La bantouté : qu’est-ce exactement ?

Cher Kwebe,
Merci pour ta réaction, prompte et claire. Elle contient quelques vérités que je crois essentielles pour une meilleure compréhension de notre identité bantoue, mais elle n’en donne pas tous les contours. Ce qui serait d’ailleurs impossible dans le cadre n’un mailing à destination de ce forum. Examinons-la simplement et avec toute la perspicacité qui nous est permise ici.
La bantouté n’est en réalité pas réductible au parler, à la langue, comme on pourrait être tenté de le penser. Pourquoi ?
Parce que les gegere, par exemple, parle lendu. Ils n’en sont pas pour autant des soudanais. Les tutsi sont rwandophones. Ils n’en sont pas pour autant des bantous. Les ituriens sont swahiliphones, mais ils n’en sont pas pour autant tous bantous. Et vous, Kwebe, connaissez que cette liste ne soit qu’exemplatif.
Mathématiquement parlant, toute classification les êtres humains est bonne tant que ses critères sont clairs, acceptables, parce que utiles à quelque chose. D’aucuns pensent aujourd’hui que la classification des humains, suivant la couleur de leur peau, soit inutile. Pourtant, les trouvailles de la médecine montrent que la couleur de la peau à sa valeur – pour ne pas dire ses valeurs – et sa signification – pour ne pas dire ses significations. Il y a pratiquement une infinité de critères de classification que nous pouvons définir, avec des objectifs précis, pour obtenir ce que nous voulons faire de l’humain. Vous avez cité le groupe et le rhésus sanguins, dont tout le monde connaît aujourd’hui l’importance, mais pas toujours les limites… Rappelons enfin, que le nombre de gènes, de vitamines et de que sais-je encore, étant très important, nous avons de quoi nous occuper durant toute l’éternité.
D’un point de vu sociologique, cher Kwebe – et c’est là je crois ce qu’il importe de considérer ici, les congolais ne sont pas un seul homme. Ils ont des origines, des mœurs, des us, des couleurs, des habitudes, des coutumes, des usages, des langues, des objectifs de vie, des organisations, qui ne sont pas les mêmes.
La bantouté – tout comme la nilocité ou la soudanité – a ceci de difficile à décortiquer : elle est un groupe multicritère. Les bantous sont en effet, comme vous n’avez fait que nous le rappeler, un groupe d’homme parlant des langues apparentées, ayant des origines plus ou moins circonscrites de plus en plus, partageant quelques mœurs identifiables, et à l’origine, d’une certaine morphologie, d’un certains faciès. Mathématiquement parlant, il ne suffit pas de satisfaire un des critères de définition de la bantouté pour être dit bantou ; mais bien les satisfaire tous de définition d’un bantou.
Et c’est ici que les faux intellos s’empoignent ! Pourquoi ?
Mon cher Kwebe, parce que, entre autres :
1° Il n’existe pas des critères bien définis (clairs, acceptés par tous et exhaustifs) de la bantouté ; tous les bantous réunis nous les fourniront et ils – ces critères-là – s’imposeront à nous. Le problèmes est qui seront au rendez-vous et qui n’y seront pas ? L’équation reste donc à résoudre et nous sommes-là pour cela !
2° Très peu, parmi nos intellos, formés dans nos écoles archaïques, ne sont capables de la rigueur requise pour appliquer ne serait-ce que les critères communément admis pour identifier qui sont bantous et qui ne le sont pas. Nous avons déjà assisté au débat sur la bantouté des ngbaka et ngbandi dans ce forum et je ne crois pas qu’il soit encore clos.
Pour des raisons pédagogiques, livrons-nous à un petit exercice simple. Je suis né d’un père alur et d’une mère nande. Chez les alurs, est alur, tout descendant d’un male alur. L’alurité est donc chez ceux que nous appellerons mes pères, une question descendance, par-delà tout autre considération, bien que l’intériosation des mœurs alur soit vivement souhaité chez ce peuple, comme d’ailleurs chez les autres : une question de fierté ethnique ! Chez les nande, est nande, tout descendant d’un male nande. Ici aussi, la nandité est donc, chez ceux que nous appellerons mes mères, une question descendance, par-delà tout autre considération. La patrilinéarité alur et nande résout donc simplement mon identité ethnique. Mes pères et mes mères conviennent ? Non ! Ils considèrent, tous, que je sois alur et non pas nande. Est-ce à dire que je sois plus aimé ici que là-bas ? Non ! Est-ce sans signification majeure ? Si ! Si je venais à mourir par exemple, qui ont la responsabilité de m’enterrer au premier chef ? Les alurs et non pas les nande. Quelle langue doit se parler dans ma maison en principe et prioritairement ? L’alur ! Mon fils peut-il voir ma nudité ? Non ! Chez les nande oui ! Émettons maintenant l’hypothèse que ma mère fussent une yanzi, pure et dure ! Que se passerait-il de mon ethnicité, à mon mariage, à mort, ou à quel autre moment critique de ma vie ?
Cet exercice nous permet de montrer quelques vérités fondamentales :
Notre appartenance à un groupe a des implications majeurs que nous devons apprendre à prévoir et à résoudre : avant et non pas après coup.
La RDC étant une nation multi-identitaire et non seulement multiculturelle, il nous convient de travailler nos identités et d’apprendre à anticiper sur les conflits susceptibles de surgir entre nous – constituant une belle opportunité pour nos ennemis pour nous diviser et nous assommer – pour éviter des désenchantements inhérents à toute distraction.
Je ne crois pas avoir dit autre chose. Je crois seulement avoir indiquer une autre piste de débat sur la question de la bantouté que nous ne confondrons pas, en ce qui nous concerne, au nocif bantouisme qui menace notre avenir, pour l’après kanambisme.
Paix chez, toi, Kwebe.
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Subject: RE: Hybride nilotique-bantou ou un nilotique à bantouiser ?
Date: Sat, 30 Aug 2014 15:40:03 -0400
Cher Paluku,
La vérité est têtue, plus têtue qu’un ressort en acier inoxydable: on peut lui faire d’éblouissantes contorsions, mais elle reprend toujours sa forme originale.
Voici la réponse à ta question finale: le terme « bantou » est d’ordre linguistique. Les Bantous sont, par définition, des peuples qui parlent des langues dites « bantoues ». Et les langues bantoues se caractérisent par certaines particularités qui les distinguent de toutes les autres langues. Parmi ces particularités, il y a:
(I) la possession des couples d’affixes classificatoires dont une série pour le singulier et une autre pour le pluriel. Exemples: Mo- Ba-; Mo- Mi;
(ii) la formation du pluriel par changement de préfixes et non de suffixes comme en grec, en latin, français ou en anglais. Exemple: Motu, batu (Homo, Homines, Homme, Hommes, Man, Men).
Sur la base de cette définition, le kikongo, le lingala, le swahili, le tshiluba, le kiteke, le zulu, le meru, le douala, le kinyarwanda sont des langues bantoues. Par contre, le ngbaka, le ngbandi, l’alur, le wolof, le moro ne sont pas des langues bantoues.
Il existe des critères biologiques clairs et précis pour classer les humains par groupes sanguins: A+, A-, B+, B-, AB+, AB-, O+, O-, etc. Par contre, ceux qui tiennent à classer les humains par races ont de la peine à trouver des critères raciaux précis. La difficulté du classement racial tient à la tendance des humains a « s’entrefeconder » sans respecter les « frontières raciales » que l’on cherche à établir. Le Président Obama, par exemple, est le fruit de l’union d’une Blanche avec un Noir d’Afrique. À quelle race appartient-il? Il est impossible de le dire sur la base des critères officiels adoptes par l’US Bureau of Census. For according to the US Bureau, is Negro (pardon, Black) someone whose one of the ancestors was a Black Slave (regardless of the color of his or her skin). Les enfants que Jefferson fit avec ses esclaves noirs et tous leurs descendants sont des Negroes (pardon Black). Selon cette classification, Madame Obama et ses enfants sont des Negroes (pardon des Blacks), mais M. Barrack Obama ne l’est pas.
Si les pays techniquement avances ont d’énormes difficultés pour trouver des critères raciaux clairs et précis. Bongo biso!
Attendons la réponse que nous fournira qui de droit ou un autre taxonomiste des « races » humaines »!
Miatudila
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Subject: Hybride nilotique-bantou ou un nilotique à bantouiser ?
Date: Sat, 30 Aug 2014 01:39:58 +0200
Cher Kwebe,
J’ai lu ton argumentation avec toute attention et tout l’intérêt qu’elle mérite. Non seulement vous écrivez bien : clairement et naturellement ; c’est-à-dire, de votre esprit et de votre cœur ; mais aussi, je lis dans vos détours de phrases le souci de défendre l’intérêt de la gente bantoue ; souci que je rencontre très rarement dans ma vie d’homme de 58 ans. C’est à féliciter. Les bantous comme toi, je n’en rencontre pas beaucoup ; et, tu as bien fait que de le faire remarquer à nos lecteurs, qui je l’espèrent en déduiront les prochaines attitudes à avoir, face au drame non seulement bantoue ni congolais ; mais au drame de tous les peuples opprimés de la terre.
Bien-aimé, tu n’es pas doué qu’en français, que tu écris bien. Mais aussi, je dois rendre grâce à Dieu que tu sois perspicace – qui et pourquoi dit alors que les bantous soient des niais et des naïfs congénitaux ?
En effet, je ne peux – de toute évidence – pas considérer une « transaction au bout d’un canon » comme un acte de vente. Tu as vu juste. Et tu sais fort bien que je suis de ceux qui disent clairement que nous y reviendrons inévitablement, à la libération du Congo, c’est-à-dire, très précisément et comme nous l’avions convenu un jour avec toi – ce que tu as eu l’honnêteté d’esprit de rappeler, à la libération de tous les peuples du Congo. J’y ai d’ailleurs fait allusion dans mes propos précédents.
C’est cependant sur ce dernier point que tu ne convaincs pas encore et pas du tout, mon cher Kwebe. Pour une raison très simple. Tu fais comme si ton invitation était acceptable. Et comme pour te faire bonne conscience, tu éludes deux questions essentielles que je t’ai posées dans mon jargon d’hybride, mais auxquelles tu te refuses ostensiblement de répondre. Pour toi, Kwebe, les alurs, les kakwa, les ndo, les gegere (à ne pas confondre aux hema !), les lendus, les mbute, les twa, les zande, les ngbetu, les ngbandi, les ngbaka et les tutsi, du Congo, devront se faire des bantous ? Dans ce cas, ton erreur est de taille, à moins que tu ne veuille nous construire une autre dictature…
Cher Kwebe, ni ma mère, ni mes oncles maternels, n’attendent de moi que je sois bantous, bien que, ce que tu refuses d’accepter et de comprendre – et c’est ton droit, dans mes veines, comme des tiens, circule du sang bantou. Ce qui t’échappe, c’est la complexité de la bantouté ! Les bantous à l’est qui me lisent ici, silencieusement, me comprennent parfaitement.
Visiblement, l’avantage de l’hybride que je suis, de fait, sur toi, c’est de la connaître, de la vivre depuis sa naissance, cette complexité. J’espère ainsi avoir apporté de la lumière là où, volontairement ou par ignorance, tu essaies, mais désespérément, de garder des zones d’ombre. Pour cacher la misère du bantouisme ? Tu es bantou, mon frère Kwebe. Et tu sais que l’on ne fait pas d’un nilotique ce qu’il n’est pas. Les esclavagistes, les colonisateurs et les dictateurs l’ont essayé et tu sais ce qu’ils ont récolté et ce qu’ils ont apporté aux congolais à la fin.
Je n’ai toujours pas encore la réaction de Wanyi
Au plaisir de te lire, toi, et de lire tes invités à cet important débat.
La bantouté au Congo, c’est quoi au juste : la race, l’ethnie, la tribu, le clan, la patriarchie, la langue, la culture ou l’hégémonie politique ?
http://www.congo-tourisme.org/decouverte/population-langues/les-differents-peuples/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hima
http://www.universalis.fr/encyclopedie/nilotiques/
http://www.aequatoria.be/04frans/032biobiblio/0322Bantouisation.htm
From: Kimpele Kwebe [mailto:kwebe@hotmail.com]
Sent: vendredi 29 août 2014 19:07
To: Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu; ‘Lumona1@aol.com’; unioncongolaise@yahoo.fr; pprd.allemagne@web.de; pprdcanada@hotmail.com; pprdfinlande@yahoo.fr; cmd@ambardcparis.com; janie-mak@hotmail.com; evaristeboshab@yahoo.fr; gmotemo@yahoo.fr; nswanahenri@hotmail.com; pprd.ireland@yahoo.ie; kilongozi.kamulete640@dbmail.com; kalemamakopa@yahoo.fr; kisangadisasi@hotmail.com; leonardtofi@hotmail.com; maddytiembe@gmail.com; marcel_ntete@yahoo.fr; mazel_joseph@yahoo.fr; mmiatudila@hotmail.com; ne@ipr-world.com; paluleo@yahoo.fr; prpkabilafrance@hotmail.fr; prpfrance@live.fr; prpfrance1@hotmail.fr; freeopinion@yahoo.fr; lusalal@aol.com; vitalkamerhe@yahoo.fr; tambakuma3@yahoo.fr; adokaulu@yahoo.fr; fredericamboka@yahoo.fr; andrekongolo2003@yahoo.fr; lecridesooprimes@yahoo.fr; banzaroger@hotmail.com; clementnzau@yahoo.fr; codackmola@yahoo.fr; coko13@orange.fr; collectifsosrdc@yahoo.fr; congoelections@yahoogroupes.net; ghislaine.dupont@rfi.fr; gonesta@europarl.eu.int; info@arc-en-tech.ch; info@atacanadaqc.ca; info@electioncongo.com; info@monuc.org; jaak.leenknegt@belga.be; jacques.barrot@cec.eu.int; jimpy.lokaso@gmail.com; kadimaleon@yahoo.fr; kanemakadisaplacide@yahoo.fr; mlc_allemagne@yahoo.fr; mlcbenelux@yahoo.fr; mlcongo@compuserve.com; mnrinformation@yahoo.fr; amulaba@yahoo.fr; adelmananga@yahoo.fr; alexiswawina@yahoo.fr; amb.rdc.paris@wanadoo.fr; actioncdr@hotmail.com; benlaba@hotmail.com; flybok_waon@yahoo.fr; nlandu.kongo@wanadoo.fr; pprd.maghreb@yahoo.fr; mvembaairkongo@hotmail.com; fisianzoko@hotmail.com; fnzinga@hotmail.com; sabitiram@yahoo.es; camhe250@yahoo.fr; rogerk2000@yahoo.fr; uncsgewanga@yahoo.fr; claudiakashama@yahoo.fr; kinshasasshf_dhrf@state.gov; cherryl.kanku@fco.gov.uk; Kimpele Kwebe; jcvuemba@mpcr.cd
Subject: La question de la nationalité des enfants « hybrides »
Mon cher Paluku,
Voilà plusieurs mois déjà que notre organisation, et moi en particulier, nous intéressons aux propos que vous tenez sur les différentes radios congolaises émettant sur le Net au sujet de la tragédie congolaise, sur ses tenants et aboutissants ainsi que sur les différentes solutions susceptibles d’y mettre un terme. Il me souvient en particulier d’avoir participé, au moins à deux reprises, à des débats radiophoniques dans lesquels vous interveniez.
Malgré plus de 45 conférences dont le principal résultat a consisté en l’aggravation de la crise congolaise, vous ralliez ceux qui continuent, encore et toujours, à persévérer dans leur position en faveur de la tenue de nouvelles négociations entre les Bantous congolais et les occupants tutsis rwandais (et non pas entre le Congo et le Rwanda). À moins d’être un collabo, on ne négocie pas avec un occupant. Des Français comme de Gaulle ont-ils serré la main d’Hitler durant la Deuxième Guerre mondiale et pendant l’occupation de la France par l’armée allemande ? Finalement, d’après vous, à quoi a servi le débarquement de Normandie le 6 juin 1944 et pourquoi en irait-il différemment du Congo ?
Un occupant du Congo, quel qu’il soit, qu’il s’agisse d’un Allemand, d’un Tutsi ou d’un Nilotique doit être chassé à grands coups de pied dans le derrière, si on est aimable et gentil avec lui. Sinon, il faut se saisir d’une arme, surtout en cas de refus de l’occupant. Les Tutsis et les Nilotiques vivant au Congo subiront au moins le même sort.
S’il existe encore des Bantous congolais qui, à l’heure actuelle, ignorent que leur pays est occupé militairement et dominé politiquement par les Tutsis rwandais depuis plus d’une décennie, je me vois contraint de leur rappeler qu’au sein des FARDC, on ne compte actuellement pas moins de 9 généraux, 22 colonels et lieutenants colonels,77 majors et 334 capitaines tutsis rwandais. Je me dois aussi de leur rafraîchir la mémoire en leur disant que James Kabarebe, l’actuel ministre tutsi de la défense du Rwanda, occupa naguère les fonctions de chef d’État-major général des forces armées congolaises à Kinshasa et que Joseph Kabila, alias Hippolyte Kanambe, celui-là même qui est assis indûment dans le fauteuil de président de la république au Congo, est Tutsi de père et de mère.
Mon cher Paluku,
Notre mouvement passe systématiquement au crible tous vos écrits accessibles sur le Net. Votre dernière livraison, lisible ci-après, nous confirme dans nos pires doutes. Désormais, aucune hésitation n’est permise puisque vous confirmez en filigrane être de parents à la fois nilotiques c’est-à-dire tutsis et bantous congolais. À partir de ce moment, vous devenez aux yeux de tous les Bantous congolais un élément de confusion, comme tous les enfants et les descendants dont les géniteurs appartiennent à ces deux groupes ethniques antagonistes mais qui ont choisi de penser, de parler, d’agir en tutsis, de défendre la cause des tutsis et en particulier, de s’emparer des terres congolaises ainsi que du pouvoir au Congo.
J’ignore lequel de vos deux géniteurs est bantou mais je suppose, à partir de votre nom de famille, qu’il s’agit apparemment de votre père. Si c’est la cas, laissez-moi vous dire que vous avez commis à son endroit un acte de haute et impardonnable trahison. Dans le même temps, vous avez trahi la République démocratique du Congo et les 70 millions de Bantous congolais. Attendez-vous donc à recevoir le salaire que, de tout temps, à travers l’histoire de l’humanité, les traîtres ont toujours perçu à cause de leur félonie.
Les pasteurs Hema, notamment ceux qui sèment la mort et la désolation dans le district de l’Ituri, mais aussi les mystérieux « Banyamulenge » sont venus du Rwanda en franchissant la frontière congolaise, subrepticement, illégalement, en suivant leurs troupeaux de bétail et en profitant de la naïveté ainsi que de l’aveuglement des autorités politiques et administratives congolaises depuis 1960. Sous la colonisation, rien de tel n’était pas possible. Pourtant, à partir des années 1935, quatre vagues d’immigrés rwandais furent accueillies au Congo belge dans le cadre de la MIB, Mission d’immigration belge, pour travailler dans les mines, les usines, les plantations et, accessoirement dans l’administration. Il s’est donc agi d’immigrations officielles. Mais ces populations, qu’elles soient tutsies ou hutues, gardèrent, selon les clauses du mandat confié en 1919 à la Belgique par le SDN, Société des Nations, leur appartenance ethnique et leur identité nationale jusqu’au 30 juin 1960.
Puis, l’indépendance du Congo belge octroyée, chacun de ces immigrés fut censé retourner dans son pays d’origine. Les Rwandais restés au Congo, quelle que soit leur ethnie, tutsie minoritaire ou hutue majoritaire au Rwanda, ne pouvaient en aucune façon se constituer en une communauté organisée sur le sol congolais c’est-à-dire possédant des terres au Congo. Il n’y avait pas de place, c’est-à-dire, pas de terres pour eux.
Par conséquent, les Tutsis ne disposant pas de propriétés foncières traditionnelles et historiques au Congo, leurs enfants, ne peuvent revendiquer des terres chez nous qu’à la seule et unique condition d’adopter l’ethnie de l’un de leurs parents qui est bantou et en même temps, d’être accepté par elle. Il n’existe pas une autre alternative. Les enfants hybrides trouvent ainsi la solution à leur dilemme. C’est vrai pour les cas d’hybridation tutsi-bantou comme pour tous les autres types de métissages impliquant un Bantou. Impossible de sortir de là.
Autrement, affirmer qu’il existe des Tutsis au Congo et donc, possédant des terres congolaises signifierait que le 26 février 1885, il y a à peine 129 ans, Henri Morton Stanley a combattu sur le sol du Rwanda pour y confisquer des terres et les annexer ensuite au territoire de l’EIC, État indépendant du Congo, propriété privée du roi Léopold 2. Mais cette thèse est historiquement, juridiquement et logiquement insoutenable. Stanley n’a jamais mis les pieds au Rwanda, possession depuis longtemps de la redoutable et redoutée Allemagne. Du reste, sur la liste des terres indigènes conquises à la pointe de la baïonnette, annexées et fusionnées pour former l’étendue de l’EIC ne figure pas un seul nom de mwami, qu’il soit tutsi ou hutu rwandais. Comment, après cela, oser soutenir qu’il existe des tutsis congolais ?
L’unique façon, malgré l’accumulation des évidences contraires, de justifier la croyance en l’existence de Tutsis congolais consiste à envisager que des Tutsis partis du Rwanda auraient pu transporter sur leur dos ou dans leurs « impedimenta » (leurs bagages) des terres rwandaises jusqu’au Congo. C’est impossible, n’est-ce pas ? Le transport du sol rwandais au Congo étant une impossibilité matérielle, une telle éventualité prête seulement à sourire. Admettre l’existence de « Tutsis ou de Nilotiques congolais » reviendrait à admettre qu’il existe des Batetela belges, ou des Baluba hollandais, ou des Basampasu américains, ou des Mongo anglais. Pourtant, il existe des milliers d’enfants nés de couples dits « dominos » c’est-à-dire des métis nés des unions dont l’un des parents est issu de ces différentes ethnies tandis que l’autre est un Blanc appartenant à ces diverses nationalités ? L’erreur volontairement commise par les Tutsis et les Nilotiques prétendant congolais consiste à confondre délibérément leur appartenance ethnique avec leur identité nationale. Juridiquement, politiquement autant que biologiquement, il s’agit de deux notions totalement différentes l’une de l’autre.
Parmi les autres modes d’immigration tutsie et hutue rwandaise et burundaise au Congo, il convient aussi de signaler les étudiants venus poursuivre des études universitaires dans différents établissements congolais ainsi que les flux de réfugiés ayant fui les violences ethniques dans leurs pays d’origine.
Les Congolais d’origine, c’est-à-dire membres d’entités ethniques et tribales possédant des terres indigènes, sont des individus dont au moins l’un des deux parents est membre d’une ethnie propriétaire foncière mais dont les terres qui furent confisquées sous l’EIC, annexées et fusionnées pour former la superficie de l’État indépendant du Congo dont l’actuelle République démocratique du Congo est la seule héritière légitime et historique. C’est le socle inexpugnable de la nationalité congolaise. Pour qu’un individu, né au Congo ou en dehors de notre pays, dont seulement l’un des deux parents est membre de l’une des 250 ethnies bantoues d’origine puisse, malgré tout, se dire congolais, (et il en a parfaitement le droit), il faut donc qu’il choisisse d’appartenir à la communauté ethnique de son géniteur congolais, qu’il s’agisse de son père ou de sa mère et qu’il soit en outre adoubé, accepté et adopté par cette même entité ethnique ou tribale de son parent.
Ce postulat est vrai pour tout produit d’un mariage entre un Esquimau, un Inuit, un Lapon, un Russe, un Chinois ou un Singapourien avec un Bantu congolais ou une Bantoue congolaise. C’est aussi vrai pour les descendants des couples formés par un ou une Bantou avec un ou une Tutsi, hutu, Zulu, Xhossa, Bamiléléke, Yoruba, Biafrais, Hauoussa, Espagnol, Mongol, Suédois ou de Kuala Lumpur, etc.
Tout ceci tient à la spécificité de l’histoire de la création de l’EIC et du destin des Bantous congolais qui, après avoir été les sujets d’un monarque étranger en la personne du roi Léopold 2, se retrouvèrent à partir de 1908 la propriété des créanciers de leur ancien maître.
Mon cher Paluku, à peu de chose près, votre cas ressemble à celui de Mobutu, né de mère et de père togolais, mais adopté dès son plus jeune âge par Mama Marie Madeleine Yemo, une Ngbandi congolaise. Donc, par sa mère adoptive (sa génitrice biologique étant morte alors que Mobutu, encore nourrisson, était âgé de quelques mois à peine), Mobutu était un Muntu congolais.
Le sujet des enfants se disant congolais mais dont l’un des parents est tutsi empoisonne l’existence des Bantous congolais depuis trop longtemps. Désormais, c’est l’un des dossiers brûlants dont notre organisation s’occupe sérieusement. C’est pourquoi, notre mouvement, dont pour le moment, je tais délibérément le nom a décidé de le traiter une bonne fois pour toutes en y apportant la solution que je viens d’expliquer brièvement ci-dessus. Le principe de base demeure le même, quelque que soit le cas sous étude à savoir, que l’enfant « hybride » doit impérativement choisir d’appartenir à l’ethnie de celle de son géniteur qui est congolais d’origine c’est-à-dire, appartenant à l’une des entités ethniques dont les terres furent spoliées et fusionnées pour former l’EIC en février 1885, il y a 129 ans c’est-à-dire, hier. Dans le cas contraire, si la personne, en toute liberté et en toute connaissance de cause, décide d’opter pour l’ethnie de celui de ses deux parents qui n’est pas congolais d’origine, il n’aura aucune chance d’être appelé congolais. Libre à vous donc, mon cher Paluku, d’opérer ce choix avant qu’il ne soit trop tard.
Donc, il ne peut y avoir de Nilotiques congolais, ni de Tutsis congolais comme il n’y a pas de Flamands ou de Wallons congolais, ni de Basques, de Bavarois, de Catalans, de Gallois ou de Siciliens congolais.
Les Tutsis dont l’un des parents est bantou congolais, et c’est votre cas, ont hérité de la mentalité de leur géniteur tutsi en adoptant la stratégie de la chauve-souris: lorsqu’on juge les oiseaux, elle se dit mammifère parce qu’elle met directement au monde des petits. Mais quand c’est au tour des mammifères de passer devant le tribunal, elle se dit oiseau parce qu’elle vole. Ce lamentable stratagème ne fonctionne plus.
Mon cher Paluku, j’ai souri doucement en lisant votre affirmation selon laquelle j’aurais peur des Nilotiques. Même vis-à-vis du diable, je n’ai jamais éprouvé un tel sentiment. Face à Mobutu, le mardi 22 avril 1990, je n’ai pas craint de lui poser les questions les plus embarrassantes et même les plus dangereuses. Qu’est-ce qui vous fait penser que je pourrais avoir peur des Nilotiques ? Étant de confession bouddhiste, même la mort ne me fait pas peur non plus. Il faut définitivement ôter de votre tête ce genre de considération enfantine. Au demeurant, je ne vois vraiment pas ce qui, dans l’ensemble de mes productions sur le Net, pourrait prêter à conclure que les Tutsis ou le Nilotiques en général m’épouvantent.
Mon cher Paluku,
L’écrasante majorité des Bantous témoignent d’une ignorance crasse de la véritable histoire de leur pays. Ils ne savent pas, par exemple, que l’EIC et donc le RDC d’aujourd’hui, créé en 1885, obtint sa reconnaissance internationale au détriment des entités ethniques et tribales indigènes. L’entité étatique congolaise d’aujourd’hui est bâtie sur le même modèle que celui qui fut fondé il y a 129 à savoir que dans sa nature, dans sa forme , dans son mode de fonctionnement et dans ses objectifs, l’État congolais méconnait complètement les droits des ethnies et des tribus bantoues. L’organisation étatique congolaise moderne, comme son ancêtre de la fin du 19e siècle, a confisqué les terres , s’est ensuite emparée de la véritable identité originelle des indigènes, femmes et hommes confondus, pour la remplacer par la nationalité congolaise.
Même le nom Congo, je ne vous apprends rien, fut inventé de toutes pièces et n’existait pas avant le 25 février 1885. Tout est à refaire. Tout reste à rebâtir. Toute l’histoire du Congo est à réécrire. Le temps presse.
L’État congolais se doit de restituer aux entités ethniques et tribales bantoues les terres annexées en 1885, fusionnées et additionnées former la superficie de l’EIC . De même, elle est tenue de réhabiliter les femmes et les hommes bantous dans leur identité historique, immuable et inviolableen reconnaissant leur appartenance aux différentes ethnies et tribus . Un Wallon est d’abord wallon avant d’être belge. Même chose pour un Flamand. La « congolité » (excusez-moi pour cet affreux néologisme) à savoir l’identité nationale congolaise n’est en réalité qu’une simple supra nationalité, à l’instar de l’identité européenne par rapport aux différentes appartenances nationales classiques comme la française,l’allemande, l’italienne, l’anglaise, l’espagnole, l’espagnole, etc.
Pour le Congo, il ne saurait en être autrement.
En effet, l’antériorité des ethnies et des tribus bantoues, apparues sur terre depuis des millénaires, par rapport à l’État congolais né il y a seulement 129 ans, ne peut être contestée ni remise en cause. Par conséquent, cette organisation doit se résoudre à rentrer dans la légitimité et la légalité en abandonnant les terres à leurs propriétaires originels. Nous ne serions pas les premiers. Depuis des années, la question de la restitution des terres à leurs propriétaires noirs fait rage en Afrique du sud.
Une fois les terres restituées aux ethnies et aux tribus des Bantous congolais, à l’État congolais incomberont alors les tâches de gardien, de garant, de protecteur de ces mêmes entités ethniques et tribales, de leurs terres, ainsi que de leurs coutumes et traditions. L’État s’occupera aussi des fonctions de battre monnaie et de représenter les ethnies congolaises sur le plan international. Laissez-moi vous rassurer à ce sujet: il n’existe aucun risque de dislocation de notre pays, contrairement aux affirmations des oiseaux de mauvais augure. Des liens, visibles et surtout invisibles, de même qu’un passé commun, une longue série d’ épreuves affrontées et vécues au cours des années d’esclavage et de colonisation, sans oublier les souffrances endurées ensemble, une même vision du monde et le partage des mêmes valeurs culturelles constituent un ciment à prise rapide, capable de faire échec à tout mouvement centrifuge ou séparatiste. C’est d’ailleurs ainsi que s’expliquent, notamment, les échecs réitérés de toutes les tentatives de sécession au Congo.
Pour conclure, mon cher Paluku, si vous vous considérez comme un Congolais, il vous faut d’abord choisir d’appartenir à l’ethnie de celui de vos deux parents qui est Bantou congolais et être ensuite être accepté par les chefs ainsi que par les membres de la communauté de celle-ci. Mais en aucune façon, vous ne pouvez, comme vous l’affirmez, être à la fois Bantou et Nilotique, lard et cochon, noir et blanc, chaud et froid, bon et mauvais, en haut et en bas, ici et ailleurs, homme et femme, dieu et diable, positif et négatif, lune et soleil, poivre et sel.
Vous avez cru devoir écrire votre mail et souligner en rouge vif vos arguments. Ce n’est pas la couleur de l’encre qui fonde la cohérence ou la pertinence d’un raisonnement. Lorsqu’on reçoit des hôtes, comme l’ont fait les populations du Kivu avec les Tutsis et que ceux-ci se retournent contre vous, s’emparent de vos terres et de votre nationalité, assassinent vos femmes, violent et mutilent sexuellement vos filles, une telle conduite porte un nom. Il ne s’agit pas seulement d’ingratitude, de félonie ou de scélératesse, mais de la pure barbarie.
Je m’attendais, en lisant vos réponses à mes questions, à y voir la marque indiscutable que laisse le cerveau d’un ingénieur, formé à la logique, maniant des notions abstraites avec habilité, capable de mener avec brio la démonstration d’une thèse à partir d’une hypothèse, si hardie soit-elle. Mais rien de tout cela. Je n’y découvre que des propos médiocres. Je n’y constate que des manœuvres d’esquive.
C’est ainsi que vous mentionnez le cas de nos aïeux qui auraient, selon vous, vendu les leurs comme esclaves. Je n’ai pas abordé ce sujet dans mon dernier et long mail (un peu trop long à mon goût). De toute évidence, votre formation d’ingénieur ne vous met pas à l’abri de gober des couleuvres immondes et de faire preuve d’une étonnante candeur. Comme tout le monde, vous croyez que nos ancêtres ont effectivement vendu les leurs à des négriers. Je m’inscris totalement en faux contre cette thèse fallacieuse et cette affirmation absurde. Je m’explique.
Pour qu’il y ait acte de vente, il faut, d’un côté la présence d’un vendeur avec sa marchandise et, de l’autre, un acheteur avec de l’argent ou un objet pouvant servir de troc . Très bien. Mais lorsque l’acheteur arrive armé de canons et de fusils comme ce fut invariablement le cas dans la traite des nègres, que doit-on en conclure ? Manifestement, ce qu’on a toujours appelé « marché des esclaves » ou vente des esclaves ne correspond pas du tout à un acte de cession libre d’un bien contre de l’argent.
Lors d’un court séjour passé à Porto-Novo au Bénin, en juillet 2005, je fus littéralement sidéré de constater un fort, doté d’une impressionnante série de canons, qui se dressait là sur le littoral de l’océan Atlantique. Il s’est agi d’un formidable édifice fortifié, bardé d’obusiers aux canons rouillés, installés là par les marchands d’esclaves européens. Comment, dans ces conditions, parler de vente ? Lorsqu’on veut acheter une marchandise quelconque, on ne vient pas armé d’un fusil ou d’un canon. L’usage en la matière exige qu’on se munisse uniquement d’argent. Voulez-vous une illustration ?
Mon cher Paluku, si vous voyez un individu armé d’un fusil d’assaut AK 47, une Kalachnikov donc, entrer dans une boutique, disons une bijouterie et en ressortir quelques minutes plus tard les bras encombrés de bagues de diamant, des colliers en or et des montres de grande valeur, allez-vous conclure qu’il y a eu un acte de vente entre lui et le boutiquier devant le comptoir de son établissement ? Allez-vous pensez que le gérant du magasin lui a vendu des bijoux ? Vraiment ? Tous les esclavagistes, sans exception, étaient lourdement armés en venant en Afrique. D’accord ? Qu’est-ce à dire selon votre logique d’ingénieur ? Les terribles razzias réalisées par les Arabisés auprès des populations indigènes négro-africaines pendant 350 ans étaient menées par des hommes armés jusqu’aux dents. Peut-on alors parler d’une opération commerciale ? La traite des Nègres fut en réalité une vaste entreprise d’agression, de capture par la force, de prise d’otages et de viol de toutes les libertés humaines et non pas une paisible campagne d’achat ou un innocent négoce mettant face à face un vendeur libre et un acheteur également libre. C’est une insulte à la mémoire de nos aïeux que de continuer, comme vous, de soutenir qu’ils vendirent leurs populations à des esclavagistes. Certes, tous les livres d’histoire rédigés par les Occidentaux l’affirment. Mais, rien n’oblige à avaler leur fatras de mensonge et d’affabulation, surtout lorsqu’on est ingénieur comme vous. Qu’avez-vous fait de votre sens critique, mon cher Paluku ?
Je n’ai vraiment pas le temps de vous reprendre sur presque chacun de vos aphorismes. Mais le peu que j’en ai dit ci-dessus devrait vous persuader qu’il existe une autre façon de lire la réalité du Congo et de comprendre l’histoire du monde.
Cordialement vôtre
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From: palukuatoka@msn.com
To: kwebe@hotmail.com; lumona1@aol.com
Subject: RE: Une nouvelle tour de Babel en construction au Congo ou l’impossible bantoutisation du Congo sans balkanisation
Date: Thu, 28 Aug 2014 19:55:20 +0200
Merci, cher Kwebe.
Je suis réjouis de te lire, parce que tu nous apportes toujours le vrai débat, le bon débat.
Mes réactions à chaud sont entrelacées.
From: Kimpele Kwebe [mailto:kwebe@hotmail.com]
Sent: mercredi 27 août 2014 19:35
To: Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu; Lumona1@aol.com
Subject: Une nouvelle tour de Babel en construction au Congo
Mon cher Paluku,
Dans votre mail lisible ci-dessous, vous forgez quelques néologismes tels que « bantouté » et « nilocité » qui font vraiment mal aux oreilles. Néanmoins, libre à vous de prendre de telles licences avec la langue de Voltaire. Ce faisant, vous êtes vigoureusement occupé à ériger une nouvelle Tour de Babel alors que les conséquences de la première n’ont pas encore fini de diviser l’humanité.
Que cela ne vous réjouisse plutôt, Kwebe ! Le français n’est plus langue que de Voltaire. Si vous le voulez absolument de Voltaire, je vous considérais, moi, comme ces autres méchants dictateurs… Je sais que vous ne l’êtes pas.
Cher Kwebe, la bantouté et la nilocité sont deux réalités que tu ne peux nier avec ton verbe. J’ai l’avantage sur vous de les connaître parce que j’intériorise ces deux identité, ayant été éduquer de cette façon-là par mes pères nilotiques et mes mères bantoues. Venez à Mahagi ou suivez tout simplement les détours de mes pensées et vous comprendrez vite que la bantouté soit belle et bien une identité ; différente de cette autre qu’est la nilocité. Le Paluku bantou, tout le monde qui me connait, sait que c’est autre que le Paluku nilotique.
La difficulté chez plusieurs d’entre nous est de souffrir de complexes de toutes sortes qui tantôt nous aigrissent ou nous tantôt aveuglent. Pourquoi vous, Kwebe, avez-vous peur du nilotique ou de quel autre encore ?
Pour ma part, chaque jour de ma vie, j’essaie de faire en sorte que ma bantouté et ma nilocité ne soient pas pour moi un sujet de honte, mais de fierté. Et jusqu’ici, je souffre de voir certains vouloir nier ou se défaire de leur belle et bonne identité ! Tous les bantous qui te lisent ou t’écoutent sont fiers de toi : ne nous donne pas des raisons de douter de nous-mêmes ! Pour ma part, j’ai appris à apprécier ce qui est bon et à rejeter ce qui est mauvais dans ma bantouté comme dans ma nilocité !
Par contre, permettez-moi de m’arrêter quelque peu sur une autre de vos affirmations qui, elle, m’a fait dresser les cheveux sur la tête. Le plus sérieusement du monde, vous écrivez  » Nous sommes « envahis » parce que nous nous envahissons chez nous d’abord ». Texto. Fichtre !
Je suis très content que vos cheveux se dressent : c’était l’objectif. J’affirme, sur la place publique, depuis décembre 1999, ce que je crois et que d’ailleurs tu crois par moment.
Bon nombre d’entre nous ont pris la manie de croire que le Congo soit leur bien et oublie que le Congo est un bien collectif. Ceux-là, je les appelle nos envahisseurs, oui, nos envahisseurs intérieurs.
Moi et toi venons du Congo et savons qu’il en est certains qui s’y promène comme s’ils étaient dans leurs jardins : arrachant toute herbe qui ne leur plait pas ou plantant semant où ils veulent les semences qui leur paraissent bonnes.
Logiquement, ces congolais-là sont des congolais. Mais ce qu’ils font des congolais n’est ni juste ni acceptable. Ils sont des envahisseurs, des esclavagistes, des colonisateurs, imposteurs mêmes, dans notre propre pays à moi, à toi et à eux.
Comment peut-on, logiquement, entreprendre une invasion contre soi-même ? C’est un non sens, une absurdité et une aberration. A moins que pour vous, les envahisseurs soient les envahis et vice-versa, je ne vois pas comment une telle entreprise serait possible. Et si tel est le cas, dans quel camp vous situez-vous ?
Vous le dites bien : logiquement. Examinons de près nos comportement. Était-il logique que nos aïeux vendissent des nôtres contre des miroirs ou des fusils ? Était-il logique que nos pères, moi et toi, acceptassent la colonisation uniquement par peur du fusil du belge ? Est-il logique que Kanambe nous subjugue nous qui serions au nombre de 73 millions, uniquement parce que ce serait les occidentaux qui l’auraient placé à la présidence pour mieux nous piller ?
Mon opinion est que le Congo est fait l’illogisme. De sorte que : oui, il y a des congolais qui s’envahissent eux-mêmes. Venez avec moi dans le Kibali-Ituri et Nord-Kivu, mon terroir. Qui y pille la population ? Pourquoi beaucoup de commerçants nord-kivutiens n’ont plus de maison dans leur village, mais plutôt des palaces à Kinshasa, mon frère Kwebe ? Savez-vous que certains parlementaires congolais ne savent pas mettre leurs pieds dans leurs circonscriptions électorales respectives ? Connais-tu qui sème la désolation à Oicha, à Beni et à Butembo ?
Une telle entreprise est possible depuis que le commerçant coupeur de tête à Oicha peut, une fois découvert, aller se réfugier à Kinshasa ou ailleurs. Une telle absurdité est un fait parce que plein de congolais sont au Rwanda, y faisant de très bonnes affaires, mon bien-aimé, Kwebe. Je ne fais que te le rappeler !
Partant de cet amalgame suspect, vous embrayez sur une autre notion qui, elle aussi, m’a fait hurler de rire. Vous écrivez: « Les bantous et les nilotiques congolais, et leurs alliés que l’on oublie souvent, doivent s’asseoir autour d’une table pour que soit trouvé la solution optimale et définitive à la question de l’insécurité au Kivu ». Texto bis et refichre !
C’est bien ce rire-là, partagé par plusieurs de mes lecteurs, qui détermine notre condition aujourd’hui, pourtant !
Frère, ayez la certitude d’une chose : tant que les congolais, pygmées, bantous, nilotiques, soudanais ou autres, ne se mettront pas autour d’une table, pour décider de quoi faire du Congo et de quelle manière le faire, nous serons en guerre les uns contre les autres et c’est cette division qui continuera à déterminer notre domination par l’étranger que nous n’avons pas tort de pointer du doigt, mais que nous ferions mieux de pointer du doigt, ensemble et non pas nous dévorant les uns les autres.
L’hypocrisie de plusieurs des nôtres cache très mal leur méchanceté et les congolais patriotes le savent très bien, contrairement à ce que les naïfs s’imaginent.
Permette-moi d’abord de rafraîchir votre mémoire défaillante: plus 48 conférences, sommets, dialogues, pourparlers et réunions ont été organisés sur la crise congolaise depuis 2002. En pure perte. On ne dialogue pas avec des envahisseurs armés. Charles de Gaulle n’a pas tenu des conciliabules avec Adolphe Hitler.
Plutôt que de vous imaginer me rafraîchir la mémoire défaillante, frère, pose-toi plutôt la bonne question : pourquoi Paluku affirme-t-il ces absurdités, connaissant ce que tu connais ?
Quant à ton Charles de Gaulle, il n’est pas ma référence. Ceci peut expliquer cela. Et s’agissant des conciliabules, laisse-moi t’apprendre que dans ma nilocité, je n’en ai pas besoin à pareil circonstance et pour le sujet qui nous préoccupe ici.
Il y a pour moi, frère, deux manières complémentaires d’analyser le conflit « rwando-congolais » que tu insinues et que je sais te préoccuper beaucoup, comme moi et beaucoup d’autres congolais, par ailleurs. Je pense que ces manières sont toutes importantes. Nous pouvons entrevoir le conflit Rwanda/Congo sous l’angle d’une recherche d’hégémonie culturelle (nilocité contre bantouté), tout comme, nous pouvons, dans une certaine mesure, l’entrevoir comme un conflit résultant de la recherche d’une hégémonie nationale (Rwanda contre Congo). En caricaturant, en première approximation, bien entendu. C’est vite dit.
Il nous faut moi et toi prendre le temps de revoir notre manière d’exposer nos représentations, nos compréhensions du problème rwando-congolais à notre peuple. Il est un fait indéniable qu’à l’Est, dans le Kivu (Nord, Sud, Maniema) particulièrement, pour des raisons historiques plus ou moins bien connues dans la région, mais très mal connues dans le reste de la RDC, les bantous ne soient pas en bon terme à avec les tutsi, que nous conviendrons, pour la facilité de l’écrit, d’identifiés comme des nilotiques. Les bantous avaient auparavant bien accueillis les nilotiques, par esprit humaniste tout simplement : n’est-ce pas là aussi la bantouté ? Avec le temps, les bantous, tous ceux qui avaient accueillis les nilotiques, se rendirent compte de l’évidence : la bantouté n’est pas la nilocité, à bien d’égards ; mieux, les deux s’opposent sur plusieurs points que nous développerons en son temps. Je peux le dire avec autorité parce que je suis nilotique par convention, mais je suis aussi bantou, de fait. Et dieu sait que je connais assez des deux mondes et de leurs différences : ce que beaucoup de nos compatriotes ignorent complètement et les excuses de nombreuses erreurs qu’ils commettent dans le traitement de la question.
Cela dit, ainsi donc et d’après vos connaissances, il existerait des « Nilotiques congolais » ? Tiens ! tiens ! Depuis 1997, on ne cesse de nous rebattre les oreilles avec les notions de « Tutsis congolais », de « Banyamylengue », et de « Banya-machin-chouette ». Par hasard, se pourrait-il qu’il s’agisse des mêmes « Nilotiques congolais » auxquels vous faites allusion dans votre mail ci-dessous ? Pourtant, il est désormais abondamment prouvé qu’aucune de ces deux ethnies n’existe au Congo parce qu’elles n’y possèdent pas de terres ancestrales.
Mon frère Kwebe, je t’accuserai, sur la place publique, de mauvaise foi manifeste, si tu n’arrêtes pas le jeu qui consiste à nier aux autres leurs identités. Les pygmées, les soudanais, les nilotiques, ne sont pas des bantous et je ne comprends pas pourquoi tu veux en faire des bantous absolument, comme a tenté de le faire, Joseph Désiré Mobutu.
J’ai un double avantage sur toi : c’est d’être de père nilotique et de mère bantou, premièrement, et secondement, de ne pas être tutsi.
Ne sème pas la confusion dans ta propre tête et dans les têtes de certains d’entre nous qui attendent d’être éclairés par des hommes comme toi. La tutsité tout comme la nilocité ne sont pas des nationalités. Tu fais semblant de l’ignorer ou alors, lève-toi de ton sommeil sur ce point précis. Je te connais un grand esprit qui ne peut confondre nationalité, culturalité ou même race…
Et s’il faut parler de ces tutsi qui te couperaient apparemment le sommeil, frère, là aussi, arrête de mentir aux congolais : il y a des tutsi congolais et tu n’es pas la seule personne qui en déciderait ou qui en aurait décidé. Tu es juste comme moi : un autre nilotique qui te dérange aussi et à qui tu aurais peur de renier la congolité ?
S’il n’y avait pas de tutsi congolais, pourquoi les bantous du Kivu regretteraient aujourd’hui leur accueillance d’antan ? Selon quelle logique, toi qui ne découvre qu’à peine et mal les tutsi, t’arroges-tu le droit de leur refuser la nationalité congolaise ? S’il fallait dénaturaliser le tutsi, frère, cela se fera. Auparavant, mettons d’abord de l’ordre dans notre pays. Et l’ordre, c’est aussi savoir respecter la congolité des non-bantous.
Les tricheurs de nationalité ne m’effraient pas ! Ce sont les confusionnistes que nous laissons pulluler dans l’espace politique congolais qui font que nous m’effrayons. Aussi mon vœu et ma prière à ton adresse est que tu n’ajoutes pas à leur nombre.
Pour ce faire, il eût fallu que leurs possessions foncières fussent d’abord conquises par les armées du Galois Henri Morton Stanley qui, agissant pour le compte du roi Léopold 2; guerroya contre les ancêtres des Bantous congolais. Mais Stanley ne mit pas les pieds au Rwanda et donc, ne s’empara pas de terres rwandaises, au demeurant devenues une colonie de la puissante Allemagne.
Les conflits fonciers sont parmi sont les catalyseurs positifs des guerres interethniques dans le Kivu, l’Ituri et ailleurs. Tu le sais. Ces conflits ne seront pas résolus sans une réflexion profonde et traitement responsable ; dans un esprit constructif et non simpliste ni sentimental. Tous les bantous que je connais dans les Kivu traitent autrement la question tutsi ou de la rwandophonie congolaise que tu ne le fais ici. Pourquoi, parce qu’ils connaissent la genèse des problèmes qui opposent aujourd’hui les congolais rwandophones et les rwandais aux habitants « originels » du Kivu.
Je pense qu’il y a un effort à fournir de ton côté pour :
1. Quitter tes complexe bantoutiste qui te laisserons dans une frustration et une contre-productivité politique préjudiciable à notre pays ;
2. Mieux connaitre encore, non seulement le problème est-congolais, mais la géopolitique congolaise, avant de ne pouvoir proposer une solution qui nous amène à débouter l’imposture de notre pays pour la remplacer par un État de droit et non pas le bantou-land que tu nous proposerais.
Quant aux terres des entités bantoues conquises militairement par les armées de Stanley, elles furent ensuite annexées et enfin fusionnées pour former l’étendue territoriale de l’EIC, État indépendant du Congo, propriété privée du second roi des Belges et ancêtre en droite ligne de la République démocratique du Congo d’aujourd’hui. Il convient, à tous les coups, de marteler ces évidences dont les Congolais ont tendance à sous-estimer les conséquences sur leur destin.
Ton analyse est bon, Kwebe, mais tronquée ! Es-tu la personne qui ignore les conquérants du Congo plus que moi ? Dans ma nilocité, je refuse de te faire des leçons sur ce que tu connais, ce que tu sais, mais que tu ne veux pas écrire, expressément !
La liste des ethnies ayant vu leurs terres confisquées à la pointe du fusil par Léopold 2 existe. A ce sujet, il est également possible de consulter une carte ethnographique de l’EIC datant de la même époque et visible au musée de Tervuren à Bruxelles. On a beau écarquiller les yeux dessus, on ne trouve pas la moindre trace du nom d’un mwami (roi ou empereur) tutsi ou munyamulenge dont les terres auraient été spoliées par le monarque belge.
Là, Kwebe, tu frappes à côté. Ce n’est pas à l’européen de m’apprendre qui je suis. Demande comment un nilotique traite ce type de question et tu comprendras vite que ce discours ne passe pas chez nous ! Je suis nande, mais je suis aussi alur, Kwebe !
Il y a une autre raison pour laquelle les Tutsis congolais et les Banyamulenge sont une pure invention, validée à coups de mensonges médiatiques et d’imposture politique pour justifier l’invasion du Congo par ces hordes de pasteurs nomades descendus au 17e siècle depuis les hauts plateaux d’Abyssinie, à la recherche de pâturages pour leur bétail, avant de se sédentariser dans la région des grands lacs africains où ils réussirent peu après leur arrivée à s’emparer du pouvoir exercé par les Hutus, leurs hôtes qui eurent le tort de les accueillir. Les Bantous congolais ayant commis la même faute de naïveté envers les mêmes Tutsis sont occupés à subir le même sort de la part des mêmes arrivants . Mais ce n’est pas tout.
J’allais prendre mouche. Je suis consolé par ton honnêteté intellectuelle. Elle digne de toi. Nos frères du Kivu n’ont pas commis l’erreur de recevoir mes cousins tutsi dont tu parles cependant sans respect et à tort. Ils ont fait preuve d’un humanisme à féliciter. Aujourd’hui, la reproche à faire à non frères kivutiens est de n’avoir pas bien géré leurs hôtes. Aujourd’hui, notre vrai devoir, nous congolais, kivutiens ou pas, rwandophones ou non-rwandophones, c’est de nous poser la question de savoir comment renforcer notre humanisme, sans sombrer dans la niaiserie, et non pas, de rejeter, méchamment, ceux avec qui, pendant longtemps, les kivutiens se sentaient plutôt bien !
Mon frère Kwebe,
Des rwandais sont venus ou ont été amenés chez nous. Nous avons ensuite formellement, dans l’ordre ou dans le désordre, fait d’eux des congolais. Le temps passant, la mauvaise gestion de nos conflits et de nos frontières a exacerbé les conflits entre nos populations congolaises et généré le conflit entre notre Congo et les états frontaliers. Les populations ayant des attaches au Rwanda sont aujourd’hui pour nous un réel problème parce que nous n’avons pas encore le plein contrôle de notre État, pour résoudre nos problèmes congolais et imposer à nos voisins le respect qu’il nous doivent et que nous leur devons.
La bantoutisation du Congo que tu nous proposes, timidement, avec raison, n’est pas la solution appropriée au problème, au bout de notre analyse, si du moins je suis dans le bon. Il faut corriger ce qui doit l’être. L’abus que le rwandophone a fait l’hospitalité lui accordé par humanisme. Remettre de l’ordre dans notre pays et obtenir de nos voisins le respect de nos frontières par le respect nous avons des leurs.
Ces deux ethnies et leurs semblables n’existent pas au Congo parce que leurs langues ne sont pas parlées sur les 2.345.000 km² de superficie de l’État congolais.
Ce que tu dis ici est ridicule ; tout simplement !
A contrario, toutes les ethnies bantoues répertoriées sur le sol congolais (j’en détiens la liste qui couvre plus de 25 pages recto-verso) , parlent un dialecte dont le nom est à la fois synonyme de leur identité et le terme désignant la terre sur laquelle elles sont installées. Les Tetela, les Shi, les Basalampasu, les Azande, les Mongo, les Baluba, les Kaniok, les Bakusu, les Lunda, les Bayaka, les Songué, les Budja, les Lokele, les Bayombe, les Bantandu, les Besingombe, les Bayansi, les Bambala, les Bapindi, les Bansiamban, les Bangole, les Baboa, les Ngbaka, les Ngbandi, les Libinza, les Topoke bref, toutes les 250 entités ethniques couvrent au Congo non seulement des appellations désignant des ethnies bantoues, mais aussi les terres de ces mêmes ethnies, ainsi que les langues parlées par ces mêmes populations . Ce triple critère de définition fonde aussi la nationalité congolaise tout en annihilant toute tentative de falsification et de confusion. Vu ?
Ta question vient trop tard ! Tu es bantou et tu ne sais pas identifier tes pairs, Kwebe ? Cela me rappelle le mobutisme…
Dans le même temps, les ethnies congolaises sont installées depuis des siècles, seules et sans partage (c’est moi qui souligne), sur la terre de leurs ancêtres. Par conséquent, la notion de « minorité ethnique », si souvent agitée depuis quelques années, est donc absurde au Congo. Ne peuvent s’y référer que les populations allochtones venues disputer des terres aux autochtones congolais.
Excuse-moi Kwebe. Je fais des études d’ingénieur. Il est difficile de tricher avec la logique avec moi pour cette raison. Revois ta phrase. Pour l’amour du Congo.
Mon cher Paluku,
Pour les besoins de la discussion, je veux bien concéder qu’il puisse exister des « Nilotiques congolais » selon votre entendement et votre acception de ce vocable. C’est pourquoi, « mon cher wagni », je vous saurai gré, par retour du courriel, de me citer nommément quelques unes parmi les ethnies ou même les tribus résidant au Congo, possédant des terres dans notre pays avant la naissance de l’EIC, c’est-à-dire, il y a 129 ans et que vous classez dans la catégorie « nilotiques ».
T’a-t-il prépondu ; et le cas échéant, que t’a-t-il dit ?
À tout hasard, je vous signale que deux auteurs belges, Maes et A. Boone, ont publié dans les années 1934 la liste exhaustive des ethnies, que les deux chercheurs appellent dédaigneusement « peuplades », dont les terres furent confisquées en 1885 pour former l’immense entité étatique dénommée État indépendant du Congo. Avant de me répondre, puis-je vous suggérer obligeamment de consulter d’abord leur ouvrage, ou de scruter la carte ethnographique de l’EIC que j’ai mentionnée ci-dessus ? Cette double précaution pourrait vous éviter quelques désagréables surprises.
Comme je suis aussi nilotique, souffre que je ne te dise pas ce que tu connais, mais que tu veux cacher à qui et pourquoi ?
Cordialement vôtre.
C’est de tout cœur, Kwebe, aussi que je signe. En espérant que tu supportes bien ce qui en moi tient de ma nilocité à découvrir, très certainement.
Ne sommes-nous pas là pour nous enrichir ?
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To: Lumona1@aol.com; congokin-tribune@congokingroupes.com
Date: Wed, 27 Aug 2014 12:18:05 +0200
Subject: [Congokin-tribune] Kivu : bantouté contre nilocité ou plutôt congolais contre rwandais ?
From: congokin-tribune@congokingroupes.com
La seule solution valable à la question de l’insécurité à l’Est du Congo sera une solution congolaise d’abord. Nous sommes « envahis » parce que nous nous envahissons chez nous d’abord.
Les bantous et les nilotiques congolais, et leurs alliés que l’on oublie souvent, doivent s’asseoir autour d’une table pour que soit trouvé la solution optimale et définitive à la question de l’insécurité au Kivu.
Du coup, le Congo aura la surprise que les ugandais, les rwandais et les burundais n’oseront plus « agresser ni piller » le Congo.
Ce processus est IMPOSSIBLE, tant que l’imposture présente trône à Kinshasa, par le fait de nos atermoiements hypocrites, insensés et suicidaires.
From: Congokin-tribune [mailto:congokin-tribune-bounces@congokingroupes.com] On Behalf Of Lumona1— via Congokin-tribune
Sent: mercredi 27 août 2014 03:26
To: congokin-tribune@congokingroupes.com
Subject: [Congokin-tribune] Des groupes rebelles qui menacent encore la paix dans l’Est du Congo
Le carnet de Colette Braeckman
26 août 2014
Même si le président Kabila assure que la paix a été rétablie sur l’ensemble du territoire congolais et que la reconstruction du pays peut se poursuivre à marches forcées, dans l’Est la situation demeure très fragile et les acquis de la victoire militaire, remportée en novembre 2013 contre les rebelles tutsis du M23, ne sont pas encore définitivement consolidés.
En effet, le sort des combattants du M23 est loin d’être réglé : 1700 d’entre eux sont toujours cantonnés en Ouganda, exigeant de bénéficier de la loi d’amnistie leur permettant de rentrer au pays sans être inquiétés, et 600 autres se trouvent au Rwanda, partageant la même exigence. Même si, aux yeux des observateurs les chiffres cités semblent excessifs ( eu égard aux pertes subies lors des batailles qui se déroulèrent au Nord Kivu) la seule existence de ces centaines de combattants expérimentés et déterminés demeure une menace pour l’armée congolaise, malgré les progrès de cette dernière en termes de formation et d’armement…
En outre, la principale raison qui avait (en théorie) présidé à la naissance du M23, à savoir la nécessité de lutter contre les rebelles hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) et de les empêcher de menacer Kigali est toujours d’actualité : 1500 rebelles hutus sont toujours présents dans l’est du Congo et l’offensive qui devait définitivement les mettre hors d’état de nuire… n’a toujours pas commencé !
Comment ne pas se rappeler du fait qu’au lendemain de la victoire remportée contre le M23, les promesses n’avaient pas manqué : tant l’armée congolaise que le force des Nations unies (Monusco) et la Brigade d’intervention africaine forte de 3000 homme venus d’Afrique du Sud, de Tanzanie et du Malawi avaient répété que, compte tenu des soucis sécuritaires du Rwanda, priorité absolue serait donnée à la neutralisation des FDLR.
Ce fut loin d’être le cas : avec succès, les forces conjointes, congolaises et onusienne, s’en prirent aux rebelles ougandais ADF Nalu qui furent chassés du territoire, plusieurs groupes armés congolais furent efficacement traqués et des centaines d’hommes acceptèrent de rendre les armes. Ce qui ne signifie pas pour autant que la question soit réglée : leur cantonnement dans des camps de démobilisés s’opère dans des conditions déplorables et de nombreuses désertions sont enregistrées…
Quant aux FDLR, considérés comme les plus dangereux, les plus nuisibles des groupes armés (et rendus responsables entre autres de la prolifération des violences sexuelles), ils ont bénéficié d’inquiétantes temporisations : les autorités congolaises assurant qu’elles privilégiaient l’option pacifique, leur ont octroyé plusieurs délais de grâce, espérant que le désarmement serait volontaire…
Des camps de regroupement ont ainsi été ouverts au Sud Kivu, près de Kaniola, et au Nord Kivu près de Kanyabayonga, afin que les démobilisés puissent y attendre leur transfert vers d’autres provinces, l’Equateur ou Kisangani avant, éventuellement, leur accueil dans des pays tiers. Mais rien ne s’est passé comme prévu : il est apparu que, parmi les centaines de démobilisés ayant accepté de rendre les armes les chefs étaient absents. En outre, cantonnés au sein même des populations du Kivu, qu’ils ont terrorisées durant deux décennies, les combattants rwandais ont refusé de se rendre dans d’autres provinces plus éloignées de la frontière, arguant, entre autres, de l’hostilité des populations locales. Il est vrai que la société civile de l’Equateur et de la Province orientale a protesté haut et fort contre la venue des ces hommes précédés d’une exécrable réputation…
Et enfin, leurs porte-parole ont défié Martin Kobler, le chef de la Monusco, n’hésitant pas à poser comme préalable l’ouverture de l’espace politique au Rwanda et un dialogue avec Kigali, ce que les autorités rwandaises refusent avec constance.
Autrement dit, l’opération « désarmement volontaire » semble bel et bien bloquée. Reste à savoir si les forces gouvernementales et la Monusco auront le courage de passer au plan B : décider d’opérations militaires contre des hommes, qui, après deux décennies de violence, sont des combattants aguerris qui, en plus, connaissent parfaitement le terrain et disposent de nombreuses relations au sein de l’ armée congolaise…
Mambo wa Lumona
Roaming around all continents
_______________________________________________ Congokin-tribune mailing list Congokin-tribune@congokingroupes.com http://congokingroupes.com/mailman/listinfo/congokin-tribune_congokingroupes.com

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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