Retour à l’instabilité ?


Il n’y a pas lieu de parler d’un retour à l’instabilité en RDC.

Les 30 juin déjà, les esprits étaient à la division du pays.  Les cultures des congolais sont très différentes les unes des autres, personne n’a demandé d’être congolais au départ, aucune attente nationale digne de ce nom n’a encore eu lieu depuis l’indépendance lumumbienne, personne ne peut s’arroger le droit de dominer les autres en RDC.  En 1965, une coup d’état courronnait tout cela.  En 1997, Kabila s’autoproclamait président.  En 2001, une bande de 8 personnes, en violation totale de la constitution, imposait, par les armes, Kanambe aux congolais.  L’instabilité n’est-elle pas de tout le temps que dure l’indépendance nominale du congo ?

Aujourd’hui encore, la dictature règne en maître et nous ne connaissons aucun peuple en RDC qui juissent de la liberté de déterminé son avenir.  Cette colonisation, imposture et dictature sont abjectes et appelle, il est vrai, la disqualification des bandits politiques qui pullulent dans l’espace politique congolais.

Nous recherchons tous la paix et la prospérité.

Nous souhaitons tous que la paix soit faite et que le travail nous permette d’aller en avant pour les années encore à vivre.  Très peu cependant sont ceux qui travaillent à cela.

De sorte que l’instabilité est là depuis 1960…  Nous ne l’avons pas encore quittée et nous pouvons, au regard de nos comportement actuelle, affirmer que ce n’est pas avant une vingtaine d’années que le pays sera mis sur les rails !


De : lecridesopprimes@yahoogroupes.fr [mailto:lecridesopprimes@yahoogroupes.fr] De la part de Garro KIBULU
Envoyé : lundi 17 décembre 2012 20:10
À : hinte; lecridesopprimes@yahoogroupes.fr
Objet : [lecridesopprimes] FLASH:Il est urgent de reconstruire autrement la RDC

RDC : Il est urgent de reconstruire autrement !

Le Monde.fr | 14.12.2011 à 10h17 • Mis à jour le 12.03.2012 à 15h51 Par Didier Cannet, médecin, maître de conférences des Universités, responsable de missions à Médecins du Monde.

Ces deuxièmes élections présidentielles et législatives démocratiques en République démocratique du Congo (RDC), qui se sont déroulées le 28 novembre sont émaillées de nombreux incidents et font redouter le retour à l’instabilité et à la violence. La victoire de Joseph Kabila  en 2006 avait suscitée beaucoup d’espoir.

Force est de constater qu’après ses cinq ans au pouvoir, l’économie du pays n’a toujours pas « décollée ». Les « cinq chantiers » ne donnent pas les résultats escomptés. Le grand contrat avec les Chinois, « minéraux contre construction d’infrastructures » ne permet pas ce jour une reconstruction généralisée. La RDC se retrouve à l’avant dernière place des pays du monde pour l’Indice de développement humain (espérance de vie, éducation, PIB/h) . Pire, cet indice n’a jamais cessé de se dégrader depuis 1970, sous les trois décennies de mégestion du régime de Mobutu et la dernière décennie de guerre.
La République démocratique du Congo est pourtant un pays immense et varié, grand comme l’Europe de l’Ouest, possédant en son sol les plus grandes richesses minières du continent. A partir de 1998, elle a été traversée par la plus grande crise humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale : plus de quatre millions de Congolais sont morts au cours de ces huit dernières années des conséquences directes du conflit et de massacres, et pour 85 % d’entre eux de maladies banales telles le paludisme ou la diarrhée associés à la malnutrition . Aujourd’hui, la situation sanitaire est catastrophique. Ce pays était un modèle pour la santé dans les années 1980. Organisation non gouvernementale nous assistons impuissant à cette dégradation progressive depuis vingt ans.
La RDC est devenu depuis quelques années un laboratoire pour les institutions et bailleurs internationaux .Elle fait parti avec l’Afghanistan, Haïti et le Darfour de ces « États fragiles » qui ont reçus le plus de fonds pour l’aide au développement. Devant l’immensité des besoins, des expérimentations de financement de grand volume ont été lancées, intégrant l’aspect de transversalité touchant aussi bien la santé que l’éducation, la construction de routes et d’hôpitaux. La nécessité de bien coordonner ces programmes a fait apparaître la constitution de consortium. Des ONG leaders ont été choisies pour les animer. Mais est-ce bien le rôle d’ONG  ? Le savoir faire de Médecins du monde (MDM) est d’ordre médical, au travers de son expertise et du plaidoyer. Il n’est nullement de substituer à un état, ni de devenir un simple prestataire de service.
MDM remplit sa mission quand elle vient au secours des réfugiés et des déplacés, comme ce fut le cas auprès des refoulés du Shaba en 1993 au Kasaï, ou dans les camps à Goma ou Uvira en 94.Elle fait son métier quand elle tente de réinsérer les enfants des rues de Kinshasa, avec le partenaire Congolais AED.
A Goma, depuis 2003, MDM développe un programme de lutte contre le sida, intégré dans le plan national et en partenariat avec les différentes ONG congolaises. Elle aide ces femmes à se prémunir contre la violence et le viol utilisé comme arme de guerre. Elle a lutté contre les épidémies de choléra, de rougeole ou de poliomyélite dans le Tanganyika, en partenariat avec les services nationaux congolais.
Par contre, quand MDM a soutenu l’offre de soins dans onze zones de santé, une région entière, à la demande du 9 éme fond européen de développement, elle a dépassé ses capacités logistiques humaines et organisationnelles. Elle s’est substituée d’une certaine façon à l’état (qui n’était de toute façon pas en mesure de le faire). Les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances. La question éthique du désengagement est apparue, quand le bailleur a déclaré que les fonds n’étaient plus reconduits en 2011. Par ailleurs le Fonds mondial (finançant la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme) n’a plus versé cette année les subventions promises, avançant des raisons de soupçons de corruption de l’administration Congolaise. Ainsi, la RDC est le seul pays où le nombre de malades pris en charge par le traitement contre le sida a régressé en 2011. La couverture des besoins n’est que de 12 % ! L’interruption de ces traitements pose un problème moral, en particulier à Goma, où MDM doit suppléer le manque de trithérapie sur des fonds propres.
Devant ce contexte difficile, il faudrait que tous les acteurs de la reconstruction, État congolais, société civile, institution internationale, ONG, diaspora se réunissent et établissent ensemble un plan de reconstruction, aussi bien au niveau de la santé que de l’éducation et de l’économie. Face à l’instabilité qui menace le Congo, il est urgent d’inventer un nouveau mode de coopération qui permettrait enfin de stabiliser le pays. Dans le rapport sur la réforme de l’ONU (mars 2005), Koffi Annan déclare : « Il n’y a pas de développement sans sécurité, de sécurité sans développement et il ne peut y avoir ni sécurité ni développement si les droits de l’homme ne sont pas respectés.«  Ainsi la paix, la sécurité, la justice et la lutte contre la corruption sont des préalables. A cela s’ajoutent l’éducation et la santé qui constituent des déterminants essentiels de la reconstruction, y compris sur le plan économique

__._,_.___

La marque de la bête


15  Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués.
16  Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front,
17  et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.
18  C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six.
Chers frères, dans la panique inutile, ne tordons pas les Ecritures.  Faisons-la lire.

La marque de la bête sera placée sur des fronts et sur des mains droites.  Personne ne pourra acheter ni vendre sans avoir la marque de la bête ou le nombre de son nom !

Cela n’est pas le cas avec la loi « Obama » impertinemment évoquée ci-dessous.

(Graphèle) Paluku-Atoka Uwekomu


De : africa-t@googlegroups.com [mailto:africa-t@googlegroups.com] De la part de Masika Kiku
Envoyé : lundi 17 décembre 2012 20:25
À : undisclosed-recipients:
Objet : A lire et à méditer: Président Barack Obama contre Apocalypse13: 15-18.

—–Original Message—–
From: alain kambuma alainkambuma@hotmail.com
Sent: Mon, 17 Dec 2012 2:28
Subject: FW: Tr : A lire et à méditer


—– Mail transféré —–
De : kisungu nsimba <kisungu_nsimba@hotmail.fr>
À : elisabeth lolonga <lolonga@live.fr>
Envoyé le : Mardi 11 décembre 2012 23h10
Objet : Re: A lire et à méditer

Objet : A lire et à méditer

Président Barack Obama contre Apocalypse13: 15-18 (Doit être lu par tous)


Président Obama /Apocalypse 13:15-18


Le Sénat Américain a adopté une Loi sur la santé promulguée par Obama. La mise en application commencera le 23/03/2013. Cette Loi demande à tous les Américains de se faire implanter la « PUCE » d’Identification (RFID) afin d’avoir un accès facile aux soins.


La PUCE sera implanté au front où au bras. Ceci est l’accomplissement de la prophétie dans le livre d’Apocalypse 13: 15-18 concernant LA MARQUE DE LA BETE. Es tu encore ?

Prépare-toi pour ne pas être pris au dépourvus. Vie dans la crainte de Dieu, prie intensément et sans cesse! Prêche l’Evangile au autres et sauve des âmes.

Ce chapitre d’Apocalypse se joue maintenant.

Plusieurs ne sont pas au courant .

Pourquoi la PUCE est implantée exactement là où la Bible dit qu’elle le sera? Pourquoi au front et au bras? Pourquoi pas sur un autre endroit?
Pourquoi sera t’elle connectée au front ou au bras ?

Rappelez-vous la Bible dit qu’on ne sera pas à mesure d’acheter ou de vendre sans cette marque. Que dire donc ? la puce est connectée à tes finances. Ce qui me brise le cœur le plus est que plusieurs personnes à l’Eglise ne seront pas enlevées si Jésus venait maintenant, plusieurs sont inconscients du faite que la fin est proche.

Ne me dites pas que nous sommes dans le cours normal du développement du monde, avancée technologique ou quelque chose de ce genre. Si un quelconque domaine de ta vie n’est pas en harmonie avec la parole de Dieu, Il est temps de faire un volte face MAINTENANT.

Repens-toi et donne ta vie à Jésus. Si tu rates le ciel tu ne rateras jamais l’enfer. . penses Y .


L’enfer n’est pas un lieu super, et la pire des choses c’est que c’est pour l’Eternité. Stp, au lieu de publier et transférer des messages insensés à fin démoniaque, joints toi à moi pour sonner l’alarme.


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André Anguyo et l’Ituri


Chers frères,

Beaucoup de nos compatriotes ne comprennent pas encore qu’il n’y ait pas de paix ni de progrès possible avec le kanambisme.
Nous congolais devons choisir entre la colonisation, l’imposture, la médiocrité et la dictature, d’une part ; et, la paix et l’excellence, de l’autre.
Nous continuons à inviter nos lecteurs à s’investir avec nous dans un travail de fond pour la promotion de l’Ituri.  Dans le cadre du Projet 2014 (https://projet2014.wordpress.com et http://www.paluku.net/2014), nous effectuons un travail de fond : analyser les situations insatisfaisantes, dégager des solutions aux problèmes, inventorier les ressources, évaluer les coûts, proposer une solution qui soit la plus optimale possible, traiter les risques, mobiliser les ressources, exécuter les projets de développement.
Un tel travail, pour l’Ituri, peut aussi avoir lieu dans Ituri Peace Boat.
Paix chez vous !

— In ituripeaceboat@yahoogroups.com, ANDRE ANGUYO <andreanguyo@…> wrote:
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> Je viens de lire avec attention ce travail de Senat qui fait une bonne analyse de la situation de notre cher pays, mais je voudrais bien que le Senat aille jusqu’au bout de la logique de son devoir et responsabilité vis à vis de la population.
> Il faut sanctionner les responsables, ils ne doivent pas s’arreter à une simple analyse et etablissement de la responsabilité.
> Il y a eu une haute trahison. La loi et notre constitution sont claires la dessus, que ça soit le commandant supreme ou les officiers superieurs de l’armée; ceux qui ont trahi la nation doivent subir la force de la constitution et de la Loi.
> Je me souviens encore de l’autre Assemblée passée qui avait soutenu les traitres, et sacrifié son président: Kamere Vital. Aujourd’hui qui a vraiment raison? Kamere ou président Kabila avec ses amis de PPRD qui avaient chassé Kamere, car disant la vérité! Pour moi le président Kabila devrait etre interpaller par le senat et le parlement, ses ministres ne diront pas la verité, car télécommandés par leur chef en pensée.
> Je me souviens encore de pauvre général Mbuza Maba,fils digne de notre pays, que son ame reponse en paix; lorsqu’il realisa un travail sans faille devant les incursions de kunda Batuware à Bukavu, il a été demandé à Kin de le rélever de Bukavu, et cela fut fait, les autres qui sont cités dans ce travail de senat: Liwanga, Kisempia,Kayembe, dignes fils de ce pays; furent aussi rélevés tour à tour de leur fonction, pour nous mettre aujourd’hui devant cette situation, donc il y a qlq part un non dit, il faut crever le mal.
>
>
> ________________________________
>  De : ruku <bhileni@…>
> À : ituripeaceboat@yahoogroups.com
> Cc : Dieu Merci <domerci@…>; amvadri <jlikitso@…>; Pacy Keta <pacyketa@…>; Joseph Keta <josephketa@…>
> Envoyé le : Vendredi 7 décembre 2012 11h41
> Objet : [ituripeaceboat] Conclusion question orale au senat sur le M23.

>
>  
> Lu sur facebook et je vous le met pour lecture.Très édifiante.

> C O N C L U S I O N QUESTION ORALE AU SENAT SUR LE M23
>
> Monsieur le Président,
> Distingués sénateurs et chers collègues,
> Nous avons suivi avec attention les réponses que les membres du Gouvernement ont réservées à mes préoccupations et à celles de tous les collègues qui se sont exprimés. Que conclure ?
> La question orale qui a suscité ce débat avait pour l’essentiel porté sur les sujets suivants :
> 1. La chute de Goma, le mardi 20 novembre dernier, malgré les hommes et la logistique importante ;
> 2. Les causes immédiates et lointaines de la guerre actuelle ;
> 3. Les dispositions stratégiques arrêtées par le gouvernement pour protéger l’extrême-nord du Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema, l’est du Katanga et la Province Orientale ;
> 4. La nomination et l’affectation des commandants ex-C.N.D.P. dans la partie Est et Nord-est de notre pays ;
> 5. L’enjeu de la réforme de
>  l’armée et des services de renseignements ;
> 6. L’accord du 23 mars 2009 ;
> 7. L’enjeu d’une diplomatie agressive susceptible de faire actionner des accords militaires bilatéraux existants ;
> 8. Les dispositions humanitaires et sécuritaires prises par le gouvernement pour venir en aide aux populations déplacées ;
> 9. Les déclarations du Président de la République au terme d’un des sommets de Kampala ;
> 10. Le bilan des manifestations de Kisangani et de Bunia.
> S’agissant des sujets 1 à 5 traitées par le Vice-premier ministre en charge de la Défense nationale et des Anciens combattants, je reste sur ma soif. Sur la chute de Goma et ses causes récentes et lointaines, le gouvernement semble n’avoir rien fait pour protéger la capitale du Nord-Kivu. Il tente de nous faire comprendre que le pays est victime de différentes intégrations des groupes rebelles à l’armée nationale. L’organisation,­ la composition
>  et la structuration de l’armée lui enlèvent toute efficacité. Le ministre a dit que des troupes rwandaises sont entrées à Goma par le cimetière. Et pourtant, le Commandant suprême des Forces armées n’a rien dit. Qui croire ?
> Le Ministre nous informe que les unités de l’ex-C.N.D.P. ne représentaient que 15 % des effectifs de l’armée dans la partie est du pays. Il a communiqué les noms des commandants à l’Est et au nord-est. Ce qu’il n’a pas dit, et que tout le monde sait : c’est que les commandants de régiments et de bataillons ainsi que ceux qui s’occupent en particulier des renseignements militaires sont pour la plupart issus de l’ex-C.N.D.P. Le Diocèse de Beni-Butembo a publié une déclaration en janvier 2011. La société civile du Kivu l’a dénoncé et les militaires congolais n’ont cessé d’attirer l’attention des politiques du Nord et du Sud-Kivu.
> La déclaration du Ministre contredit celle de son
>  collègue des Affaires étrangères qui a affirmé le contraire, lors de sa réaction à ma question.
> Le ministre parle d’une nouvelle armée depuis la fin du Dialogue inter-congolais­, alors qu’il a fustigé dans son exposé le caractère hétérogène de l’armée composée des unités provenant des ex-rébellions, du C.N.D.P., des étrangers et demain du M 23.
> Le ministre a cité les généraux Liwanga, Kisempia et Kayembe. Bravo ! Pour lui, seuls ces généraux ont été hier formés dans les académies militaires.
> En bref, le Vice-premier ministre ne dit rien des causes de la guerre. Il ne dit pas qui donne souvent l’ordre aux militaires de s’arrêter. Il ne parle pas du caractère affairiste des généraux et autres officiers supérieurs affectés dans les zones de combat, particulièremen­t dans les provinces du Maniema, du Nord et du Sud-Kivu, de la Province Orientale.
> Le Vice-premier ministre s’étonne que les
>  Congolais soient victimes de la désinformation véhiculée par les radios périphériques manipulées notamment par le Rwanda. C’est facile d’y succomber d’autant plus que les membres du gouvernement gardent par devers eux les accords sans les verser au Parlement pour l’information de la représentation nationale ?
> Concernant le sujet n° 6 relatif à l’Accord de Goma du 23 mars 2009 conclu et signé par le Gouvernement et le C.N.D.P. en présence de deux illustres témoins, à savoir les anciens Présidents du Nigeria et de la Tanzanie, leurs Excellences OLUSEGUN OBASANJO et Benjamin William MKAPA, deux ministres ont bien voulu fournir des éléments de réponse, du reste discutables.
> Monsieur le Président,
> Distingués collègues,
> Pour le Ministre de l’Intérieur, le C.N.D.P. proposait de découper le Nord-Kivu en deux provinces constituées sur une base ethnique. Ainsi, la province des NANDE comprendrait les Territoires de
>  Lubero et de Beni-Oicha ; tandis que celle des TUTSI, HUTU et autres HUNDE et NIANGA, ethnies minoritaires, inclurait les Territoires actuels de Walikale, Masisi, Nyiragongo, Rutshuru et la Ville de Goma. J’ajoute que c’est un secret de polichinelle dans la mesure où le rapport Afrique n° 165 de l’International­ Crisis Group datée du 16 novembre 2010 en a fait écho. Dans ce rapport, on lit en effet : « Le Nord-Kivu peut-être divisé en deux ensembles. Les territoires les plus importants du <grand Nord> sont les territoires de Beni et de Lubero destinés aux Nande ; tandis que les trois plus grands territoires du <petit Nord>, à savoir ceux de Rutshuru, Masisi et Walikale sont réservés notamment aux Hutu et Tutsi qui représentent 40 % de la population ».
> Le ministre ajoute que l’approche du C.N.D.P. énerve la Constitution. Par conséquent, l’accord ne la mentionne que comme « élément de réflexion ».
> Le
>  Ministre des Affaires Etrangères enfonce le clou : non seulement il est l’initiateur de l’accord, mais en plus, il l’a rédigé de sa main. Il le maîtrise parfaitement.
> Seulement, si le gouvernement était convaincu de l’inconstitutio­nnalité du découpage proposé par la C.N.D.P., cette disposition n’aurait pas figuré dans cet accord. Je connais la perspicacité du Ministre Tshibanda. Cependant, une réflexion en cours dans un bureau d’études ne peut être intégrée dans un accord dont les dispositions sont conçues pour être appliquées.
> Je note que les ministres ont oublié que c’est seulement en juillet 2012, trente-neuf mois plus tard, que l’accord a été transmis au Sénat et mis à la disposition des sénateurs. Le fait que le gouvernement ait ignoré le Sénat et peut-être aussi l’Assemblée nationale, me fait penser à une dissimulation pure et simple. Pourtant, il nous a fait voter la loi sur l’amnistie
>  dans la précipitation, soit vers fin avril ou début mai 2009, à peine 40 jours après la signature de l’accord, amnistie prévue dans l’article 3 dudit accord. La loi telle que publiée par le Journal officiel est datée du 07 mai 2009.
> Je note également que le gouvernement n’a déposé au Parlement ni le texte de l’accord négocié par le Général Numbi instituant le mixage au lieu du brassage, ni le texte des accords secrets signés avec l’Ouganda et le Rwanda en décembre 2008 ayant permis aux troupes ougandaises et rwandaises de pénétrer dans notre pays pour des opérations militaires mixtes. On connaît la suite : des contingents entiers y sont restés jusqu’en 2012.
> Monsieur le Président,
> Estimés collègues,
> Revenons sur la proposition de découpage proposée par le C.N.D.P. et prise en compte par le Gouvernement. Je ne stigmatise aucune communauté. Je ne fais que réfléchir à haute voix à la suite de la
>  réponse claire fournie par le Ministre de l’Intérieur. Je sollicite donc votre compréhension.
> La communauté Tutsi congolaise a-t-elle besoin de se créer un espace propre autour de Goma pour se sentir en sécurité ? N’a-t-elle pas coexisté dans la province du Kivu avec d’autres groupes ethniques ? N’a-t-elle pas évolué sans problème à Kinshasa, au Katanga et ailleurs ? N’a-t-elle pas participé depuis l’indépendance à l’exercice du pouvoir ? Papa Cyprien RWAKABUBA a été ministre de l’Education nationale de la Province du Kivu. Un de mes illustres prédécesseurs à la Présidence de la République, M. Barthélémy BISENGIMANA RWEMA a vécu dans la capitale congolaise avant comme après ses fonctions à la Présidence de la République. J’ai eu à l’Université des professeurs Tutsi. Plus tard, comme collègues, nous avons entretenu des rapports fraternels. Mon ami Moïse NYARUGABO est totalement à l’aise avec ses
>  collègues du Sénat.
> Si une province est créée pour les minoritaires du Nord-Kivu, que deviennent alors ceux du Sud-Kivu qui vivent sur les plateaux d’Uvira, de Fizi et à Bukavu ? Céder à cette revendication aura comme implication la révision fondamentale de l’organisation territoriale de notre pays, car il faudra instituer des provinces en fonction des réalités sociologiques et culturelles des communautés ethniques de la République Démocratique du Congo. C’est faisable à condition que nous consultions le peuple congolais par voie référendaire.
> Monsieur le Président,
> Chers collègues,
> Le ministre de l’Intérieur, en réagissant à ma question sur l’Accord du 23 mars 2009, a esquivé la question relative à la réforme des services de sécurité (article 10 de l’accord) qui relèvent pourtant de sa compétence. Tentant de saisir le bien fondé de cette attitude, j’ai compris qu’en réalité le ministre n’est
>  pas la vraie autorité de tutelle. Si mon raisonnement est vrai, alors qui gère les services de sécurité ? Qui a la mission de conduire la réforme dans ce secteur stratégique du pays ?
> Dans les explications fournies par le ministre des Affaires étrangères sur l’accord de Goma, j’ai cru avoir entendu que les militaires ex-C.N.D.P. avaient entretenu délibérément un commandement parallèle à l’Est du pays, refusant en fait d’obéir aux ordres de l’Etat-major général. Quelle fut la réaction du gouvernement ou à tout le moins de ceux qui gèrent l’armée. Ils se sont tus ! Qui ne dit mot consent, dit-on ? Le gouvernement peut-il se plaindre ? Qui sème le vent ne peut que récolter la tempête !
> Le ministre des Affaires étrangères nous a entretenus de la « Police de proximité » dont la création serait à l’étude au Ministère de l’Intérieur depuis mars 2009. Son collègue de l’Intérieur n’en a pas fait
>  mention. Soit ! Que signifie Police de proximité ? La Constitution, dans ses articles 182 à 186, est muette. Par contre, l’accord est explicite en son article 5 traitant de la résolution des conflits locaux. L’alinéa 2 dispose : « Les parties conviennent du principe de la création d’une police de proximité entendue comme branche de la Police nationale congolaise, à l’écoute du peuple à la base et au service de celui-ci ».
> L’alinéa 3 précise : « Les éléments de la police de proximité seront recrutés et formés au niveau national. Le programme de leur formation sera structuré de manière à les doter d’une connaissance profonde des réalités sociologiques des régions où ils seront déployés. Sans être constituée sur une base ethnique ou communautaire, la police de proximité veillera, dans le déploiement de ses unités sur le terrain, à ce que la composition de celles-ci reflète la diversité sociale locale ».
>  Comprenne qui pourra !
> Le gouvernement réfléchit sur la création d’une police de proximité ou mieux territoriale non prévue par la Constitution, qui serait déployée uniquement dans certaines régions de l’Est du pays. Je le dis parce que l’alinéa 5 m’en fournit la précision : « En attendant la mise en place de la police de proximité, et afin d’assurer la sécurité des réfugiés et personnes déplacées rentrant dans leurs milieux, les parties conviennent de la mise en place, par le Gouvernement, d’une unité de police spéciale issue du processus d’intégration des éléments de la police du C.N.D.P. au sein de la Police nationale congolaise. Cette unité sera formée et équipée conformément aux exigences de maintien de l’ordre au niveau local ».
> Monsieur le Président,
> Distingués collègues,
> La lecture attentive de l’article 5 de l’Accord me fait dire que le gouvernement reconnaît implicitement que la
>  Police nationale congolaise n’est pas au service du peuple. Il s’engage à constituer une police parallèle qui, tout en étant intégrée dans la Police nationale, fonctionnerait de manière autonome, comme du reste les unités militaires ex-C.N.D.P., mais en recevant tout de l’Etat : soldes et équipements de tous genres. Ce que le ministre ne dit pas, c’est que le C.N.D.P. a obtenu de manière tacite, d’après le rapport de novembre 2010 de International Crisis Group, le non déploiement de ses unités armées en dehors du Nord et du Sud-Kivu tant que les FDLR sont présents dans ces deux provinces. En fait, le gouvernement a offert « officieusement des garanties supplémentaires­ : la chaîne de commandement militaire du C.N.D.P. et son administration civile parallèle dans les territoires de Masisi et de Rutshuru au Nord-Kvu ne seront pas immédiatement démantelées ; les mines du Nord et du Sud-Kivu jusqu’alors contrôlées par
>  les FDLR et les milices congolaises Mayi Mayi seront redistribuées au bénéfice du C.N.D.P. après leur conquête ; les commandants du C.N.D.P. impliqués dans des crimes de guerres ne seront pas inquiétés ; un mécanisme sera mis en place pour le retour des réfugiés Tutsi congolais du Rwanda. Il semble que des engagements aient aussi été pris concernant l’accès aux pâturages du Nord-Kivu de milliers de vaches appartenant aux grands propriétaires Tutsi congolais et à des militaires rwandais ».
> Ce n’est pas tout. L’article 9 portant sur l’administratio­n publique et l’article 12 qui traite des questions spécifiques mettent l’accent sur l’autonomie et notamment le maintien en fonction du personnel administratif recruté par le C.N.D.P. La société civile provinciale a adressé à l’époque une lettre ouverte au Président Kabila pour dénoncer le fait que le C.N.D.P. avait relancé son administration dans les
>  Territoires de Masisi, Nyiragongo et Rutshuru et levait des taxes. Le président de la société civile a été battu et le gouvernement n’a jamais réagi.
> Le fédéralisme rejeté par le Constituant de 2006 est insidieusement institué par le gouvernement dans une partie du Nord-Kivu sans consultation du peuple. Au lieu de violer la Constitution, la question doit être posée ouvertement pour un débat national : le Katanga et le Bas-Congo ont toujours œuvré pour le fédéralisme. Nous aussi, dans la Province Orientale, nous en sommes devenus partisans. Parlons-en !
> Monsieur le ministre des Affaires étrangères a déclaré que l’accord du 23 mars a été un BON ACCORD, grâce auquel les deux Provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont connu la paix. Je ne sais pas de quelle paix parle le Ministre, quand tout le monde sait que les FDLR ont continué à violer les femmes et les filles congolaises dont le nombre a dépassé les 7.000. On sait
>  aussi qu’en 2009, plus de 1.000 civils ont été tués, 6.000 logements détruits et au moins 900.000 personnes forcées d’abandonner leurs habitations et leurs milieux d’origine. Les assassinats ont été perpétrés à Goma, à Bukavu, à Beni, à Butembo pour ne citer que ces villes. Tout cela n’est rien pour le ministre. Tout va bien pour lui quand une partie du pays n’est pas administrée par le pouvoir central ou provincial légitime.
> Monsieur le Président,
> Très chers collègues,
> Je n’ai rien entendu sur les dispositions que le gouvernement a prises en faveur des populations déplacées ni sur la déclaration faite par le Chef de l’Etat à Kampala.
> Je voudrais en terminant, Monsieur le Président, vous faire part de mon insatisfaction et de ma déception. Les ministres utilisent des faux-fuyants pour ne pas informer le Parlement de la situation réelle prévalant sur le terrain. Quelle est la responsabilité des
>  services de renseignements civils et militaires ? Qui gère réellement ces services ? Est-ce des personnes compétentes ? Quelle est la responsabilité du commandement militaire ? Qui nomme les généraux et les officiers supérieurs ? Tient-il compte de la compétence réelle de ces officiers ? Pourquoi a-t-on nommé des étrangers dans notre armée ? Le cas de Bosco Ntaganda en est un. Cette année, on a trouvé des officiers et hommes de troupes rwandais dans notre armée. Est-ce normal ? Que fait-on de la souveraineté de notre pays ? Peut-on s’étonner qu’aujourd’hui les armées étrangères connaissent parfaitement nos insuffisances quand le commandement militaire intègre des étrangers dans les FARDC ? Comment peut-on élever au rang d’officiers d’une armée qui se veut moderne et au 21ème siècle des personnes incultes ? Je vous rappelle que l’article 187 de la Constitution dispose ceci : « Les effectifs à tous les niveaux, les
>  fonctions de commandement en tout temps et en toute circonstance, doivent tenir compte des critères objectifs liés à la fois à l’aptitude physique, à une instruction suffisante, à une moralité éprouvée ainsi qu’à une représentation équitable des provinces ». Je ne crois pas que ceux qui nomment les officiers appliquent correctement les dispositions de cet article. Comme d’habitude, la Constitution est violée.
> Messieurs du gouvernement, vous avez-vous-même préparé le terrain à l’agression et à la déstabilisation­. Vous devez rendre compte au peuple congolais. Les accords secrets que vous signez affaiblissent notre armée. Une ARMEE que le Constituant et l’ensemble du peuple congolais veulent nationale et républicaine. De la santé de ce corps dépendent l’indépendance,­ la souveraineté et l’avenir de notre pays, l’Unique que nous avons hérité de nos ancêtres qui, dans ses frontières du 30 juin 1960,
>  doit demeurer un Etat de droit, indépendant, souverain, uni et indivisible. Monsieur le Président, très chers collègues, cette expression est tirée, vous l’avez deviné, de l’alinéa 1er du premier article de la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée à ce jour.
> A la demande de la communauté internationale,­ le gouvernement va pour la nième fois négocier pour intégrer à nouveau des criminels et des étrangers dans notre armée. Il va leur reconnaître leurs grades.
> Monsieur le Président,
> Très chers collègues,
> La Commission Défense, sécurité et surveillance des frontières a de la matière pour permettre au Sénat de savoir comment est administrée notre armée. Qui la commande ? Qui nomme et affecte les officiers ? De qui l’armée est-elle composée ? Qui sont les commandants des unités et quelles sont leurs compétences ? Pourquoi, en 2008 et en 2012, les FARDC n’ont pas été capables de vaincre
>  la rébellion ?
> Comment aller négocier à Kampala alors que l’on sait que depuis 1996, l’Ouganda et le Rwanda ont toujours soutenu toutes les rébellions à l’est de la RDC ? Kampala est partie prenante. Il n’est donc pas neutre.
> Le processus de balkanisation est en marche et le gouvernement nous distrait. Le gouvernement est naïf. Sa naïveté est d’autant plus infantile qu’alors qu’il a rétabli tambour battant les relations diplomatiques avec nos voisins de l’Est, ces derniers n’ont pas hésité d’agresser notre pays ou de soutenir une rébellion interne. Nos voisins n’ont aucune considération pour le gouvernement de notre pays.
> Je termine, Monsieur le Président, par dire que je n’ai fait que mon devoir parlementaire et patriotique. Je connais le sort réservé à ceux qui osent dire la vérité dans notre pays. J’ai pris ce courage pour notre pays, pour notre population, pour notre indépendance, pour notre
>  souveraineté, pour sauvegarder l’unité de notre pays dans sa diversité ethnique et culturelle et dans ses frontières du 30 juin 1960.
> Il appartient à notre plénière d’élaborer des recommandations­ en vue de trouver les voies et moyens susceptibles de requinquer notre armée et la guérir des maux qui la rongent. En moins de 20 ans, le Congo et le peuple congolais ont été humiliés quatre fois.
> Je vous remercie pour votre attention !
> Fait à Kinshasa, le 03 décembre 2012
> Florentin MOKONDA BONZA
> Sénateur
>

Sans le peuple congolais ?


Dans le souci d’apporter notre contribution au débat, mais aussi et surtout de montrer ce que nous croyons être notre erreur, dans la lutte contre la colonisation, l’imposture, la trahison et la médiocrité, nous livrons ici quelques réflexions sur un document publié par Congo Actualité le 5 décembre dernier, intitulé : “Rien sans le peuple congolais”.  Une copie de l’article se trouve à la fin de la présente livraison.  Dans notre livraison, le texte en gras est un extrait de l’article.

Du côté du M23, on veut discuter de l’accord de 2009. Mais Jean-Marie Runiga réclame aussi un dialogue inclusif avec la société civile congolaise, l’opposition et la diaspora sur tous les sujets qui touchent à la vie publique: la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance et la vérité des résultats des élections du mois de novembre 2011. De son point de vue, le retrait de Goma ne doit pas être un préalable, mais le résultat de négociations. Il a déclaré que le M23 n’abandonnera pas la ville de Goma sur la seule promesse d’une ouverture de discussions avec le gouvernement. Le M23 exige d’abord le dialogue avant de penser se retirer de Goma.

Les choses se sont passées autrement.  Quand on veux réellement comprendre les enjeux politiques, on comprend qu’il y a une erreur ici.

Des ONG de l’est de la RDCongo ont accusé le gouvernement congolais de s’être «courbé» face aux «Etats agresseurs», sans citer le Rwanda et l’Ouganda voisins.

La réalité est tout autre.  Plusieurs ONG sont claires dans leur appréciation du gouvernement de Matata.  Ils le trouvent tout simplement incapable et irresponsable.  En 1994 et en 2006, la majorité de ces ONG nous prenaient pour des fous.  Nos propositions relative à la position à prendre dans les conflits de l’Est leur paraissaient insénsées et irresponsables.  Elles ont commencer à se retracter deux mois après les élections de 2006.  Aujourd’hui, toutes ou presque, nous ont expressement dit leur regret de n’avoir pas compris notre analyse et d’avoir rejeté nos propositions.

Le vice-président et porte parole de la société civile du Nord-Kivu, Omar Kavota, a qualifié de trahison le fait que les résolutions du sommet légitiment le M23 et que le président de la République, Joseph Kabila et son gouvernement acceptent de discuter avec le M23. «Les FARDC et la population du Kivu ont tous été trahis par le commandement de l’armée et par le pouvoir de Kinshasa, et le résultat est l’avancée du M23», dénonce-t-il.

C’est depuis 1994, que nous prévenions l’Ituri et le Nord-Kivu des erreurs à ne pas commettre.  Parmi ces dernières, il y avait : la recherche une solution non-congolaise aux conflits entre congolais d’alors et inviter une force onusienne dans la RDC !  Aujourd’hui, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ont compris notre analyse et adhère.  L’Ituri, pour des raisons circonstantielles, n’avoue pas encore son erreur.  Il le fera, parce que, les temps ne sont pas et ne seront pas durs qu’au grand Kivu !

Le 25 novembre, le député de l’opposition Jean-Claude Vuemba a jugé «inadmissible» que le pouvoir en place accepte de se mettre autour d’une même table avec le M23 qui occupe Goma depuis le 20 novembre dernier. Pour le président du Mouvement du Peuple Congolais pour la République (MPCR), le gouvernement ne doit pas négocier avec les rebelles qui ont tué des Congolais dans l’est de la RDCongo.

Ce que Jean-Claude Vuemba omet dans son raisonnement c’est que son président, Joseph Hyppolite Kanambe.  Il est lui aussi un ancien rebelle.  En tant que tel, il a participé à des morts arbitraires d’hommes : congolais ou pas, sur notre territoire !  Et qui pis est, il est aussi l’usurpateur du pouvoir que le peuple congolais a daigné confié à Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

C’est depuis trop longtemps que l’opposition congolaise demande des négociations avec le pouvoir après les élections de novembre 2011

C’est là aussi une contradication interne au sein de l’opposition congolaise.  Nous sommes nombreux à considérer JHK comme un imposteur.  Comment pouvons-nous en même temps solliciter une négociation avec lui ?  Dans le cadre de notre recherche de solution, nous considérons comme traîtres ou irresponsables ceux qui se comportent de la sorte.  Si nous voulons la paix au Congo, nous devons mettre tout ce qui est de notre pouvoir en oeuvre pour son développement.  Cela passe par la disqualification démocratique de tous ceux ceux qui favorisent d’une manière ou d’une autre la colonisation, l’imposture et la médiocrité dans notre pays.  Nous pensons qu’il soit logique, de commencer par le nettoyage de notre espace politique que nous avons nous-même pollué d’hommes traîtres, véreux, incompétents, irresponsables.  C’est en étant uni, renforcés que nous pourrons dans le prolongement de ce projet, trouver les amis qui nous aident à combattre nos ennemis internationaux que plusieurs considèrent avec raison comme étant plus forts que nous.  Il n’y a que les fils du Dieu vivant, créateur des cieux de la terre pour être à même de voir les choses autrement.  Ce sont les seuls à même de compte sur une force supérieure unique du Tout-Puissant.

Or jusqu’à ce jour, on a toujours été saboté. Nous n’avons rien eu en échange.

Que nous ayons toujours saboté et n’ayons encore rien eu en échange est normal.  Nous avons investi dans le mensonge du MNC en 1960.  Nous avons investi dans un coup d’état militaire et la gabégie du MPR, en 1965 puis 1967 respectivement.  Comme si ces expériences ne suffisaient pas, nous avons encore volontiers accepter la logique de l’AFDL.  Même la perte d’un président, dans des conditions toujours non élucidées ne nous ont pas suffit : nous avons opté pour l’illégalité en acceptant JHK.

La logique, il nous semble, veut que nous payons pour nos forfaits.  Il nous revient de restituer dans leurs droits ceux qui à cause de nous ont tout perdu en 1964, entre 1965 et 1997, entre 1997 et 1997 et 2012.  Comment et de qui pourrions-nous revendiquer la justice après avoir été injustes autant de fois ?  Quand est-ce que la RDC en tant que nation s’est-elle décidée de divorcer d’avec l’injustice, l’arbitraire, le népotisme, la paresse, la trahison des justes, la couardise face à l’agression ?  Ce que nous vivons est certe la conséquence de notre richesse en ressources naturelles, mais bien plus le fruit de notre investissement dans l’irresponsabilité, dans la trahison de la nation.

Et voilà que le M23 après avoir fait la guerre à l’Etat se retrouve sur une même table avec le gouvernement congolais pour trouver un accord.

Il n’est pas facile d’affirmer aujourd’hui que le M23 fasse la guerre à l’état.  Il suffit pour cela de considérer le sourire de celui que certains considèrent comme chef de l’Etat de la RDC.  Lorsqu’il qu’il quitte ceux qu’une frange important de congolais considère comme étant des ennemis du Congo, son langage non-verbal est parlant.  Seuls les naïfs se posent toujours les mêmes questions sans se trouver une réponse, sans se former une opinion, une conviction personnelle.  Pendant ce temps, le peuple congolais peut continuer à être raillé de toute part.  Nos femmes et hommes continuer à être massacrés et violés.  Notre intelligenstia pourchassée s’exil et le pays reste sans ressource intellectuelle suffisante ni valable.

Faut-il prendre des armes dans ce pays pour être écouté?

Beaucoup ont pris les armes depuis 1960.  Tous n’ont pas su démarrer une vraie indépendance du Congo.  Il faut bien s’en rendre compte que ce ne sont pas les armes qui nous mèneront vers la paix et encore moins vers la prospérité.  La guerre nous appauvris dans le sens plein du terme : nous mourrons et nous perdons nos ressources, naturelles ou non-naturelles.

Une partie de l’opposition réclamait un dialogue après ces élections émaillées de fraudes et d’irrégularités, sans jamais l’obtenir.

De fait, une partie de l’opposition n’a pas compris ce qu’il fallait faire après un tripatouillage électoral.  Elle a pensé qu’on pouvait avoir raison de dialoguer avec des tricheurs.  Se plaindre était normalement la démarche démocratique.  Seulement, dans un pays où la justice, mieux, le droit, est baffoué, que peut on gagner à aller devant les tribunaux ?  L’UNC introduisit un recours.  D’aucuns se demandent si c’était pour flouer les congolais.  Quoi qu’il en soit, il n’obtint pas gain de cause, comme cela était prévisible.  Et c’est ici qu’il faut s’arrêter pour comprendre qu’aller aux élections était la plus grosse erreur de l’opposition, comme en 2006.

Malgré notre sonnette d’alarme, l’opposition prit un risque et se doit aujourd’hui de l’assumer.  Mais que se passe-t-il en réalité ?  Tout le monde a lâché Etienne Tshisekedi wa Mulumba ou presque.  Seul Eugène Diomi Ndongala a tenté de le soutenir, sans prendre quelques précautions qui s’imposaient pourtant.  Certains pensent même que sa disparition ne fut qu’un bloeuf…  Cependant, il faut se rendre compte que même après avoir récolter de l’argent pour l’impérium, Joseph Hyppolite Kanambe règne encore en maître et que nombreux sont encore ceux qui lui vouent leur admiration, leur soutien même.  Qu’importe qu’ils soient minoritaires : ils tiennent bon et jusqu’à présent, le pays demeure sous les griffes de l’imposteur.

Jean-Claude Vuemba a invité le président de la République à convoquer le Congrès pour expliquer aux Congolais «les tenants et les aboutissants» de la guerre que mène le M23.

Voici un homme politique qui croit, lui aussi, bien que de l’opposition, que JHK pourrait expliquer aux congolais “les tenants et les aboutissants” de la guerre que mènerait le M23.  Dans une telle condition, comme espérer un salut prochain pour le congolais ?  D’où vient-il que nous soyons si lent à comprendre ?  Qui nous a frappé d’aveuglement ?  Notre explication est simple.

En 1960, nous avons investi dans le mensonge du MNC qui promettait des écoles gratuites pour tous, des soins de santé gratuite.  Et comme si l’acceptation de ce mensonge ne suffisait pas, nous lui prêtâmes main forte dans la chasse aux sorciers qu’il prétendait être tous les membres du PNP.

En 1965, nous crûmes volontiers à une autre supercherie.  Le coup d’état ne nous révolta pas.  La danse dans les stades plutôt que les travax nous satisfirent et nous engageames presque toutes nos filles ou toutes nos femmes dans le projet mobutien.  Le ndombolo qui accompagna le règne de la swahiliphonie ne nous mis pas la puce à l’oreil.  Très vite, nous fûmes capables de remplacer une divinité par une autre.  Le comble de notre folie avancée ne se fit pas attendre.  Violant notre constitution, nous acceptâmes, jusqu’aujourd’hui d’ailleurs, l’imposture dans notre pays.  Et comme on peut le lire ci-dessus, même l’opposition attends des solutions de l’imposture !

Du côté de la Majorité, le député François Nzekuye, du PPRD, le parti présidentiel, estime que le gouvernement ne négocie pas avec le M23, comme certains le pensent, mais examine plutôt ses revendications. Il a précisé que c’est à la CIRGL de recevoir les doléances du M23 et de les transmettre au gouvernement congolais. «Nous avons dit à Kampala que nous allons examiner les revendications du M23 et d’y répondre dans la mesure du possible. Nous n’avons pas dit que nous allons entamer des négociations directes avec le M23. Les revendications sont transmises aux autorités de la CIRGL qui les transmettront à leur tour au gouvernement de Kinshasa. C’est au gouvernement de voir qu’est-ce qu’il y a de légitime et qu’est-ce qu’il y a de non légitime dans tout cela», a déclaré François Nzekuye.

Comment peut-on prétendre que le gouvernement de Matata Mponyo Mapon examine les revendications du M23 ?  Ou sont les preuves qu’un travail soit en cours au conseil des ministres ?  Quant aux doléances publiques du M23 qui ont été rendues publiques et qui sont connue du public, pourquoi devraient-elle être reçues par la CIRGL pour être transmises ensuite au gouvernement congolais ?  A quoi aurait alors servi les déplacements de Kampala ?  Un gouvernement qui ne voit pas l’illégitimité du régime qu’il sert peut-il juger de la légitimité ou de l’illégitimité des revendications du M23 ?  Que peut faire le gouvernement de Matata Mponyo Mapon contre le M23 ?  Comment s’y prendrait-il ?

“(…)le président rwandais Paul Kagame et son homologue du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso ont appelé, dans un communiqué, le gouvernement de Kinshasa (RDCongo) et les rebelles du M23 à appliquer les décisions prises la veille lors du sommet extraordinaire à Kampala en Ouganda”

Quelle distance entre ce communiqué et la communication des doléances du M23 au gouvernement de Kinshasa pour examen…  Tout observateur critique se pose tout de suite la question de savoir quelle intérêt y aurait-il pour le M23 et Kinshasa d’appliquer les décision du sommet extraordinaire de Kampala.  Les naïfs croient que cela soient possible…

«l’importance d’évaluer et de comprendre correctement la véritable nature des nombreux groupes armés en RDCongo afin que des solutions appropriées soient trouvées pour chacun d’eux»

Voici déjà plus de 52 ans que les gouvernements qui se succèdent à Kinshasa n’arrivent pas à “comprendre” les véritables natures des groupes armés qui déciment nos populations à ni mettre fin à leurs activités.  Or, depuis 1994, nous n’arrêtons de prévenir notre peuple des conséquences de nos actes.  (1) Nous avons commis la gestion de la chose publique à des hommes véreux, traîtres ou incompétents.  (2) Nous ne pouvons pas construire une nation moderne avec ces responsables véreux ou incompétents.  (3) Le devoir de disqualifier ces hommes est nôtre et non pas de la communauté internationale dont nous refusons, expressement de comprendre le fonctionnement.  (4) A défaut de répondre à cette problématique, la situation qui prévaut dans notre pays n’ira que de mal en pis.

L’Union Africaine (UA) a appelé les rebelles du M23 à se conformer aux décisions du sommet de Kampala, notamment à cesser les combats, et a salué «l’engagement» de Kinshasa à prendre en compte les revendications des rebelles

Appeler le M23 à se conformer aux décisions du sommet de Kampala, sans expliquer en quoi ces décisions sont avantageuses pour lui, relève d’un enfantiage politique.  La réalité est que Kinshasa et le M23 ont tous les deux du sang sur les mains et tentent de ce fait de se protéger mutuellement.  Notre peuple doit plutôt comprendre que Kinshasa et le M23 aient besoin des guerres pour leur survie…  Jusqu’à ce que les congolais comprennent et les déboutent !

Le 26 novembre, les rebelles du M23 n’ont pas encore quitté la ville de Goma, malgré l’ultimatum de 48 heures que leur avaient lancé samedi les chefs d’Etat de la CIRGL réunis en sommet à Kampala. Le colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de cette rébellion, dit craindre pour la sécurité de la population civile si le M23 se retirait de la ville. Vianney Kazarama a évoqué la présence des miliciens Maï-Maï et des rebelles des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) qui, selon lui, insécurisent les habitants.

A l’Est, il n’y a pas que le M23 pour être source d’insécurité.  M23, Mai-Mai, Mboromboro, LRA, FPLC, FARDC et bien d’autres sèment tous la même frayeur : pillage, tuerie, tracasseries administratives caractérisent leurs interventions là où ils font la loi.  Notre proposition, dans le cadre du Projet 2014, pour juguler ce mal demeure inchangée depuis décembre 1999.  (1) Identifier et promouvoir ces vrais leaders en vue de la disqualifications des hommes véreux que nous avons nous-mêmes commis à la gestion de la chose publique.  (2) Gestion du pays par projets, sous la conduite des leaders patriotes et compétents ainsi identifiés et promus.  Personne ou presque ne veut s’investir dans le sens de notre conseil.  La peur de la menace de mort proférer par le régime et les milices contre tout celui qui pense autrement tétanise les populations qui craignent pour leurs peaux.

Selon certains observateurs, depuis le début de la crise congolaise, des sommets de la CIRGL se succèdent et se ressemblent. Au bout du compte, aucun résultat probant n’est obtenu quant au retour d’une paix durable, ni au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans l’Est du territoire national.

Notre analyse est que l’on ne peut pas attendre grands choses des rebelles ni d’anciens rebelles.  Pour la simple raison que tous à rendre des comptes à la nation pour les âmes inocentes qu’ils ont fait périr pour assouvir leurs bas instincts.  De même, il est tout simplement ridicule de parler d’un rétablissement de l’autorité de l’Etat dans un pays où l’Etat n’a jamais joui de son autorité.  Pour le congolais, l’après l’indépendance est, à certains points, pire qu’avant l’indépendance.  Pour la simple raison que les colons européens sont remplacés par des colons congolais d’abord, africains ensuite !  La domination du congolais continue.  Elle perdurera jusqu’au jour où le congolais décidera de ce qu’il veut faire du pays hérité de l’indépendance de Lumumba.  Indépendance que certains qualifient déjà de maléfique – faute de connaissance – ou regrette même – faute d’engagement…

Kigali et Kampala ont fait, subtilement, traîner les choses en longueur en vue de fléchir les positions congolaises.

Ultimément, les positions congolaises, mieux, les positions de Kinshasa, ne peuvent pas être autre chose que celles du M23.  Pour les multiples raisons évoquées ci-haut.  La frange démocratique de la population congolaise,  elle, qui attend que la vérité des urnes soient respectées, se trompe sur la stratégie à adopter pour arriver à bout de l’imposture, de la colonisation, de la trahison et du sous-développement qu’ils engendrent.  Que le président Etienne Tshisekedi wa Mulumba assure son mandat est ce qui amorcerait un certain processus de démocratisation du pays, mais ne serait pas encore suffisant pour que nos peuples aient leur indépendance.  Pendant ce temps, les promesses du peuple, de 2011, d’aller jusqu’au bout de l’imposture, en soutenant le président élu, ne sont pas tenues et nous vaut la malédiction que nous connaissons ; que nous refusions ou reconnaissions notre faute.  Plusieurs fois, certains n’ont pas compris que les sorties dans les rues n’apporteraient pas le résultat attendu ; non plus que les sit-ins et casses diverses, à l’extérieur comme à l’intérieur du pays.

Les positions du régime de Kinshasa étant ultimément celles du M23, il faut plutôt se rendre compte que les jeux se jouent bien entre les bandits politiques de l’Afrique Centrale.

Le sommet de Kampala V risque de dédouaner les agresseurs de la RDCongo face à une reconnaissance implicite du M23.

Le sommet de Kampala V ne risque pas de dédouaner les agresseurs de la RDC, l’Uganda et le Rwanda, aux yeux de plusieurs congolais de l’opposition.  Le sommet de Kampala V était une reconnaissance implicite du droit du M23 au chapitre.  Faute de ne pas le faire, le régime de Kinshasa pourrait être mis en mal.  Il ne faut pas que Kanambe, Ntaganda, Nkundabatware et autres aillent au CPI.  Le prix sacrifice à offrir sur l’autel des démons est le sang de plusieurs congolais, chaque jour, là où faire se peut.  Pourvu que l’on survive !  Ceux de nos compatriotes qui ne veulent pas comprendre cette logique de guerre, regretteront toujours de ne nous avoir compris à temps pour sauver des millions de vies humaines.

Dans ce cas, la dimension interne de la crise étant établie, voire la caducité du rapport des experts onusiens ne serait plus qu’une question de bon sens.

Les guerres à l’Est ont une dimension interne non négligeable.  Les rwandophones, congolais et non congolais, sont visiblement un problème non seulement dans le Masisi, particulièrement, mais aussi dans le Sud-Kivu.  L’écoute des populations locales et même des populations du Rwanda ne laisse pas de doute sur cette réalité.  Le refus de certains congolais de reconnaître cette réalité pousse plusieurs vers de mauvais traitements des problèmes.

Dans ce contexte, la question de la survivance des tutsi se pose avec acuité pour certains, qui tiennent compte des nombreuses initiatives prises par ceux-ci pour susciter la compassion internationale en vue de leur survie.  Jouant la carte de la menace de son identité, de sa survie, le tutsi semble obtenir avec brio l’adhésion de la communauté internationale à sa cause.  A y voir de près, cette stratégie ne paiera pourtant pas.  Il n’est pas certain qu’après Paul Kagame, le tusti tienne face à la majorité des ennemis qu’il s’est désormais créés dans l’Afrique Centrale.  Il pouvait se réfugier au Congo jusque-là.  Il ne saura plus le faire après

En même temps, il est certains qu’ils n’y a pas que les occidentaux et les asiatiques pour convoiter les richesses naturelles du Congo.  Plusieurs pays africains, face à la démission des congolais, tentent, lâchement et acceptant de prendre le risque, de profiter de la léthargie des congolais.

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Congo Actualité 168
05 décembre 2012
SOMMAIRE
ÉDITORIAL: Rien sans le peuple congolais
1. LA SITUATION SUR LE TERRAIN
2. LE 5ÈME SOMMET DE LA CIRGL À KAMPALA
a. Le sommet
b. Les réactions de la Société Civile et des Partis politiques
c. Les réactions internationales
d. Les réactions du M23
e. Évaluations et prévisions
f. Après l’expiration de l’ultimatum
3. LES PROPOSITIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
4. LES OBJECTIFS CACHÉS DE LA GUERRE DU M23
ÉDITORIAL: RIEN SANS LE PEUPLE CONGOLAIS
Le M23 se retire pour mieux bondir.
Le 20 Novembre, la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la
République Démocratique du Congo (RDCongo), a été assiégée et occupée par le Mouvement du
23 Mars (M23), un groupe terroriste armé et soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, deux pays
voisins. L’armée et la direction politique de ce groupe sont dans les mains de personnalités qui,
pour origine, culture, langue, appartenance ethnique ou pour toute autre raison, sont étroitement
liées à l’actuel régime rwandais.
Sous la pression internationale, le 30 novembre, le M23 a commencé à se retirer de la ville pour se
transférer à une trentaine de Km plus au nord. Cependant, on ne peut pas encore se permettre un
petit souffle de soulagement, car ils vont partir avec des dizaines de camions bondés d’armes,
munitions, nourriture et médicaments. La menace sur Goma reste donc intacte, d’autant plus qu’ils
se retirent après que le gouvernement congolais leur a promis de tenir compte de leurs
revendications. C’est ça le problème.
Un dialogue dans la disparité.
Il ne sera pas facile dialoguer ou négocier avec eux puisque, pour le soutien reçu de l’extérieur, ils
possèdent une force militaire « apparemment » supérieure à celle de l’armée congolaise.
Le groupe accuse le gouvernement congolais de ne pas respecter ses engagements pris lors des
accords du 23 Mars 2009, signés avec un groupe armé précédent, le Congrès National pour la
Défense du Peuple (CNDP), dont le M23 est issu. Parmi leurs revendications, ils demandent que
leurs militaires soient déployés uniquement au Kivu, pour protéger « leurs » familles de la menace
d’autres groupes armés. En fait, c’est un prétexte pour poursuivre leurs activités de contrebande des
minerais du Kivu. Beaucoup d’entre eux sont cités, à cet égard, dans des différents rapports du
groupe d’experts de l’ONU pour la RDCongo.
Sur la base d’une loi sur l’amnistie adoptée par le gouvernement à la suite des accords du 23 Mars
2009, ils demandent la suspension de l’arrestation de l’un d’entre eux, Bosco Ntaganda, objet de
deux mandats d’arrêt délivrés par la Cour Pénale Internationale (CPI). Mais la loi d’amnistie ne
Rés. PAIX POUR LE CONGO
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s’applique qu’aux actes de guerre, en excluant les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité,
crimes imprescriptibles en vertu du droit international. En fait, à travers la défense de Bosco
Ntaganda, ils essayent de garantir leur impunité. Ils se disent victimes de discrimination au sein de
l’armée congolaise et réclament les rangs militaires « acquis » pendant la rébellion. Mais, en fait, ce
sont eux qui, avant de déserter l’armée, déjà occupaient les plus hautes fonctions de
commandement, en particulier au niveau central et dans les deux provinces du Kivu. Les véritables
discriminés sont des militaires d’origine congolaise.
Pour faire avaler la pilule amère, ils la recouvrent avec le sucre. Ils affirment avoir pris les armes
pour défendre les droits de l’homme, la démocratie, la vérité des urnes, la paix. Pendant ce temps,
ils violent, pillent, recrutent des enfants soldats, imposent des taxes, forcent des centaines de
milliers de personnes à fuir.
Les véritables objectifs cachés.
Derrière leurs demandes plus ou moins évidente, certainement moins légitimes de ce qu’ils
voudraient faire croire, il y en a d’autres qui restent encore cachées. Selon certains observateurs,
fort du succès militaire remporté lors de la chute de Goma, le M23 pourrait revendiquer des postes
politiques et militaires, y compris le ministère de la Défense, l’état-major général des FARDC, les
gouvernorats du Nord et du Sud-Kivu, la validation des leurs députés élus à Masisi bien que, dans
cette circonscription, les élections ont été annulées en raison de nombreuses violences et de graves
irrégularités. Il pourrait revendiquer, au Nord-Kivu, la création d’une nouvelle province qui
comprendrait les territoires de Nyiragongo, Masisi, Rutshuru et Walikale, exclusivement réservée à
une population rwandophone, les Tutsis et les Hutus congolais et rwandais. La souveraineté
nationale et l’intégrité territoriale de la RDC est gravement menacée.
Plus jamais de huis clos.
Selon plusieurs membres de la société civile congolaise, face à la menace du M23, il est nécessaire
construire une cohésion nationale compacte entre toutes les principales forces du pays: la majorité,
l’opposition et la société civile. En particulier, on demande à la classe politique plus de
responsabilité, plus de nationalisme et plus de patriotisme. Il est impératif que le gouvernement et
l’opposition puissent surmonter leurs différends sur le pouvoir, en faveur de l’intérêt supérieur de
l’unité de la nation.
Le Président Kabila a promis un «dialogue» avec le M23, qui devra avoir lieu immédiatement après
sa retraite de la ville de Goma. On doit éviter les erreurs du passé. Puisque la souveraineté nationale
et l’intégrité territoriale du Pays sont des questions nationales, toutes les couches de la vie publique
devraient y participer: le gouvernement, le Parlement (majorité et opposition) et la société civile. Le
dialogue devrait se pencher exclusivement sur l’évaluation de la mise en oeuvre des accords du 23
Mars 2009, comme exigé par le même M23 au début de sa rébellion, au début du mois de mai. Les
conclusions du dialogue devraient être transmises au Parlement, convoqué en Congrès (les deux
chambres réunies), pour discussion et approbation. Seulement après, le gouvernement pourrait
procéder à leur promulgation. Tout le processus devrait se dérouler à la lumière du soleil, avec la
présence des médias. La logique de négociations à huis clos n’est ni démocratique, ni respectueuse
du peuple souverain qui a le droit inaliénable d’être constamment informé de l’évolution du
dialogue et des procédures subséquentes. Le M23 ne peut pas se permettre de s’approprier avec la
force des armes ce qui appartient seulement au peuple. Le M23 doit être honnête, s’il en a encore
les moyens, pour se confronter à la volonté populaire et s’y soumettre.
Ainsi fonctionne la démocratie!
Pas besoin que les pyromanes se transforment en sapeurs-pompiers.
Le Rwanda et l’Ouganda qui, afin d’éviter des sanctions de la part de la communauté internationale,
ont toujours nié les allégations, bien documentées dans le rapport du groupe d’experts de l’ONU,
sur leur soutien au M23, ont réussi à faire passer l’idée que le l’existence de ce groupe est un
3
problème interne congolais, même si ça ne correspond pas à la vérité. Qu’ils cessent alors
immédiatement, sans conditions et définitivement d’interférer dans les affaires politiques, militaires
et économiques de la RDCongo. Si, à leur avis, le M23 est un problème interne de la RDCongo,
qu’ils laissent les Congolais le résoudre entre eux. Il en dépend le bon déroulement du dialogue qui
est sur le point de commencer et toute la vie du peuple congolais. Si, au contraire, ils vont insister
pour faire partie de la solution du problème, cela signifie qu’ils font partie du problème lui-même. Il
faut mettre finalement fin à la dynamique des pyromanes qui prétendent se présenter en sapeurspompiers.
Le peuple congolais a depuis longtemps ouvert les yeux et si l’on continue à tolérer cette
ingérence sans la sanctionner, il pourrait répondre, à son tour, par la violence. Qui en sera alors
responsable? La communauté internationale aussi devra y réfléchir.
1. LA SITUATION SUR LE TERRAIN
Le 21 novembre, le M23 a pris la cité de Sake (27 km à l’ouest de Goma), où s’étaient retranchées
les Forces Armées de la RDCongo (FARDC). Le 22 novembre, en coalition avec les Mai-Mai de
l’APCLS, les FARDC ont procédé à une contre offensive qui, dans la mi-journée, leur a permis de
déloger le M23 de la cité. C’est aux environs de 17 heures locales, que les rebelles ont lancé un
nouvel assaut et que vers 20 heures, les FARDC ont dû décrocher, abandonnant leurs positions. Les
rebelles auraient par la suite pris la direction de Kirotshe au Sud, Mushaki au Nord-Ouest et Kingi
sur l’axe Masisi-centre. Au cours de ces affrontements, quatre personnes ont trouvé la mort, dont un
militaire.1
Le 23 novembre, le porte-parole des Forces armées de la RDCongo (FARDC), le Colonel Olivier
Hamuli, a déclaré que plus de trois milles cinq cents hommes se sont regroupés dans la cité de
Minova, à la frontière entre le Nord et le Sud-Kivu pour tenter d’enrayer la progression du M23
vers Bukavu. Ces militaires viennent de Sake et d’autres localités tombées entre les mains des
rebelles du M23. Depuis leur offensive lancée le jeudi 15 novembre, ces rebelles occupent
Kibumba, Munigi, Goma, Sake et Mushaki.2
Le 24 novembre, à Goma, la présence des rebelles en armes était plus discrète que ces derniers
jours. Selon le colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de la rébellion, les troupes (du
M23) ne sont plus dans la ville, désormais démilitarisée. Selon lui, il y reste l’état-major militaire et
les policiers.3
Le 25 novembre, la Monusco, la force de l’ONU en RDCongo, a évacué de Goma, capitale
provinciale du Nord-Kivu, vingt-deux magistrats qui se disent victimes de menaces de mort de
la part des rebelles du M23. Ces magistrats sont arrivés à Kinshasa. Le juge Michel Magasani, un
des magistrats évacués, affirme qu’ils ont commencé à subir des attaques et des messages de
menace de mort et il raconte comment un de ses collègues a récemment échappé à la mort à Goma:
«Il a rencontré un groupe de rebelles du M23 qui l’ont mis à genou. Un des rebelles lui a dit en
braquant sur lui une arme: « Tu m’as condamné à 12 ans de prison et moi je te condamne à la
mort ». Le magistrat s’est échappé après une dispute entre rebelles». D’autres magistrats auraient
reçu des messages de menaces sur leurs téléphones. Le chef de police de la Monusco, le général
Abdallah Wafi, qui a conduit cette évacuation, demande qu’une assistance leur soit accordée, car ils
ont laissé leurs familles et tous leurs biens à Goma. L’officier onusien assure qu’en dehors des
magistrats, il y a aussi des officiels, notamment les membres du gouvernement et de l’assemblée
1 Cf Radio Okapi, 23.11.’12
2 Cf Radio Okapi, 24.11.’12
3 Cf AFP – Kampala, 24.11.’12
4
provinciale ainsi que des éléments des FARDC et de la police, qui ont manifesté le désir d’être
évacués de Goma.4
Le 26 novembre, les rebelles du M23 n’ont pas encore quitté la ville de Goma, malgré l’ultimatum
de 48 heures que leur avaient lancé samedi dernier les chefs d’Etat de la CIRGL réunis en sommet à
Kampala. Les rebelles du M23 étaient encore visibles dans la matinée dans les rues de Goma et
dans certains lieux stratégiques comme les banques. Les domiciles de certains officiers des FARDC
sont toujours occupés par les dignitaires du M23, affirment des témoins. Mais Vianney Kazarama
affirme que seuls, l’administration du M23, la police de ce mouvement ainsi que son Etat-major
sont encore présents dans la ville. Selon lui, le gros des troupes du M23 se trouve à Mushaki, à plus
de 30 km au Sud-Ouest de Goma, et vers Munigi, à 10 km au Nord de la ville.
Les rebelles du M23 ont consolidé leurs positions sur les hauteurs proches de Goma et autour de
Sake. Ils ont érigé une barrière à Mugunga sur la route Goma-Saké où ils exigent 10 dollars
américains par véhicule à destination ou en provenance de Minova, au Sud-Kivu.
Selon plusieurs témoignages, les commerçants qui empruntent ce tronçon routier sont contraints de
payer 5 dollars américains. Les propriétaires de gros camions transportant des produits agricoles
déboursent 350 dollars américains comme droit de passage.
Plusieurs cas de pillages et de vols sont enregistrés dans plusieurs quartiers de la ville de Goma. Des
témoins rapportent que ce serait surtout des maisons des personnalités qui ont fui la ville, des
habitations des ministres, des autorités militaires et même des particuliers, des bureaux des
institutions provinciales qui sont visés. Les mêmes sources attribuent ces actes à des hommes en
armes habillés en tenue militaire. En ville, les activités ont repris peu à peu, mais les habitants ne
croient pas au retrait facile du M23, tant que les négociations avec le gouvernement ne sont pas
encore entamées.5
2. LE 5ÈME SOMMET DE LA CIRGL À KAMPALA
a. Le sommet
Le 24 novembre, un sommet extraordinaire de la CIRGL, consacré à la situation sécuritaire dans
l’Est de la RDCongo, s’est ouvert à Kampala en Ouganda. Il se tient trois jours après la réunion des
présidents congolais, rwandais et ougandais dans la capitale ougandaise qui ont exigé au M23 de
mettre fin à leur offensive et de se retirer de la ville de Goma. Le président congolais y prend part,
mais son homologue rwandais, Paul Kagame, n’y assiste pas. Il est représenté par sa ministre des
Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Des officiels rwandais invoquent d’autres engagements
et notamment la visite à Kigali ce samedi du président Denis Sassou-Nguesso du Congo-
Brazzaville. Cette visite devrait également être consacrée à la situation sécuritaire dans la région des
Grands lacs. Une délégation du M23 conduit par son coordonnateur, Jean-Marie Runiga, se trouve
également à Kampala mais pas dans le centre où doit se tenir le sommet.
En clôturant le sommet, les chefs d’Etat des Grands Lacs ont demandé au M23 de quitter les
positions qu’ils ont conquises après leur dernière offensive, de stopper son extension territoriale et
de ne plus remettre en question le gouvernement de la RDCongo. Plus précisément, ils ont demandé
aux rebelles du M23 de se retirer de la ville de Goma dans un délai de deux jours (48 heures) et de
se positionner à environ 20 km au nord de Goma (près de Kibumba).
Ils ont décidé du déploiement, à l’aéroport de Goma, actuellement tenu par la Monusco, d’une force
composite comprenant une compagnie des FARDC, une compagnie du M23 et une compagnie de la
force internationale neutre, qui n’a pas encore été précisément définie. Pour le financement de cette
4 Cf Radio Okapi, 26.11.’12
5 Cf Radio Okapi, 26 et 27.11.’12
5
force internationale neutre, la RDCongo a promis d’y contribuer. Ce financement est estimé à 100
millions de dollars américains pour une année.
Dans la ville de Goma, on déploiera un bataillon de l’armée congolaise et un autre de la police. Les
rebelles du M23 sont sommés de remettre à la police les armes délaissées par les militaires
congolais dans les localités qu’ils ont conquises.
La Monusco va assurer la sécurité dans la zone considérée désormais comme neutre, celle comprise
entre Goma et les nouvelles zones occupées par le M23.
En échange, le gouvernement congolais serait prêt à «écouter, évaluer et prendre en compte les
revendications légitimes» du M23, concernant la mise en oeuvre de l’accord signé en mars 2009 par
le Conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP) et le gouvernement de Kinshasa. Ils ne sont
toutefois pas allés jusqu’à évoquer la possibilité d’un «dialogue» comme l’avait demandé le M23.6
Le 24 novembre, à Kampala, sous l’égide du chef de l’Etat ougandais, Yoweri Museveni, le
président congolais Joseph Kabila a rencontré une délégation du M23 conduite par son chef
politique, Jean-Marie Runiga. Les deux parties, le gouvernement congolais d’un côté et la rébellion
du M23 de l’autre, vont maintenant se mettre d’accord sur ce qu’ils vont négocier ou pas.
Du côté congolais, Raymond Tchibanda, le chef de la diplomatie, estime qu’une fois les rebelles ont
retiré leurs troupes de Goma, le dialogue devra porter sur une évaluation de la mise en oeuvre de
l’accord du 23 mars 2009.
Du côté du M23, on veut discuter de l’accord de 2009. Mais Jean-Marie Runiga réclame aussi un
dialogue inclusif avec la société civile congolaise, l’opposition et la diaspora sur tous les sujets qui
touchent à la vie publique: la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance et la vérité
des résultats des élections du mois de novembre 2011. De son point de vue, le retrait de Goma ne
doit pas être un préalable, mais le résultat de négociations. Il a déclaré que le M23 n’abandonnera
pas la ville de Goma sur la seule promesse d’une ouverture de discussions avec le gouvernement.
Le M23 exige d’abord le dialogue avant de penser se retirer de Goma.7
b. Les réactions de la Société Civile et des partis politiques
Des ONG de l’est de la RDCongo ont accusé le gouvernement congolais de s’être «courbé» face
aux «Etats agresseurs», sans citer le Rwanda et l’Ouganda voisins. La fédération Société civile du
Nord-Kivu s’est dite «complètement déçue des résolutions adoptées à Kampala» qui n’ont fait que
«légitimer le M23» et «brader», selon elle, la «souveraineté de la Nation».
Le vice-président et porte parole de la société civile du Nord-Kivu, Omar Kavota, a qualifié de
trahison le fait que les résolutions du sommet légitiment le M23 et que le président de la
République, Joseph Kabila et son gouvernement acceptent de discuter avec le M23. «Les FARDC et
la population du Kivu ont tous été trahis par le commandement de l’armée et par le pouvoir de
Kinshasa, et le résultat est l’avancée du M23», dénonce-t-il.8
6 Cf Radio Okapi, 24.11.’12; AFP – Kampala, 24.11.’12. L’accord du 23 mars 2009 prévoyait notamment l’intégration
des forces du CNDP au sein des FARDC et de la police nationale, avec la reconnaissance de leurs grades.
Le CNDP revendiquait également une loi d’amnistie en faveur de ses hommes, couvrant la période de juin 2003 jusqu’à
la date de la promulgation de l’accord.
Le CNDP et le gouvernement avaient convenu de la nécessité de mettre en place des mécanismes fiables et efficaces de
bonne gouvernance à tous les niveaux et dans tous les domaines, y compris celui de la certification, de l’exploitation, de
l’évaluation et du contrôle des ressources naturelles.
Cet accord contient une clause demandant la mise en place d’un nouveau modèle de découpage du territoire national
fondé sur «la nécessité d’une meilleure prise en compte possible des réalités sociologiques du pays». Il inclut aussi la
reconnaissance des provinces du Nord et du Sud-Kivu comme des «zones sinistrées».
7 Cf RFI, 25.11.’12;
8 Cf Radio Okapi, 24.11.’12; AFP – Kampala, 24.11.’12.
6
Le 25 novembre, le député de l’opposition Jean-Claude Vuemba a jugé «inadmissible» que le
pouvoir en place accepte de se mettre autour d’une même table avec le M23 qui occupe Goma
depuis le 20 novembre dernier. Pour le président du Mouvement du Peuple Congolais pour la
République (MPCR), le gouvernement ne doit pas négocier avec les rebelles qui ont tué des
Congolais dans l’est de la RDCongo. «C’est depuis trop longtemps que l’opposition congolaise
demande des négociations avec le pouvoir après les élections de novembre 2011. Or jusqu’à ce
jour, on a toujours été saboté. Nous n’avons rien eu en échange. Et voilà que le M23 après avoir
fait la guerre à l’Etat se retrouve sur une même table avec le gouvernement congolais pour trouver
un accord. Nous ne pouvons pas l’accepter. Faut-il prendre des armes dans ce pays pour être
écouté?», s’est interrogé Jean-Claude Vuemba. Une partie de l’opposition réclamait un dialogue
après ces élections émaillées de fraudes et d’irrégularités, sans jamais l’obtenir. Jean-Claude
Vuemba a invité le président de la République à convoquer le Congrès pour expliquer aux
Congolais «les tenants et les aboutissants» de la guerre que mène le M23.
Du côté de la Majorité, le député François Nzekuye, du PPRD, le parti présidentiel, estime que le
gouvernement ne négocie pas avec le M23, comme certains le pensent, mais examine plutôt ses
revendications. Il a précisé que c’est à la CIRGL de recevoir les doléances du M23 et de les
transmettre au gouvernement congolais. «Nous avons dit à Kampala que nous allons examiner les
revendications du M23 et d’y répondre dans la mesure du possible. Nous n’avons pas dit que nous
allons entamer des négociations directes avec le M23. Les revendications sont transmises aux
autorités de la CIRGL qui les transmettront à leur tour au gouvernement de Kinshasa. C’est au
gouvernement de voir qu’est-ce qu’il y a de légitime et qu’est-ce qu’il y a de non légitime dans tout
cela», a déclaré François Nzekuye.9
c. Les réactions internationales
Le 25 novembre, réunis à Kigali (Rwanda), le président rwandais Paul Kagame et son homologue
du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso ont appelé, dans un communiqué, le gouvernement
de Kinshasa (RDCongo) et les rebelles du M23 à appliquer les décisions prises la veille lors du
sommet extraordinaire à Kampala en Ouganda. Ils ont noté «l’importance d’évaluer et de
comprendre correctement la véritable nature des nombreux groupes armés en RDCongo afin que
des solutions appropriées soient trouvées pour chacun d’eux», poursuit le communiqué.
L’Union Africaine (UA) a appelé les rebelles du M23 à se conformer aux décisions du sommet de
Kampala, notamment à cesser les combats, et a salué «l’engagement» de Kinshasa à prendre en
compte les revendications des rebelles.10
Le 25 novembre, dans un communiqué, le Secrétaire Général de l’Onu, Ban Ki Moon, a appelé le
M23 à rendre immédiatement ses armes et à procéder au retrait immédiat de ses forces de Goma,
conformément aux décisions du sommet extraordinaire de la CIRGL qui s’est tenu à Kampala.11
d. Les réactions du M23
Le 26 novembre, le mouvement rebelle du M23 a affirmé dans un communiqué ne pas avoir encore
reçu par la «voie officielle» les résolutions du sommet de Kampala exigeant son retrait de Goma, et
donnera «sa position» quand elles lui seront communiquées. Le chef du M23 Jean-Marie Runiga,
présent dans la capitale ougandaise en marge du sommet, «a essayé, sans y parvenir, d’obtenir par
la voie officielle copie de ladite résolution», est-il ajouté.12
9 Cf Radio Okapi, 26.11.’12
10 Cf AFP – Kigali, 25.11.’12; Radio Okapi, 25.11.’12; AFP – Jeuneafrique.com, 25.11.’12
11 Cf Radio Okapi, 26.11.’12
12 Cf AFP – 7×7, 26.11.’12
7
Le 26 novembre, les rebelles du M23 n’ont pas encore quitté la ville de Goma, malgré l’ultimatum
de 48 heures que leur avaient lancé samedi les chefs d’Etat de la CIRGL réunis en sommet à
Kampala. Le colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire de cette rébellion, dit craindre pour
la sécurité de la population civile si le M23 se retirait de la ville. Vianney Kazarama a évoqué la
présence des miliciens Maï-Maï et des rebelles des Forces Démocratiques pour la Libération du
Rwanda (FDLR) qui, selon lui, insécurisent les habitants.13
e. Évaluations et prévisions
Des agresseurs habillés en médiateurs.
Selon certains observateurs, depuis le début de la crise congolaise, des sommets de la CIRGL se
succèdent et se ressemblent. Au bout du compte, aucun résultat probant n’est obtenu quant au retour
d’une paix durable, ni au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans l’Est du territoire national.
Kigali et Kampala ont fait, subtilement, traîner les choses en longueur en vue de fléchir les positions
congolaises. La prise de Goma en est la parfaite illustration d’une stratégie visant à faire du M23
une affaire des Congolais, puis imposer sa présence à la table des négociations.
Le sommet de Kampala V risque de dédouaner les agresseurs de la RDCongo face à une
reconnaissance implicite du M23. Dans ce cas, la dimension interne de la crise étant établie, voire la
caducité du rapport des experts onusiens ne serait plus qu’une question de bon sens. Les assises de
Kampala V n’auront pour finalité que d’éviter les nécessaires sanctions à l’encontre de Kigali et
Kampala. Kinshasa n’exclut plus l’option des négociations directes avec le M23 dont,
curieusement, les revendications ont été jugées «légitimes» dans cette rencontre.
Kigali et Kampala n’attendent plus que ce moment pour se dédouaner de toute implication dans la
crise qui sévit dans l’Est de la RDCongo.
Après avoir longtemps résisté, Kinshasa serait sur la voie de lâcher du lest en acceptant enfin de
rencontrer les rebelles du M23 pour, selon les conclusions de la déclaration du mini-sommet de
Kampala, «examiner les causes du mécontentement» et voir dans quelle mesure «y répondre dans la
mesure du possible». Ce qui sous-entend des négociations pour éventuellement aplanir les
divergences aux fins de dégager un compromis autour des questions qui divisent. Si les
négociations directes avec le M23 ont l’avantage de limiter les dégâts sur le terrain d’affrontement,
elles ont néanmoins l’inconvénient de faire la part belle aux pays désignés comme agresseurs de la
RDCongo, à l’occurrence le Rwanda et, dans une certaine mesure, l’Ouganda. Ainsi, accepter de
négocier avec le M23, c’est autrement disculper Kigali et Kampala de tout soupçon d’agression.
Quoi que salutaire pour les populations civiles qui paient le lourd tribut de la recrudescence des
violences dans l’Est du pays, l’option des négociations suppose la reconnaissance, autant par
Kinshasa que d’autres qui soutiennent encore la thèse de l’agression, de l’existence d’un problème
congolo-congolais, supposé être le nerf de la nouvelle rébellion portée par le M23. Ce n’est pas
donc pas pour rien que le Rwanda et l’Ouganda soutiennent vivement l’option des négociations en
faisant pression au sein de la CIRGL pour que la RDCongo se plie à cette exigence.
Il y a bien des raisons qui légitiment cet acharnement de la CIRGL à vouloir à tout prix initier des
négociations entre le M23 et la RDCongo. En effet, le rapport final du groupe des experts des
Nations unies sur la RDCongo a mis à nu la forte contribution du Rwanda, essentiellement, et de
l’Ouganda, en second lieu, dans la rébellion du M23.
C’est dire qu’en acceptant de se mettre autour d’une table avec le M23, Kinshasa va indirectement
dédouaner ses deux voisins de l’Est dans l’action initiée par le M23. Il va donner des arguments à
Kigali et à Kampala; des arguments que ces deux capitales pourraient bien s’en servir pour un
plaidoyer devant les instances qui les ont unanimement condamnés au regard de leur appui avéré au
13 Cf Radio Okapi, 26.11.’12
8
M23. Les négociations directes entre Kinshasa et le M23 signifient autrement que Kigali et
Kampala n’ont jamais été associés au M23.
Dans cette hypothèse, Kigali et Kampala vont allégrement étoffer leur beau rôle de médiateur dans
la crise congolaise en cherchant à agir sur mandat de la CIRGL. Les négociations directes avec le
M23 ont deux grandes conséquences fâcheuses sur le plan diplomatique. D’une part, elles
légitiment le président Kagame dans sa position qui a toujours considéré la situation dans l’Est
comme un problème congolo-congolais. D’autre part, elles remettent par conséquent en cause le
travail des experts de l’ONU sur la RDCongo. Sous la casquette de médiateurs, Kigali et Kampala
pourront continuer à agresser et piller la RDCongo en toute impunité, pour le compte des
multinationales occidentales et avec le consentement de la communauté internationale.14
Selon certains observateurs, depuis le début, la CIRGL a cherché par différents stratagèmes à
amener Kinshasa à négocier avec le M23. Ce qui devait, espérait-elle, disculper des pays tels que le
Rwanda et l’Ouganda de toute implication dans la rébellion du M23. Elle a gagné son pari. Avec
elle, Kagame et Museveni, cités par l’ONU comme principaux soutiens du M23, se trouvent
dédouanés. Autrement dit, ils ne mériteraient plus de sanctions de la part des Nations Unies.15
La légalisation d’un mouvement terroriste et l’exonération de ses parrains.
Selon d’autres, la rébellion du M23 a été la grande gagnante du sommet extraordinaire de la
CIRGL. Qualifié de terroriste lors des précédents sommets de Kampala ainsi que celui de la
Francophonie à Kinshasa, ce groupe a finalement été reconnu comme une rébellion interne qui
occupe une partie de l’Est de la RDCongo. Le M23 n’a pas été sommé de quitter le territoire de la
RDCongo. Autrement dit, la CIRGL lui reconnaît une existence légale dans le Nord-Kivu, une
province qui fait pourtant partie d’un Etat souverain. En recevant le plus officiellement du monde le
président de sa branche politique, Jean-Marie Runiga Lugerero, le président ougandais a cautionné
un fâcheux précédent qui dément toutes les accusations portées contre son propre pays et, partant, le
Rwanda, épinglés jusque-là comme agresseurs de la RDCongo et parrains du M23. Le piège tendu
de longue date par les officiels rwandais et ougandais à leurs homologues congolais vient enfin de
se refermer sur ces derniers.
Les régimes de Kigali et Kampala viennent de réussir, à peu de frais, l’exploit de faire accréditer la
thèse d’une crise congolo-congolaise au Nord et Sud-Kivu, avec pour la toile de fond le non respect,
par Kinshasa, des engagements pris dans le cadre de l’Accord du 23 mars 2009. Grâce au Sommet
extraordinaire de Kampala, le M23 peut donner le maximum de voix pour exiger la satisfaction, par
son «partenaire» qu’est le gouvernement congolais, de ses revendications diverses au chapitre du
«partage équitable et équilibré du pouvoir».16
Possibles revendications.
Selon certains analystes, après la chute de Goma et le dernier sommet de la CIRGL à Kampala, le
M23 pourrait revendiquer des postes politico-militaires, parmi lesquels une Vice-Primature, celle en
charge de la Défense en particulier, l’Etat-major général des Fardc, les Gouvernorats du Nord et
Sud Kivu, la reconnaissance indistincte des grades proposés par le M23 (ex Cndp), pour tous ses
éléments, la permanences de ses troupes au Kivu et la suspension de l’actuation du mandat d’arrêt
émis contre Bosco Ntaganda par la CPI. Il exige aussi un nouveau dialogue inclusif devant
s’étendre à toute l’Opposition, à la Société Civile et à la diaspora congolaise. De manière claire, le
M23 lance au Gouvernement le message que voici: soit vous accédez à nos revendications sans
14 Cf Le Potentiel – Kinshasa, 23.11.’12 http://www.lepotentielonline.com/3375-negociations-avec-le-m23-le-oui-dekinshasa-
dedouane-kigali-de-tout-soupcon-d-agression
15 Cf Le Potentiel – Kinshasa, 25.11.’12
16 Cf Kimp – Le Phare – Kinshasa, 26.11.’12
9
discuter, soit nous vous embarquons dans le périlleux processus d’un dialogue inclusif. La
dynamique générale de ces assises serait, en effet, de nature particulièrement hostile à Kabila et à
son système. Le but poursuivi est simple: contraindre Kinshasa à choisir entre la noyade certaine
dans le cadre d’un dialogue inclusif et la perspective de s’en tirer bon compte en accédant
directement et sans contrepartie, aux revendications du M23.
En effet, en traitant directement avec le M23, en dehors de tout cadre inclusif, Kinshasa aura
l’avantage de conserver pour lui une marge de manoeuvre plus large. Mais il faudra alors faire face à
la fronde politique qui va naître, pendant que les marionnettes rwandaises vont se la couler douce.17
f. Après l’expiration de l’ultimatum
Le 26 novembre, le chef militaire du M23, le colonel Sultani Makenga, s’est rendu à Kampala pour
y rencontrer le chef d’état-major de l’armée ougandaise, Aronda Nyakayirima, qui devrait lui
relayer les conclusions du sommet de la CIRGL à propos du retrait du M23 de la ville de Goma.18
Le 27 novembre, Aronda Nyakayirima, le chef d’état-major de l’armée ougandaise, a déclaré que
Sultani Makenga, chef militaire du M23, a accepté de se retirer des villes de Goma et de Sake et
de stopper leur avancée militaire. «Il n’a pas à poser de condition parce qu’il sait que les demandes
du M23 seront prises en compte par le mécanisme de la CIRGL comme l’indiquent les conclusions
du sommet de Kampala», a-t-il poursuivi.
Lors d’une conférence de presse, dans la matinée, le président du M23 et chef politique de la
rébellion, Jean-Marie Runiga, a néanmoins posé des conditions à ce retrait. «Avant le retrait de
Goma, le M23 demande notamment au gouvernement congolais une enquête sur la tentative
d’assassinat d’une médecin au Sud-Kivu, d’accorder la liberté de mouvement de l’opposant Étienne
Tshisekedi, la dissolution de la Commission électorale congolaise. S’il le fait, le M23 fera très vite
son retrait de Goma», a-t-il déclaré. Jean-Marie Runiga a aussi affirmé que son mouvement ne se
retirerait de la ville que s’il obtenait du président Kabila un cessez-le-feu et l’établissement d’un
calendrier des négociations qui regrouperaient aussi la société civile, la diaspora et l’opposition. Il a
exigé que les FARDC ne reviennent pas en ville et que Goma soit sous administration politique et
administrative du M23. Il a également exigé le retrait des groupes armés étrangers actifs en
RDCongo, l’arrestation du général John Numbi, accusé par certaines ONG d’être le principal
responsable de l’assassinat du défenseur Floribert Chebeya, la libération «sans condition» des
prisonniers politiques. Jean-Marie Runiga a également évoqué l’ouverture d’un couloir humanitaire,
la collaboration avec la Monusco, la sécurité dans la ville de Goma et la relance des activités
économiques dans les localités occupées par son mouvement.
Le chef d’état-major de l’armée ougandaise, Aronda Nyakairima, a indiqué que les rebelles du
M23 s’étaient engagés à un retrait total et sans conditions de Goma avant jeudi midi, 29 novembre.
De son côté, le général Sultani Makenga, a déclaré que ses troupes quitteront Goma avant
vendredi, 30 novembre.19
3. LES PROPOSITIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
Le 22 novembre, au cours d’un point de presse, le Réseau national des ONG pour la défense des
droits de l’homme (Renadhoc) a dénoncé la dégradation sécuritaire et a regretté l’incapacité du
gouvernement Matata Ponyo à protéger l’intégrité du territoire national. Selon cette plateforme,
cette équipe gouvernementale a démontré ses limites notamment sur les plans diplomatique et
militaire et appelle le gouvernement Matata à tirer toutes les conséquences de l’échec de son action.
17 Cf Le Palmarès – Kinshasa, 26.11.’12
18 Cf Reuters – Goma, 26.11.’12
19 Cf Cf Radio Okapi, 27.11.’12; Jeuneafrique.com, 27.11.’12
10
Devant la situation marquée par la prise de Goma et d’autres localités environnantes par le M23, le
Renadhoc recommande au chef de l’État la révocation de certains ministres, des responsables de la
police et de l’armée. Ce réseau a principalement visé les ministres de la Défense, de l’Intérieur et de
la Justice, le chef d’état-major général de l’armée congolaise, le chef d’état major des forces
terrestres et l’inspecteur général par intérim de la police. «Ils ont prouvé qu’ils n’étaient pas à la
hauteur de leurs responsabilités», a appuyé le secrétaire exécutif du Renadhoc, Fernandez Murhola.
La plate-forme a également conseillé l’exfiltration et l’extirpation urgente de l’armée, de la police et
des services de renseignements, de tous les officiers supérieurs et sous-officiers issus des anciens
mouvements rebelles dont le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et le Conseil
National pour la Défense du Peuple (CNDP). «Ils jouent généralement le double jeu et sont restés
plus loyaux au Rwanda qu’à la RDCongo», a-t-elle fait remarquer. Le Renadhoc a aussi sollicité la
révision urgente de toutes les chaînes de commandement et de la gestion logistique des forces
armées, de la police ainsi que de services de renseignement civiles et militaires. «Il est impératif que
toutes les chaînes de commandement soient gérées par des officiers loyaux, nationaux et
patriotiques. Ne pas le faire constitue un acte de haute trahison», a avisé le secrétaire exécutif de ce
regroupement.
Le Renadhoc a trouvé paradoxale l’appel à la mobilisation générale lancé par le chef de l’État et
l’interdiction à manifester que les étudiants de certaines universités ont subie de la part de la police.
La plate-forme a, par ailleurs, appelé les populations des territoires sous occupations du M23 à la
désobéissance civile généralisée envers «les autorités qui contrôlent, tuent et pillent actuellement
une partie de la province du Nord-Kivu». Cependant toute la population congolaise a été appelée à
la résistance.
Le Renadhoc a aussi conseillé plus de nationalisme, de patriotisme, de responsabilité et de cohésion
nationale à la classe politique. «Il est inconcevable que plusieurs acteurs politiques congolais se
laissent toujours instrumentalisés par le Rwanda, au profit des pouvoirs éphémères et stupides», a
regretté le réseau. Pendant que le réseau invite à la tenue d’un congrès du Parlement, il appelle
également les États véritablement amis du peuple congolais à cesser de vendre les armes au
Rwanda.20
Le 24 novembre, dans un communiqué sur «la déstabilisation de la RDCongo par des forces
extérieures», les membres du Réseau des organisations des Droits humains et d’éducation
civique d’inspiration chrétienne (Rodhecic) de la Société civile expriment leur «colère contre le
chef de l’Etat, le gouvernement et les partis politiques de la Majorité présidentielle pour ne pas
arriver à résoudre durablement la problématique de la sécurité et de la protection des populations et
des territoires de la RDCongo». Ils déplorent aussi que, «depuis plus de 16 ans, le Rwanda et
l’Ouganda ainsi que leurs alliés extérieurs, notamment les multinationales, soutiennent toutes les
rebellions contre les institutions de la RDCongo, provoquant des négociations et des accords parfois
secrets qui préparent systématiquement la prochaine guerre et les violations massives régulières des
droits humains qui en découlent». En effet, font-ils remarquer, «le gouvernement congolais a
toujours négocié et intégré des hommes de troupe et des hommes politiques issus des groupes armés
sans que cela n’apporte de solutions idoines, efficaces et durables aux problèmes d’instabilité de
notre pays».
«Les citoyens de la RDCongo n’acceptent pas le M23, la rébellion et l’occupation. Les nombreuses
victimes humaines des violations graves des droits humains ainsi que le drame humanitaire que
nous vivons à travers les nombreux déplacés et réfugiés sans assistance sont des raisons suffisantes
pour récuser ces terroristes qui agissent avec l’appui avéré du Rwanda et de l’Ouganda», affirmentils.
20 Cf Lucien Dianzenza – Les dépêches de Brazzaville – Kinshasa, 23.11.’12
11
Ils regrettent que «la corruption et l’impunité accordée comme prime aux acteurs politiques et aux
différents groupes armés, qui commettent des crimes contre la RDCongo et l’humanité, favorisent
et consolident l’insécurité ainsi que la prolifération des groupes armés dans le Pays».
Ils condamnent «l’appui avéré du Rwanda et de l’Ouganda ainsi que de leurs alliés extérieurs,
notamment les multinationales, à tous les groupes armés en RDCongo».
«Ils exigent le retrait immédiat et sans conditions du M23 de tout le territoire congolais; la
publication de tous les accords en lien avec la guerre en RDCongo; la mise en application effective
des résolutions des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CIRGL; la poursuite, par le Conseil
de Sécurité des Nations Unies, de tous les responsables des violations massives des droits humains
et du génocide commis en RDCongo se trouvant au Rwanda et en Ouganda; le dialogue entre les
acteurs politiques et les forces vives de la RDCongo».21
Selon plusieurs membres de la Société Civile congolaise, face à la menace du M23, il faut
construire un bloc intérieur avec l’ensemble des forces significatives du pays. Il faut que la classe
politique, Majorité et Opposition, la Société civile et toutes les forces vives du pays se retrouvent
ensemble pour des cogitations sur la question. Cela induit-il une refonte des institutions et une
redistribution des cartes? Serait-ce le prix qu’il faille payer, pour que le pays retrouve son intégrité
territoriale sans trop de casse et de frais? La réponse est dans ce dicton populaire: «On ne fait pas
d’omelettes sans casser les oeufs». Mise ensemble, la nation, à travers ses représentants à divers
niveaux, peut trouver des réponses.22
4. LES OBJECTIFS CACHÉS DE LA GUERRE DU M23
Pour Gaspard-Hubert Lonsi Koko, essayiste et observateur des rapports Nord-Sud, le M23 est
précisément composé de Congolais rwandophones et de militaires rwandais qui ont pour objectif de
s’approprier le Kivu, une région – très riche en minerais et en terres agricoles – qui attise la
convoitise du Rwanda surpeuplé. Le Rwanda, accusé de toute part comme étant le véritable
agresseur de la RDCongo, pousse le M23 à occuper le maximum de territoires en vue d’entamer des
négociations avec le gouvernement congolais en position de force. Cela permettra à Paul Kagamé
d’infiltrer des citoyens rwandais dans les institutions congolaises – l’armée, le gouvernement, les
collectivités locales… – et à administrer officieusement le Kivu, afin d’en tirer de copieux bénéfices
économiques, surtout dans le secteur minier.23
L’implication du Rwanda au Nord et au Sud-Kivu a été longtemps justifiée par des raisons
sécuritaires: empêcher les incursions des miliciens hutus et le retour de l’idéologie du génocide,
protéger les «cousins» Tutsis congolais. Aujourd’hui les forces hutues (moins de 2.000 hommes) ne
représentent plus une menace. Mais Kigali, sans l’exprimer ouvertement, souhaite que l’Est du Kivu
demeure une zone de «souveraineté partagée» et veut pouvoir compter sur une «armée dans
l’armée» et sur des alliés politiques locaux. Au coeur de cette ambition, il y a la sécurité, mais
surtout l’économie: le Rwanda fonde son expansion et son rôle au sein de la Communauté des Etats
d’Afrique de l’Est (Comesa) sur le fait d’être un «hub» aérien et une plaque tournante pour
l’exportation des minerais extraits au Congo (coltan, cassitérite, terres rares, niobium, etc.). La
découverte de gisements pétroliers a aiguisé les appétits: la société britannique SOCO (qui a des
bureaux à Kigali) a entrepris des prospections pétrolières dans le parc des Virunga au Nord-Kivu.
Quant au gisement de pétrole découvert sous le lac Albert, son exploitation devrait être partagée
entre l’Ouganda (qui va se doter d’une raffinerie) et le Congo. Mais la nappe se prolongeant jusque
21 Cf Angelo Mobateli – Le Potentiel – Kinshasa, 26.11.’12
22 Cf Le Potentiel – Kinshasa, 25.11.’12
23 Cf Jolpress.com, 23.11.’12
12
Rutshuru, aux mains des rebelles, le Rwanda, via ses alliés du M23, pourrait revendiquer de prendre
sa part du pactole.24
La reprise de la guerre dans l’Est du territoire national a pour vraie cause la création d’une province
exclusivement réservée aux Tutsi et Hutu congolais et rwandais. Les riches espaces de Masisi et
Rutshuru sont curieusement visés. Le contrôle du pétrole, des terres rares, des mines de coltan et de
cassitérite va succéder à un référendum d’autodétermination qui finirait par annexer cette nouvelle
province au Rwanda.
Dans sa question orale urgente avec débat, adressée au ministre de l’Intérieur Richard Muyej, le
sénateur Mokonda Bonza s’est interrogé sur le contenu de l’accord signé avec le CNDP en rapport
avec le découpage territorial en ces termes: «L’accord signé le 23 mars 2009 stipule, dans son
article 8, ce qui suit: Se fondant sur la nécessité d’une meilleure prise en compte possible des
réalités sociologiques du pays, le CNDP a proposé un modèle sociologique du découpage territorial
national. Quel est ce modèle de découpage?».
La reprise de la guerre dans l’Est du territoire national confirme que, en appuyant le M23, Kigali
vise à obtenir, par tous les moyens, la reconfiguration des frontières issues de la décolonisation. Le
régime rwandais ne cache plus sa détermination à redessiner la carte géographique de l’Afrique,
particulièrement dans la région des Grands Lacs africains. L’agenda caché consiste à obtenir un
espace territorial réservé exclusivement à des Rwandophones. Au même moment, les Nande seront
confinés à Beni et Lubero. Ainsi, la nouvelle province sera réservée aux Tutsi et Hutu ainsi qu’aux
«autres tribus minoritaires».
L’argumentaire soutenant le rapprochement de l’administration des administrés évoqué par le
CNDP en son temps est partagé par tous. Toutefois, accorder plus de privilège à la donne ethnique
revient à transposer sur le territoire congolais la réalité sociologique rwandaise avec les deux tribus
dominantes tutsi et hutu. La partie juteuse revenant à cette nouvelle province comprendrait les
territoires de Nyiragongo, Masisi, Rutshuru et Walikale. Le CNDP/M23 considère déjà cette option
comme un agenda prioritaire pour lequel il est prêt à mettre du feu tout l’édifice national.
Les visées expansionnistes de Kagame se traduisent également par une adaptation, en RDCongo, du
programme de l’éducation au niveau fondamental au Rwanda. Selon des sources crédibles, il est
enseigné aux enfants rwandais que le Kivu faisait partie du Rwanda. C’est tout dire sur les
intentions de Kigali: faire main basse, quel qu’en soit le prix, sur cette partie de la RDCongo. Le
décor se plante pour cet ultime objectif, pièce après pièce.
En cas d’échec, Kagame pourrait reculer, mais pour rebondir plus tard; comme il vient d’en faire la
démonstration avec le feuilleton AFDL-RCD-CNDP-M23. Croire qu’il pourrait renoncer un jour à
cette visée serait une erreur d’analyse.
Le plan se décline presque de cette manière. D’abord, l’érection de la nouvelle province dans les
limites géographiques jouxtant le Rwanda. Ensuite, procéder à un référendum d’autodétermination
piloté par les Nations Unies où autres institutions. Enfin, annexion de la nouvelle province au
Rwanda. Ce faisant, Kigali exercera sa souveraineté sur un espace plus grand, résoudra également
le problème de promiscuité de sa population avec en prime des richesses immenses du sous-sol.
Les Anglo-Saxons, qui portent à bras-le-corps cette stratégie, connaissent ce qui est enfoui dans le
sous-sol de cette partie de la RDCongo. L’entretien permanent de l’instabilité et la pérennisation du
chao dans cette partie du pays donne la parfaite démonstration des raisons cachées de cette volonté
annexionniste avérée de la part de certaines puissances occidentales.25
24 Cf Le carnet de Colette Braeckman – Le Soir, 21.11.’12
25 Cf Le Potentiel – Kinshasa, 27.11.’12
http://www.lepotentielonline.com/3470-le-cndp-m23-exige-le-decoupage-du-nord-kivu-en-deux-provinces

SE M. LE GOUVERNEUR DU NORD-KIVU


LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MONSIEUR LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU
CONCERNE : DERIVE DE VOTRE ENTOURAGE
Excellence,
J’ai l’honneur de venir humblemet auprès de votre autorité par la présente, afin d’attirer votre attention sur les graves violations des libertés publiques dont votre entourage s’est fait auteur dans les médias à Goma en violation flagrante de vos propres promesses.
En liminaire, c’est en application de votre disponibilité à accueillir les suggestions des notables que je me vois obligé d’écrire sous cette forme de lettre ouverte en vertu de la nécessité d’atteindre les concernés tout en prenant, à travers les médias, l’opinion publique à témoin. Je vais en effet m’exprimer sur les graves déviations verbales de vos collaborateurs à Goma sur les ondes de la radio KIVU 1 du 06 au 09 décembre 2012 et de l’injusctice qui a marqué la confection de la liste des femmes leaders qui vous ont rencontré en date du samedi 08 décembre 2012.
Excellence Monsieur le Gouverneur,
Loin de moi ici l’idée de nier à votre entourage le droit de vous défendre contre les signataires d’une pétition qui vous remets en cause, ni de disserter sur le fond de cette question de pétition qui, pour moi, reste mineure. Mais  je dois, en qualité de fils de ce pays et de cette province, soulever votre particulière attentions sur les points suivants :
1. Le caractère constitutionnel du droit à la pétition.
Quelle que soit son intention, son identité ou ses qualités, tout citoyen congolais jouit pleinement du plein droit constitutionnel d’initier une pétition ou de la soutenir. Tout acharnement contre un signataire d’une pétition viole donc ses droits et libertés. Bien entendu, vos collaborateurs ont le droit de s’exprimer, mais il est hors de  question que quiconque dans ce pays, quel qu’il soit, donne encore des ordres monolithiques ou dicte des attitudes politiques au peuple de ce pays comme à l’époque de la dictature. Or, vos collaborateurs se sont concentrés sur des attaques individuelles contre les signataires. En lieu et place de cours et tribunaux et des organes législatifs, ils se sont même prononcé sur la légalité de la démarche ; ce qui est à mon sens totalement hors de leurs compétence et a peu de chances de paraître obejectif, vu qu’ils étaient à la fois juges et partie sans procureur ni avocats, ni partie civile. En plus, pareil exercice risque de s’avérer compliqué au cas où le nombre des signataires avoisinait les milliers.

2. La violation de la liberté d’opinion et des lois sur la presse.
    La ville de Goma a suivi toutes ces émissions avec surprise pour la simple raison que les membres de votre cabinet ceux du BUREC, parti politique qui vous reconnaît comme Autorité Morale, étaient les seuls à parler de cette histoire de pétition pendant 4 jours de suite sur KIVU 1 sans la moindre contradiction. Bien qu’annoncée, la réplique des personnes impliquées dans ces émissions n’a jamais été programmée jusqu’à ce jour alors que la loi fixe un délai de 48 heures pour l’exercice du droit de réponse et sa diffusion dans les mêmes conditions que les attaques ou les propos à contredire ont été mis à la disposition du public. De nombreuses personnalités de la ville, indignées par son contenu, ont même appelé madame la responsable du CSAC Nord-Kivu dès la première émission du jeudi 06 décembre, mais cet organe sensé réguler le contenu des programmes des médias a fait curieusement la sourde oreille et a laissé rediffuser ce proramme, lequel ne figure pas sur la grille de la chaine concernée. Ceci est contraire aux intructions du CSAC qui ne cesse d’exiger le respect des grilles des programmes par les médias congolais, allant jusqu’à sanctionner dernièrement la radio OKAPI pour n’avoir pas déposé la sienne. Ici, on a vécu le contraire : En date du dimanche 09, des personnes qui voulaient participer au débat sur la question de la pétition et qui étaient supçonnées d’avoir un point de vue contraire à celui de votre entourage  n’ont même pas pu avoir accès au studio de KIVU 1. Manifestement, vos collaborateurs ont donc ainsi participé, devant toute la ville, à une violation massive de la liberté d’opinion et de la liberté de presse.
3. Injures et attaques personnelles à la radio de la part de vos proches.
Les auditeurs de KIVU 1 ont eu suivi des injures prononcées par de hauts cadres de votre entourage en direct sur KIVU 1. Les initiateurs de la pétition y ont ainsi été comparés à des « poux quittant un un cadavre ». Vos proches ont mis les parents mal à l’ aise devant leurs enfants avec des expressions telles que « on ne peut pas péter plus fort que son anus ». Ceci a été présenté, et en direct, comme une principe de travail par votre conseiller juridique, ce qui est inquiétant au vu de son lieu de travail et de ses lourdes responsabilités.   Chose étrange, ceci arrive juste après que vous ayiez demandé aux intervenants dans les médias et aux internautes  de s’abstenir des injures. De toute évidence, à peine lancé, cet appel a été sciemment foulé aux pieds dans votre propre cabinet. Le silence des autorités sur ces dérive est surprenant dans la mesure où, en dépit de son contenu choquant et monolithique, l’émission du jeudi 06 a encore été rediffusée le vendredi 07/12/2012, date a laquelle elle sera tout de même interrompue par un tollé général.
4. L’arbitraire dans la confection de la liste des personalités féminines à consulter.
Tout Goma se demande en vertu de quel principe et dans quel objectif le nom de la Rapporteur Générale du Comité des Femmes du Nord-Kivu a été rayé de la liste des femmes qui devait être vos hôtes le samedi 08 décembre 2012. Ceci viole les droits aux femmes de s’auto organiser et reflète l’arbitaire. L’explication donnée à la concernée a été l’appartence de son mari à l’opposition. Ceci est contraire à la Constitution et des lois du pays qui protègent les droits des membres de l’opposition, totalement ignorées dans ce ce cas. Elle traduit aussi une discrimination sur des bases  partisanes, tout-à -fait hostile à l’appel à la mobilisation à toute la nation, lancé plusieurs fois par le Chef de l’Etat. C’est une attitude résoluement contraire celle du pouvoir central, qui a intégré des opposant dans sa délgation qui dialogue avec le M23 à Kampala, au moment où leurs épouses sont chassées de concertations à Goma, chef lieu de la ville même dont l’agresson a ému le monde entier ; là où les femmes souffrent plus de la guerre. Votre entourage a ainsi obligé les femmes du Nord-Kivu à laisser leur Secrétaire Rapporteur dehors lors d’une rencontre importante, une façon de les fragiliser tout en sollicitant leur contribution, ce qui est contradictoire. Cette sélections partisane et sentimentale en plein effort de guerre est de nature, à mon humble avis, de fragiliser la cohésion nationale au mauvais moment.

Excellence Monsieur le Gouverneur,

La ville de Goma vient de vivre des moments difficiles. Elle aspire à la quiétude et à l’unité. Elle n’a nullement besoin de joutes oratoires sur fond de courses au pouvoir. En ce moment, il est nécessaire que l’élite au pouvoir évite que la jeunesse utilise ses discours pour apprendre de nouvelles expressions désobligeantes.

C’est pourquoi et est à mon avis urgent que les concernés soient rappelés à l’ordre et que les droits des citoyens, tous les droits y compris ceux de la presse et ceux ayant trait aux libertés d’expression, soient garantis et gérés sans émotion, dans le respect des lois et de la constitution de la République, à moins que Goma ne vive un état d’urgence non déclaré.

Par ailleurs, je trouve contradictoire que vous avertissiez les gomatraciens contre la stigamatisation et les règlemements de compte et que seulement deux jours plus tard , sans présenter la moindre preuve au peuple, votre propre entourage annonce l’annonce la proximité de certains compatriotes avec le M23.
Ceci étonne la ville car tout Goma a vu qui, y compris dans votre staff, s’est illustré dans des tentatives de séduction envers cette rebellion,  qui a amené des demandes d’emploi et qui lancé des messages flatteurs à ceux dont le regretable séjour a heureusement été bref parmi nous. Sur un autre régistre, mon avis que est le le CSAC Nord-Kivu nous aiderait beaucoup en jouant réellement son rôle de régulation et en évitant de laisser la presse se tranformer en lieu de lynchage et de rafales d’injures publiques.

Excellence, l’heure est grave et la Patrie est en danger.

Le monde entier est à son chevet.

C’est pourquoi un dérapage autour de celui qui représente le Chef de l’Etat et qui garanti le respect des normes n’a pas sa place en ce moment pathétique : Excellence, votre entourage devait être invité à s’absetenir de la divisions, de l’indexation des gens, et de la discrimination.

C’est pourquoi je regrette franchement la grande et inutile publicité que vos conseillers et certains de vos partisans font autour d’une question aussi dérisoire que la pétition au moment où la terre de nos ancêtres est ménacés. Quand des milliers des nôtres ont perdu la vie injustement et quand près d’un million de congolais errent sans toit ni maison au pays comme à l’étranger, la question apparaît comme un cheveu dans la soupe.

Enfin, votre entourage semble sciemment rejeter vos conseils à la tempérence et les appels à l’unité du Chef de l’Etat. Il devrait être à mon avis invité à résister à montrer un zèle amer ou à se présenter comme votre défenseur acharné et ultra fidèle, faisant fi des loi, des enjuex et des principes, au point de susciter la clameur publique.
En effet, c’est vous et vous seul qui avez été élu Gouverneur et ces agitations verbales autour de vous risquent de vous être imputées, surtout qu’elles ont eu lieu entre le 06 et le 09 décembre, quand vous étiez bel et bien présent à Goma. Cependant je ne crois pas, tel que je vous connais Excellence, que vous puissiez avoir avaliser un tel dérapage. C’est ce qui m’a encouragé à vous saisir personnellement pour vous supplier: concentrons nous sur l’essentiel.
Recevez, Excellence, l’expression de ma plus haute considération.

Fait à Goma, le 11/12/2012

Honorable KYAVIRO MALEMO Jean-Louis Ernest
Député national honoraire et Président de la Fraternité Patriotique. 

Qui sommes-nous ?


From: Congovision

http://www.congovision.com/nouvelles2/m23_terror2.html
Results of US Quiet Diplomacy about the atrocities in DRCongo
Approximately 6 million people killed; over 2 million internally displaced, thousands of women and children raped, looting of Congo natural resources. Biggest holocaust of modern history.

President Paul Kagame: « These congolese they are incapable and useless »

Ambassador Susan Rice: « This is the D.R.C. If it weren’t the M23 doing this, it would be some other group.”

Assistant Secretary Johnny Carson: « Rwanda has a high level of credibility with respect to the way it uses its resources. » “There is not an ounce of difference between myself and Ambassador Rice on this issue,” « quiet diplomacy is better than publicly calling out Mr. Kagame. »

Jason K. Stearns: “The M23 would probably no longer exist today without Rwandan support,” “It stepped in to prevent the movement from collapsing and has been providing critical military support for every major offensive.”

Important point to consider:

M23 rebels should not be stationned at Goma Airport. They will shoot down a plane carrying Congolese provincial or national officials. This will result in a chaos, probably triggering a genocide, just like in Rwanda in 1994. Rwanda plans to duplicate its 1994 scenario. It needs an excuse to enter Congo openly.

12 December 2012

© 2012 Congo Vision

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Is Susan Rice « Bad for Congo »
Exclusivité: les FARDC présente les rebelles du M23 de Kagame capturé à l’ est

L’offre Skype…


Jusqu’à présent, l’offre Skype n’en vallait pas la peine pour les appels sur la RDC.  Il suffisait de la comparer à l’offre de VOIP Gain par exemple…
L’offre-suivante reste pareille par rapport à VOIP Gain, mais en vaut la peine pour ceux qui sorte dans le froid pour aller en cabine : http://www.skype.com/intl/fr/prices/pay-monthly/#CD .

Un sommeil-lit du kanambisme


[19:05:51] GENERAL-KAWELE -KATA -MOTO – Seba Siao: TROP C,EST TROP IL FAUT  QUE  KANAMBE ALIAS KABILA SOIT DECAPITE AU LE BRULE VIFE ET MENDE DOIT ARRETER DE MENTIR SUIVEZ CA  http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=fIbpHk3P_tw

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Nous sommes divergeants sur notre perception de causes du malheur congolais.  Nous demeurons nombreux à constater et à dire qu’avec Kanambe et Matata, le Congo ne connaîtra pas la paix.

Même si les guerres à l’est venaient miraculeusement à se terminer, il resterait encore la question des 4 à 7 millions de congolais en exil à cause de leur opinion politique et rarement à cause des délits qu’ils ont commis dans le pays qui restent toujours impunis.

Même si les M23 et les Mai-Mai disparaissaient, nous aurions encore à régler la question du clivage passer du Est/Ouest à Est/Ouest/Centre.  Seuls les congolais irresponsables à nos yeux ont sommeils.  Les raisons sont légions d’être dans l’insomnie permanente.

C’est pour cela que, rencherissant dans le sens du GKKM, nous pouvions ajouter ce qui suit.

[19:08:18] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: Le plus important n’est pas de cannoner cela : c’est de mettre en place les mécanismes qui conduiront à l’arrestation des colonisateurs, des imposteurs et des traîtres qui ont tous ensemble à la mort de plus de 6 millions de nos concitoyens, à ce que prétendent leurs statisticiens.
[19:10:09] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: Dans le Projet 2014, depuis décembre 2014, nous invitons et attendons autour d’une table tous ceux qui veulent agir de façon organisée et décisive contre les maux dont souffrent malheureusement encore et toujours nos frères du Congo : la colonisation, l’imposture, la dicature, la trahison, l’insécurité des hommes et de leurs bien.
[19:12:49] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: Il est triste d’observer que depuis lors (12/1999) seules deux personnes sur 73 millions de congolais que nous sommes, ont eu le courage de participer en prenant des risques énormes pour leurs vies !  L’une d’elle est aujourd’hui forcée à l’exil et l’autre muselée, parce dans l’espace risqué pour la vie des opposants politiques que représente le territoire congolais aujourd’hui !
[19:13:23] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: Un sursaut d’un réel réveil national est ce pourquoi nous prions jour et nuit !
[19:13:51] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: Que Dieu nous garde de continuer notre sommeil qui fait le lit du kanambisme !

Pourquoi soutenir le CNDP, le M23 et les autres ?


Pourquoi certaines personnes se tromptent-ils encore et toujours en soutenant le M23 ou encore d’autres rebelles qui ont pignon sur rue dans l’est de la RDC ?

Quels sont les vrais enjeux des guerres qui se déroulent dans cette contrée, au-delà de la volonté des bandits suffisamment connus de nous désormais, qui ne cherchent qu’à assouvir leurs bas instincts et que nous continuons curieusement à soutenir, bien que certaines personnes aient déjà compris la cause à soutenir ?

L’expérience de la vie nous a permis de vérifier cette assertion d’un de nos professeurs d’anglais à l’Institut Ujio wa Heri de Bunia : les hommes se comportent non pas en fonction de ce que les choses sont, mais en fonction de ce qu’ils croient que les choses sont !  Se refuser de le reconnaître peut nous coûter du temps pour comprendre les raison de nos malheurs.

La lecture attentive et critique de la livraison suivante, que nou tirons de http://rutshuru.wordpress.com/2012/12/02/pourquoi-le-rwanda-ne-veut-pas-lacher-lest-de-la-rdc/ permet de trouver une clé importante à la vraie résolution de la crise qui perdure dans l’est de la RDC, particulièrement en Ituri, au Nord-Kivu et dans le Sud-Kivu.

Nous vous laissons lire, comprendre, critiquer et tirer les leçons qui s’imposent à nous congolais et à tous les peuples de l’Afrique Centrale qui sont épris de paix et de prospérité.  Les autres s’en moqueront toujours ; retenez-le…

Pour ceux qui continuent encore à faire le lit du kanambisme et des rebelles qui l’accompagnent tout le long de ses mandats successifs, nous pensons qu’ici se trouvent quelques clés qui ouvre la porte de la paix et de la prospérité dans l’est de la RDC.

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Pourquoi le Rwanda ne veut pas lâcher l’Est de la RDC

Posté par rutshuru ⋅ 2 décembre 2012 ⋅ Poster un commentaire

Classé dans démocratique du congo, gouvernement du rwanda, nord kivu, sud kivu

Les récentes révélations de l’appui matériel et militaire du Rwanda aux rebelles congolais du M23 ont jeté un froid dans les relations diplomatiques avec la RDC. Mais depuis longtemps, le régime rwandais tire des énormes bénéfices financier et géostratégique en contrôlant la province du Nord Kivu. Explications.

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Mise à jour du 29 novembre 2012: Alors que les rebelles du M23 ont affirmé qu’ils quitteraient prochainement les environs de ville de Goma dans le Nord-Kivu, au nord-est de la RDC, qu’ils occupent depuis le 20 novembre, la BBC fait une révélation des plus embarrassantes pour le Rwanda.

Interrogés par un journaliste de la chaîne britannique, le colonel Besftriend Ndozi et le capitaine Okra Rudahirwa, deux anciens combattants rebelles du Mouvement congolais pour le Changement originaires de Bukavu, capitale provinciale située au sud du lac Kivu, affirment avoir été approchés par le gouvernement rwandais pour ouvrir un nouveau front au Sud-Kivu parallèlement à celui tenu au nord par le M23.

«Le chef de notre mouvement est venu avec une délégation du gouvernement du Rwanda, en disant que le mouvement avait changé, que nous devions désormais suivre les instructions du gouvernement rwandais» a déclaré le capitaine Okra Rudahirwa à la BBC.

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La nouvelle a suscité l’émoi en République démocratique du Congo, comme si c’était une première.

Le Rwanda appuie les rebelles du M23 en matériels et en hommes. Un rapport confidentiel de la mission de l’ONU décrivait ces déserteurs comme des citoyens rwandais recrutés au Rwanda —sous prétexte de rejoindre l’armée nationale. L’un d’eux serait un mineur.

Certains déclaraient avoir été recrutés en février, alors que la rébellion s’est déclarée en avril.

Le premier à réagir, le Rwanda, par l’intermédiaire de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui est catégorique.

«Le Rwanda n’a ni formé ni envoyé de combattants de l’autre côté de la frontière. Cette fuite montre la désinvolture dont fait preuve la Monusco. Nous avons connaissance de ces allégations depuis des semaines. Pourquoi les diffuser? La première des choses aurait été de les vérifier: qui sont ces Rwandais? De quel district viennent-ils?… Mais accuser un pays de soutenir une rébellion dans un autre pays, c’est totalement irresponsable, compte tenu de notre histoire récente», a-t-elle déclaré à Jeune Afrique.

Du côté congolais, la lente réaction des autorités est tombée par le biais du porte-parole du gouvernement ce samedi 9 juin. Au cours d’une conférence de presse tenue à Goma (Nord-Kivu), Lambert Mende a expliqué:

«Le gouvernement congolais s’est impliqué dans une patiente collecte des faits. Une chose est évidente, le territoire du Rwanda a servi à la préparation et à la perpétration d’une conspiration qui, après avoir commencé comme une simple mutinerie, évolue dangereusement vers un schéma de rupture de la paix entre deux pays de la région des Grands Lacs.»

Joseph, un tutsis congolais étudiant en France, évoquait déjà, l’air de rien, cette présence rwandaise en RDC très récemment:

«A chaque fois que Kigali veut influer sur la politique au Congo, il recrute parmi les gens dans notre communauté ou des Rwandais dont certains ont déjà vécu au Congo. Ce sont soit des démobilisés de l’armée rwandaise ou des anciens rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Depuis le génocide, les civils rwandais sont entraînés au maniement des armes. Ces personnes sont donc envoyées pour combattre ou exploiter des minerais.»

Plusieurs démobilisés se sont ainsi retrouvés au Congo après leur rapatriement par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ce phénomène est bien connu du HCR et à la mission onusienne, même si aujourd’hui, pour des raisons de communication et d’image, la nouvelle étonne encore.

En 2008, déjà, un rapport accusait ouvertement le Rwanda de soutenir le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), un mouvement rebelle crée pour la défense des minorités tutsies en RDC, et Kigali avait fini par arrêter le général Laurent Nkunda alors que ses troupes menaçaient de s’emparer de Goma, ville à l’est de la RDC, et de ridiculiser ainsi les forces dites impartiales. Contre cet argument de protection des minorités, les congolais soutiennent qu’ «aucune ethnie n’est majoritaire en RDC. Toutes sont minoritaires. Et pourquoi celle des tutsis, devrait émouvoir Kigali?»

Main basse sur les pierres précieuses congolaises

La question reste: pourquoi le Rwanda s’attache-t-il à intervenir, d’une manière ou d’une autre dans cette région troublée de la RDC?

Plusieurs rapports des Nations-Unies l’ont déjà dit:

«Le Rwanda constitue la plaque tournante du commerce illicite des pierres précieuses congolaises.»

En 2011, selon la banque centrale rwandaise, l’exportation minière a rapporté 68 millions de dollars américains à l’Etat devenant ainsi la première source de rentrée de devises, dépassant pour la première fois, l’exportation du thé, qui a toujours été le premier secteur d’exportation. Officiellement, le Rwanda ne dispose pas des gisements à même de fournir une telle production. D’où viennent donc ces minerais exportés?

Déjà dès 2009, un observateur a noté une exponentiation de création des coopératives minières. Au bas mot, plus de 300.

Le secteur minier rwandais emploie quelques 35 000 personnes, et les activités sont concentrées dans les mines artisanales et dans quelques mines qui se livrent à l’exploitation industrielle. Cependant, la part de production rwandaise n’est jamais connue dans les exportations des minerais effectuées à partir du pays.

«Nous avons demandé aux responsables de mines du Rwanda de nous donner de statistiques de productions locales, mine par mine, jusqu’en  ce jour, on ne nous a rien donné. On nous fait toujours de promesses», affirme Sophia Pikles, chargé de campagne pour le dernier rapport de l’ONG britannique Global Witness.

Les minerais du Congo sont exportés comme production rwandaise.

A travers ces coopératives, «des minerais congolais qui passent la frontière reçoivent une étiquette au Rwanda et sont écoulés vers les marchés internationaux», signale un expatrié branché dans les milieux d’affaires dans la région.

Autre preuve, fournie cette fois-ci par le rapport de l’ONG britannique, le Rwanda tarde à appliquer la diligence raisonnable pour le contrôle de la chaîne de production des minerais exportés à partir de son territoire.

«Le gouvernement rwandais interdit l’importation des minerais qui ne sont pas certifiées et étiquetées par les autorités compétentes. La seule exception est faite aux  minerais qui transitent dans le pays dans des conteneurs scellés, alors qu’ils proviennent du Kivu où ils ne sont pas étiquetés.»

Le général Ntaganda, pilierdu commerce illicite

Les minerais congolais ne passent jamais au Rwanda à l’insu des services de sécurité congolais.

«Le président congolais a compris ce qui lui a été dit. Le Rwanda ne peut se développer si notre frontière à l’Est lui est fermée», m’avait chuchoté à l’oreille un membre du sérail présidentiel en marge du sommet de Naïrobi en janvier 2009, sommet consacré aux négociations avec les rebelles de Laurent Nkunda.

L’ancien président français, Nicolas Sarkozy, avait fait une proposition en janvier 2009 sur l’exploitation commune par le Rwanda et la RDC des richesses congolaises

Cette initiative a provoqué l’ire des Congolais. En réalité, l’initiative est plutôt venue du président congolais Kabila lui-même, confiait un membre des services secrets occidentaux au journaliste français d’investigation Charles Onana. Une information reprise dans son ouvrage, «Ces Tutsis tueurs. Au cœur de la tragédie congolaise».

On note que le gouvernement congolais a remplacé le général Nkunda par le général Ntaganda lors du rapprochement négocié par les Américains et qui avait écarté les responsables de l’actuelle Monusco.

Le général Ntaganda dit Terminator, du fait de ses exploits en violations de droits de l’homme, a pris le contrôle de l’espace allant d’une partie de la Province Orientale jusqu’à la province du Nord-Kivu.

Selon le dernier rapport des experts des Nations-Unies, il  a mis en place un réseau de contre bande extrêmement rentable dans la zone transfrontalière rwando-congolaise. Les minerais sont introduits au Rwanda via des propriétés de Ntaganda. Le général en tirera jusqu’à 15000 dollars américains de profits par semaine. Le gouvernement Congolais ignore-t-il toutes ces transactions et mouvements ?

Le gouvernement de Kinshasa pouvait-il ne pas prévoir que Terminator se livrerait à ce commerce illicite?

Complicité du gouvernement congolais

Autre fait qui donne froid dans le dos, c’est l’implication des services congolais dans le commerce des minerais de sang. Plusieurs rapports des experts de l’ONU ont mentionné l’implication des personnalités politiques congolaises à tous les niveaux.

Ces rapports, Gersony en 1994, Lutundula, Kassem en 2002, et le Rapport Mapping en 2010, ont cité nommément plusieurs personnalités comme Katumba Mwanké, le tout-puissant conseiller du président Kabila décédé dans des circonstances dramatiques à Goma. Ces personnalités n’ont jamais été inquiétées par la justice.

Quoi de plus normal que de voir ces pratiques perdurer.

Une source du milieu des affaires internationales rapporte cette scène incroyable:

«Le 3 novembre dernier, des autorités rwandaises remettent à la RDC 68 tonnes de minerais de contrebande saisis au cours de l’année par des agents de sécurité rwandais. Le stock est placé dans un dépôt à Goma appartenant à un ancien général congolais, Bora, cité par ailleurs dans l‘assassinat de l‘ancien président congolais, Laurent-Désiré Kabila. Mais le 14 novembre à l’aube, en présence des officiels de la province dont un ancien ministre provincial en charge des mines, ces minerais seront introduits clandestinement au Rwanda et vendus à des acheteurs internationaux».

Aucune enquête n’a été ouverte jusqu’à ce jour par le gouvernement congolais, qui officiellement crie à la tolérance zéro et à la réforme du secteur. Un cadastre minier à vu le jour à Kinshasa, mais pour quel résultat?

Le président Kabila lui-même est mis en cause par le député britannique Eric Joyce pour bradage des ressources naturelles qui ont fait manquer au pays plus de 5 milliards de dollars. On vole, on brade les ressources congolaises, du sommet de l’Etat au plus petit échelon de l’administration en passant par les services de sécurité.

La réforme de la sécurité a accentué la contrebande

Le pourrissement de la situation à l’Est du Congo n’est-il pas entretenu?

En dépit des efforts dans la législation congolaise pour assainir (dans) le secteur des mines, l’échec de la réforme dans le domaine de la sécurité fait douter de la réelle volonté politique de Kinshasa de mettre de l’ordre dans le secteur minier congolais.

Et pourtant, selon Pierre Jaquemot, spécialiste français de la région des grands lacs africains et ancien ambassadeur en RDC, des partenaires ont vu des milliards de dollars engloutis pour une réforme du système de sécurité qui a échoué.

L’armée congolaise faite d’une centaine de milliers d’hommes, sous équipées, mal payés, moins entrainés est un vrai conglomérat de plusieurs dizaines de milices. Pas d’esprit de corps d’armée et celui de l’unité de commandement. Elles peinent à éradiquer le foyer de tension à l‘Est. Un remake de l’armée de Mobutu pendant l’avancée de Laurent Désiré Kabila, comme le détaille Honoré Ngbanda dans son livre Ainsi sonne le glas, Les derniers jours du Maréchal.

Quelques brigades ont été formées par les partenaires belges, américains, sud africains, français et chinois. Malheureusement, ces unités modernes ont tardé à être déployées sur le foyer de tension que sont le Nord et le Sud Kivu.

L’armée du gouvernement congolais déployée à l’Est de la RDC près du village de Kachiru, le 25 mai 2012. REUTERS/Stringers

Plusieurs de ses officiers sont suspectés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, à l’instar de  l’actuel chef des armées de terre, Amisi Tango Fort, dont le nom est repris sur la liste noire classée confidentielle au rapport Mapping de l’ONU d’août 2010. Ce rapport reconnait que des crimes de guerre et crimes contre l’humanité pouvant être qualifiés d’actes de génocide ont été commis à l’est de la RDC.

Malgré tout, le président Kabila a mis en place une politique de compensation de ses officiers, pour s’assurer de leur loyauté sans faille, comme l’avait fait le président angolais Dos Santos durant la guerre civile en Angola.

Sous prétexte d’assurer la sécurité, des militaires contrôlent plusieurs mines et rançonnent les creuseurs artisanaux pour survivre. Leur solde est détournée par les hauts-gradés, parfois, même pendant que des militaires mal payés combattent au front à côté de leurs femmes et enfants. Pour exprimer leur ras-le-bol, il arrive que ces militaires se déchargent sur la population par des actes de pillage.

Le temps de guerre donne lieu à certaines pratiques. Les officiers achètent leur rations alimentaires à Kinshasa- les font voyager par avions – à un coût élevé au lieu d’acheter sur les marchés locaux.

Cette chaîne incongrue de dépenses permet aux hauts gradés de s’assurer des pourboires pour renflouer leurs poches. La situation a provoqué, par le passé, des débats houleux à l’assemblée nationale lors des séances de questions orales au gouvernement sans pourtant voir les auteurs sanctionnés. Incompétents et corrompus, plusieurs hauts-gradés ont tardé longtemps à être mutés, d’autres gardent encore leur position à l‘Est du pays.

A la différence de l’Angola, cette politique de rétribution n’a pas produit les mêmes effets en RDC.

Elle a fait échouer la réforme du secteur de sécurité, accentué une «milicianisation» des forces de l’ordre et décuplé le trafic illicite et la contrebande de minerais.

Certaines unités spécialement celles issues du CNDP, la branche armée pro-tutsi, refusent d’être redéployées ailleurs dans le pays, prétextant vouloir protéger les populations dans le Rutshuru et le Masisi.

Pendant ce temps, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), accusées d’être à l’origine du génocide par le régime de Paul Kagamé, ses premiers alliés face à la menace rwandaise, violent et pillent. Ils s’adonnent eux aussi à cœur joie à l’exploitation de richesses.

De quoi financer leur opposition armée face au Rwanda et nourrir la méfiance rageuse de Kigali.

Le président congolais Kabila a donc mené cette politique pendant longtemps alors qu’il disait avoir fait la paix avec ses anciens alliés tutsi de l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). C’est la nuisance du CNDP qui l’a contraint à un rétropédalage et à un rapprochement spectaculaire avec Kigali.

Le Rwanda veut rester maître du jeu dans le Kivu, pour élargir sa zone d’influence au delà de ses frontières dans une région riche en minerais, dont les terres peuvent aussi accueillir certains rwandais en quête de terre et pâturage. Alors que la RDC veut y reprendre la main pour des besoins de politique intérieure.

Plusieurs leaders locaux actionnent les milices à l’Est du pays pour obtenir des compensations politiques et financières. Ils ont souvent obtenu gain de cause. Le président Kabila utilise l’argent ou la force pour mettre au pas ces opposants ou certains leaders politiques récalcitrants de son camp.

La nouvelle guerre peut modifier les rapports de force dans la région

Au terme des élections chaotiques qui ont conduit à sa réélection, Kabila semble reprendre les choses en mains.

Son objectif? Redorer son blason terni par un bilan de douze ans plus que mitigés.

Un nouveau gouvernement a vu le jour et s’est fixé six objectifs dont la restauration de l’autorité de l’Etat dans les zones en conflits.

Des brigades modernes de l’armée sont enfin déployées à l’Est pour traquer les forces négatives, reléguant au second plan la résolution interne et politique de la crise. Mais cette priorité de Kinshasa n’est pas du goût de Kigali qui a peur de perdre son influence sur les Kivu et par ricochet dans la région.

Le Rwanda a en effet acquis sa suprématie dans la région depuis que l’AFDL, constituée en grande partie de ses troupes, a réussi à renverser le régime de Mobutu, l’ancien dictateur congolais qui a dirigé le pays pendant 32 ans.

Une suprématie accrue lorsque ses troupes ont défait l’armée ougandaise pendant la guerre de six jours en 2000 à Kisangani alors que les deux armées occupaient encore la RDC. Le Rwanda a fortement été militarisé par les Américains et les Britanniques avant, pendant et après la prise du pouvoir par le Front patriotique rwandais en 1994.

Ses campagnes au Congo lui ont permis de mettre la main sur les immenses richesses de ce pays, comme l’attestent plusieurs rapports des Nations-Unies et des ONGs. La RDC, une vache à lait qu’ il ne peut s’empêcher de la tentation de traire davantage.

Au Congo, le gouvernement rwandais actuel est perçu comme celui qui, en complicité avec des autorités congolaises, a permis aux multinationales de piller les ressources du pays.

Pour Kinshasa, remporter une bataille militaire et réorganiser cette partie du territoire signifie limiter l’influence du pouvoir de Kigali, rééquilibrer les forces dans la région mais surtout réécrire l’histoire de la région des grands-lacs.

Le Rwanda l’a compris et a enjoint le gouvernement congolais à une nouvelle opération militaire conjointe contre les FDLRs, pour lui livrer en échange des forces du CNDP et lui permettre de s’occuper du volet politique de l’accord signé avec les groupes armés.

Une nouvelle lutte de leadership se joue donc au Kivu maintenant. Certaines puissances mondiales qui tirent profit de ce conflit regardent de près pour décider de leur prochain positionnement.

Nazaire Nkoko

Une solution des faibles…


[3/12/2012 23:34:39] karlo3569: https://petitions.whitehouse.gov/petition/demand-rwanda-cease-all-support-m23-and-remove-rwandan-troops-congo/JmYRbzJ8
[0:15:09] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: C’est une solution des faibles !
Il y a sur terre 7 congolais pour 1 rwandais.
Le sol, le sous-sol congolais, le relief, le paysage culturel et l’économie ne permet pas aux congolais d’être subjugués par le Rwanda.
[0:18:05] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: S’il la situation du pays est déplorable, c’est parce que nous ne prenons pas en charge notre devenir : inutile de recourir au gouvernement américain pour nous aider à régler nos comptes avec les rwandais.
[0:21:00] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: J’invite les congolais de nous faire confiance et de se préparer à l’attaque méthodique de nos problème sur terrain, un à un à une condition : une participation massive de tous à la rédaction de notre projet de société d’ici 2014.  Ce projet visera l’indépendance, la démocratisation et libéralisme économique dans l’espace congolais en vue d’être et demeurer la gachette de l’Afrique.
[0:22:36] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: Vous êtes inviter à participer s’il vous sied de voir demain nos peuples réellement indépendants, démocrates et doter d’un capital matériel et immatériel au dessus de la moyenne africaine et si cela est possible de la moyenne modiale.
[0:23:56] Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu: Nous préconisons de combattre sans merci nos maux en coupant l’herbe sous les pieds des colonisateurs, imposteurs, dictateurs et traître par un passage progressif, à pas mesurés, de la république à une union d’états indépendants, états fondés sur base d’affinités culturelles de nos peuples.