Tous : en marche !

Les combattants de Paris, la CLC à Kinshasa, nous convient tous à marcher, le 20 pour les uns, le 21 pour l’autre.  Marcher pour protester contre la pérennisation du régime de Kinshasa.  Ce régime, en effet, n’arrête pas de tuer, de brutaliser, d’empoisonner, s’emprisonner, de terroriser, d’éventrer, violer, piller, voler, d’appauvrir la nation congolaise.

Comment cette autre marche se distinguera des autres qui nous ont conduit à des lourdes pertes en hommes dans l’opposition, sans contrepartie ?  Que pourrions-nous faire de mieux à la place, quand, pourquoi et comment ?

En effet, le pouvoir et même certaines personnes dans l’opposition se moquent de nous.   Nous ne pouvons pas rester indifférents à ces attitudes.  Nous devrions réfléchir aux critiques intérieures et extérieures.  Nous n’évaluons pas nos projets. Nous faisons comme si nous étions à court d’idées nouvelles.

En effet, marches, sitt-ins, pétitions, dialogues, concertations, conférences, soulèvement populaires et les autres recettes du genre, de depuis 1959, n’ont produit dans notre camp que des morts, des viols, des arrestations, des pillages, des humiliations de toutes sortes…  Nous devons procéder à une introspection.  Parce que nos solutions aux problèmes du passé seront inopérants, tant que nous les reproduirons de la même manière, suivant les mêmes modalités, avec les mêmes motivations et ressources.  C’est pour cela que conseillons depuis toujours autre chose.

Nous conseillons la démarche judiciaire et la démarche diplomatique. Ce sont elles qui rendront le régime fou, incapable de faire face à nos flèches enflammées ! Tout le monde dans le régime a peur de la CPI plus que de n’importe quoi d’autre. Travaillons correctement ce volet-là.  Après avoir épuisé proprement la procédure intérieure – que nous n’avons pas encore véritablement épuisée – nous croyons que nous pourrons alors seulement passer à la procédure internationale.  Qui dans ce sens pourrait nous aider ?

La LUCHA et FILIMBI ne sont pas loin de la bonne voie. Cependant, ils manquent des stratèges formés pour parfaire leurs projets. Ceux-ci ne sont par ailleurs pas assez soutenus. Ce qui est en réalité une traîtrise en soi.  Des jeunes, laissés à eux-mêmes n’iront pas loin.  Ils ont besoin de l’expérience des aînés pour mieux comprendre les enjeux d’abord.  Ensuite, les jeunes doivent maîtriser les techniques, les méthodes et les outils d’un combat politique.  Comment abat-on une dictature proprement et durablement ?  Quelles sont les ressources disponibles ?  Comment les exploite-on à bon escient ?  Avouons que nos militants ne sont pas au pif de tout cela !  Cela explique alors une chose : un seul homme ou une famille de quelques milliers d’hommes au plus nous domine depuis voici bientôt 17 ans déjà.  Où se situe nos faiblesses et nos points forts ?  Comment les corriger nos défauts, renforcer nos atouts et pourquoi ?

Nos faiblesses

  • Nous sommes une nation très multiculturelle en gestation, d’origine coloniale.
    • La RDC n’est pas issu d’un accord spontané entre nos différents peuples pour constituer une nation et construire un destin national ensemble.  Nous sommes plutôt des colonisés qui se fier au MNC qui leur proposait l’indépendance immédiate et inconditionnelle et qui, se rendent compte aujourd’hui que l’avant l’indépendance et l’après l’indépendance sont pareils.  Nous sommes aujourd’hui les colonisés des tutsi, selon une frange importante de congolais.
    • Héritant d’un pays indépendant sans vision, sans plan national consensuel écrit qui canalise nos énergies, nous nous battons en ordre dispersé.  Le RASSOP, le G7, la CENCO et le CLC n’ont pas une proposition sur la table qui ait obtenu l’accord de la majorité des congolais.
    • Nation jeune en politique, nous avons systématiquement commis des hommes véreux (inciviques, irresponsables, incompétents, incultes…) à la gestion de la chose publique.  Jusqu’aujourd’hui, nous nous refusons de les déchoir et de juger ceux d’entre, majoritaire, qui ont trahi, exactement comme nous trahir nos ancêtres à la colonisation noire d’abord, à l’esclavage arabe et européen ensuite, à la colonisation occidentale enfin…  Notre refus de nous amender nous vaut l’ignominie que nous vivons et nous nous refusons d’analyser objectivement de peur de devoir condamner les nôtres.  Notre népotisme nous tue.
    • Nos conducteurs, tout comme nos militants se refusent de se mettre à l’école de la géopolitique pour saisir les causes de nos échecs.  À la place, nous préférons nous marier, nous saouler et danser, avant de dormir les poings fermés.  Dans ce sommeil, l’ennemi nous surprend toujours.  Les 20 et 21 janvier, il nous surprendra toujours et encore, à cause de notre paresse tant physique, intellectuelle, morale que spirituelle.
    • Plus fondamentalement, nous travaillons avec des dieux inopérants, incapables : des amulettes de toutes les sortes.  Bibles, chapelets, rameaux, grigris, etc.  Avec une intelligence obscurcie, nous confondons tous : Dieu, diables, esprits d’ancêtres…
    • Notre naïveté et sottise perdure.  Depuis 1959, nous nous laissons emporter par des discours creux et de démagogues.  Nous nous laissons trahir par nos propres frères sans leur infliger les punitions qu’ils méritent.  Nous comptons sur ceux-là même qui nous déciment.  Nous travaillons avec des lois qui nous condamnent à la mort.  Nous nous élisons comme leaders les hommes les plus inciviques que nous ayons dans le pays.  Nous avons renier ce qui fait force de nos cultures, pour adopter ce qui fait la faiblesse des nations…
  • Nous n’avons plan de plan de travail démocratique et vision.
    • Dans la lutte contre la trahison, l’esclavagisme, la colonisation, la dictature, l’imposture et l’impérialisme, nous naviguons à la vue.
    • Les projets de société qui existent sont minables, non suivis : nous n’y croyons pas nous-mêmes.
    • Nos partis politiques ne savent pas gérer les ressources ou ne sont pas encore décidés à s’acquitter de leur devoir d’animateurs politique de la population.  Les militants ne sont pas formés.  Aucune ligne politique claire n’est tracée dans aucune de nos partis.

Nos atouts

  • Nous sommes une population pèse 80 millions d’habitants, soient au moins 1,04 billions d’Euros par an de PIB, dans un fonctionnement normal de l’État.
  • Nous avons de nombreuses mal exploitées et beaucoup d’autres encore exploitables non exploitées.
  • Nous avons un territoire vaste et stratégique pour toute l’humanité ; avec nos 2,345 millions de km².
  • Plus de 245 cultures très diverses, susceptibles de bien se compléter pour réaliser un état fort, prospère, exemplaire…

Que pourrions-nous faire, quand, pourquoi et comment ?

  • Nous pourvoir en un projet de société démocratique, incluant l’extirpation de l’imposture du pays.
  • Travailler à notre vraie unité autour de projets visionnaires à la hauteur des atouts que nous avons.
  • Revoir nos choix fondamentaux en révisant notre constitution de manière à couper l’herbe sous les pieds des esclavagistes, des colonisateurs, des dictateurs, des imposteurs et des traîtres : congolais et étrangers.
  • Un tel projet est impossible avec des hommes véreux à la tête de nos structures : tant celles du pouvoir que celles de l’opposition.
  • Parce que nous sommes un peuple nanti, nous avons le devoir de relever le défi de la purification de l’espace politique nationale et de la mise au travail de nos citoyens, d’abord.  Ce travail arrêtera net les bandits qui se jouent de nos pieds, tel ce président qui nous considère comme des chiens qui aboient sans mordre…
  • Le premier travail n’est donc pas de manifester dans les rues ou dans les églises, mais bien de purifier d’abord nos partis, nos formations politiques et notre administration en disqualifiant les hommes véreux que nous avons nous-mêmes, par erreur, commis à la gestion de la chose publique.

Toutes les autres gesticulations, des uns et des autres, nous aiderons à mourir tous, pouvoir et opposition, d’une bonne mort politique.

Si donc il faut sortir les 20 et 21 janvier prochains, ça ne doit pas être pour aller mourir sans contrepartie.  Ce doit être pour aller arrêter et juger les légions des démons qui pullulent dans notre territoire et sèment la désolation impunément.  Autrement, restons chez nous à rédiger d’abord notre projet de société démocratique et visionnaire !

 

A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
Cet article a été publié dans Politique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s