Le problème du braconnage est récurrent en Ituri, dans l’Orientale, au Congo-Kinshasa tout entier ; et, dans bien d’autres pays d’Afrique et même d’Europe, à l’instar d’autres problèmes rattachés à la mégestion de la chose publique et à la mauvaise maîtrise de la délinquance sénile.
Les gens courent derrière les matières précieuses, les ivoires, le coltan et autres, parce qu’ils sont sans emploi ! S’ils devaient tous se lever le matin pour aller travailler dans une firme privée ou publique, ils n’auraient pas le temps de créer des milices ni de braconner… Si leurs salaires suffisaient à leur permettre le minimum vital, ils n’exposeraient pas leurs vies à tous les dangers que comportent leurs professions de fortune : braconnage, milices ni même une armée nationale faites pour les exclus de la société.
Tout se résume dans l’incapacité de nous congolais à secréter un pouvoir, un gouvernement et un parlement capables, depuis qu’on nous a DONNE l’indépendance.
Les solutions ponctuelles, démodées et dictatoriales n’apporteront pas la pacification et le développement auquel nous appelons nos compatriotes. En revanche, une étude détaillée permettra d’identifier les causes premières, les solutions possibles et les solutions indiquées. C’est alors et alors seulement que l’iturien pourra opérer un bon choix, à bon escient, qu’il ne sait pas opérer depuis 1960 !
Les simbas sont de retour. Les mai-mai sont pris dans un engrenage d’où ils ne savent plus se tirer puisque désormais, eux aussi, sont des assassins ; eux pourtant, qui voulaient au départ combattre les meurtres d’homme sur notre territoire…
Il faut en tirer des leçons pour comprendre qu’envoyer nos enfants dans les milices n’apportera pas des solutions de paix ni de progrès. La rébellion est par essence une solution des faibles. L’Ituri, avec sa population a le droit et virtuellement le pouvoir de demander son indépendance pour en finir avec les « exploitations » de l’Ituri par les batokachini et désormais par nos voisins frontaliers aussi. Pour corriger nos erreurs stratégiques du passé, nous devons commencer par nous structurer, nous organiser, en vue d’un travail de fond pour mesurer l’apport de notre adhésion tacite appartenance à la RDC, un pays maudit à cause de son idolâtrie ; que certains de nos frères ituriens adoptent si facilement à chaque période électorale comme celle-ci et à chaque vague de rébellion, dans l’espoir de trouver une solution facile, qui ne demande aucun travail physique ni intellectuel.
Notre Ituri est spoliée et a besoin de se redécouvrir, de se purifier, de se repentir, de s’amender. Pour ce faire, il a besoin d’hommes patriotiques qui veuillent travailler jour et nuit pour trouver de vraies solutions pérennes aux problèmes qui surgissent et qui surgiront. Bientôt, si notre mentalité ne change pas – ce qui est fort probable – nous nous retrouverons dans d’autres séries de guerres plus meurtrières que les précédentes !
Allons à l’essentiel : comment trouver des solutions efficaces ?
Il n’y a pas de miracles : travaillons la pacification de l’Ituri et son développement. Ce travail demande un état de lieu précis : les problèmes, leurs origines, leurs conséquences, leurs solutions. Ce travail demande également une mobilisation de nos populations ituriennes, de nos compatriotes congolais, de nos voisins directs et lointains, de nos amis à travail le monde.
Dans le cadre du Projet 2014 que nous avons amorcé en décembre 1999, tout est fait pour inviter les ituriens à la table de travail, mais personne ne croit en la pertinence de notre interpellation. Nous avons invité l’iturien au financement du Centre des Nouvelles Technologies de l’Information et des Communications (135000$), mais personne ne réagit jusque ce jour, si ce n’est un nord-kivutien qui a placé 12 Euros dans la cagnotte !
C’est dire, cher Ibrahim, que le chemin est long, très long encore.
Dans la solution mise en place, un vice de forme apparaît : il ne revient pas à des militaires à juger des délits comme ceux évoqués dans la livraison ci-dessous. Le poste installé à Mambasa participera lui aussi, hélas, sûrement, à quelques morts d’ituriens supplémentaires, dans des conditions qui seront, comme à l’accoutumées, du ressort de l’arbitraire et de la médiocrité administrative.
L’autorité administrative de Mambasa est en droit d’être mis dans les conditions de travailler librement pour sa population, ses administrés ; et, dans l’obligation de s’acquitter de son devoir d’administration de son territoire, pour la paix de l’ensemble du pays que nous partageons avec eux. Lui imposer, cette administration mamabassienne, d’autres schémas dictatoriaux n’est pas ce qui résoudra la perte – présumée – que subit les habitants de Mambasa qui devraient être les premiers bénéficiaires de la viande et des ivoires de leurs éléphants… Nous pouvons les aider à y arriver sur une demande venant d’eux et non le contraire. Le congolais a déjà été assez subjugué qu’il faut, chers frères, le laisser se prendre en charge. Notez en passant que la notion même des réserves, imposées par l’extérieur d’un territoire est abjecte et insoutenable au 21ème siècle. C’est aux peuples de Mambasa de décider des espèces qu’ils voudraient protéger et de la manière dont ils voudraient le faire. Par contre, les simba, qui ont leur origine profonde dans le Bandundu actuel et les mai-mai, qui ont leur origine profonde dans le Nord-Kivu actuel, sont-ce les mambassiens qui les auraient invités dans leur territoire ? Pourquoi les mambassiens, présumés mécontents de cette invasion, n’appelleraient-ils pas d’abord les autres territoires environnant AU SECOURS et ne traduiraient-ils pas les fauteurs de trouble devant l’instance juridique nationale en charge de telles déviances ?
L’Ituri peut se résoudre à arrêter le traitement qu’il subit depuis 1960 de la part du reste du Congo-Kinshasa. Nous voyons pour notre part, deux stratégies possibles dans ce processus décisionnel, dont il faut absolument s’assurer qu’il soit démocratique pour ne pas tomber dans les travers de ceux que nous accusions d’être la cause de nos malheurs jusque 1997…
La première est celle de se dire : nous en avons marre d’être exploités et nous déclarons – et non pas demandons – notre indépendance pur et simple et suivant les procédures connues que prévoit l’ONU dont nous sommes membres, jusqu’à disposition contraire. Un droit que nous reconnait l’ONU dont notre pays est membre, mais dont nous n’avons pas encore voulu connaître les avantages et les inconvénients, dans le cas où l’Ituri opterait de l’utiliser !
La deuxième stratégie, celle que nous prônons, est de proclamer – et non pas de demander – notre autonomie administrative totale vis-à-vis d’un gouvernement central, de Kinshasa, qui ne nous a que desservi, la plupart de temps du fait de notre mauvais représentation en son sein, représentation pour laquelle nous devons nous plaindre que de nous même, puisque, nous avons toujours eu à élire, nous-mêmes nos mandataires. Cette proclamation est plus difficile à réaliser démocratiquement. Elle suppose une démarche diplomatique interne et externe de haut niveau pour nous allier d’autres territoires de la RDC, en vue d’obtenir le passage effectif du Congo-Kinshasa de son présidentialisme actuel, vers une réelle confédération, mieux, une confédération, celle pour laquelle nous menons notre combat politique.
Cher Ibrahim, le choix iturien, ce choix resté des lèvres, nous le connaissons. Le devoir de l’intelligentsia iturienne est de le faire mûrir : descendre des lèvres aux cœurs et aux bras, monter des lèvres à la tête.
Dans l’état actuel de l’organisation de notre planète, le rôle d’éducateur et d’animateur de nos populations doivent être joués par nous tous et non pas par les partis politiques et les associations seulement. Nos partis politiques et nos ONG sont muselés, faibles, sans ressources parce que mus par des hommes qui n’ont pas encore remué assez leurs méninges et leurs trippes pour sortir des stratégies gagnantes.
La maîtrise du capital leur échappe et leur échappera tant qu’ils n’aligneront pas des acteurs de premier choix. Nous nous devons de rénover, si nous voulons nous voulons voir notre condition de vie changer. Nos partis politiques ne doivent pas être mus par des hommes qui ne secrètent aucune pensée politique, aucune stratégie viable, aucune ressource pour enrichir les membres, le district et le pays. De même, nos associations doivent cesser de ressembler à des clubs de mendicité pour devenir des véritables lieux de production dans leurs secteurs d’activités respectifs. C’est dire que les partis et associations sans budgets, nous devons le comprendre, ne nous aident en rien et contribuent au contraire, à la prolifération des milices, des viols et des meurtres, sans que nous nous en rendions compte !
Dans cette démarche, comme dans toute autre, ceux qui veulent réellement avancer, identifierons eux-mêmes, tout naturellement, leurs vrais leaders et le promouvrons. En revanche, ceux qui compte sur le statut quo, pour aller vers la paix et le progrès, grinceront bientôt, plus encore, leurs dents.
Nous, dans le cadre du Projet 2014, nous aurons averti ; et non seulement averti, mais aussi montrer l’issue : la confédération des états indépendants du Congo (ou de l’Afrique Centrale) !
— In ituripeaceboat@yahoogroups.com, « Ibrahim Eneko B. » wrote:
>
> Le commissaire du district de l’Ituri en charge de l’Economie et
> Finances, Avo Eka Rustique, accuse, dans un communiqué de presse rendu
> public, mercredi 18 mai, certains militaires des FARDC et certains
> groupes armés de se livrer au braconnage dans la réserve de faune Ã
> Okapi située dans le territoire de Mambassa.Il affirme qu’au cours du
> premier trimestre de l’année en cours, une vingtaine d’éléphants et une
> centaine de singes ont été abattus dans cette réserve.
> Ce braconnage se déroule dans les villages Batanana, Binase, Mandombe
> et Bandengaido, précise-t-il.
> Avo Eka Rustique indique que les groupes armés tels que les Maï-Maï et
> les Simba menacent la réserve.
> Il ajoute:
> «Il ya aussi les éléments de la 8ème brigade qui viennent du Nord-Kivu,
> et ceux de la 9ème brigade qui viennent également du côté de
> Bafwasende. Ils sont en train également de pratiquer ce braconnage.»
> L’auditeur militaire de garnison militaire de Bunia, colonel Maurice
> Lianza, a déclaré qu’un parquet militaire est déjà implanté Ã
> Mambasa-centre pour juger tous les détenteurs illégaux d’armes de
> guerre et les braconniers armés.
> Au mois d’avril, une patrouille mixte ICCN-FARDC a saisi 149 kg
> d’ivoire entre les mains des braconniers civils à Mambasa.
>
> —
> Envoyé par Ibrahim Eneko B. dans DISTRICT DE L’ITURI EN LIGNE le
> 5/20/2011 09:51:00 AM
