Révision, Muyambo tourne-t-il le dos à Kabila ?

Le Katanga est-il en rupture ? Avec qui ?

Y a-t-il une révision ? De quoi, pourquoi et par qui ?

Muyambo tourne-t-il le dos à Kabila ?

Demain Kyungu pourrait-il aussi tourner le dos à Joseph Hyppolite Kanambe ?

Qu’est-ce qui est plus facile : violer la constitution ou la modifier pour ne pas l’avoir violée?

From: Congokin-tribune [mailto:congokin-tribune-bounces@congokingroupes.com] On Behalf Of Lumona1— via Congokin-tribune

Sent: mardi 2 septembre 2014 19:14

To: congokin-tribune@congokingroupes.com

Subject: [Congokin-tribune] Le Katanga en rupture : Révision, Muyambo tourne le dos à Kabila, demain Kyungu

Publié le mardi 2 septembre 2014 09:56

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muyambobanderol.jpgQuand le magazine Jeune-Afrique écrivait en 2011 « Kabila : Mobutu light » pour souligner qu’entre les deux présidents il n’y avait pas une différence de nature mais plutôt une différence de degré, eh bien, il ne croyait pas si bien dire !

L’alternance est une pilule qui a du mal à passer chez Joseph Kabila.

Tous les prétextes sont bons pour se maintenir au pouvoir. La cible de Joseph Kabila : c’est la Constitution dont il veut absolument modifier car elle lui fait obstacle pour briguer un troisième mandat. Comme l’ex dictateur Mobutu, Joseph Kabila avec son projet de modification de la Constitution, c’est le fameux « j’y suis et j’y reste ». Rien de nouveau donc sous le soleil africain. Comme l’ex dictateur, il est entouré d’une foule de courtisans qui le caresse dans le sens du poil au détriment des intérêts vitaux de la Nation. Les dernières délibérations de la Majorité présidentielle autour de Kabila, que RD-CONGONEWS a livrées, ont mis a nu les desseins de Joseph Kabila dont l’Etat se résume à sa personne. « L’Etat c’est moi » disait Musolini en Italie. En RD-Congo l’Etat c’est maintenant Kabila. Avec la complicité de ses partenaires politiques dont la lâcheté n’est plus à démontrer, le Raïs s’apprête à instaurer le fascisme. Mais à la Majorité présidentielle, il n’y a pas que des béni-oui-oui.

Le bâtonnier Jean Claude Muyambo est de ceux-là. Président de la Solidarité congolaise pour le développement (SCODE), il vient de prendre solennellement et publiquement ses distances avec le projet de révision constitutionnelle prônée par sa famille politique (MP). L’ancien ministre des affaires sociales l’a fait savoir dans un meeting tenu le 30 août 2014 dans la commune de Katuba à Lubumbashi au Katanga. Des milliers de jeunes présents à ce meeting populaire ont applaudi frénétiquement quand leur leader a fait connaitre sa courageuse position. Il faut dire que le Katanga était la première Province à s’être opposé de manière univoque à la révision de la Constitution, surtout l’article 220 socle du consensus politique après les multiples crises de légitimité qu’a connues la RDC. A l’initiative de la société civile du Katanga, la pétition anti-révision avait recueilli au mois de mars de cette année plus de 120.000 signatures en un temps record. En accord avec les Katangais, sa base naturelle, Jean-Claude Muyambo a suivi la voix de la population qui ne voit aucune opportunité à réviser la Constitution. Cette position tranchée anti-révision d’un autre membre éminent de la MP a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme politique de la RDC.

Ce qui confirme, les informations glanées ça et là par la Rédaction de CONGONEWS depuis de longs mois sur le fait que plusieurs cadres de la famille politique de Joseph Kabila sont opposés à la révision de la loi fondamentale mais que très peu franchiront le Rubicon du désaveu publique comme l’ont fait la SCODE de Muyambo et le MSR de Lumbi. D’ailleurs Kabila s’était à peine contenu contre l’honorable Bolengetenge, président du Groupe Parlementaire, quand celui lui avait redit qu’il fallait conserver le pouvoir mais au prix du respect des engagements souscrits. J. Kabila, un brin agacé, lui avait rappelé que celui qui avait créé le MSR avec feu Samba Kaputo. Quel est le rapport avec l’ordre du jour du Bureau politique de la MP qui devait clarifier sa position sur l’opportunité d’une révision ou changement de la constitution. La Majorité est divisée sur cette question hautement sensible.

Après Muyambo, c’est le président de l’assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu, qui aussi a pris ses distances avec la révision. « Baba » comme l’appelle les Katangais, qui n’a pas sa langue dans sa poche, aurait dit « qu’il ne comprenait pas la démarche de Kinshasa », parlant de la révision constitutionnelle. Pour qui connait Kyungu, il endosse toujours les positions les plus partagées par ses frères. Ce qui l’importe c’est d’être en phase avec les masses. Ce qui explique cette prise de position en privée qu’il va devoir assumer maintenant publiquement. Pour l’instant ça bouge vraiment du côté du Katanga dont l’hostilité contre le projet de révision se démontre au jour le jour. Est-ce que cela sera suffisant pour arrêter J. Kabila ? En tous les cas, il continue à faire la sourde oreille.

L’opposition dans toutes ses sensibilités a exprimé son opposition à la révision. La société civile n’est pas en reste. L’Eglise catholique et les églises de Réveil ont publiquement dit non à la révision. Au Bureau de la MP à Kingakati, les autres membres anti-révision étaient tétanisés. Hostiles à une éventuelle révision, ils l’ont bouclé carrément. Il n’est pas bon au sein de la MP de contrarier « l’autorité morale » qui sait tout qui voit tout et qui peut tout. Aucune différence avec le guide éclairé Mobutu.

Tels des moutons de panurge, les cadres de la MP se contorsionnent pour défendre l’indéfendable. Genre « constitution des belligérants » sans démontrer en quoi cette belligérance empoisonne la Constitution au point de l’empêcher de permettre aux dirigeants actuels de réduire la pauvreté en RDC de moitié en 20 ans comme au Ghana. La vraie et la seule raison de cette révision constitutionnelle c’est le maintien de Joseph Kabila au pouvoir après 2016 alors que la Constitution ne le permet pas. Que la Majorité assume cette position comme Kin-Kiey qui a dit qu’il est impossible de fabriquer un dauphin en une année. Conséquence : modifions la constitution. Le professeur Akele Adau, a dit que respecter la Constitution c’est d’abord l’appliquer fidèlement. Certains cadres de la MP, ayant peur du ridicule gardent le silence.

A défaut de s’opposer à la révision de la constitution mieux vaut la fermer en ces temps où le nouveau gouvernement est annoncé pour au plus tard le 15 septembre. La Majorité présidentielle aura réussi à nous faire passer du temps et des ressources sur une question mesquine qu’on présente comme vitale pour la Nation alors qu’il n’en est rien. L’actuel projet de révision constitutionnelle ne diffère en rien dans sa finalité avec la révision de 2010, qui a fait passer de deux à un tour le nombre du scrutin présidentiel. La finalité : maintien de Joseph Kabila au pouvoir. Jeune Afrique n’avait donc pas tort quand il écrivait Kabila : Mobutu light. Light est maintenant un peu faible. Kabila est un concentré de Mobutu a dit un membre de la société civile inquiet de l’avenir de la RDC.

mozer marone

Mambo wa Lumona

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A propos Graphèle Paluku-Atoka Uwekomu

développement personnel, communautaire, national, planétaire
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