux imposteurs, aux colonisateurs, aux dictateurs, aux esclavagistes, etc.

Je rencontre encore des congolais qui veulent le règne de Kinshasa…  À l’Est de la RDC, de surcroît ! Aussi surréaliste que cela vous paraisse, je comprends par là que Kinshasa ait raison de nous prendre pour des fauteurs de troubles ; nous qui en appelons au changement dans nos manières de gérer la cité, sans préparer les hommes pour cette difficile mission. Quand nous convaincrons le peuple à ne plus voter des parlementaires véreux, nous serons entrerons dans le tunnel qui conduit à notre développement.

Les électorats de deux de nos compatriotes auraient réclamé la séparation de leur territoire d’avec la RDC. Si toute la RDC faisait la même chose, où se retrouverait le régime actuel de Kinshasa ?  C’est ce que nous avons appelé la balkanisation stratégique.  Son aboutissement est en réalité l’Union des États Indépendants du Congo (UEIC) ; la plus originale des solutions que je connaisse aux problèmes congolais.  Les 26 provinces, s’ils étaient le fait de nos peuples instruits et mûris, nous auraient conduits à la même Union d’États Indépendants du Congo.

Or, le régime kinois, devant une volonté populaire d’indépendance, déposée au parlement et aux Nations-Unis, ne saura utiliser ni ses chars, ni ses policiers, ni ses soldats : ils devront tous se rendre ! Personne n’a encore accepté, dans le seul souci de garder les congolais unis de force, de s’engager dans notre démarche ! Quelle drôle d’esprit démocratique ?

Après les élections de 2016, la misère du congolais sera telle qu’il viendra à nous pour nous poser une question à la quelle nous avons déjà répondu depuis décembre 1999.  L’État congolais est issu de la colonisation.  Tant que nous congolais n’aurons pas décidé ce que nous voulons en faire et la manière dont nous voulons le faire, nous nous nous fourvoierons de plus bel.  Un peuple qui se refuse de réfléchir ne peut s’attendre à réussir ses projets.  Nos ennemis nous guettent.  Quand ils nous verrons nous mettre au travail, ils déposeront les armes : pas avant.

Ce réveil que nous retardons, par notre difficulté et lenteur à comprendre de quel côté se trouve nos intérêts, par notre attachement à une violence gratuite, inutile, infructueuse, suicidaire, dictatoriale demande une génération entière d’apprentissage d’une autre culture toute opposée.  La culture de l’amour de la responsabilité, du savoir, de la paix, de l’efficacité, du productif, de la vie, de la démocratie.  2045 est donc l’année où nous pouvons penser rencontrer une parcelle de paix au Congo, si des hommes se lèvent aujourd’hui, pour bâtir autre chose que ce que nous avons tenter de bâtir jusqu’ici.  Ces hommes-là sont ceux dont nous avons besoin dans le Projet 2014.

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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