Pourquoi nous faut-il un projet de société, des politiciens, de l’expertise et une mentalité nouveaux ?
GPAU :
Frère, les belges cherchent de vrais partenaires en RDC et n’en trouvent pas !
Je viens de rencontrer coup sur coup 3 ministres, un sénateur, un échevin, des avocats et des parlementaires, tous belges. Chez chacun d’eux, je retrouve le même son de cloche ! « Où sont les congolais qui veulent travailler sérieusement à une coopération juste et équitable ? ». Sais-tu ce que nous pourrions faire ?
C’est pour cela que je propose que l’émission de ce soir soit consacré au thème suivant : « comment nous organiser en coopératives pesantes ? ».
NF :
Au Congo, nous n’aurons pas besoin des belges. Nous ferons appels à des allemands, des anglais, des japonais, des canadiens et les américains, ceux-ci ont la connaissance et les expertises nécessaires pour développer le Congo. Les belges sont des destructeurs du Congo.
GPAU :
Ah !
J’ai pourtant beaucoup d’amis qui ne voient l’avenir du Congo qu’en Belgique, curieusement ? Syndrome du persécuteur-sauveur…
Toutes ces questions doivent être placées sur une table de travail. Sinon, nous serons en train d’agir dans des directions opposées !
NF :
Ils existent des millions des congolais. Il est donc impossible qu’ils lisent et interprètent les choses de la même manière. Sachez aussi que beaucoup souffrent de ce syndrome. Quelle est la place de la Belgique dans le concert des pays développés ? Elle ne fait même pas partie des G20 !
Les belges, sont moins de 11 millions ; et ils sont incapables de s’entendre.
GPAU :
Voyons.
Quels sont les critères pour réaliser une coopération bilatérale ou une coopération multilatérale réussie ? Je ne suis pas spécialiste de la question. Cependant, je pense que nous devons très sérieusement nous pencher sur cette question pour entrevoir les coopérations futures sereinement et fructueusement.
En même temps, je sais que la RDC ne soit préparée pour coopérer avec aucun pays du monde de manière fructueuse. Pourquoi ?
Parce que :
- Nous n’avons pas de projet de société ambitieux, démocratique, respectable, digne, qui soit à la dimension de notre population ni à celle de notre territoire.
- Nous sommes à court d’hommes politiques de talent, à court de patriotes.
- Nous manquons d’hommes de métiers pour réaliser un quelconque projet de société pacificateur et libérateur sur le plan économique, social, politique, industriel ou culturel.
- Notre population n’est pas encore capable de gérer la complexité, faute d’instruction, de formation et d’éducation suffisantes ; mais surtout, faute d’une disposition humaniste.
Voilà pourquoi, je continue à plaider pour une « modernisation » de notre système d’enseignement national : l’instruction, la formation et l’éducation. La mise en route de cette modernisation ne sera pas efficace tant que nous ne voudrons pas nous mettre autour d’une table de travail pour définir nos objectifs et nos stratégies en matière de développement local.
En attendant, le pays sera pillé, spolié, mis à genou par ceux qui croient utile de le faire. Cela marchera à mon avis pendant 20 à 30 ans, avant que nos petits-fils à nous, générations des années 50, se réveillent !
