Mahagi

Quels projets pour le territoire de Mahagi dans l’Ituri ?

  1. Projet eau potable
  2. Projet emploi
  3. Projet hydroélectricité
  4. Projet sécurité

Nous avons mené une enquête préliminaire dans Mahagi (Territoire alors, district aujourd’hui ?) qui n’a porté que sur 60 personnes.  Visée : connaître les 10 besoins prioritaires des mahagiens.  Le résultat de l’enquête se trouve ici.

Pi = nombre de personnes qui classe le besoin (Problème) à l’ordre (Position) i.

Problème P1 P2 P3 P4 P5 ST
Eau 30 22 6 2 0 60
Électricité 27 24 3 2 1 57
Travail 2 4 2 3 1 12
Sécurité 1 8 39 10 1 59

Pour nos 60 enquêtés, l’eau potable est donc le premier problème que le territoire de Mahagi doit résoudre et le deuxième problème est l’électricité.  Tout semble logique jusque-là.  La sécurité et l’emploi suivent les deux premiers.

Dans le cadre de l’EAE ASBL, nous sommes prêt à accompagner les mahagiens dans la recherche active des solutions durables.  Mais il faut que les mahagiens bougent, le veuillent, l’acceptent !

CADEMA ASBL (http://www.alur-cadema.cd/) est à pied d’oeuvre dans Mahagi et mobilise déjà avec succès autour de plusieurs projets importants :

(1) les routes ;
(2) la formation des universitaires qui entrevoient de rentrer demain travailler dans et pour Mahagi.

Dès que possible, un travail en synergie permettra certainement d’aller plus vite, avec des projets plus importants.

La politique adoptée actuellement par la Fédération Wallonie-Bruxelles peut certainement être profitable au territoire (district) de Mahagi.  Les décisions tardent à se prendre, côté mahagiens ; cependant, tout indique que les choses évoluent dans le sens d’une prise de conscience de la nécessité de passer du colonialisme à la coopération d’une part ; et d’autres part, de l’imposture à l’indépendance de Mahagi.

Caractéristiques de la population

Contrairement aux autres contrées de la RDC, le district de Mahagi est essentiellement et majoritairement peuplé des peuples nilotiques (Alur, Nodo, Okebu) et soudanais (Lendu).  C’est donc un monde à part, en RDC, pays essentiellement peuplé de bantous.  Il s’y parle l’alur, le lendu, le swahili, le bangala, le ndo, l’okebo, le français et les autres langues d’allochtones, tel que l’anglais !  Les mœurs et mentalités y sont totalement autres que celles que l’on rencontre dans le monde bantou de la RDC, mais complémentaires aux mentalités bantoues.

Pendant longtemps, pour survivre dans Mahagi il fallait absolument parler l’alur ou le lendu.  Aujourd’hui, Mahagi est nettement plus ouvert que par le passé ; mais aussi, les mœurs y sont de plus en plus spoliées.

Les activités principales auxquelles se livrent les autochtones sont : l’agriculture, l’élevage, la pèche, la chasse, l’exploitation artisanale et souvent illicite des matières précieuses, le commerce intérieur, l’import-export, les métiers (Maçonnerie, charpenterie, mécanique automobile, les arts et bien rarement, la musique…).  Nous souhaiterions avoir des statistiques fiables.

L’exploitation des mahagiens, comme de toute la population congolaise, par l’État, est scandaleuse.  Un cultivateur mahagien gagne, à peine, 3$/jour ; alors que le coût de la vie, pour un ménage de 4 à 6 personnes, n’y est pas inférieur à 217$/jour.  Cette situation est  le résultat d’une compromission regrettable, du congolais en général et du mahagien en particulier, avec les régimes qui se succèdent à Kinshasa.  Cette compromission a commencé depuis 1960 déjà, avec l’adoption du Mouvement National Congolais de Patrice Eméry Lumumba !  Mahagi est alors successivement tombé dans le piège de la démagogie du MNC de P. E. Lumumba, du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) de J. D. Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga, de l’AFDL de Laurent Désiré Kabila et aujourd’hui du PPRD de Joseph Kabila Kabange.  Plusieurs mahagiens sont morts héroïquement dans de nombreuses intrigues de toutes sortes, comme conséquence de cette compromission.  Personne ne se soucie encore de défendre la mémoire de ces mahagiens, jusqu’à présent.  Et avec eux, beaucoup d’autres congolais et étrangers qui vivaient dans le territoire de Mahagi…

Fondamentalement, sur le plan socio-économique, Mahagi est un monde plutôt « capitaliste » que « socialiste ».  Contrairement au reste de la RDC qui a le cœur généralement à gauche ; surtout à l’Ouest.  Les affaires, de tailles encore médiocres dans tout Mahagi, sont du type familial, patriarcal, au sens strict du terme.  Cependant, depuis la crise identitaire créée par le mobutisme, Mahagi change, se spolie, perd son hégémonie d’antan dans l’Ituri économique et culturel.

Mahagi est frais comme dans le territoire (district) voisin de Djugu.  Les fruits arrivent à maturité nettement moins vite que dans le territoire d’Irumu.  En revanche le climat se prête bien à la culture des légumes.  La localité de Rethy notamment devrait bénéficier vite d’industrie de l’agroalimentaire pour exporter vers tout le reste de l’Afrique.

Le sous-sol mahagien contient de l’or, du pétrole, du verre, du coltan, du mercure, de la silice, du fer, de soufre et de l’argile (De l’aluminium ?)…  La démission des mahagiens face à leur responsabilité explique la misère mahagienne qui s’oppose avec la richesse de sa faune, de son sol et de son sous-sol.

Quelques mahagiens seulement vivent en exil.  Ils laissent leur territoire en manque de ressource intellectuelle utile – mais pas indispensable !  Il faut compter 20 à 30 ans avant qu’il ne soit possible à Mahagi de retrouver ces fils qui dynamiseront le développement local.  Des espoirs existent : partout, les mahagiens bossent durs comme leurs aïeux et cela peut rassurer tout Mahagi sur le long terme.

Sur les 56 ans d’indépendance, d’un point de vue stratégique :
Mahagi n’a développé aucune nouvelle technologie propre que nous connaissions .  Rien dans tout : électricité, mécanique, biotechnologie, agronomie, zootechnie, chimie, pharmacie, médecine, pèche, télécoms, informatique, électronique, aéronautique, hydraulique, etc.  La métallurgie jadis connue des alurs n’est plus connue des jeunes.
Tout le savoir valorisable que produisent les mahagiens, c’est à l’extérieur de Mahagi.  Bien que Mahagi possèdent beaucoup de cerveaux et de techniciens de grandes valeurs, personne ne les connait, même dans Mahagi.
Il n’existe aucune stratégie ambitieuse et visionnaire, démocratique, pour développement pour Mahagi que nous connaissions ou qui soit connu des mahagiens.
L’avenir de Mahagi reste donc encore – pour deux à trois décennie, sauf miracle – entre les mains des irresponsables politiques, scientifiques, ingénieurs, ecclésiastiques, scientifiques, artistes, administrateurs et entrepreneurs qui trônent à Kinshasa ou dans la la capitale de la province de l’Ituri : la ville de Bunia.

Tableau synoptique des projets

Ce lien-ci vous permet d’avoir une vue d’ensemble des projets que nous proposons, avec leurs problématique, origines, conséquences, solutions, coûts, objectifs, groupes-cibles, etc.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s